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Touche Pas à Mon Poste ou la guerre des télés de caniveau ?

5 mars 2018

Temps de lecture : 4 minutes

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Touche Pas à Mon Poste ou la guerre des télés de caniveau ?

Touche Pas à Mon Poste ou la guerre des télés de caniveau ?

TPMP, l’émission présentée par Cyril Hanouna sur C8, soucieuse de se maintenir à son niveau habituel, a une nouvelle fois donné l’image d’une émission de télé poubelle le lundi 26 février 2018, aidée en cela par ses chroniqueurs.

Cyril Hanouna est régulière­ment au cen­tre de polémiques nées sur le plateau de son émis­sion, TPMP, main­tenant sur C8. Le lun­di 26 févri­er 2018, il invi­tait Bernard de la Vil­lardière, jour­nal­iste et présen­ta­teur de l’émission Enquête exclu­sive dif­fusée sur M6. Un Bernard de la Vil­lardière régulière­ment ciblé par la gau­chos­phère et les per­son­nal­ités idéologique­ment proches du Par­ti des Indigènes de la République depuis sa ten­ta­tive de reportage dans des quartiers dif­fi­ciles, Dossier Tabou, un doc­u­ment large­ment dif­fusé qui mon­trait toute la haine et le rejet dont peut être vic­time un reporter de cul­ture européenne dans un des ter­ri­toires per­dus de la République.

Clash et haine en direct

Ce 26 févri­er 2018, l’émission TPMP dévie quand la chroniqueuse Rokhaya Dial­lo, anci­enne jour­nal­iste de Canal +, LCP et du Médi­a­part de Plenel, s’adresse à l’invité Bernard de la Vil­lardière, avec un ton agres­sif qui n’est pas sans rap­pel­er celui de sa con­sœur Chris­tine Angot dans l’émission de Ruquier On N’est Pas Couché. Plus que jour­nal­iste ou chroniqueuse, Madame Dial­lo s’affiche expressé­ment depuis plusieurs années en tant que mil­i­tante « antiraciste » et fémin­iste « racisée » rad­i­cale opposée à la loi inter­dis­ant les signes religieux osten­si­bles à l’école, par­ti­c­ulière­ment le voile islamique. La vidéo peut être vision­née ici :

Il est dif­fi­cile pour l’observateur impar­tial de s’habituer à ce type de vio­lences télévi­suelles, de plus en plus fréquentes sur le petit écran. Attaque de Madame Dial­lo, après avoir sig­nalé à Bernard de la Vil­lardière que sa « maman n’allait pas être heureuse, étant don­née qu’elle [Madame Dial­lo] n’aime pas du tout » ce qu’il fait, avec un ton à l’évidence très agres­sif : « Vous abor­dez des sujets avec une fausse neu­tral­ité qui, pour moi, masque une idéolo­gie que vous déversez dans des pseu­dos reportages qui à mon avis sont des tri­bunes ». La référence à la « maman » de Mon­sieur de la Vil­lardière ne manque pas de sur­pren­dre. S’agissait-il d’essentialiser Mon­sieur de la Vil­lardière du fait de la con­so­nance de son nom de famille ?, nous n’avons pas d’information à ce sujet ; de même que nous ignorons si la « maman » en ques­tion est encore de ce monde. Madame Dial­lo évoque ensuite une polémique plus anci­enne, tou­jours liée à cette émis­sion, lorsque Bernard de la Vil­lardière avait reproché à Hanouna d’avoir invité une femme « por­tant le foulard ». Le mot « foulard » oblige le reporter à réa­gir et à indi­quer que ce « foulard » est en réal­ité un « hijab » qui cache le corps de la femme con­cernée. N’acceptant pas d’être inter­rompue pour cette pré­ci­sion, Rokhaya Dial­lo con­sid­ère que Mon­sieur de la Vil­lardière serait misog­y­ne et sex­iste (« vous avez du mal à laiss­er par­ler les femmes »), et l’agresse directe­ment. Madame Dial­lo refuse que Bernard de la Vil­lardière con­sid­ère le voile comme une « régres­sion », pen­sant quant à elle qu’il con­viendrait de laiss­er les femmes s’habiller « comme elles le veu­lent », et réfu­tant ain­si le car­ac­tère religieux musul­man du voile autant que le fait avéré que nom­bre de femmes sont oblig­ées, par des hommes ou par la pres­sion sociale, de porter le voile. Le reporter indique à la chroniqueuse que dans cer­tains pays, comme la Tunisie, le port du hijab est inter­dit, de manière à par­ticiper à la libéra­tion des femmes ; ce à quoi Madame Dial­lo rétorque un sur­prenant « On est en France ». La chroniqueuse ayant ten­té d’imposer vio­lem­ment son point de vue tout en empêchant le reporter de s’exprimer, ce dernier ter­mine l’échange en indi­quant qu’il « a la lib­erté de dire ce qu’il pense ». Autrement dit : que le hijab est un mar­queur religieux spé­ci­fique en même temps qu’un mar­queur de dom­i­na­tion masculine.

Il ressort de cette séquence que Bernard de la Vil­lardière a le tort d’être un mâle blanc d’un cer­tain âge, ce monde ancien que des per­son­nal­ités telles que Mes­dames Dial­lo ou Obono sem­blent vouloir effac­er du paysage. Cette ques­tion est d’ailleurs aujourd’hui assez prég­nante sociale­ment pour appa­raître dans des médias où on ne l’attendrait pas a pri­ori, ain­si dans la bande dess­inée con­tem­po­raine, avec une série telle que Mer­maid Project, série dont l’action se déroule dans un monde où les blancs en voie de dis­pari­tion sont con­sid­érés comme des inférieurs. La vio­lence ver­bale de Madame Dial­lo ain­si que sa défense du voile en tant que vête­ment peu­vent faire penser à ce monde d’anticipation dans lequel l’humain blanc, jugé coupable de tous les mal­heurs de la Terre, est mis au ban de la société par ses con­tem­po­rains « racisés ». Il en va par­fois de même avec le ciné­ma.

Les suites du clash

Attaqué dans la foulée par Gilles Verdez, Bernard de la Vil­lardière indique que le traiter d’islamophobe sur des plateaux de télévi­sion tels que TPMP con­tribue à « armer » poten­tielle­ment des per­son­nes qui pour­raient s’en pren­dre à sa per­son­ne. Rap­pelons que le reporter a un temps vécu sous pro­tec­tion poli­cière. Après avoir pré­cisé que « le voile a une sig­ni­fi­ca­tion poli­tique », Bernard de la Vil­lardière préfère alors quit­ter le plateau. Le mar­di 27 févri­er 2018, le clash con­naît un pro­longe­ment quand la députée européenne Les Répub­li­cains Nadine Mora­no twitte ceci : « L’intolérance, l’arrogance, la suff­i­sance de la mil­i­tante Rokhaya Dial­lo qui com­bat la cul­ture, les racines de la France et fait la pro­pa­gande scan­daleuse de la régres­sion de la femme avec le hid­jab. Française de papi­er ». Valeurs Actuelles con­sid­ère que l’eurodéputé n’a pas « hésité à pren­dre la défense de Bernard de la Vil­lardière », tan­dis que pour L’Obs Madame Mora­no se met­trait « dans les pas de Mau­r­ras » en accu­sant Madame Dial­lo d’être « une française de papi­er » et que Libéra­tion insiste sur le sou­tien apporté à Madame Mora­no par le député Gilbert Col­lard, proche de Marine Le Pen.

Cet arti­cle se ter­mine ain­si : « Rokhaya Dial­lo est une fig­ure médi­a­tique et mar­quante de la nou­velle généra­tion de mil­i­tants antiracistes ». De son côté, l’hebdomadaire Mar­i­anne pub­lie un arti­cle inti­t­ulé « Française de papi­er, Nadine Mora­no recy­cle une expres­sion d’extrême droite con­tre Rokhaya Dial­lo », avec en sur­titre : « Droite extrême ». C’est l’occasion pour le jour­nal­iste Thomas Vam­pouille d’indiquer que Nadine Mora­no est « une con­seil­lère de Lau­rent Wauquiez » et que cette expres­sion, « Français de papi­er », serait affec­tion­née par la famille Le Pen, étrange­ment sur la foi d’une seule occur­rence. Une façon d’accuser dif­férentes per­son­nal­ités de la droite par­lemen­taire de se trans­former en per­son­nal­ités d’extrême droite et de con­clure : « Décidé­ment, les droites LR et FN n’ont jamais parues si réc­on­cil­i­ables ».

Mal­heureuse­ment, aucun des médias offi­ciels con­sid­érés comme les « grands médias français » ne s’interroge sur le fond de cette polémique : la ques­tion du prosé­lytisme musul­man poli­tique en France et son util­i­sa­tion du voile pour ce faire. Il n’est du coup guère éton­nant que LCI con­sid­ère que Bernard de la Vil­lardière « s’en prend au voile et va au clash sur TPMP », indi­quant par ce choix de vocab­u­laire que le prob­lème ne serait pas le voile mais bien ceux qui s’offusquent de le voir être de plus en plus porté par des femmes dont per­son­ne ne peut démon­tr­er qu’elles le font en toute liberté.

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