Accueil | Portraits | Gilles Verdez

Gilles Verdez

Le stakhanoviste de l’indignation convenue

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 21/01/2015

Physique sec et chevelure poivre et sel, Gilles Verdez est désormais connu du grand public pour sa participation en tant que chroniqueur à l’émission de divertissement de Cyril Hanouna « Touche pas à mon poste » sur la chaîne de la TNT D8 (du groupe Canal+). Sur ce plateau, il incarne, jusqu’à la caricature, la pensée conforme et politiquement correcte, multipliant les envolées anti-sexistes, anti-racistes, anti-fascistes anti-discriminations et anti-méchants de tous genres, aussi attendues que conventionnelles. Retour sur la carrière de celui qui est devenu l’archétype chimiquement pur de ce que Philippe Muray appelait un « mutin de panurge ».

Parcours professionnel

Gilles Verdez né en août 1964 à Saint-Ger­main-en-Laye. Il entame sa car­rière en tant que jour­nal­iste sportif, spé­cial­isé dans le foot­ball. Il par­ticipe notam­ment de nom­breuses années à l’émission de radio « On refait le match » sur RTL. Dans ce cadre, il créé la polémique en déclarant après la finale de la coupe du monde de foot­ball de 2006 que « les Ital­iens sont des pour­ri­t­ures finies ».

Offi­ciant égale­ment au quo­ti­di­en Le Parisien (dont il devien­dra l’un des rédac­teurs en chef), le 5 mai 1992, il est blessé lors de la cat­a­stro­phe du stade de Furi­ani.

A par­tir de novem­bre 2009, il devient directeur-adjoint de la rédac­tion du quo­ti­di­en nation­al France-Soir et égale­ment respon­s­able du ser­vice des sports du jour­nal d’août 2011 à la dis­pari­tion de la ver­sion imprimée du quo­ti­di­en fondé par Pierre Lazareff en jan­vi­er 2012.

Gilles Verdez a égale­ment une intense activ­ité de chroniqueurs que ce soit à la radio ou à la télévi­sion, notam­ment sur i>Télé et RFI.

En sep­tem­bre 2013, il rejoint l’émission « Touche pas à mon poste ! », le diver­tisse­ment de Cyril Hanouna, où il n’hésite pas à appa­raître trav­es­ti et à par­ticiper à divers jeux ridicules tels que du « surf mécanique » déguisé en « Brice de Nice ».

Dans la dis­tri­b­u­tion des rôles entre chroniqueurs, il occupe celui de la « con­science citoyenne », pas­sant l’actualité télévi­suelle au crible de sa sour­cilleuse morale répub­li­caine, cos­mopo­lite et laïque.

Par­al­lèle­ment, Gilles Verdez pub­lie plusieurs livres sur le monde du foot­ball, dans lesquels il cri­tique notam­ment la prise du con­trôle du Paris Saint-Ger­main par l’émir du Qatar, arguant que le club parisien se trou­ve désor­mais trans­for­mé en arme diplo­ma­tique d’un pays étrangers aux ver­tus démoc­ra­tiques plus qu’incertaines. Il égratigne aus­si large­ment la fig­ure de Franck Ribéry, présen­té comme un homme orgueilleux, jaloux et insta­ble, sans repères moraux et vic­time de son entourage.

Il est égale­ment l’auteur d’une biogra­phie assez lisse et com­plaisante du nou­veau pre­mier min­istre, Manuel Valls, qui a été récom­pen­sée par le prix de lit­téra­ture poli­tique Edgar Fau­re, remis chaque année depuis 2007 pour récom­penser le meilleur ouvrage poli­tique de l’année. Il est à not­er que le jury de cette 7ème édi­tion qui hon­o­ra Gilles Verdez ne com­pre­nait aucun jour­nal­iste, ni uni­ver­si­taire ni spé­cial­iste du monde poli­tique, mais unique­ment des représen­tants du gotha poli­tique nation­al tels François Baroin, Chris­tiane Taubi­ra, Olivi­er Das­sault, François Reb­samen et Isabelle Debré.

Sa nébuleuse

Cyril Hanouna, Arnaud Her­mant, Matthieu Suc, Philippe Brous­sard.

Publications

  • Les années Jacquet, avec Vanes­sa Caf­fin, édi­tions Solar, 1999
  • Les années Lemerre, avec Vanes­sa Caf­fin, édi­tions Solar, 2001
  • Le roman noir des bleus, avec Eugène Sac­co­mano, édi­tions de La Mar­tinière, 2010
  • La face cachée de Franck Ribéry, avec Matthieu Suc, édi­tions Du Moment, 2011
  • Manuel Valls, les secrets d’un Des­tin, avec Jacques Henne, édi­tions Du Moment, 2013 (qui va être prochaine­ment adap­té à la télévi­sion)
  • Le PSG, le Qatar et L’argent : l’enquête inter­dite, avec Arnaud Her­mant, édi­tions du moment, 2013
  • Cham­pi­ons du monde 98 : secrets et pou­voir, avec Arnaud Ram­say, édi­tions du Moment, 2014

Distinctions

  • Prix du scoop du Fes­ti­val d’Anjou, 1991
  • Prix de lit­téra­ture poli­tique Edgar-Fau­re, 2013

Il a dit

« Il y a eu un rap­port de respect et de con­fi­ance avec Manuel Valls », Le Figaro, 17 avril 2014.

« Je trou­ve que votre livre est dan­gereux parce que c’est un livre de la France blanche, de la France nation­al­iste. Je trou­ve que vous nous ressortez une idée de l’histoire qui n’est plus enseignée depuis 1970. C’est une his­toire qui flirte avec les thèmes iden­ti­taires de l’extrême-droite et que je trou­ve que sor­tir ce livre en ce moment, c’est dan­gereux et vous flirtez avec les prob­lé­ma­tiques extrême-droite », D8, « Touche pas à mon poste », à pro­pos du livre « Hexa­gone » de Lorànt Deutsch.

« Il faut que le pub­lic sache que quand le Qatar a racheté le PSG il a surtout acheté le P de Paris, c’est à dire qu’il a racheté le club de la ville lumière pour accentuer son ray­on­nement à l’international. Le Qatar pos­sède déjà des parts dans le cap­i­tal d’entreprises du Cac 40 et est pro­prié­taire de biens immo­biliers de très grande valeur. Quand vous quit­tez la bou­tique du Psg sur les Champs Élysées la plu­part des bâti­ments et biens immo­biliers sont la pro­priété de cet État. On peut se deman­der dans le monde actuel si un pays peut acheter un club de foot­ball. Il s’agit quand même d’une arme diplo­ma­tique », Sportandbiz.com, 21 mars 2013.

« Ce n’est pas les belles et leurs princes char­mants mais les poufs et leurs presque blaireaux », D8, « Touche pas à mon poste », à pro­pos de l’émission « La Belle et ses princes presque char­mants ».

« Nous avons tous ressen­ti un immense fris­son en regar­dant et écoutant Buf­fon chanter l’hymne ital­ien. J’ai donc lancé le débat sur itélé avec François Pinet et Pas­cal Praud: pourquoi les Bleus ne chanteraient-ils pas TOUS la Mar­seil­laise? Et ce, sans par­ti pris poli­tique (ni droite, ni gauche en l’occurrence). Cer­tains me répon­dent qu’on ne peut pas les con­train­dre. Voilà l’essence même du prob­lème: il faut édu­quer les jeunes, redonner à tous la pos­si­bil­ité d’être fiers de la France, sans nation­al­isme. Avec sim­ple­ment le respect dû à l’Histoire », gillesverdez.tumblr.com

Ils ont dit

«Le prob­lème fon­da­men­tal de Gilles (Verdez), c’est qu’il est véri­ta­ble­ment coincé du cul. Dès qu’il y a une émis­sion où l’on par­le un peu de séduc­tion, d’amour et d’un peu de sexe, ça y est, il se drape dans une sorte de chasteté… », Jean-Michel Maire, D8, « Touche pas à mon poste, 27 avril 2014.

« Du Doc, per­son­nage de Retour vers le Futur, Gilles Verdez ne partage pas que l’air hagard et la chevelure improb­a­ble. Verdez et Roger-Petit sont des ersatz de Michelet ver­sion TNT qui grimpent dans leur Doloréane pour refaire le passé. « Je suis his­to­rien ! Je suis his­to­rien ! » s’est exclamé Verdez sur D8 face à Deutsch, comme pour se don­ner un sem­blant de légitim­ité avec son DEA ; sans vis­i­ble­ment savoir qu’un véri­ta­ble his­to­rien sait éviter l’écueil de l’anachronisme et se garde de juge­ments moraux sur des épo­ques révolues », Julien de Rube­m­pré, lenouveaucenacle.fr, 9 novem­bre 2013.

« Le jour­nal­iste Gilles Verdez a enfin brisé le tabou Lorànt Deutsch. L’événement a eu lieu dans le cadre de l’émission de Cyril Hanouna, “Touche pas à mon poste”, sur D8, et il mérite d’être men­tion­né pour ce qu’il dit de la télévi­sion de l’époque.(…) À la com­plai­sance de Nat­acha Polony face à Deutsch, sur France 2, (“Tant mieux si vous faites aimer l’histoire !”) a suc­cédé l’intransigeance de Gilles Verdez »,Bruno Roger-Petit, Le Nou­v­el Obser­va­teur, 6 novem­bre 2013, à pro­pos du « clash » Gilles Verdez/Lorànt Deutsch.

Dans l’émission Touche pas à mon poste dif­fusée le 8 avril 2014, Gilles Verdez com­mente un extrait de l’émission Man vs Wild, où l’on voit l’animateur et acteur du pro­gramme de diver­tisse­ment tuer un cochon pour le con­som­mer : « Il y a des reli­gions dans lesquelles on ne mange pas de porc, et je trou­ve que c’est totale­ment insul­tant. Je trou­ve ça totale­ment insul­tant franche­ment. Ça me révolte ! On ne tue pas un cochon pour le manger ! Il y a des gens qui sont heurtés par ça !»

Crédit pho­to : Acrobatedu5 via Flickr (cc)

Ce portrait a été financé par les donateurs de l’OJIM

Ce portrait a été financé par les donateurs de l'OJIM

Aider l’Observatoire du jour­nal­isme, c’est con­tribuer au développe­ment d’un out­il indépen­dant, libre­ment acces­si­ble à tous et à votre ser­vice.

Notre site est en effet entière­ment gra­tu­it, nous refu­sons toute pub­lic­ité et toute sub­ven­tion — ce sont les lecteurs/donateurs qui assurent notre indépen­dance. En don­nant 100 € vous financez un por­trait de jour­nal­iste et avec l’avan­tage fis­cal de 66% ceci ne vous coûte que 33 €. En don­nant 200 € vous financez un dossier. Vous pou­vez régler par CB, par Pay­Pal, par chèque ou par vire­ment. Rejoignez les dona­teurs de l’Ojim ! Nous n’avons pas d’autres sources de finance­ment que nos lecteurs, d’avance mer­ci pour votre sou­tien.

9% récolté
Nous avons récolté 185,00€ sur 2.000,00€. Vous appré­ciez notre tra­vail ? Rejoignez les dona­teurs de l’Ojim !

Suivez-nous sur les réseaux sociaux