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Christine Angot, capricieuse médiatique

6 octobre 2017

Temps de lecture : 3 minutes
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Christine Angot, capricieuse médiatique

Les téléspectateurs de l’émission de Laurent Ruquier, On n’est pas couchés, sont de drôles de privilégiés. Samedi 30 septembre 2017, ils ont assisté à une émission dont ils savaient à l’avance qu’ils ne verraient pas le clou du spectacle : « le clash entre Christine Angot et Sandrine Rousseau », ainsi que le rapporte la majorité des médias ce même samedi.

Sur­prenante for­mule car de vrai clash il n’y a pas eu. Seule­ment l’habituelle colère d’une enfant gâtée du monde de la cul­ture libérale-lib­er­taire. France 2 a donc décidé de ne pas don­ner à voir cette séquence lors de la dif­fu­sion de l’émission. Ce qui a été dif­fusé, clash en moins, peut se voir ici.

Cachez donc ce caprice que je ne saurai voir

À lire les médias qui rap­por­tent les faits, comme 20 Min­utes, Le Huff­in­g­ton Post, RTL, Le Figaro, L’Express, CNews…, le plateau d’ONPC a con­nu 30 min­utes de gaminer­ies capricieuses. Un « vif échange » oppose Chris­tine Angot à l’invitée San­drine Rousseau, anci­enne cadre l’EELV main­tenant engagée dans la lutte con­tre les agres­sions sex­uelles. San­drine Rousseau a pub­lié un témoignage racon­tant la manière dont elle a été traitée par Denis Baupin. Des fuites de téléspec­ta­teurs dis­ent que l’ancienne respon­s­able écol­o­giste a ter­miné l’émission en larmes, suite à ce qui ne fut pas en réal­ité un « vif échange » mais bien une agres­sion — laque­lle eut valu exclu­sion du PAF pour toute per­son­ne moins poli­tique­ment inté­grée. Chris­tine Angot aurait pronon­cé ces mots : « Je vous inter­dis de dire ce que vous dites ! Vous ne pou­vez pas par­ler au nom de toutes les femmes, vous auriez dû dire “je”. On ne peut par­ler que de son viol ». Nous n’aurons donc pas le ton avec lequel ces mots ont été pronon­cés. Un ton sans doute vio­lent, on peut l’imaginer si l’on se sou­vient de l’agressivité gênante qui avait été celle de l’écrivain à l’égard de François Fil­lon, alors can­di­dat à la prési­dence de la République. Lors de l’enregistrement d’ONPC, Angot aurait jeté tout ce qui traî­nait devant elle, après avoir attaqué une San­drine Rousseau qui était, rap­pelons-le, l’invitée d’une émis­sion dont l’écrivain est devenu chroniqueuse en sep­tem­bre, en récom­pense de ses invec­tives con­tre Fillon.

Christine, au nom de quelle secte parles-tu ?

François Fil­lon avait lais­sé enten­dre que son inter­locutrice était sec­taire, con­ser­vant cepen­dant une cer­taine retenue devant une per­son­ne l’accusant sur la base d’attaques non con­fir­mées par la jus­tice. Il est vrai que le choix des mots est sig­nifi­ant. Lors de la séquence retirée de l’émission ONPC du same­di 30 sep­tem­bre 2017, Angot dit : « Je vous inter­dis de dire ce que vous dîtes », niant ain­si la lib­erté d’expression de son inter­locutrice. Puis elle affirme « vous auriez dû dire ». Inter­dic­tion et oblig­a­tion, les deux for­mules traduisent autant l’état d’esprit de l’écrivain que celui des milieux bobos parisiens aux­quels elle appar­tient, de plus en plus habitués à intimer, inter­dire et oblig­er autrui. Au nom de la « lib­erté » et de la « tolérance ». Cela a été analysé par nom­bre d’observateurs, dont les philosophes Alain Finkielkraut et Jean-Claude Michéa.

Christine n’en est pas à son coup d’essai

Cette agres­siv­ité en forme de volon­té d’interdire à l’autre d’être ce qu’il est n’est pas une pre­mière de la part de Chris­tine Angot. Il y avait eu clash avec Zem­mour, puis avec Nat­acha Polony. Dans cha­cun de ces cas, l’écrivain avait une actu­al­ité per­son­nelle, tout comme lors de son offen­sive anti Fil­lon – elle met­tait alors en scène l’un de ses romans au théâtre, ce que David Pujadas n’a pas man­qué de sig­naler tan­dis qu’elle quit­tait le stu­dio. Récem­ment, Alex­is Cor­bière, député de la France Insoumise, a aus­si été soumis à la vin­dicte dog­ma­tique de l’écrivain, éruc­tant « Je suis une artiste ! Je suis une artiste ! » quand l’homme poli­tique venait d’utiliser le mot « d’intellectuelle » à son égard. Pourquoi cette vio­lence ? Angot pré­tendait con­va­in­cre les téléspec­ta­teurs que le mou­ve­ment de Cor­bière aurait été soutenu par Dieudon­né, unique­ment parce que l’une de ses can­di­dates aurait « accueil­li » ses voix. Ce qui ne fut d’ailleurs aucune­ment le cas. Cor­bière par­le d’amalgame. Angot dit « Il faut être clair ». Cor­bière l’informe qu’il ira véri­fi­er « si elle s’est un jour pronon­cée con­tre Dieudon­né ». Clash mal pré­paré, Alex­is Cor­bière est un anti Dieudon­né his­torique, mil­i­tant de l’interdiction des spec­ta­cles de l’humoriste. Le clash se ter­mine donc plutôt calme­ment : on est entre parisiens de gauche.

Christine ou Je Suis vraiment Partout ?

Bien sûr, de mau­vais­es langues remar­queront que le clash du same­di 30 sep­tem­bre 2017 survient la semaine où sort sur les écrans le dernier film de Claire Denis, avec Juli­ette Binoche en égérie du tout Paris végan-bobo-bon­za­ïo-révo­lu­tion­naro-macro­niste en tête d’affiche. « Un beau soleil intérieur », film dont le scé­nario a juste­ment été écrit par Chris­tine Angot. Ces mêmes mau­vais­es langues auront beau jeu de soulign­er qu’un peu de buzz ne pou­vait guère mieux tomber. Ce qui ne sera évidem­ment pas le cas de l’OJIM. Reste que face à de tels moments médi­a­tiques, où la vul­gar­ité de Ruquier comme de Chris­tine Angot éclate au grand jour, une per­son­nal­ité influ­ente du PAF nous dis­ait devant une telle palin­odie, — en souri­ant et sous cou­vert d’anonymat — être main­tenant « con­va­in­cue qu’interdire la fes­sée sera une énorme âner­ie ».

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