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Télérama croit que « CNews est devenue la Fox News française »

6 novembre 2020

Temps de lecture : 5 minutes
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Télérama croit que « CNews est devenue la Fox News française »

Télérama écrit que la chaîne de télévision en continu CNews est l’équivalent de la chaîne américaine Fox News, dans un article qui est un cas d’école du journalisme de propagande. Démonstration.

Dans son numéro 3693, daté du 24 au 30 octo­bre 2020, le mag­a­zine heb­do­madaire Téléra­ma pub­li­ait un fort long arti­cle (trois pages) signé Samuel Gon­tier et Richard Sénéjoux. Un arti­cle de pro­pa­gande et de dénon­ci­a­tion dont le car­ac­tère jour­nal­is­tique est, à la lec­ture, plus que discutable.

Moins d’une semaine après la décap­i­ta­tion du pro­fesseur Samuel Paty pour avoir fait un cours sur la lib­erté d’expression auprès d’élèves de 4e, appli­quant ain­si scrupuleuse­ment les pro­grammes de l’Éducation nationale, cet arti­cle à charge de Téléra­ma à pro­pos de l’un de ses con­frères fait tache. La lib­erté d’expression, mais pas pour tout le monde, semble-t-il.

Le titre : « Com­ment CNews est dev­enue la Fox News française »
L’accroche : « En 2016, quand Vin­cent Bol­loré reprend I‑Télé et la rebap­tise, beau­coup s’inquiètent. À rai­son. Chroniqueurs relayant des thès­es extrémistes, présen­ta­teurs pas­sifs… Enquête sur une chaîne dev­enue un out­il de pro­pa­gande où les fake news et les opin­ions ont rem­placé l’information. »

Les mots des­tinés à « tuer » sym­bol­ique­ment sont lâchés : « thès­es extrémistes », « out­il de pro­pa­gande », « fake news » en lieu et place de l’information. Un dan­ger pèserait donc sur la lib­erté en France et CNews en serait l’outil ?

Les arguments (sic) de départ, si l’on peut dire, des journalistes (resic)

Les pre­miers invités de CNews évo­qués dans cette « enquête » sont présen­tés comme « qua­tre sep­tu­agé­naires » (Téléra­ma envis­agerait de lim­iter la libre expres­sion d’opinions dans les médias en fonc­tion de l’âge des intervenants ?).

Ces qua­tre inter­venants de la chaine privée par­lent du pro­jet de loi sur le « séparatisme », exposant les réal­ités que Téléra­ma met, ou a mis, sous le tapis depuis 30 ans : ce séparatisme est islamiste, les séparatistes islamistes sont nom­breux, s’insèrent dans les struc­tures asso­cia­tives, envahissent l’espace pub­lic, béné­fi­cient d’écoles financés par des pays musul­mans et le port du voile est sou­vent une provo­ca­tion volon­taire. L’un des invités explique que la loi sur le séparatisme devrait inté­gr­er l’immigration. Une évi­dence : les tueurs et les séparatistes sont des immi­grés ou des descen­dants d’immigrés, pas des retraités du quarti­er de la Bastille.

Pour Téléra­ma, affirmer ces réal­ités en direct, ce n’est pas pos­si­ble. Pourquoi ? Car « c’est pré­cisé­ment ce que vient de déclar­er Marine Le Pen à l’antenne ». CNews fait donc le jeu de ce que Téléra­ma con­sid­ère comme étant « l’extrême-droite ». On attend une enquête du mag­a­zine pour expli­quer claire­ment ce dont il s’agit, en France.

Plus intéres­sant : Téléra­ma demande que les pro­pos et idées de l’une des prin­ci­pales respon­s­ables poli­tiques du pays ne soient pas réper­cutés sur les chaînes de télévi­sion. Il y a un mot pour cela : appel à la censure.

CNews, ce danger qui pèserait sur la France

La preuve (sans preuves, sinon de vagues mots) ? Il y aurait « pro­mo­tion des thès­es d’extrême-droite, infor­ma­tions erronées, com­plo­tisme… ». Le tout ne se lim­i­tant pas « aux délires racistes de sa tête de gon­do­le, Eric Zemmour ».

Retour aux sources. Téléra­ma fait ensuite l’historique de la nais­sance de CNews, née d’I‑Télé, mais sans dire qu’une égérie des anti Zem­mour d’aujourd’hui, Léa Salamé, défen­dant actuelle­ment les mêmes idées que Téléra­ma sur France Inter, à coups d’opinions et d’informations ten­ant sou­vent de la légende urbaine, était la présen­ta­trice qui ani­mait les débats aux­quels par­tic­i­pait quo­ti­di­en­nement Zem­mour. Un Zem­mour sur le dos duquel elle a finale­ment fab­riqué en par­tie sa carrière.

Pour démon­tr­er que CNews serait une Fox News à la française, depuis le début, l’article fait appel à l’opinion de jour­nal­istes cer­taine­ment au-dessus de tout soupçon de par­ti pris comme… Claude Askolovitch, lui-aus­si, le monde est petit, à France Inter. Ce qui est reproché à la chaîne qui a rem­placé i>Télé ? D’avoir dou­blé l’audience en réduisant les moyens presque de moitié (c’est affir­mé sans preuves) et d’avoir créé une « chaîne de débats et d’opinion ». Pour Askolovitch, CNews « c’est une secte, il y a un côté total­i­taire très stal­in­ien », on l’imagine se sou­venant de sa jeunesse et de celle de ses meilleurs amis. Serge Ned­jar, le patron de CNews, serait « un petit Trump .

Réus­sir, gag­n­er de l’argent, débat­tre, avoir des opin­ions sans être de gauche… c’est mal. Et c’est cela qui fonde la rai­son d’être de cette enquête à charge, ne com­por­tant aucun fait concret.

Télérama a un Pascal Praud en travers de la gorge

La cible est alors « L’heure des pros », l’émission de Pas­cal Praud, « fig­ure de proue de cette extrême-droiti­sa­tion. Praud par­lerait comme « la fachos­phère ». Allô, Téléra­ma, c’est quoi la « fachos­phère » ? Il y a un par­ti fas­ciste en France ? Mus­soli­ni is back ?

Out­re l’émission de Zem­mour, « l’heure des pros » est l’émission phare par­mi les émis­sions de débat de la chaîne. Or, Téléra­ma est obligé de l’admettre : la chaîne donne la parole à de nom­breuses per­son­nal­ités de gauche. Mais ce ne serait que par… « oblig­a­tion légale ». Une oblig­a­tion éthique dont Téléra­ma n’a cure. Une per­son­nal­ité de droite dans Téléra­ma, c’était quand la dernière fois ?

Les jour­nal­istes con­tin­u­ent. Praud n’est pas le seul. Il faut dénon­cer, dans la plus pure tra­di­tion du « jour­nal­isme » de chiens de garde , juste­ment, biberon­nés à la Plenel époque Le Monde. On donne des noms en pâture : Gold­nadel (qui serait « de Valeurs Actuelles ), Char­lotte d’Ornellas, Jean-Claude Dassier, Eliz­a­beth Lévy, Ludi­vine de La Rochère, Eugénie Bastié, Gabrielle Cluzel, Ivan Rioufol…. Ils ont un seul point com­mun : ne pas penser en mode libéral-libertaire.

Autre reproche ? Le fait de rechercher « le clash » ? Exacte­ment ce que fait aus­si Téléra­ma, comme tous les médias actuels, que ce soit au sujet de Zem­mour, CNews ou récem­ment Don­ald Trump, annon­cé comme des­tiné à être pul­vérisé tant il incar­n­erait un Mal dont l’Amérique allait se débar­rass­er. Cela n’a pas été aus­si sim­ple que ne le voudraient les médias de grand chemin.

Télérama veut sérieusement un peu de police

« Mais que fait la police », con­clut l’article. Il en appelle au CSA. Il demande aus­si que CNews soit « attaquée comme acteur poli­tique », pré­cisant : « Logique pour un média qui, aujourd’hui, relève plus de l’outil de pro­pa­gande que de la chaîne d’information ».

Un peu comme cet arti­cle de Téléra­ma en somme, qui n’a rien de jour­nal­is­tique mais tout de la pro­pa­gande et de l’outil de com­bat. Par con­tre, Téléra­ma ne se plaint jamais quand, entre les deux tours des élec­tions prési­den­tielles en France, tous les médias sans excep­tion choi­sis­sent un can­di­dat con­tre l’autre, tou­jours le même choix d’ailleurs, sur le plan idéologique.

Apparem­ment, cette pro­pa­gande et cette uni­for­mité d’idées, pour Téléra­ma, c’est nor­mal. Par con­tre, qu’une chaîne de télévi­sion ne soit pas entière­ment libéral-lib­er­taire, serait une atteinte à la lib­erté d’expression. Autre­fois, avant l’invention des médias, quelqu’un l’aurait sans doute dit : par­donne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. Sauf que les auteurs de cet arti­cle savent pré­cisé­ment ce qu’ils font : du mil­i­tan­tisme poli­tique sous cou­vert de journalisme.

Le souci pour Téléra­ma, c’est que l’islamisme a encore tué en France il y a peu. Un pro­fesseur en pre­mier lieu, Samuel Paty, parce qu’il était Français et enseignait la lib­erté d’expression, trois chré­tiens ensuite. L’islam est ce qui tue en France. Un peu ce qui est par­fois dit « sans preuves » sur CNews. Pen­dant ce temps-là, ce dont CNews débat quo­ti­di­en­nement tue tou­jours, sous le silence pesant de jour­nal­istes de Téléra­ma qui préfèrent voir un dan­ger d’extrême-droite en France.

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