Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
RFI : le virus du ton nouveau contamine peu à peu les médias

1 avril 2020

Temps de lecture : 3 minutes
Accueil | Veille médias | RFI : le virus du ton nouveau contamine peu à peu les médias

RFI : le virus du ton nouveau contamine peu à peu les médias

L’OJIM le montre depuis plusieurs jours maintenant : ce qui était il y a encore peu considéré comme « radical » sur le plan du vocabulaire, du ton et de la manière de traiter les sujets dans les médias de grand chemin semble devenir la norme.

Arti­cles déjà parus sur l’OJIM au sujet du change­ment de ton :

Ces médias, par­mi bien d’autres, à l’exception peut-être de Fran­ce­in­fo ou BFM qui essaient tant bien que mal et en con­tinu de sauver l’idéologie de la mon­di­al­i­sa­tion, tout en dénonçant les « pop­ulistes », comme si rien n’avait changé depuis le début de la pandémie, com­men­cent à percevoir que le réel existe et résiste.

RFI s’y met le 30 mars 2020, au sujet de la Suède. Un pays qui était plutôt homogène sur le plan eth­nique jusqu’à 2014, sta­ble poli­tique­ment, en avance sur le plan de l’économie et de l’État prov­i­dence. Et puis le pays a accueil­li beau­coup de migrants au nom de l’idéologie de l’Open Soci­ety. Le résul­tat est hal­lu­ci­nant mais nos médias de grand chemin n’en par­laient pas. La donne a changé, si le titre de RFI reste vic­ti­maire, l’article est plus factuel.

Titre : Coro­n­avirus: en Suède, les migrants prin­ci­pales vic­times de la pandémie

Plusieurs ques­tions vien­nent immé­di­ate­ment à l’esprit :
Que font-ils là ?
Pourquoi sont-ils là ?
La Suède pro­tège-t-elle aus­si les sué­dois de souche ?

À cette dernière ques­tion, de très nom­breuses jeunes sué­dois­es appor­tent mal­heureuse­ment une réponse néga­tive depuis 2015. Le « wel­come » a sou­vent fait place à la peur dans les rues de Stock­holm.

RFI sem­ble donc s’inquiéter de nou­veau pour les migrants. Est-ce si sim­ple ? Pas si sûr.

L’accroche

« La Suède se dis­tingue depuis le début de cette crise san­i­taire par une poli­tique unique en Europe. Très peu de mesures con­traig­nantes ont été pris­es, les autorités faisant con­fi­ance à la pop­u­la­tion pour suiv­re les con­signes d’hygiène et de dis­tan­ci­a­tion sociale. Encore faut-il que tous ceux qui vivent en Suède com­pren­nent ces con­signes. Une cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion a donc été lancée en vingt-qua­tre langues dif­férentes. »

Ain­si, le gou­verne­ment sué­dois a con­servé une vision pré-immi­gra­tion de masse, con­tin­u­ant de faire con­fi­ance à « sa » pop­u­la­tion. Les deux dernières phras­es sont pour­tant un bel exem­ple du change­ment de ton actuelle­ment analysé par l’OJIM : « encore faut-il que tous ceux qui vivent en Suède com­pren­nent ces con­signes ». Il y a donc des migrants en Suède (ils y vivent) et ces migrants ne sont pas inté­grés. Une phrase de cette sorte dans la bouche de Zem­mour aurait été qual­i­fiée de raciste il y a encore quelques semaines. La cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion se fait dans 24 langues ? Le men­songe est donc éven­té : qui croira encore que l’Europe accueille des réfugiés, fuyant des guer­res, de 24 pays du monde ?

Les autres éléments du texte

« Sur les médias publics sué­dois, vous pou­vez désor­mais écouter les dernières nou­velles sur le coro­n­avirus en Sué­dois bien sûr, en anglais, mais aus­si en soma­li ou en kurde.
La Suède a lancé cette cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion pour répon­dre à un phénomène inquié­tant : les pop­u­la­tions immi­grés sont sur­représen­tées par­mi les vic­times du coro­n­avirus. L’association des médecins sué­do-soma­liens, par exem­ple, a con­staté une pro­por­tion impor­tante de per­son­nes d’origine soma­li­enne dans les hôpi­taux. Beau­coup de malades sont aus­si domi­cil­iés dans les ban­lieues à fort taux d’immigration autour de Stock­holm. »

Il faut que les médias sué­dois dif­fusent des mes­sages en une mul­ti­plic­ité de langues.
Il y a des asso­ci­a­tions de médecins sué­dos-soma­liens , et sans doute autres, « sué­do-africains ».
Il y a des ban­lieues avec un « fort taux » d’immigration à Stock­holm.

La réal­ité de la mon­di­al­i­sa­tion et des migra­tions de masse, sans grand rem­place­ment bien sûr, revient comme un boomerang à la face de ses pro­mo­teurs. Ou plutôt à celle des peu­ples con­cernés.

Qui plus est

« Aujourd’hui, près de 20% de sa pop­u­la­tion est née à l’étranger. Cer­tains de ces immi­grés ne maitrisent pas encore la langue sué­doise et d’autres, qui ont l’habitude se retrou­ver en groupe, de se ser­rer dans les bras, de s’embrasser, n’ont pas adop­té les codes cul­turels des Sué­dois, beau­coup plus dis­tants. »

Là aus­si, une déc­la­ra­tion de cet ordre pronon­cée par une per­son­nal­ité con­ser­va­trice avant le covid-19 eut provo­qué un tol­lé médi­a­tique. On pour­rait y lire une cri­tique de :

  • la pro­por­tion exces­sive de la pop­u­la­tion immi­grée en Suède.
  • l’incapacité de cette pop­u­la­tion à s’intégrer cul­turelle­ment et de l’impuissance des pou­voirs publics sué­dois.

Ceci dit, pas de mau­vaise langue : 20 %, ce n’est qu’un sur cinq, le retourne­ment de veste (alias retour au réel), est un art dans les médias con­venus. Sera-t-il pro­vi­soire ou durable ? À suiv­re dans notre rubrique du traite­ment médi­a­tique du coro­n­avirus.

Les réseaux Soros
et la "société ouverte" :
un dossier exclusif

Tout le monde parle des réseaux de George Soros, cet influent Américain d’origine hongroise qui consacre chaque année un milliard de dollars pour étendre la mondialisation libérale libertaire.

En effet, derrière un discours "philanthropique" se cache une entreprise à l'agenda et aux objectifs politiques bien précis. Mais quelle est l’étendue de ce réseau ?

Pour recevoir notre dossier rejoignez nos donateurs (avec un reçu fiscal de 66% de votre don).

Derniers portraits ajoutés

Camille Vigogne Le Coat

PORTRAIT — C’est la petite jour­nal­iste libérale lib­er­taire qui monte. Dis­sim­u­lant der­rière un joli minois une volon­té de nuire à toutes les per­son­nal­ités de la droite non alignée, Camille Vigogne Le Coat se rêve en nou­velle Ari­ane Chemin sa con­sœur du Monde.

Laurent Joffrin

PORTRAIT — Lau­rent Jof­frin, de son vrai nom Lau­rent (André Marie Paul) Mouchard est né en juin 1952 à Vin­cennes. Sa car­rière se car­ac­térise par des allers et retours inces­sant entre Libéra­tion et Le Nou­v­el Obser­va­teur.

Nicolas Beytout

PORTRAIT — Groupe de Bilder­berg, Le Siè­cle, Medef, Com­mis­sion Tri­latérale, ami intime de Nico­las Sarkozy, petit-fils de l’ancienne pro­prié­taire des Échos, Nico­las Beytout est LE porte-voix de la pen­sée unique mon­di­al­iste dans les médias.

Sonia Devillers

PORTRAIT — Née le 31 jan­vi­er 1975, Sonia Dev­illers est la fille de l’architecte Chris­t­ian Dev­illers. Jour­nal­iste sur France Inter, anci­enne du Figaro, elle s’occupe de cul­ture et des médias sur le ser­vice pub­lic et est en même temps la voix de la bobosphère, tou­jours prête à pour­fendre les « fachos » de Valeurs Actuelles et à offrir un refuge com­plaisant à Aude Lancelin, patronne d’un Média en pleine tour­mente.

Laurent Ruquier

PORTRAIT — Lau­rent Ruquier est né le 24 févri­er 1963 au Havre (Seine-Mar­itime). Tour à tour ani­ma­teur, présen­ta­teur, humoriste, pro­duc­teur et directeur de théâtre, Lau­rent Ruquier est omniprésent dans le Paysage audio­vi­suel français (PAF).