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Réforme du CSA : on attend des pistes

22 juin 2018

Temps de lecture : 2 minutes
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Réforme du CSA : on attend des pistes

22 juin 2018

Temps de lecture : 2 minutes

La transparente ministre de la culture Françoise Nyssen montre parfois les dents. Comme par exemple le 4 juin 2018 où, présentant sa réforme de l’audio-visuel public, elle annonce vouloir un média engagé pour changer les mentalités (sic). On connaît moins son opinion sur la réforme du désastreux CSA.

Une institution politique

Dans sa page d’accueil le CSA définit ain­si sa mis­sion : Le con­seil supérieur de l’au­dio­vi­suel garan­tit l’ex­er­ci­ce de la lib­erté de com­mu­ni­ca­tion audio­vi­suelle dans les con­di­tions définies par la loi. Comme la CNIL, le CSA est une Autorité Publique Indépen­dante (API). Depuis la loi de 2013 le CSA nomme les prési­dents des sociétés de l’audiovisuel pub­lic (il avait per­du ce pou­voir en 2009).

Trois mem­bres sont nom­més par le Prési­dent du Sénat, trois par le Prési­dent de l’Assemblée Nationale, le Prési­dent du CSA est nom­mé par le Prési­dent de la République. Logique­ment François Hol­lande a usé de cette prérog­a­tive pour nom­mer en 2013 Olivi­er Schrameck, ancien directeur du cab­i­net de Lionel Jospin. Schrameck fera engager en 2015 à France Télévi­sions comme numéro 2 de l’information, Ger­main Dagognet, ancien chargé de com­mu­ni­ca­tion de… Lionel Jospin. Notons qu’aucun représen­tant des usagers n’a été nom­mé au CSA, les postes ont tou­jours été réservés aux jour­nal­istes et aux fonctionnaires.

Du partial et du flou

Dès 2014, le CSA souhaitait pou­voir faire la police sur Inter­net. Reni­ant sa mis­sion de pro­tec­tion des lib­ertés, l’institution se pré­parait à un rôle de censeur. Ses vœux ont été plus que comblés avec les inter­ven­tions de la Dil­crah et les cen­sures de Face­book sur les pages des Iden­ti­taires (voir le point de vue du poli­to­logue Dominique Reynié) et la sup­pres­sion de la chaine YouTube (Google) de TV Lib­ertés en juin 2018. Ceci par­mi bien d’autres exem­ples où le CSA est resté muet.

Le CSA « nomme les prési­dents de chaînes » mais les ami­cales sol­lic­i­ta­tions du pou­voir ne sont pas – com­ment le seraient elles ? – mis­es de côté. Jean-Marie Cava­da ancien prési­dent de Radio France et sou­tien du can­di­dat Emmanuel Macron a lancé quelques pistes dans une tri­bune du Monde du 4 juin 2018. Il pro­pose que le CSA reste régu­la­teur mais que les prési­dents des chaines soient nom­més par les con­seils d’administration de cha­cune. Un vœu pieux qui dépouille l’État qui finance de son pou­voir. Il serait plus sain que l’État nomme directe­ment les prési­dents plutôt que d’intriguer dans la coulisse. Si Sibyle Veil a été élue à la tête de Radio France c’est bien parce que Matthieu Gal­let était tombé en dis­grâce du côté du nou­veau Prési­dent de la république.

Par con­tre la sug­ges­tion de Cava­da de fusion­ner le CSA et l’Arcep, l’Autorité de régu­la­tion des com­mu­ni­ca­tions élec­tron­iques et des postes est intéres­sante. Ajou­tons que des représen­tants des usagers de l’audiovisuel pub­lic devraient être nom­més, l’Observatoire du jour­nal­isme se sent tout à fait légitime pour ce rôle. Madame Françoise Nyssen, cer­taine­ment plu­ral­iste dans l’âme, trou­verait là un con­tre­poids au poli­tique­ment cor­rect qui règne sur les chaines du ser­vice public.

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