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Politis, le journal qui exploitait les clandestins, en croisade contre CNews

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2 février 2023

Temps de lecture : 5 minutes
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Politis, le journal qui exploitait les clandestins, en croisade contre CNews

Temps de lecture : 5 minutes

Le média d’extrême gauche Politis s’est lancé dans un exercice périlleux de critiques à l’encontre des journalistes et animateurs des chaînes de Vincent Bolloré. Hanouna, Praud, Kelly, Delormeau, Morandini, … : les cibles sont triées sur le volet. La litanie de critiques transpire les obsessions du journal, qui en a fait la une de sa version papier. Un journal qui oublie ses frasques passées quand son rédacteur en chef exploitait des migrants, leur promettant régularisation contre de fortes sommes.

Des portraits au vitriol

Dans une série de por­traits de per­son­nal­ités exerçant dans des médias de la sphère Bol­loré, la revue Poli­tis apporte sa mod­este obole à l’entreprise de dén­i­gre­ment qui touche CNews — et depuis peu C8 pour les extrav­a­gances de l’animateur Cyril Hanouna.  Les cinq per­son­nal­ités sont qual­i­fiées de « racailles » et accusées d’aborder des sujets de société comme l’islamisation, l’immigration ou encore la peine de mort.

La pre­mière vic­time de ce recense­ment à charge est Cyril Hanouna et son émis­sion TPMP sur C8. L’animateur est con­sid­éré comme « l’un des pus grands pour­voyeurs du pop­ulisme » qui déverserait sa haine et favoris­erait les thèmes « nation­al­istes et iden­ti­taires ». Il est enfin accusé de défendre la « cul­ture du viol ».

Son com­père et chroniqueur Matthieu Delormeau n’est pas épargné, décrit comme une sorte de mau­vais homo­sex­uel car goû­tant peu aux pitreries de Bilal Has­sani ou aux man­i­fes­ta­tions com­mu­nau­taires de type « gayprides ». Envis­agé comme un « idiot utile », il est aus­si envis­agé comme la « cau­tion réac­tion­naire sur les sujets LGBT ».

Vient ensuite Pas­cal Praud, à qui est fait un procès en pop­ulisme un peu grossier. Ce dernier est accusé de réha­biliter Jean-Marie Le Pen, de s’attaquer au « poli­tique­ment cor­rect » et à la « bien pen­sance » de la gauche. En somme, l’animateur est accusé d’être de droite et de s’adresser à des couch­es populaires.

Chris­tine Kel­ly, tou­jours sur CNews, est quant à elle accusée de jouer sur des « paniques anti-woke » et de faire la part belle aux « fake news » les plus décom­plexées. Sans com­plex­es non plus, Poli­tis raille volon­tiers sa foi chré­ti­enne dans un exer­ci­ce de dis­crim­i­na­tion à géométrie vari­able visant cette « femme noire au pays des mas­culin­istes supré­macistes ».

Pour finir, Jean-Marc Moran­di­ni est grat­i­fié d’un sobri­quet digne des unes de Libé : « Vieux Port ». Cri­tiqué pour son appé­tence pour le scoop, il est la per­son­nal­ité dont la cri­tique est la moins out­ran­cière mais aus­si celle qui porte le plus. Revenant sur une séquence con­tro­ver­sée d’une de ses émis­sions qui pour­rait avoir été orchestrée selon Poli­tis. Enfin, il est rap­pelé que Moran­di­ni est accusé de cor­rup­tion de mineurs, ce qui déteint dans une chaîne, CNews, por­tant aux nues des per­son­nal­ités se revendi­quant d’une cer­taine forme de conservatisme.

Très édi­to­ri­al­isé, pas orig­i­nal et don­nant finale­ment peu d’informations, les cinq por­traits de Poli­tis s’attaquent aux per­son­nes et pas aux con­cepts, plaçant le débat dans le caniveau.
Pour­tant une cri­tique intel­li­gente peut être pro­duite sur la galax­ie Bol­loré ou sur cer­tains jour­nal­istes de ses chaînes. Le Monde Diplo­ma­tique avait pro­posé, en une de son numéro de jan­vi­er, une cri­tique beau­coup plus fine et per­ti­nente du phénomène Hanouna.

Voir aus­si : Le rédac­teur en chef de Poli­tis mêlé à un traf­ic avec les clandestins

Politis, entre obsession identitaire et gentils violents

La revue Poli­tis aime la polémique, à telle point qu’elle est par­fois elle-même l’objet de scan­dales —  notam­ment quand l’un de ses rédac­teurs en chef était mêlé à un traf­ic de clan­des­tins. Cen­sé don­ner la parole à la gauche au sens large, du Par­ti Social­iste au NPA, le média penche néan­moins plus du côté de l’extrême gauche. Une gauche ver­sion ATTAC qui pour­fend la « fake news » mais qui, en même temps, tra­vaille avec une jour­nal­iste adepte des fauss­es infor­ma­tions.

Mil­i­tant, le jour­nal assume un ancrage à gauche à l’image de Michel Soudais, époux de Chris­tiane Chombeau et spé­cial­iste auto­proclamé de l’extrême droite.

Engagé, selon la for­mule con­sacrée, Poli­tis, ne se dérange pas pour se mon­tr­er très con­ciliant avec la vio­lence grou­pus­cu­laire, quand celle-ci vient de l’extrême gauche antifas­ciste. Le titre fait aus­si dans la réclame pour des indi­vidus un peu loufo­ques évolu­ant dans la sphère « antifa ». En sep­tem­bre 2021, le jour­nal fai­sait sa une avec un cer­tain Raphaël Arnault, un tout petit chef de bande lyon­nais très bruyant sur les réseaux soci­aux mais désavoué par une par­tie de son pro­pre camp. Un indi­vidu qui s’est ren­du « célèbre » en se ren­dant… chez Cyril Hanouna !

Voir aus­si : Les romances antifas dans les médias de grand chemin

Sur le site, les pub­li­ca­tions con­cer­nant la droite tour­nent à l’obsession avec des arti­cles qui se suiv­ent et reflé­tant les peurs par­fois déraisonnables — voire à la lim­ite de la peur du com­plot, sur « l’Union des droites et de l’extrême droite » qu’organiseraient des jeunes de moins de 30 ans…

La « une » visant la galax­ie Bol­loré est d’ailleurs com­plétée d’un ban­deau avec le titre évo­ca­teur « Le Pen : com­ment la décon­stru­ire ? ». Vous avez dit obsession ?