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Nicolas Madelaine (Les Échos) : Tout ce que les éditeurs perdent, Facebook et Google le gagnent

21 janvier 2018

Temps de lecture : 2 minutes
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Nicolas Madelaine (Les Échos) : Tout ce que les éditeurs perdent, Facebook et Google le gagnent

L’Observatoire du journalisme enquête régulièrement sur l’emprise de Facebook et Google sur les grands médias classiques. Alors que c’est Google qui a financé (les sommes n’ont jamais été révélées) le quasi défunt Decodex du quotidien Le Monde, Facebook de son côté s’est lancé en France dans la création d’un véritable Index avec le soutien de huit grands médias privés comme publics.

L’effet ciseau

Mais Face­book ne se con­tente pas d’exercer un droit de regard sur les con­tenus en sup­p­ri­mant des comptes. Le réseau social enserre les médias imprimés ou non dans ses ten­tac­ules par un effet de ciseau.

Pre­mière branche du ciseau : instant arti­cles. Le tuyau per­met à un quo­ti­di­en ou mag­a­zine de dif­fuser ses arti­cles et ses vidéos via Face­book. Ces arti­cles sont vis­i­bles unique­ment via mobiles. Mais ils ne vont pas ren­tr­er dans le nom­bre de « vus » du site du jour­nal. Ils vont rester dans l’écosystème Face­book comme l’avoue naïve­ment le respon­s­able dig­i­tal de Libéra­tion dans une fort intéres­sante vidéo dif­fusée le 13 jan­vi­er 2018 sur Canal+.

Deux­ième branche du ciseau : Face­book par des accords financiers au cas par cas paie les médias pour qu’ils pro­duisent des vidéos qui passeront par un canal partagé avec le média. Dans le même doc­u­men­taire Le Figaro ne sem­ble pas avoir trou­vé son compte dans l’expérience à laque­lle le quo­ti­di­en a mis fin en décem­bre 2017, la décrivant comme « pro­fondé­ment iné­gal­i­taire ».

Ponction de la valeur ajoutée

Pourquoi ? Face­book empoche une par­tie sub­stantielle des retombées pub­lic­i­taires des vidéos. Comme le note le jour­nal­iste web Nico­las Bec­quet « dans quelques années 80% des con­tenus qui seront pub­liés sur Face­book seront de la vidéo ». Et il n’hésite pas à con­sid­ér­er les médias qui adhérent au mod­èle économique du réseau social comme des « représen­tants de com­merce » du réseau, sciant avec appli­ca­tion la branche sur laque­lle ils sont assis.

Résumons : d’un côté Face­book sup­prime des comptes sans expli­ca­tions et avec de très faibles pos­si­bil­ités de recours, puis monop­o­lise la dif­fu­sion sur mobiles via instant arti­cles et enfin finance en par­tie les médias clas­siques pour exploiter la pub­lic­ité générée par leurs vidéos. Les jour­nal­istes et les édi­teurs devant tout cela ? Ils assis­tent médusés et fascinés (au sens du lapin qui ne bouge pas devant le ser­pent qui va les dévor­er) à leur lente diges­tion par les réseaux soci­aux améri­cains qui pom­pent une part crois­sante de la valeur ajoutée générée par les créa­teurs d’information. Pile je perds, face tu gagnes, Nico­las Made­laine des Échos qui con­clut la vidéo a quelques raisons d’être pes­simiste…

Crédit pho­to : Joe The Goat Farmer via Flickr (cc)

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