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Le CSA à la poursuite de Sputnik

Les médias russes ont mauvaise presse à l’ouest. La chaîne en français Russia Today (RT) et la radio Sputnik – toutes deux financées officiellement par la Russie – sont exclues des conférences de presse de l’Élysée et des points presse de LRM (La République en marche), mais pas seulement.

Loi ad hoc anti-russe

La toi anti-fake news votée en catimini en novembre 2018 rentre en application pour la campagne des élections européennes de mai 2019. Cette loi prévoit une clause spécifique contre RT et Sputnik, comme nous l’écrivions à l’époque :

« La loi prévoit aussi que le CSA puisse suspendre la diffusion de services de télévision contrôlés «par un Etat étranger ou sous l’influence» de cet état s’ils diffusent «de façon délibérée de fausses informations de nature à altérer la sincérité du scrutin». En ligne de mire : la chaîne Russia Today France, déjà mal-aimée de la presse mainstream et surtout du CSA, instance en théorie indépendante.

Pour le sénateur des Alpes Maritimes Jean-Pierre Leleux (LR), « ce texte érige le juge et le Conseil supérieur de l’audiovisuel (qui pourra suspendre la diffusion de services de télévision contrôlés « par un état étranger ou sous l’influence ») en gardiens de la désinformation. Il place notre pays dans une logique de contrôle de l’information ».

Le CSA veut limiter l’audience de Sputnik

L’opinion du sénateur des Alpes-Maritimes est confortée par une injonction récente du CSA visant à limiter directement l’audience de la radio russe. Sputnik disposait depuis 2015 d’un accord avec une petite radio parisienne Radio Aligre pour diffuser deux heures de direct par jour. En contrepartie, Radio Aligre recevait 40.000 € d’honoraires par an. Radio Aligre n’a reçu aucune plainte de ses auditeurs concernant le contenu de ces deux heures d’antenne.

Pourtant Radio Aligre a été convoquée début février 2019 au CSA qui l’a sommée de renoncer à cet accord. Sous prétexte « d’ingérence étrangère » alors que le CSA lui-même n’a constaté « aucun manquement déontologique ». Le CSA s’ingère donc directement dans un accord privé sous un faux prétexte. Radio Aligre s’est inclinée.

On attend avec curiosité les remarques du CSA sur le programme de la French American Foundation qui recrute chaque année depuis 1981 les futurs leaders du monde industriel, politique ou des médias (programme Young Leaders) pour les « former » aux États-Unis comme nous vous le révélions dans un article de novembre 2018. Quelques noms au hasard : Matthieu Pigasse, Louis Dreyfus, Laurent Joffrin, Denis Olivennes, Jean-Marie Colombani, Chrisitine Ockrent etc. Nous annoncions que le nouveau directeur du CSA Roch-Olivier Maistre saurait avoir l’échine souple, il commence très bien.

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Claude Chollet
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