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L’ARCOM, bras armé de la censure européenne

3 juin 2026 | Temps de lecture : 14 minutes

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Tri­bune – Dans son pro­jet stratégique 2026–2028, l’ARCOM détaille un vaste dis­posi­tif de sur­veil­lance et de con­trôle des médias et des plate­formes numériques, directe­ment inspiré du DSA et du Boucli­er démoc­ra­tique européen. Der­rière les dis­cours sur la pro­tec­tion des mineurs, la lutte con­tre la haine en ligne et l’éducation aux médias, c’est bien un sys­tème de cen­sure insti­tu­tion­nal­isée qui se met en place, dénonce Didi­er Desrimais.

Pour com­pren­dre ce qui se trame dans les couliss­es du Sys­tème (1) à pro­pos de la lib­erté d’expression, il est indis­pens­able d’entrer dans les détails du « pro­jet stratégique 2026–2028 » de l’ARCOM, pub­lié le 19 mai dernier. Ce pro­jet décrit les moyens de sur­veil­lance et de con­trôle des médias et des plate­formes numériques que l’Agence est en train de met­tre en place. Ces moyens sont directe­ment inspirés du DSA (le Dig­i­tal Ser­vices Act) et du BDE (Boucli­er démoc­ra­tique européen) créés par la Com­mis­sion européenne sous la férule de deux Français adeptes d’une cen­sure insti­tu­tion­nal­isée, Thier­ry Bre­ton et Nathalie Loiseau pour ne pas les nom­mer. L’ARCOM devient ain­si, en France, l’un des rouages majeurs du dis­posi­tif lib­er­ti­cide instau­ré par l’UE.

Derrière des intentions louables, la surveillance de tous ?

L’a­gence pro­pose donc un pro­gramme com­plet en vue d’une « régu­la­tion plus forte, notam­ment sur les plate­formes numériques ». Les édi­teurs de con­tenus dans les médias audio­vi­suels et sur les plate­formes numériques sont som­més de veiller « au respect de leurs oblig­a­tions en matière de pro­tec­tion des jeunes publics et des con­som­ma­teurs » mais égale­ment « en matière de représen­ta­tion de la diver­sité de la société et du hand­i­cap, tout en inci­tant l’ensemble des opéra­teurs à lim­iter leur impact envi­ron­nemen­tal et à sen­si­bilis­er leurs util­isa­teurs à cet égard ». Ce patch­work d’intentions sem­ble fab­riqué avec des échan­til­lons lex­i­caux issus des dog­ma­tismes en cours : « Diver­sité », « inclu­sion », « impact envi­ron­nemen­tal » – tout cela fleure bon son idéolo­gie pro­gres­siste, écol­o­giste et woke.

Le pre­mier objec­tif annon­cé est de « ren­forcer la pro­tec­tion des mineurs en ligne ». Si l’intention est louable, les moyens d’y par­venir pour­raient rapi­de­ment appa­raître très dis­cuta­bles – et il n’est pas absurde de penser que la véri­ta­ble final­ité de cette recom­man­da­tion n’est pas la pro­tec­tion des enfants mais la sur­veil­lance de tous. En effet, l’ARCOM envis­age d’ores et déjà d’assurer, « en col­lab­o­ra­tion étroite avec la Com­mis­sion européenne », le con­trôle de la loi sur la « majorité numérique » oblig­eant chaque citoyen voulant accéder aux réseaux soci­aux à déclin­er son iden­tité et son âge via un doc­u­ment offi­ciel numérisé. La Com­mis­sion européenne a créé le porte­feuille européen d’identité numérique dans cette optique. L’in­ter­dic­tion des réseaux soci­aux aux moins de 15 ans est passée en France et doit entr­er en vigueur en sep­tem­bre 2026.

Un dis­posi­tif qui com­plète ain­si un arse­nal de sur­veil­lance totale qui sera par ailleurs une aubaine pour les hack­ers et autres délin­quants numériques – on a vu récem­ment avec quelle facil­ité ces derniers ont pu extor­quer sur dif­férents sites offi­ciels soi-dis­ant archi-sécurisés les don­nées per­son­nelles de cen­taines de mil­liers de per­son­nes. Autre exem­ple fameux, en rap­port direct avec notre sujet : en avril dernier, l’application d’identité numérique européenne a été hack­ée quelques heures seule­ment après son lance­ment et en moins de deux min­utes. Le lende­main, Paul Moore, con­sul­tant bri­tan­nique en sécu­rité infor­ma­tique, a posté une vidéo sur X démon­trant qu’on pou­vait pirater le sys­tème sans out­il spé­cial­isé, sans aucune ligne de code, en un temps record.

Suivre la haine en ligne ?

L’objectif n° 2 est assez retors. L’ARCOM se pro­pose en effet de « ren­forcer le suivi des phénomènes de haine en ligne », d’obliger les plate­formes à tenir compte « des dynamiques haineuses dif­fus­es (sic) » présen­tant un dan­ger pour « l’ordre pub­lic, la cohé­sion de la société et les valeurs démoc­ra­tiques » et à ban­nir les con­tenus sup­posé­ment haineux. Cela ne vous rap­pelle rien ? Eh oui, l’ARCOM reprend, l’air de rien, la par­tie de la Loi Avia que le Con­seil con­sti­tu­tion­nel avait cen­surée en 2020. Le texte inti­mait les plate­formes à sup­primer en 24 heures les con­tenus man­i­feste­ment illicites.

Pour­tant, rien de plus brumeux, de plus flou que la notion de haine, pré­texte aux déci­sions arbi­traires et aux sanc­tions injus­ti­fiées. La moin­dre cri­tique un peu vir­u­lente du gou­verne­ment, du chef de l’État, d’un min­istre, de l’UE, des médias dom­i­nants, de l’immigration, d’une reli­gion, du trans­gen­risme ou de l’écologisme, surtout si elle ren­con­tre un cer­tain suc­cès sur les réseaux soci­aux, peut doré­na­vant être rat­tachée à une « dynamique haineuse dif­fuse », son auteur être accusé de trou­bler l’ordre pub­lic et poursuivi.

« Les mis­sions de l’ARCOM s’inscrivent désor­mais dans un cadre européen qui con­sacre le droit des citoyens à un accès effec­tif à une infor­ma­tion fiable et à des médias libres, plu­ral­istes et indépen­dants », assure l’agence de régu­la­tion man­datée égale­ment pour « apporter son con­cours à la mis­sion d’éduquer aux médias, à l’information et à la citoyen­neté numérique (sic) ». Le citoyen français est un imbé­cile qui a un peu trop ten­dance à chercher des infor­ma­tions ailleurs que dans les médias adoubés par le Sys­tème ; il faut par con­séquent l’éduquer, c’est-à-dire lui enfon­cer dans le crâne que seuls les médias « label­lisés » par le pou­voir l’informent réelle­ment, sont impar­ti­aux et plu­ral­istes, œuvrent pour le débat démoc­ra­tique, etc. A con­trario, les médias n’affichant pas l’estampille « Approu­vé par le Sys­tème » ne peu­vent être que d’obscures officines com­plo­tistes et réac­tion­naires. Nous ver­rons plus loin qu’il est prévu que cette édu­ca­tion aux médias com­mence le plus tôt possible.

La lutte contre la désinfo’ pour museler les critiques ?

L’objectif n° 5 inclut la lutte con­tre les ingérences étrangères – essen­tielle­ment russ­es, comme de bien enten­du – en lien avec VIGINUM, agence créée en 2021 par Emmanuel Macron et cen­sée « détecter et car­ac­téris­er les opéra­tions qui pour­raient altér­er l’information des citoyens pen­dant les péri­odes élec­torales ». J’ai con­sacré, sur le site de Causeur, un arti­cle au parte­nar­i­at liant cette agence bar­bouzarde à… France TV. La novlangue des instances brux­el­lois­es accom­pa­g­nait l’officialisation de cette col­lab­o­ra­tion qui promet­tait d’améliorer « l’éducation aux médias et à l’information » avec l’aide, cela va de soi, de la télévi­sion publique, de « ren­forcer la résilience col­lec­tive face aux fake news venues d’ailleurs » et « la résilience démoc­ra­tique (sic) ». L’ARCOM insiste sur le fait qu’elle analy­sera et suiv­ra de près les « phénomènes de dés­in­for­ma­tion, notam­ment en matière de san­té et d’environnement ». Le Sys­tème ne sup­porte pas les cri­tiques qui sont apparues pen­dant et après la crise du Covid et celles con­cer­nant les désas­treuses déci­sions pris­es au nom du « dérè­gle­ment cli­ma­tique » – par con­séquent, ces cri­tiques sont rangées dans les cas­es « dés­in­for­ma­tion » ou « com­plo­tisme », inter­dites d’expression dans les médias main­stream, voire fact-check­ées par des agences prav­daïennes recom­mandées par le pou­voir. Si toute­fois ces cri­tiques per­sis­taient, entre autres sur les médias alter­nat­ifs et les réseaux soci­aux, l’ARCOM se charg­erait de mul­ti­pli­er les aver­tisse­ments, blâmes, amendes et sanc­tions envers les con­trevenants, et ce jusqu’à ce que mort sociale, entre­pre­neuri­ale ou médi­a­tique s’ensuive.

L’objectif n° 7 est de « garan­tir l’indépendance, l’impartialité et l’exemplarité du ser­vice pub­lic ». Rien que l’intitulé amuse. La Com­mis­sion sur l’audiovisuel pub­lic magis­trale­ment menée par Charles Allon­cle n’a fait que con­firmer ce que tout le monde savait déjà : l’audiovisuel pub­lic n’est ni impar­tial, ni plu­ral­iste, et ne sert que les intérêts d’une petite caste politi­co-médi­a­tique. Pour bien mon­tr­er ce qu’elle pense des recom­man­da­tions du rap­por­teur de ladite com­mis­sion, cette caste s’est assise dessus de mille et une manières – arti­cles, invi­ta­tions exclu­sives de ses plus vir­u­lents détracteurs, émis­sions à charge – et, se fichant totale­ment de ce que l’opinion publique peut penser de ses mœurs intri­g­antes, s’est empressée de lui appren­dre la nom­i­na­tion de Bap­tiste Rossi, plume du chef de l’État, au poste de… directeur de cab­i­net de Del­phine Ernotte, ex-direc­trice générale d’Orange, prési­dente de France TV depuis 2015. « Il a à la fois une fibre cul­turelle extrême­ment forte et un sens poli­tique aigu », s’est ent­hou­si­as­mé Sit­bon-Gomez, ex-directeur de cam­pagne d’Éva Joly, ex-col­lab­o­ra­teur de l’ex-ministre Cécile Duflot, bom­bardé bras droit de Del­phine Ernotte en 2015, directeur des pro­grammes de France TV depuis 2020. Il n’y a pas à dire, ces gens-là savent nav­iguer et ne per­dent jamais le nord.

Formatage dès l’école

L’objectif n° 8 est inti­t­ulé : « Con­tri­bu­tion à l’éducation aux médias et à la citoyen­neté numérique (sic) ». Le tra­vail d’endoctrinement com­mençant à l’école, un parte­nar­i­at ren­for­cé avec l’Éducation nationale est prévu. L’école est dev­enue une garderie sociale ; on y catéchise les futurs « citoyens » en leur inculquant les lois du pro­gres­sisme radieux, les dogmes de l’écologie rad­i­cale, la sex­u­al­ité à l’aune des théories woke. Les appren­tis­sages de la lec­ture, de l’écriture, des math­é­ma­tiques, de l’histoire de France, de la lit­téra­ture française, sont relégués à l’arrière-plan ou manip­ulés. L’éducation aux médias et à l’information (EMI) « per­met de pour­suiv­re la décou­verte des sup­ports d’information et de com­mu­ni­ca­tion engagée dès la mater­nelle », peut-on lire sur le site du min­istère de l’EN. Ce dernier encour­age les pro­fesseurs à « guider les élèves dans la décou­verte des médias » dès le CE1. L’endoctrinement s’amplifie au col­lège pour finir par de venir pluridis­ci­plinaire au lycée : comme pour l’éducation au « développe­ment durable », il est demandé aux pro­fesseurs des dif­férentes dis­ci­plines de faire une place à l’éducation aux médias et à l’information. Le site Édus­col de l’EN pro­pose des out­ils élaborés avec… France Info. Canopé, le réseau de for­ma­tion des enseignants, a pour mis­sion d’offrir à ces derniers des out­ils leur per­me­t­tant de pro­mou­voir « l’école inclu­sive, l’éducation à la tran­si­tion écologique, l’éducation aux valeurs de la République et l’éducation aux médias ». Édu­ca­tion aux médias ? L’association Par­ents Vig­i­lants a révélé en avril que, lors de la « Semaine de la presse », le CDI du lycée Teil­hard de Chardin (Saint-Maur) a organ­isé une ren­con­tre des élèves avec Matthieu Suc, jour­nal­iste à Medi­a­part, média neu­tre et impar­tial, comme cha­cun sait. Celui-ci aurait intimé l’ordre aux élèves de ne plus regarder et de deman­der à leurs par­ents de ne plus regarder non plus CNews, cette « chaîne de fachos ». Com­bi­en de petites réu­nions de ce genre sont organ­isées chaque année dans nos col­lèges et nos lycées ? Il suf­fit de voir quels jour­naux ont droit de cité dans les CDI des étab­lisse­ments sco­laires, pour com­pren­dre quelle ori­en­ta­tion poli­tique y domine – Libéra­tion, Le Monde et toute la presse de gauche et de cen­tre-gauche y règ­nent en majesté.

Le gou­verne­ment français et l’ARCOM devan­cent, voire ini­tient les déci­sions de la Com­mis­sion européenne où la novlangue s’applique : le « Boucli­er Démoc­ra­tique Européen » (BDE) est cen­sé « ren­forcer la posi­tion de démoc­ra­ties fortes et résilientes » et « per­me­t­tre aux citoyens de vivre nos valeurs démoc­ra­tiques com­munes, à savoir la lib­erté d’expression, l’indépendance des médias et la résilience des insti­tu­tions (sic) ». Il est prévu qu’il apportera un « sou­tien financier en faveur du jour­nal­isme indépen­dant » et « d’organisations de la société civile » – en clair, il financera les médias aux ordres et cer­taines asso­ci­a­tions et ONG triées sur le volet et trans­for­mées en patrouilles de la police de la pen­sée. Police qui veillera à la stricte appli­ca­tion des édits cen­so­ri­aux pro­mul­gués par l’UE.

Le DSA échafaudé par Thier­ry Bre­ton est un des out­ils prévus pour bâil­lon­ner les opposants au Sys­tème. Le BDE con­coc­té par Nathalie Loiseau n’est pas un boucli­er défen­dant la démoc­ra­tie en Europe mais un boucli­er pro­tégeant la Com­mis­sion européenne de la démoc­ra­tie. Un esprit total­i­taire plane au-dessus de l’UE en général et de la France en par­ti­c­uli­er, cette dernière étant de plus en plus sou­vent à la manœu­vre lorsqu’il s’agit d’entraver les lib­ertés indi­vidu­elles. Le dres­sage du citoyen passe par son édu­ca­tion aux médias « à tout âge », dix­it la Com­mis­sion européenne. Le Sys­tème omnipo­tent label­lise des « out­ils infor­ma­tion­nels » con­formes à son idéolo­gie, véri­fie régulière­ment leurs con­tenus, restreint par tous les moyens pos­si­bles l’accès aux médias con­tre­car­rant son pro­jet ; des organ­ismes recom­mandés, voire créés directe­ment par le pou­voir, sont payés, avec l’argent des con­tribuables, pour con­trôler la total­ité des médias, dénon­cer auprès des autorités de régu­la­tion « indépen­dantes » ceux qui déro­gent à la ligne du par­ti ain­si que les indi­vidus sus­pects qui, faisant fi des injonc­tions du pou­voir, con­tin­u­ent de s’opposer à lui ; pour les plus récal­ci­trants, le Sys­tème a échafaudé un arse­nal com­plet de sanc­tions allant jusqu’à la cen­sure de chaînes YouTube ou de plate­formes numériques et à la fer­me­ture de comptes ban­caires privés ou d’entreprises s’opérant sans juge­ment, sans bruit médi­a­tique, selon des méth­odes que n’auraient pas reniées cer­tains régimes total­i­taires. Curieuse­ment, aucun par­ti poli­tique ayant pignon sur rue ne sem­ble s’inquiéter de l’appareil de sur­veil­lance médi­a­tique que la France et l’UE bâtis­sent con­join­te­ment en créant tou­jours plus de lois lib­er­ti­cides et d’organismes chargés de con­trôler leur appli­ca­tion. La pro­pa­gande européiste évoque régulière­ment les valeurs démoc­ra­tiques de l’UE. Pour­tant, la Com­mis­sion européenne, source de la majorité des lois régis­sant la vie des Européens, est con­sti­tuée de tech­nocrates non élus, d’exécutants mis en place par le Sys­tème pour éla­bor­er des direc­tives entérinées par un Par­lement à sa botte. Pour rap­pel, le DSA a été voté en juil­let 2022 par le Par­lement européen à une large majorité (539 voix pour, 54 con­tre, 30 absten­tions) – AUCUN eurodéputé français n’a voté contre…

Un sénateur veut lister les donateurs des médias indépendants

En France, à moins d’un an des prési­den­tielles, l’étau de la cen­sure se resserre de plus en plus. Pour com­pléter le tra­vail d’entrave à la lib­erté d’expression de l’ARCOM, le Sénat, dans le cadre d’une mis­sion d’information étrange­ment (ou pas) inti­t­ulée « Zones gris­es de l’information : com­ment mieux réguler les médias en ligne », audi­tionne depuis plusieurs semaines les représen­tants de médias numériques et des réseaux soci­aux. Plusieurs de ces médias – Dis­close et Off Inves­ti­ga­tion, entre autres – ont révélé le 21 mai avoir reçu un cour­riel signé du prési­dent de ladite mis­sion d’information, le séna­teur UDI Lau­rent Lafon, leur récla­mant expressé­ment « la liste des dona­teurs [leur] ayant fait un don de plus de 3 000 euros, au cours des deux dernières années, en indi­quant le mon­tant du don ». Les médias con­cernés ont bien sûr refusé de répon­dre à cette requête inquisi­to­ri­ale tout en con­statant que les plus émi­nents représen­tants de l’État, sans doute habitués à voir voltiger des sommes astronomiques, celles qui inon­dent à coups de sub­ven­tions publiques la presse à leurs ordres et les asso­ci­a­tions à leur sol­de, par exem­ple, sem­blent ignor­er que les dons de plus de trois mille euros faits aux médias indépen­dants sont raris­simes et que la très grande majorité sont inférieurs à 50 euros (3). Mais peu importe : le pou­voir tient surtout à intimider, à mon­tr­er qu’il envis­age très sérieuse­ment de tra­quer les Français par­tic­i­pant à la survie de médias non label­lisés par le Sys­tème. Il espère que la peur l’emportera sur le désir de lib­erté. Uni­formi­sa­tion de l’opinion, édu­ca­tion aux médias, sur­veil­lance per­pétuelle, con­trôle per­ma­nent, intim­i­da­tion, coerci­tion, cen­sure, etc. – je per­siste et je signe : un esprit total­i­taire plane au-dessus de notre pays. De prochaines mesures, con­coc­tées con­join­te­ment par la France et la Com­mis­sion européenne, devraient mal­heureuse­ment con­firmer cette som­bre réalité.

Didi­er Desrimais

Notes

  1. J’appelle « Sys­tème » l’ensemble des organ­i­sa­tions vis­i­bles et invis­i­bles plan­i­fi­ant l’avenir des nations européennes, c’est-à-dire leur dis­pari­tion au prof­it d’une Europe fédérale com­posée de par­lements fan­toches et dirigée par une tech­no-struc­ture dis­ci­plinée n’ayant de comptes à ren­dre qu’à l’architecte de ce saccage pro­gram­mé, une oli­garchie priv­ilégiée, puis­sante, économique­ment glob­al­iste, idéologique­ment mon­di­al­iste, apol­o­giste de la « société ouverte » chère à George Soros, plus à l’aise à New York ou Berlin qu’en Picardie, pour repren­dre les mots de Raphaël Glucksmann.
  2. Ne soyons pas naïfs : ces médias de gauche et d’extrême gauche protes­tent aujourd’hui, à juste titre, con­tre des mesures met­tant en péril la lib­erté d’expression – mais gageons qu’il ne fau­dra pas les pouss­er beau­coup pour les voir s’acoquiner avec le Sys­tème le moment voulu, à l’approche d’élections s’annonçant par trop défa­vor­ables au camp pro­gres­siste, par exem­ple. Ils se tar­gueront alors de faire, eux, du jour­nal­isme, à l’inverse de médias hon­nis, sup­posé­ment d’extrême droite, qu’ils accuseront d’être les bras armés d’une idéolo­gie com­plo­tiste et nauséabonde. Ils retrou­veront alors les vieux réflex­es de la gauche médi­a­tique : demande de mise au pas des­dits médias, fact-check­ing à tous les étages, déla­tion, etc. En un mot, ils ren­treront dans le rang, rang dont, en vérité, ils ne se seront jamais beau­coup éloignés…”

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