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Pub­lié le 15 mai 2019 | Éti­quettes : , , , ,

Gaspard Glanz, fausse victime, faux journaliste mais vrai black bloc

Lors de l’acte XXII des gilets jaunes à Paris le 20 avril 2019, le chef de l’agence Taranis News Gaspard Glanz a été arrêté place de la République puis mis en garde à vue 48 heures pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations. Il comparaîtra en jugement le 18 octobre pour « outrage à personne dépositaire de l’autorité publique ». Son image de martyr est écornée par ses pratiques contre ses confrères.

Vol d’images

Comment s’assurer l’exclusivité d’images de manifestations ? Il y a plusieurs manières. La plus simple est de « chiper » les images d’un concurrent et de les faire passer pour siennes. Voici ce que nous écrivions dans notre article du 7  juin 2016 :

Loi de la jungle chez les « antifas »

"La presse généraliste recrute moins ou procède à des licenciements, ce qui explique le développement des JRI (journalistes reporters indépendants). Près de l’événement, mobiles, sachant manier la caméra, monter eux-mêmes les images, utiliser les réseaux sociaux, enregistrer du son, écrire rapidement, les JRI proposent aux agences et à la presse en général des reportages sur le vif et des enquêtes de terrain, des formats vivants souvent plus intéressants que les productions maison. Gaspard Glanz s’est fait un début de nom en filmant les manifestations contre la loi sur le travail et en particulier ses aspects les plus violents : charges policières, attaques des black blocks, déprédations, blessés graves ou légers…

À 29 ans, l’homme a déjà de la bouteille dans le militantisme d’extrême gauche et le journalisme vidéo. Originaire de Strasbourg où il milite à l’UNL (une succursale des Jeunes Socialistes tendance Benoît Hamon), il est condamné à 500 euros d’amende et 500 avec sursis pour avoir insulté la proviseur de son lycée. Il part ensuite à Rennes et participe à Rennes en lutte et Rennes TV. Très proche des « antifas », il couvre les manifestations de Calais, de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, les actions anti-loi du travail aussi bien que Nuit debout à Paris et en province.

Fondateur de l’agence Taranis News il a pour client l’AFP aussi bien que Canal+ ou M6. Adepte du « riot porn » qui esthétise la violence politique il publie régulièrement sur Vice Médias France dont Matthieu Pigasse est l’admirateur et l’actionnaire. Fondé au Canada, Vice News est devenu un média global de la mondialisation heureuse du capitalisme. Avec comme actionnaires aussi bien Disney que Rupert Murdoch, Vice le bien nommé recycle la fausse rébellion au service du capital mettant ensemble les éléments qui « relient l’insurrection adolescente et le capitalisme » (Libération du 26 mars 2013).

Là où le bât blesse c’est quand Glanz chipe les images des copains. Exemple : les images qu’il prétend avoir tourné sur les lieux d’une « bavure ». Ces images reprises par les Inrocks sont… celles d’une autre agence, Ligne de Conduite : youtu.be/B7TtrknKfvY

De quoi conforter les remarques d’autres JRI qui soupçonnent Glanz de voir d’un bon œil ses amis « antifas » casser leur matériel (et même un peu plus) pour avoir le monopole des images. Le capitalisme sauvage cher à Vice en quelque sorte…"

Et terreur physique

L’autre moyen de s’assurer un monopole c’est de casser la gueule (il n’y a pas d’autre mot) des concurrents. Ce que font les antifas lorsqu’ils expulsent violemment un reporter le 21 octobre 2017 lors d’une manifestation pro-migrants. Ou encore à Paris le 19 janvier 2019 lorsqu’un JRI de l’agence Ligne De Conduite est agressé lors de l’épisode X des gilets jaunes. Ou encore à Rennes le 3 février 2019 lorsque le JRI indépendant Vincent Lapierre et son cameraman sont expulsés violemment lors de l’acte XII.

Voyou des rues ou journaliste ? Le SNJ et les médias officiels qui défendent Glanz doivent être un peu borgnes.

Photo : Gaspard Glanz à Strasbourg le 27 avril 2019. Source : Wikimedia (cc)

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