Accueil | Actualités | Médias | Loi de la jungle chez les « antifas »
Pub­lié le 7 juin 2016 | Éti­quettes : , , , , ,

Loi de la jungle chez les « antifas »

D’extrême-gauche peut-être, mais cela ne l’empêche pas de pratiquer la concurrence sauvage… Ou quand le photographe de presse Gaspard Glanz pique les photos de ses confrères.

La presse généraliste recrute moins ou procède à des licenciements, ce qui explique le développement des JRI (journalistes reporters indépendants). Près de l’événement, mobiles, sachant manier la caméra, monter eux-mêmes les images, utiliser les réseaux sociaux, enregistrer du son, écrire rapidement, les JRI proposent aux agences et à la presse en général des reportages sur le vif et des enquêtes de terrain, des formats vivants souvent plus intéressants que les productions maison. Gaspard Glanz s’est fait un début de nom en filmant les manifestations contre la loi sur le travail et en particulier ses aspects les plus violents : charges policières, attaques des black blocks, déprédations, blessés graves ou légers…

À 29 ans, l’homme a déjà de la bouteille dans le militantisme d’extrême gauche et le journalisme vidéo. Originaire de Strasbourg où il milite à l’UNL (une succursale des Jeunes Socialistes tendance Benoît Hamon), il est condamné à 500 euros d’amende et 500 avec sursis pour avoir insulté la proviseur de son lycée. Il part ensuite à Rennes et participe à Rennes en lutte et Rennes TV. Très proche des « antifas », il couvre les manifestations de Calais, de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, les actions anti-loi du travail aussi bien que Nuit debout à Paris et en province.

Fondateur de l’agence Taranis News il a pour client l’AFP aussi bien que Canal+ ou M6. Adepte du « riot porn » qui esthétise la violence politique il publie régulièrement sur Vice Médias France dont Matthieu Pigasse est l’admirateur et l’actionnaire. Fondé au Canada, Vice News est devenu un média global de la mondialisation heureuse du capitalisme. Avec comme actionnaires aussi bien Disney que Rupert Murdoch, Vice le bien nommé recycle la fausse rébellion au service du capital mettant ensemble les éléments qui « relient l’insurrection adolescente et le capitalisme » (Libération du 26 mars 2013).

Là où le bât blesse c’est quand Glanz chipe les images des copains. Exemple : les images qu’il prétend avoir tourné sur les lieux d’une « bavure ». Ces images reprises par les Inrocks sont… celles d’une autre agence, Ligne de Conduite : youtu.be/B7TtrknKfvY

De quoi conforter les remarques d’autres JRI qui soupçonnent Glanz de voir d’un bon œil ses amis « antifas » casser leur matériel (et même un peu plus) pour avoir le monopole des images. Le capitalisme sauvage cher à Vice en quelque sorte…

Ce contenu a été financé par les donateurs de l'OJIM

Ce portrait a été financé par les donateurs de l'OJIM

Aider l'Observatoire du journalisme, c’est contribuer au développement d’un outil indépendant, librement accessible à tous et à votre service.

Notre site est en effet entièrement gratuit, nous refusons toute publicité et toute subvention - ce sont les lecteurs/donateurs qui assurent notre indépendance. En donnant 100 € vous financez un portrait de journaliste et avec l'avantage fiscal de 66% ceci ne vous coûte que 33 €. En donnant 200 € vous financez un dossier. Vous pouvez régler par CB, par PayPal, par chèque ou par virement. Rejoignez les donateurs de l'Ojim ! Nous n'avons pas d'autres sources de financement que nos lecteurs, d'avance merci pour votre soutien.

5% récolté
Objec­tif : mars 2019 ! Nous avons récolté 100,00€ sur 2.000,00€. Vous appré­ciez notre tra­vail ? Rejoignez les dona­teurs de l’Ojim !

Suivez-nous sur les réseaux sociaux