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Gaspard Glanz, victime et symbole

28 mai 2019

Temps de lecture : 2 minutes
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Gaspard Glanz, victime et symbole

Libération vient de consacrer un portrait plein de complaisance au pseudo journaliste et vrai antifa Gaspard Glanz, trop vite érigé en victime par les médias mainstream après son arrestation en marge d’une manifestation de Gilets jaunes. Ces mêmes médias mainstream qui ignorent largement les Gilets jaunes du rang, éborgnés, blessés, matraqués. Depuis six mois on compte déjà 2200 blessés et parmi ceux-ci des éborgnés : de 4 (source ministère de l’intérieur) à 17 (source le collectif militant Désarmons-les) et 5 mains arrachées par des grenades de désencerclement. Dans un relatif silence médiatique à l’exception du très bon travail du journaliste indépendant David Dufresne.

Doigt d’honneur et symbole de liberté

Selon Libéra­tion, Glanz a été arrêté « pour un doigt d’honneur fugace adressé à un polici­er. Enervé, Gas­pard Glanz a eu ce geste après avoir été visé par une grenade. Délibéré­ment, juge-t-il. Résul­tat, 50 h de garde à vue et une inter­dic­tion de se ren­dre à Paris pour des man­i­fs, lev­ée […] En quelques heures l’histrion de 32 ans est devenu le sym­bole d’une lib­erté de presse en dan­ger ».

On l’aura com­pris, Quentin Girard de Libéra­tion n’aiguise guère son sens cri­tique, en faisant pour sienne la ver­sion de Gas­pard Glanz : « sourire moqueur dans la voix [des policiers qui l’arrêtent] Enfin ils peu­vent arrêter celui qui les emmerde chaque semaine en faisant son tra­vail. Ils attendaient l’occasion, la voilà ».

Il faut dire que Glanz est con­va­in­cant : « il paraît telle­ment sûr de lui et de ses com­bats, que son inter­locu­teur n’est qu’une vague bulle trans­par­ente, récep­ta­cle de son flot ». Et sa révolte remonte à loin : « à 6 ans il fait caca devant le bureau de la direc­trice de son école pri­maire, mécon­tent d’avoir été expul­sé de la classe. Et il en veut encore à ses profs de son redou­ble­ment en six­ième ».

« Il est de gauche et il assume. ‘’Les jour­nal­istes du Figaro, de l’Express, ne sont jamais accusés d’être mil­i­tants, eux. Moi je ne les déteste pas, je les méprise. Ils peu­vent écrire leur merde, je m’en fous’’ » s’exclame-t-il, le juge­ment défini­tif.

Hypersensible et loyal

Mère styl­iste, père « entre­pre­neur web », ses par­ents le jugent « hyper­sen­si­ble, très réac­t­if, mais sa révolte est exac­er­bée ». Pour le pho­tographe et mil­i­tant d’extrême-gauche Man­nonne Cadoret “Nno­man”, il est « loy­al, droit dans ses posi­tions même si c’est une grande gueule ».

Surtout, c’est un bon com­mu­ni­cant. « Grâce à la mobil­i­sa­tion en sa faveur, Tara­nis News a récolté 12.000 €, un joli pactole. Sans sur­prise, son arresta­tion devrait per­me­t­tre son activ­ité de suivi des Gilets jaunes », résume le jour­nal­iste parisien, qui oublie qu’il ne suit guère que les antifas et les black blocks qui par­a­sitent et paral­y­sent ce même mou­ve­ment. Pour le reste, il vit « dans un 17m² du quarti­er [2e arrondisse­ment de Paris] avec sa copine serveuse, mais n’a aucune envie d’en par­ler ». Le jour­nal­isme hagiographique a de beaux jours devant lui.

Cap­ture d’écran : vidéo de l’ar­resta­tion de Gas­pard Glanz, Tara­nis News, via YouTube

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