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Caroline Fourest a menti au sujet de son procès

8 mai 2015

Temps de lecture : 2 minutes
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Caroline Fourest a menti au sujet de son procès

Samedi dernier sur le plateau d’« On n’est pas couché », une vive polémique a éclaté entre Aymeric Caron, chroniqueur de Laurent Ruquier, et Caroline Fourest, qui était invitée pour son livre « Éloge du blasphème ».

Par­mi les divers sujets d’ac­crochage, Aymer­ic Caron a rap­pelé à son inter­locutrice qu’elle avait été con­damnée pour diffama­tion en 2013 après avoir lais­sé enten­dre, sur France Cul­ture, que l’a­gres­sion de la jeune femme voilée Rabia Ben­tot, à Argen­teuil, pou­vait être « bidon­née », ce qui avait entraîné une plainte de l’in­téressée.

Pour­tant, ce soir-là sur France 2, Fourest a assuré avoir « gag­né (s)on procès ». Non pas en pre­mière instance, où elle a per­du, mais « en appel ». Face au scep­ti­cisme de Caron, celle-ci a annon­cé que son avo­cat ferait un com­mu­niqué le lende­main. Com­mu­niqué qui n’est jamais arrivé.

Car le lende­main, c’est Fourest elle-même qui, sur son blog, s’ex­pli­quait à ce sujet… en changeant de ver­sion. Cette fois, la jour­nal­iste n’a pas affir­mé avoir gag­né en appel mais elle a pré­ten­du que l’av­o­cat adverse avait « délibéré­ment lais­sé fil­er le délai de pre­scrip­tion pour que cet appel n’ait pas lieu, et aban­don­né les pour­suites ». Ain­si, la mil­i­tante fémin­iste s’est con­sid­érée « affranchie de cette plainte ridicule ».

Manque de chance, Hos­ni Maati, l’av­o­cat de Rabia Ben­tot, s’est empressé de démen­tir cette affir­ma­tion sur son compte Face­book, assur­ant que l’af­faire était « tou­jours en cours ». Con­tac­té par @rrêt sur images, qui a voulu en savoir plus, l’av­o­cat a réitéré ses pro­pos : « L’af­faire n’est pas close et j’ai eu pour con­signe de ma cliente d’aller jusqu’au bout. »

Con­cer­nant le pré­ten­du « délai de pre­scrip­tion » qui n’au­rait pas été respec­té, l’autre avo­cate de la plaig­nante, Me Chris­tine Aubert-Maguéro a rap­pelé qu’il n’y en avait pas, tout sim­ple­ment parce que ce ne sont pas les avo­cats de la jeune femme qui ont fait appel.

De son côté, l’av­o­cat de Car­o­line Fourest, Me Richard Mal­ka, est resté silen­cieux avant de com­mu­ni­quer enfin sur le site Buz­zfeed (curieux choix), expli­quant à son tour que « la par­tie adverse n’ayant pas inter­rompu le délai de pre­scrip­tion comme il se doit, ce délai de pre­scrip­tion est donc passé ». Me Mal­ka mécon­naît-il son droit ?

La ques­tion se pose, surtout après que son avo­cat pos­tu­lant (qui le représente au procès), Me Frédéric Buret, a expliqué que la procé­dure était bien en cours. « J’at­tends les dates d’au­di­ence », a‑t-il ajouté.

En clair, Car­o­line Fourest aurait-elle men­ti pour pro­téger son image publique un soir de grande audi­ence ? Une stratégie « ridicule et sui­cidaire » pour Daniel Schnei­der­mann. Dans L’Obs, le fon­da­teur d’@rrêt sur images souligne que dans cette sit­u­a­tion de « men­songe cynique », de men­songe « à la Cahuzac », « le menteur ne peut pas ignor­er qu’il va être démasqué un jour ». C’est pour­tant la voie choisie par Fourest ce soir-là.

« Véri­fi­ca­tion faite, auprès de toutes les par­ties, oui, elle a men­ti », assure-t-il avant de con­clure : « Si le men­songe de Fourest est un prob­lème, c’est d’ailleurs d’abord pour la cause qu’elle pré­tend servir, celle de la laïc­ité et du droit au blas­phème, cause qui mérite d’être défendue dans le débat pub­lic, défendue vigoureuse­ment, à la loyale, et qu’elle tor­pille. »

Dif­fi­cile de prédire désor­mais com­ment Fourest parvien­dra à se sor­tir d’une sit­u­a­tion déli­cate qu’elle a elle-même créée…

Voir notre portrait de Caroline Fourest

Crédit pho­to : par­ti­so­cial­iste via Flickr (cc)

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