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Camélia Jordana insulte la police : qu’en pensent les médias ?

31 mai 2020

Temps de lecture : 5 minutes
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Camélia Jordana insulte la police : qu’en pensent les médias ?

Dans On N’est Pas Couché, sur la chaîne de service public France 2, le 23 mai 2020, la chanteuse et actrice ayant la nationalité française, née Aliouane, dont le grand-père était « référent local » du FLN dans le Var durant la Guerre d’Algérie, déclarait :

« Il y a des hommes et des femmes qui se font mas­sacr­er quo­ti­di­en­nement, en France tous les jours pour leur couleur de peau (…) C’est un fait (…) une des raisons pour lesquelles les gens sont fâchés après la police ».

Elle ajoutait :

« Il y a des mil­liers de per­son­nes qui ne se sen­tent pas en sécu­rité face à un flic et j’en fais par­tie ».

Malgré les demandes de syndicats de policiers, le ministre de l’Intérieur n’a pas jugé nécessaire de porter l’affaire en justice, tout en « dénonçant » les propos.

Les réactions du Figaro et de Présent

Dans Le Figaro, le 25 mai, et sur Reac’n’roll, le 26 mai, Ivan Rioufol ne mâche pas ses mots : « Camelia Jor­dana a déver­sé un bidon d’essence sur la sit­u­a­tion explo­sive des ban­lieues », « Camélia Jor­dana promeut la haine du flic ». Il est vrai que, ain­si que le remar­que fort juste­ment le quo­ti­di­en Présent, sous la plume de Paul Ver­meulen, par­ler de « mas­sacre » cor­re­spond, à en croire les dic­tio­n­naires, plutôt à ceci : « « Un mas­sacre est l’ac­tion de tuer indis­tincte­ment une pop­u­la­tion humaine ou ani­male, soit en par­tie soit com­plète­ment ». La police française fait-elle cela, comme le dit la chanteuse issue de la Nou­velle Star ? ». Si le « mas­sacre » a lieu pour des caus­es racial­istes, comme ce fut le cas en divers­es péri­odes de l’histoire humaine, alors il peut s’agir d’un géno­cide. Il est d’ailleurs dou­teux, de l’avis de nom­bre de com­men­ta­teurs, l’affaire fait beau­coup glos­er sur les réseaux soci­aux, que la police soit coupable d’ourdir un géno­cide en France.

Sauf sous la « plume » tou­jours fort mal orthographiée d’individus dont les noms, s’ils n’ont pas été « jor­danisés », con­ser­vent les traces d’origines non celtes. Rioufol ne manque pas de verve en écrivant :

« Les minorités plain­tives, qui se dis­ent vic­times de la “haine” française, ont trou­vé en Camélia Jor­dana leur incen­di­aire tran­quille (…) Je pour­rais, il est vrai, ne pas relever les pro­pos de la péron­nelle. Ce n’est pas la pre­mière fois que le show biz, con­som­ma­teur de pen­sées toutes faites, dit des âner­ies. Mais c’est parce que ce type de réflex­ion se répand et trou­ve ses défenseurs jusqu’à l’Assemblée nationale qu’il serait temps de s’inquiéter de l’impunité de ces fau­teurs de guerre civile. Quand Camélia Jor­dana par­le ain­si, elle porte la parole d’une con­tre-société. Celle-ci voit dans la police une force illégitime car étrangère, dès qu’un flic pénètre dans les ter­ri­toires per­dus par la République. La “par­ti­tion” décrite par François Hol­lande, ou le “séparatisme” nom­mé ain­si par Emmanuel Macron, sont une même bombe à retarde­ment. Or des minorités mil­i­tantes ten­tent de l’amorcer dans l’apathie médi­a­tique. Sur le plateau, same­di, les appels induits à la résis­tance con­tre la France n’ont pas reçu de con­tra­dic­tions. Per­son­ne ne s’est levé pour dénon­cer, non plus, le racisme des antiracistes. » 

Valeurs Actuelles montre l’indigence de la chanteuse

Valeurs Actuelles pub­lie le 26 mai 2020 un arti­cle inti­t­ulé « Péti­tions indi­gestes, tri­bunes indi­gentes : on s’est promené sur le compte Face­book de Camélia Jor­dana et on n’est pas déçu ». L’article mon­tre que Camélia Jor­dana a mul­ti­plié les sig­na­tures de tri­bunes et de péti­tions, depuis 2016, infor­mant ses « amis » des réseaux soci­aux par un sem­piter­nel « Je signe parce que j’en ai marre ». En gros, elle signe con­tre Marine Le Pen et pour Adama Tra­oré ou Théo, le « jeune » orig­i­naire d’Afrique vio­lé non vio­lé par une matraque de polici­er, dont la presse se fit les choux gras avant d’oublier de revenir sur le cas du jeune dealeur sub­ven­tion­né par l’État.

L’auteur indique que la chanteuse quar­an­te­naire a tout de l’arroseur arrosé main­tenant que nom­bre de per­son­nes en ont « marre » de ce qu’elle dit. Il note aus­si qu’une péti­tion lancée pour la défense de la chanteuse venue de La Nou­velle star, incon­sciente d’être arrivée à ce statut du fait de son orig­ine, par racisme inver­sé en sa faveur donc (ndla), total­i­sait moins de 500 sig­nataires le 27 mai. Le 25 mai un autre arti­cle paru sur le site de l’hebdomadaire mon­trait que la chanteuse « ver­sait dans le racisme » :

« La chanteuse et actrice don­nait une inter­view en octo­bre 2019 pour La Provence. À l’époque, elle est à l’affiche du film Sœurs d’armes, dans lequel elle incar­ne une Française qui part se bat­tre aux côtés des kur­des. Le jour­nal région­al lui demande alors quel regard elle porte sur la sit­u­a­tion du peu­ple kurde. Sa réponse : « Si la crise était sué­doise, je pense que le prob­lème serait un peu moins com­pliqué… Si c’étaient des blancs catholiques qui étaient en train de se faire mas­sacr­er, on trou­verait for­cé­ment des solu­tions », lâche-t-elle, prob­a­ble­ment fière à l’époque. » Plus loin : « En remon­tant en arrière, Camélia Jor­dana cri­ti­quait déjà la France pour être dirigée par de « vieux blancs rich­es » en novem­bre 2018 dans le mag­a­zine Fraîch­es. Elle esti­mait que « beau­coup de jeunes gens » comme elle, « ne se sen­tent pas con­cernés par une société » dirigée par ce genre de per­son­nes. »

Des propos racistes visant les « blancs ».

Valeurs Actuelles rap­porte aus­si le fait que le boxeur « Patrice Quar­teron étrille les « con­ner­ies » de Camélia Jor­dana ». Le boxeur indique que la chanteuse a vécu une enfance heureuse dans une vil­la avec piscine et piano du sud de la France, très loin de ce dont elle par­le et ne vit pas. Pour lui, dans une vidéo, Camélia Jor­dana est une « une faus­saire de la ban­lieue », ce qu’il dénonce depuis plusieurs années, con­sid­érant que ces gens font plus de mal aux habi­tants des ban­lieues que les policiers dont par­le une Jor­dana qui paraît ignor­er qu’ils sont très nom­breux à être noirs ou arabes.

Ailleurs ?

Cyril Hanouna s’en prend à la « nou­velle star » en déclarant sur RTL, le 26 mai, que Camélia Jor­dana « a ven­du trois dis­ques dans sa vie ! ».

Dans Nice-Matin, le com­man­dant de brigade, à l’époque, des deux gen­darmes femmes tuées en 2012 à Col­lo­brière lui répond dans une let­tre ouverte. Qual­i­fi­ant les tueurs, auteur d’un vrai « mas­sacre », de « raclures », que Camélia Jor­dana « aurait cer­taine­ment par­don­nées », il prend la parole à cause de la « diar­rhée ver­bale » pronon­cée par la chanteuse.

Pour Manuel Valls, dans Gala, ce que dit Camélia Jor­dana est « faux » et « exagéré ».

Qui soutient Camélia Jordana ?

Per­son­ne en apparence, sinon Jean-Luc Mélen­chon et LFI devenus une sorte de mou­ve­ment poli­tique lunaire vivant en ape­san­teur. Aurélien Taché aus­si, ancien député LREM devenu député LREM « cri­tique ». Sur Twit­ter. C’est bien ce silence qui est finale­ment très intéres­sant, le silence hon­teux des coupables. La cul­pa­bil­ité de ceux, médias, artistes, monde de la cul­ture et de l’édition, poli­tiques, qui au long des 50 dernières années ont instal­lé en France la pos­si­bil­ité qu’une Camélia Aliouane, alias Jor­dana, insulte les forces et l’ordre et… invite le min­istre de l’intérieur à venir débat­tre avec elle à la télévi­sion. La respon­s­abil­ité des pro­pos de cette femme est partagée par les silen­cieux, ceux qui, défendirent un Meh­di Meklat mais qui se taisent main­tenant.

France Inter fait pire. Comme il ne s’agit pas cette fois de sor­tir directe­ment du silence, la radio donne la parole à « celles et ceux qui se recon­nais­sent dans les pro­pos de Camélia Jor­dana ». Rien que la for­mu­la­tion du titre, « celles et ceux », en dit long. On trou­vera dans ce pan­el « neuf per­son­nes » racisées, autre expres­sion dont on se demande ce qu’elle fait sous la plume de jour­nal­istes de France Inter, aucun n’ayant par ailleurs de patronymes « racisés ». France Inter, une radio qui croit en l’existence de races ?

Quant à Camélia Jor­dana, une sanc­tion cor­re­spon­dant à son niveau d’analyse sem­ble appro­priée : une heure de colle avec un devoir sup­plé­men­taire en « Édu­ca­tion Civique » ? C’est que dans la nuit du 26 au 27 mai, il y a eu 7 guet-apens en France, des pom­piers appelés puis cail­lassés, la police attaquée par des gens aux « cheveux frisés », comme dit madame Aliouane, pour qui ten­ter de tuer du flic serait un loisir. On attend une émis­sion de la radio d’État sur ces faits, bien réels quant à eux.

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