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BFMTV, la propagande migratoire toujours à l’heure

15 octobre 2019

Temps de lecture : 3 minutes
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BFMTV, la propagande migratoire toujours à l’heure

Avec une chaîne de télévision en continu, il est difficile de tout voir. Le spectateur rate forcément certains moments de propagande. Parfois, par hasard, l’un d’entre eux lui tombe sous les yeux. Alors, il se dit que la propagande est un outil massif dans la France d’aujourd’hui. Surtout en plein « débat » sur les migrations à l’Assemblée Nationale.

BFMTV, n’est pas con­sid­érée par­ti­c­ulière­ment comme un idéal de l’objectivité jour­nal­is­tique. Bien sûr, cette dernière est un leurre et tout jour­nal­iste est sous influ­ence. Il y a cepen­dant une dif­férence entre être sous l’influence de son pro­pre con­texte socio-cul­turel, de ses opin­ions poli­tiques ou de la ligne direc­trice d’un média, pour un jour­nal­iste-indi­vidu, et une chaîne de télévi­sion tournée vers une seule con­cep­tion du monde : celle de la société ouverte et liq­uide, mon­di­al­isée, récem­ment cri­tiquée entre autres par Pierre Ver­meren dans un petit livre incisif. Cette société que fusti­gent aus­si des essay­istes tels que Christophe Guil­luy, Olivi­er Maulin, Eric Zem­mour, Matthieu Bau­mi­er, Alain de Benoist, Lau­rent Ober­tone et d’autres, dans un con­texte de mas­si­fi­ca­tion de l’information à la gloire du mul­ti­cul­turel. Une vue du monde encen­sée chaque jour par BFMTV. Un exem­ple attrapé au vol, au hasard, le 9 octo­bre 2019.

Sur BFMTV, on aime bien les migrants (dans les villages)

De mau­vais­es langues diront qu’ils ne sont pour­tant jamais invités sur les plateaux de la chaîne de télévi­sion, ces migrants, hors reportages lar­moy­ants. Sans doute la direc­tion ne juge-t-elle pas les ressor­tis­sants de pays d’Afrique ou du Moyen-Ori­ent suff­isam­ment au niveau intel­lectuel pour par­ler à l’homme blanc européen en direct à la télévi­sion ? Ou encore que la couleur de peau passe mal à la télévi­sion ? Il y a des asso­ci­a­tions et des per­son­nal­ités qui se taisent étrange­ment devant la vraie réal­ité : qui voit des migrants sur les plateaux de BFMTV ? C’est un fait : BFMTV est une chaîne de télévi­sion d’élites blanch­es parisi­ennes mon­di­al­isées. C’est tout le comique, ou le trag­ique, de la sit­u­a­tion : ceux qui pré­ten­dent défendre les pau­vres hères du monde sont ceux qui con­tribuent à créer et dévelop­per les con­di­tions de cette même pau­vreté de l’immigration, tout en faisant sans cesse la pro­pa­gande de cette même idéolo­gie qui promeut « l’immigration heureuse ».

Ain­si, le 9 octo­bre 2019 BFMTV veut démon­tr­er que venant dans le vil­lage de Château­dou­ble un an aupar­a­vant, « qu’elle présen­tait comme un sym­bole de ce qui se passe dans toute la France aujourd’hui », Marine le Pen se serait (évidem­ment) trompée puisque « les 72 migrants accueil­lis sem­blent avoir bel et bien réus­si à s’intégrer ». La France est ain­si, comme par magie, rede­v­enue un mod­èle d’intégration aux yeux de BFMTV. Cha­cun appréciera selon ce qu’il a sous les yeux au quo­ti­di­en, en par­ti­c­uli­er dans la France périphérique, celle de ces vil­lages et petites villes où sont juste­ment envoyés les migrants. Bien loin des plateaux de télévi­sion, du cen­tre de Paris et des villes de la couronne ouest de Paris.

Les outils de la propagande

Le reportage dure une minute seize et mon­tre d’abord l’apprentissage du français par soix­ante migrants essen­tielle­ment africains dans un vil­lage du Var. Sinon, ils s’ennuient et jouent au foot avec les habi­tants du vil­lage. Plusieurs témoins dis­ent que « cela se passe super bien », que c’est « la solu­tion au vieil­lisse­ment » et que « l’on se fait des amis ». Ce sont les images. À aucun moment, la parole n’est don­née à un vil­la­geois, ou pourquoi pas à un habi­tant d’un vil­lage voisin, pour apporter la con­tra­dic­tion. Devons-nous con­clure que tout le monde est d’accord ? Il sem­ble bien que oui. A Château­dou­ble, ce sont 72 migrants (appelés « deman­deurs d’asile ») qui « cohab­itent » avec les 450 habi­tants. Autrement dit, la pop­u­la­tion de ce vil­lage est passée d’un coup à 522 habi­tants dont plus de 15 % sont main­tenant des migrants.

Mais per­son­ne ne paraît trou­ver à redire à cela dans le vil­lage, selon BFMTV. Et comme tout va pour le mieux dans le pays des bisounours, le reportage se con­clut par une belle annonce du maire : deux « deman­deurs d’asile » seront embauchés par la mairie quand « ils auront reçu le statut de réfugiés », ce que la France offi­cielle ne man­quera pas de leur accorder puisque l’une de ses par­tic­u­lar­ités est de faire dans le réel le con­traire de ce que dit le prési­dent en pub­lic. Et comme ce dernier annonçait la néces­sité de plus de rigueur con­cer­nant le droit d’asile et de fer­meté con­cer­nant la poli­tique migratoire…

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