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Législatives 2024 : les programmes économiques à l’épreuve des médias, à boulet rouge sur le RN, à pétales de rose sur le Front populaire

22 juin 2024

Temps de lecture : 5 minutes
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Législatives 2024 : les programmes économiques à l’épreuve des médias, à boulet rouge sur le RN, à pétales de rose sur le Front populaire

Temps de lecture : 5 minutes

Les programmes économiques des principaux candidats aux élections législatives sont scrutés à la loupe, malgré le temps réduit pour une enquête convenable. Les médias sont unanimes : celui du Rassemblement national est inepte. Pour ce qui est du Nouveau Front populaire, cela se discute.

Le Rassemblement national, du flou et l’absence de programme précis

Au Nou­v­el Obs, on dépeint un Rassem­ble­ment nation­al « con­scient de sa fragilité en matière économique » qui entre­tient un « grand flou ». Pour La Croix, « le Rassem­ble­ment nation­al fait face à un enjeu de taille : prou­ver sa crédi­bil­ité au niveau économique. » Il est vrai qu’en fait de pro­gramme, le Rassem­ble­ment nation­al présente plutôt des idées, et Libéra­tion regrette que « plutôt que de présen­ter un pro­jet et un chiffrage avec un cadrage macro-économique comme en 2022, le RN choisit, à longueur d’interviews, d’égrener phras­es chocs, mesures par­cel­laires et change­ments de pied. » Une analyse partagée par Alter­na­tives Économiques, qui pré­cise que « Le RN entre­tient volon­taire­ment le flou sur les ques­tions économiques » parce que « son pro­gramme est inco­hérent, dan­gereux et peu crédible. »

Au Rassemblement national, les quelques mesures connues estimées trop chères

Le peu d’informations dont ils dis­posent per­met néan­moins aux médias d’appeler les électeurs à un autre choix que celui du Rassem­ble­ment nation­al. Ain­si, pour le Nou­v­el Obs, les mesures con­nues sont « ruineuses pour l’État », quand Alter­na­tives Économiques titre « Pourquoi le pro­gramme économique du Rassem­ble­ment nation­al ne tient pas la route. » Libéra­tion dénonce un « grand n’importe quoi », avec des « approx­i­ma­tions, gross­es ficelles et revire­ments », affir­mant que le pro­gramme économique du RN donne « des sueurs froides à l’administration de Bercy. » Apparem­ment, pour Libé, cette admin­is­tra­tion n’a par ailleurs aucun intérêt politique.

Chal­lenges, grâce aux analy­ses d’Allianz Research, use de chiffres et de pour­cent­age pour affol­er les électeurs, affir­mant que « l’arrivée à Matignon du can­di­dat du Rassem­ble­ment nation­al ferait plonger les comptes publics. » Diminu­tion de la crois­sance déjà réduite à la por­tion con­grue, aug­men­ta­tion d’une dette qui n’en a décidé­ment pas besoin, le tableau est som­bre. D’autant que, Chal­lenges le souligne par un inter­titre « Le pro­jet du RN est défici­taire. » Un pro­jet budgé­taire défici­taire, on n’a jamais vu ça en France. Pour appuy­er le dan­ger que représente le Rassem­ble­ment nation­al, Chal­lenges a par ailleurs pub­lié la mise en garde de dix écon­o­mistes qui jugent son pro­gramme « irréal­iste, inef­fi­cace et fallacieux. »

Les conséquences financières d’une majorité absolue du Rassemblement national

La dette de la France a large­ment dépassé les 3 000 mil­liards d’euros, et elle est large­ment détenue par des puis­sances étrangères. Comme le bud­get est par ailleurs défici­taire, la France a régulière­ment besoin d’emprunter à nou­veau. Dans ces con­di­tions, elle a tout intérêt à ce que les taux n’augmentent pas. Or, pour cela, elle doit mon­tr­er un cer­tain sérieux budgé­taire, pour que les investis­seurs aient con­fi­ance dans la capac­ité de la France à les rem­bours­er. En cas de vic­toire du Rassem­ble­ment nation­al, cette con­fi­ance sem­ble moins que garantie. Ain­si, le cab­i­net Allianz, dont les con­clu­sions sont repris­es par Chal­lenges, note que les taux pour­raient être supérieurs à 3%. Seul espoir : « l’arrivée d’un gou­verne­ment tech­nocra­tique après le ren­verse­ment de Bardel­la à l’Assemblée nationale suite à une motion de censure. »

Le Nouveau Front populaire bénéficie d’une certaine indulgence dans les médias de gauche

Le pro­gramme économique de la gauche béné­fi­cie, lui, d’une cer­taine tolérance. Le Monde s’offusque ain­si le 15 juin que « alors même que les mesures présen­tées ven­dre­di 14 juin ne sont pas chiffrées, le min­istre de l’économie, Bruno Le Maire, les fustige, tan­dis que le patronat fait part de ses inquié­tudes. » Autrement dit, bien que l’on con­naisse par cœur les objec­tifs des par­tis de gauche, il faut leur laiss­er le béné­fice du doute. Le Monde fustige ain­si le fait que l’exécutif « ren­voie dos à dos l’extrême droite et l’extrême gauche. » Si le jour­nal recon­naît que le pro­gramme « com­porte de fait plusieurs mesures sus­cep­ti­bles de faire frémir les budgé­taires de son min­istère, dans un con­texte de dégra­da­tion des comptes et de ten­sions sur les marchés » il pré­cise que cer­taines mesures sont « peu pop­u­laires à Bercy, et plus générale­ment dans le monde économique, non pas du fait de leur coût mais parce que vues comme néfastes pour l’économie. » Il n’existe donc qu’un sen­ti­ment de dan­ger pour l’économie. Citons le SMIC à 1 600 euros, dont seule­ment « une par­tie des écon­o­mistes » craint les nui­sances pour l’emploi.

Après le quoiqu’il en coûte, le gouvernement se pose en parangon de la raison

En réal­ité, après avoir usé du « quoiqu’il en coûte » lors de la crise san­i­taire, puis lors de la guerre en Ukraine, le gou­verne­ment tente de faire des économies. Naturelle­ment, cela ne plaît guère au Français moyen. Les par­tis d’opposition ont alors beau jeu de promet­tre le main­tien des aides, et il est tout aus­si facile pour le gou­verne­ment d’expliquer que ces aides sont inten­ables. Le Point explique ain­si que « la majorité sor­tante a répété comme un mantra son objec­tif de réduc­tion du déficit à 3 % à la fin du quin­quen­nat, seul moyen de ras­sur­er les marchés et nos parte­naires européens. » Des marchés qui doivent juste­ment être ras­surés à cause d’une ges­tion des comptes publics plus que moyenne pen­dant les sept dernières années. Pour Le Point, les pro­grammes du RN et du NFP sont « une accu­mu­la­tion de solu­tions d’ap­parence de bon sens aux prob­lèmes économiques. Mais der­rière nom­bre de ces mesures apparem­ment logiques et effi­caces se cachent des effets négat­ifs, ou un écran de fumée. »

Comme le quoiqu’il en coûte macronien en somme, mais celui-ci est fini et on se garde de le rap­pel­er aux mémoires, mais l’heure est au souci de sauver l’extrême-centre, « quoiqu’il en coûte ».

Voir aus­si : Front pop­u­laire : qui croit à l’alliance de la gauche ? Un peu les médias !

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