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Assa Traoré « gardienne de l’année » selon le Time : un trophée « bien mérité »

14 décembre 2020

Temps de lecture : 4 minutes

Accueil | Veille médias | Assa Traoré « gardienne de l’année » selon le Time : un trophée « bien mérité »

Assa Traoré « gardienne de l’année » selon le Time : un trophée « bien mérité »

Assa Traoré « gardienne de l’année » selon le Time : un trophée « bien mérité »

La France est un pays formidable. Un joueur de football franco-sénégalais peut y faire annuler un match car un arbitre a désigné un joueur noir par sa couleur de peau. Peu importe qu’il n’y eût peut-être aucune connotation raciste de la part de son auteur. Peu importe que le joueur de foot se soit répandu dans les réseaux sociaux en propos fort peu recommandables selon Fdesouche. Peu importe que dans le même temps, les « hommes blancs », désignés comme tels, soient en ligne de mire et stigmatisés comme nous le soulignions en juillet 2018. Dernier avatar du nouvel ordre diversitaire, le magazine américain Time vient de décerner le titre de « gardienne de l’année » à l’une de nos concitoyennes. Un vrai motif de satisfaction pour plusieurs médias de grand chemin.

Renaud Camus : et la fiction qui devient réalité

On peut faire beau­coup de reproches à l’écrivain Renaud Camus. Son péché orig­inel d’avoir quit­té le camp du bien pour rejoin­dre celui des opposants au « grand rem­place­ment » et cer­tains de ses tweets acerbes lui valent une oppro­bre qua­si-général­isée, de la jus­tice aux médias en pas­sant par Ama­zon, qui a men­acé récem­ment de ne plus dis­tribuer son livre précité.

Mais il faut être de mau­vaise foi pour ne pas lui recon­naitre un humour et une ironie grinçante, cela alors même qu’il fait l’objet de mul­ti­ples procès pour son usage immod­éré de la lib­erté d’expression.

Le 4 décem­bre, réagis­sant sur Twit­ter aux déc­la­ra­tions du prési­dent de la république qui venait d’annoncer vouloir chang­er des noms de rues pour illus­tr­er l’apport de la diver­sité, il se livrait à un exer­ci­ce d’anticipation en évo­quant une stat­ue en l’honneur d’Assa Tra­oré. La suite des événe­ments allait nous appren­dre qu’en plus d’être un bon écrivain, Renaud Camus a peut-être un don de voyance…

Un titre pour Assa Traore

La fic­tion décrite par Renaud Camus dans son Tweet n’a pas tardé à se réalis­er partiellement.

BFMTV nous informe le 11 décem­bre qu’« Assa Tra­ore (est) désignée par­mi les gar­di­ens de l’année par le Time (…). Un titre hon­ori­fique qui salue le courage des per­son­nes qui se met­tent en dan­ger pour défendre les idéaux sacrés de la démoc­ra­tie, selon le mag­a­zine qui a notam­ment choisi de met­tre en lumière les mou­ve­ments con­tre les iné­gal­ités raciales à tra­vers le monde et les vio­lences poli­cières. », nous informe sen­ten­cieuse­ment la chaine d’information en continue.

Le Time est donc à l’unisson d’une par­tie des médias français qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour faire d’Assa Tra­oré une héroïne mod­erne, comme les cou­ver­tures col­lec­tées par Med­hi Aifa en témoignent.

La réaction des médias : entre neutralité et bienveillance

À de rares excep­tions près, les médias de grand chemin accueil­lent la dis­tinc­tion attribuée à Assa Tra­ore avec bienveillance.

Le Parisien n’émet aucune réserve au fait que le « célèbre mag­a­zine améri­cain (a) con­sacré (le tra­di­tion­nel numéro de fin d’année) aux femmes et hommes qui ont fait l’actualité (et que) la sœur d’Adama Tra­oré (y) a droit à une place de choix ».

20 Min­utes nous apprend que « Assa Tra­oré (est) « fière » d’être désignée « Guardian of the Year » du mag­a­zine améri­cain « Time ».

La radio affil­iée à l’État français France Info titre un arti­cle sur le sujet avec la réac­tion d’Assa Tra­oré : « C’est un hon­neur, le monde entier entend ce qu’on dénonce ». Ces arti­cles per­me­t­tent d’accroitre encore la notoriété de celle qui est sou­vent présen­tée comme l’égérie de la branche française du mou­ve­ment Black Lives Matter.

Et quelques remarques critiques

Les com­men­taires négat­ifs sont beau­coup plus rares. L’essayiste Paul Melun souligne dans les pages du Figaro le 11 novem­bre que « Les médias améri­cains con­tin­u­ent de propager l’idée que la France est xéno­phobe ».

Aucun média de grand chemin n’a l’outrecuidance de rap­pel­er à l’occasion de cette dis­tinc­tion que pour Assa Tra­oré, la défense des « idéaux sacrés de la démoc­ra­tie » va de pair avec la volon­té de clouer au pilori toute cri­tique. Ain­si, de très nom­breuses plaintes ont été déposées par le comité Adama qu’elle ani­me : con­tre Marine le Pen, Jean-Jacques Bour­din, Julien Odoul. Et l’on en oublie encore peut-être…

Lors des man­i­fes­ta­tions organ­isées en juin dans le cadre du mou­ve­ment black lives mat­ter importé en France, le jour­nal­iste Nico­las Poin­caré avait eu l’audace de rap­pel­er sur RMC le CV de la famille Tra­oré, ce qui lui a valu une plainte déposée par le comité Adama.

Damien Rieu a sur Twit­ter le 11 décem­bre une « pen­sée ce soir à toutes les vic­times du #Gang­Tra­oré qui doivent subir cette Une de la honte ». Il joint à son Tweet un rap­pel de cer­tains faits d’armes totale­ment passés sous silence par les médias de grand chemin.

Lors de la mati­nale Week end du 7 juin sur CNews, l’éditorialiste Guil­laume Big­ot soulig­nait l’importation fac­tice du mou­ve­ment black lives mat­ters en France et le « racisme intouch­able », qui se man­i­feste par une vic­tim­i­sa­tion out­ran­cière et une mise en accu­sa­tion expéditive.

Jean Mes­si­ha donne sur Twit­ter et CNews le 11 décem­bre une appré­ci­a­tion lap­idaire de la dis­tinc­tion attribuée à Assa Tra­oré toute personnelle :

Le Time et les trophées

Voir aus­si le Time « gay friend­ly ».

Le Time aime décern­er des trophées. C’est facile à faire et cela apporte autant de notoriété au jour­nal qu’à ceux qui sont primés. En sep­tem­bre 2020, le Time voy­ait en la maire de Paris, Anne Hidal­go, qui a endet­té la ville de façon ful­gu­rante, l’une des 100 per­son­nal­ités les plus influ­entes du monde. Elle était en bonne com­pag­nie, avec trois fon­da­teurs du mou­ve­ment black Lives Mat­ter, nous appre­nait Valeurs actuelles.

Il est utile de rap­pel­er cer­tains « hommes de l’année désignés » par le mag­a­zine améri­cain : 1931 : Pierre Laval, 1938 : Adolf Hitler,1939 : Joseph Staline, 1957 : Niki­ta Khrouchtchev, 1979 : Aya­tol­lah Khomeini.

Une pré­ci­sion utile, ce titre désigne celles et ceux qui ont « mar­qué le plus l’an­née écoulée, pour le meilleur ou pour le pire ». À cha­cun ses sym­bol­es, à cha­cun ses héros…

Lire aus­si : Tra­oré and co, la folle semaine médi­a­tique des communautaristes

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