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Crêpage de chignon : quand Libé vomit Laurence Ferrari

22 septembre 2021

Temps de lecture : 3 minutes

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Crêpage de chignon : quand Libé vomit Laurence Ferrari

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Crêpage de chignon : quand Libé vomit Laurence Ferrari

22 septembre 2021

Cela s’appelle un dossier à charge contre une collègue. Libération défend les femmes… mais pas celles qui travaillent pour des hommes supposés de droite et même si celles-ci sont de gauche. Dans un papier publié le 16 septembre 2021, le journal libéral libertaire s’est livré à un exercice de critique assez bas de plafond à l’encontre de Laurence Ferrari, à qui il est essentiellement reproché de travailler dans un média appartenant à Vincent Bolloré, CNews.

Biographie malveillante

« Lau­rence Fer­rari, bien au show chez Bol­loré » : c’est le titre de la dernière dia­tribe anti-Bol­loré de Libéra­tion. Au menu : un por­trait au vit­ri­ol en forme de biogra­phie malveil­lante à l’égard de Lau­rence Fer­rari. De-ci de-là, s’ajoutent quelques mesquiner­ies lancées en direc­tion du « méchant mil­liar­daire » Bol­loré. Du côté de Libé, on était moins hos­tiles aux hommes d’affaires quand il s’agissait de se faire sauver la mise par Patrick Drahi en juin 2016 et la pseu­do fon­da­tion qui con­trôle le jour­nal est à son tour con­trôlée par le même Drahi (voir notre encadré). CNews se voit aus­si reproché la mise en place de plages horaires de co-dif­fu­sion avec la fréquence radio d’Europe 1, récem­ment entrée dans le giron de Vin­cent Bol­loré ; une ratio­nal­i­sa­tion qui ne plait pas du côté du quo­ti­di­en qui préfèr­erait que cela reste comme avant, la douce époque où Europe 1 par­lait comme Libé… et était en train de couler.

Voir aus­si : La pseu­do-indépen­dance de Libéra­tion

Un jugement moral

Lau­rence Fer­rari, elle, se voit décrite comme une jour­nal­iste faisant recette dans le « plus pur style pop­uliste de CNews ». En somme : les sujets abor­dés lors de son émis­sion Punch­line, sont des faits d’actualité « majori­taire­ment axés immi­gra­tion et insécu­rité ».

Pop­uliste, un peu, mais oppor­tuniste beau­coup : le papi­er sous-entend claire­ment que Lau­rence Fer­rari, bien que de gauche, a « d’abord servi ses intérêts » à l’occasion de la crise qui frap­pa iTélé. Une affir­ma­tion due à un ancien col­lègue choisi, comme toutes les per­son­nes inter­rogées pour les besoins du papi­er, pour le peu d‘affection qu’il témoigne à la journaliste.

La présen­ta­trice de 55 ans, présen­tée comme une fille de notable provin­cial et qui « détes­tait le Front Nation­al » est ain­si taxée de faire preuve d’une cer­taine « ambiguïté poli­tique », ambiva­lence qu’elle n’aurait apparem­ment pu lever qu’en renonçant à sa place à CNews.  L’intertitre, sans ambages, dénonce encore plus claire­ment une per­son­nal­ité dotée de « plus d’ambition que de moral ». Plus générale­ment, le rap­pel sys­té­ma­tique des départs de jour­nal­iste d’iTélé et d’Europe 1 laisse enten­dre une petite musique selon laque­lle les puristes seraient par­tis quand les salauds, eux, seraient restés.

Une égérie médiatique lepenisée par un confrère

La cri­tique est donc placée sur le ter­rain poli­tique et moral mais per­met aus­si à son auteur, Adrien Franque, d’égratigner une présen­ta­trice qu’il décon­sid­ère vis-à-vis de ses col­lègues de CNews. Si Fer­rari est décrite comme une femme tra­vail­lant avec zèle, on la con­sid­ère « moins à l’aise dans l’exercice que cer­tains col­lègues, tels l’histrion Pas­cal Praud ou l’opiniâtre Sonia Mabrouk ». Pas ama­teur du style Fer­rari, le jour­nal­iste de Libé se prend même les pieds dans le tapis fémin­iste en réduisant la présen­ta­trice télé à sa chevelure : « La blondeur autre­fois estampil­lée TF1 évoque aujourd’hui les têtes d’affiches con­ser­va­tri­ces de FOX News ». Comme ailleurs le rédac­teur épin­gle les « femmes jour­nal­istes de plus de 50 ans », Lau­rence Fer­rari devient une sorte de « vieille blonde », même si le terme n’est pas employé.

Papi­er peu aimable en direc­tion d’une con­sœur, l’article de Libé s’attache surtout à men­er une nou­velle offen­sive con­tre « l’empire de plus en plus pop­uliste du mil­liar­daire bre­ton ». Longtemps peu enclins à s’invectiver entre con­frères, les jour­nal­istes « main­stream » sem­blent à la croisée des chemins alors que la mon­tée en puis­sance des médias appar­tenant au groupe de Vin­cent Bol­loré insuf­fle un peu – un peu seule­ment — de plu­ral­isme dans une pro­fes­sion très mar­quée à la gauche libérale libertaire.

Voir aus­si : Libéra­tion, info­gra­phie

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