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L’OJIM fait sa semaine de la presse. 1 : éducation aux médias ou rééducation par les médias ?

29 juillet 2019

Temps de lecture : 4 minutes
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L’OJIM fait sa semaine de la presse. 1 : éducation aux médias ou rééducation par les médias ?

Pre­mière dif­fu­sion le 19/03/2019

Cette semaine à partir du 18 mars 2019, c’est la « Semaine française et européenne d’éducation aux médias » : écoles, lycées et collèges en France, comme dans la plupart des pays de l’Union Européenne, sont l’objet d’une offensive massive des gouvernements et des médias officiels afin de convaincre « dès le plus jeune âge », comme nombre de ministres ont l’habitude de dire, que de bonnes et vraies conceptions s’apprennent dès le plus jeune âge. 

Des analyses de l’OJIM sur ce sujet

L’OJIM s’est déjà penché sur la façon dont un soft endoc­trine­ment assaille le monde sco­laire en France, avec ces analy­ses par exem­ple :

C’est la semaine de la presse du 18 au 22 mars 2019

Comme chaque année en France, « La semaine de la presse », organ­isée par le CLEMI, Cen­tre pour l’Éducation aux Médias et à l’Information, s’invite dans les étab­lisse­ments sco­laires. C’est la tren­tième fois. L’organisateur présente cela ain­si dans sa Let­tre d’information :

Avec pour thème « L’information sans fron­tières ? » cette 30e édi­tion s’inscrit dans un con­texte de mobil­i­sa­tion inter­na­tionale pour abor­der avec les élèves les pra­tiques et enjeux de l’information dans un monde à l’ère numérique. Elle coïn­cide avec la 1re édi­tion de la semaine européenne de l’éducation aux médias (« Euro­pean Media Lit­er­a­cy Week ») lancée par la Com­mis­sion européenne du 18 au 22 mars et appelée à se dévelop­per dans les États Mem­bres.

Une progression constante de la mobilisation des enseignants et des médias

Depuis 30 ans, ce sont des dizaines de mil­liers d’étab­lisse­ments sco­laires et des généra­tions d’élèves qui ont eu l’occasion de se saisir de cette action éduca­tive lors d’activités d’éducation aux médias et à l’information rich­es et divers­es menées le plus sou­vent sur plus d’un mois.

Le message ? La Commission européenne s’en mêle

  • « Sans fron­tières » est devenu un mantra
  • Le con­texte est à la « mobil­i­sa­tion inter­na­tionale », terme mil­i­taire, lutte sans mer­ci. Con­tre quoi ou qui sinon ceux qui pour­raient éventuelle­ment avoir une vision autre du monde ?
  • « pra­tiques et enjeux », sous la respon­s­abil­ité d’enseignants pro­fesseurs des écoles, doc­u­men­tal­istes, de Let­tres ou d’éducation civique, avec des sup­ports four­nis de type Le Monde, Libéra­tion, L’Obs, par­fois l’Humanité…
  • Le dan­ger est claire­ment iden­ti­fié avec le mot « numérique »: il y a presse et presse.
  • L’UE s’y met, lançant sa semaine d’éducation aux médias sous l’égide de la com­mis­sion européenne.
  • Plus de 18 000 étab­lisse­ments sco­laires français par­ticipent, un mil­lion de jour­naux sont dis­tribués (une autre forme de sub­ven­tion pour les jour­naux amis), 230 000 enseignants sont engagés dans un proces­sus qui con­cerne 4 000 000 d’élèves : ce côté mas­sif ne peut qu’impressionner et encore plus inter­roger.
  • 1800 médias joueraient le jeu (c’est cepen­dant un abus de lan­gage puisque un dessi­na­teur de presse locale est con­sid­éré comme représen­tant de son média, même s’il n’est pas détaché par celui-ci).
  • Il est impor­tant que les enseignants sachent ce qu’il con­vient de dire. Un out­il est mis en œuvre :

M@gistère : nou­veau par­cours de for­ma­tion à dis­tance à des­ti­na­tion des pro­fesseurs des écoles sur le thème de « Lire l’ac­tu­al­ité ».

Les « grands événements porteurs » ?

  • Radio France ouvre ses portes « A la décou­verte des métiers de l’information »
  • Jour­nal­istes et youtubeurs débat­tent sur France télévi­sions
  • L’opération « Ren­voyés spé­cial » per­met de ren­con­tr­er des jour­nal­istes exilés en France
  • RFI et France 24 ouvrent leurs portes aux élèves
  • TF1 et LCI aus­si.
  • Europe 1, Le Monde, Bayard presse, Cour­ri­er inter­na­tion­al

Notons que Médi­a­part, Check­news (Libéra­tion) sont bien là. Quant à Valeurs Actuelles, Présent, TVlib­ertés, L’Incorrect, Elé­ments ou d’autres ? Non. Pas invités. Par con­tre, cha­cun aura remar­qué com­bi­en l’opération mêlange édu­ca­tion nationale et médias de ser­vice pub­lic avec la presse mas­sive­ment sub­ven­tion­née.

L’État vient chez vous pour expliquer comment vous devez vous informer

Dans ce même cadre de la semaine de la presse, l’État et l’UE ont bien com­pris que l’école n’est pas l’unique cadre « édu­catif ». Il y a aus­si les familles. C’est ain­si que la semaine de la presse a créé « La famille tout-écran » en 2017 :

« Le CLEMI, avec l’appui de Réseau Canopé et de ses parte­naires, est ici pleine­ment dans sa mis­sion d’éducation à la citoyen­neté en allant en direc­tion des par­ents, et plus large­ment des familles, tant il est vrai que la ques­tion des usages numériques nous con­cerne toutes et tous au quo­ti­di­en dans un con­texte d’infosaturation. … La mini-série orig­i­nale de 15 épisodes de la « famille Tout-Écran », pro­duite par la Caisse nationale des allo­ca­tions famil­iales en parte­nar­i­at avec le CLEMI, per­met de sen­si­bilis­er avec humour et péd­a­gogie les jeunes et leurs par­ents à un usage maîtrisé du numérique… Le kit est des­tiné pri­or­i­taire­ment aux édu­ca­teurs et médi­a­teurs, et vise à faciliter l’organisation d’ateliers, autour du « Guide de la famille Tout-Écran », pour accom­pa­g­n­er les familles et les aider à se saisir des ques­tions liées à l’éducation aux médias, à l’information et au numérique. »

Il n’est pas anodin de con­stater que le finance­ment provient de la Caisse d’Allocations famil­iales. Glob­ale­ment, la volon­té d’encadrer ce que doivent penser des médias les jeunes et les enfants, comme les organes qu’ils doivent con­sid­ér­er comme légitimes pose un prob­lème véri­ta­ble­ment démoc­ra­tique. Une preuve ?

« La libre com­mu­ni­ca­tion des pen­sées et des opin­ions est un des droits les plus pré­cieux de l’homme : tout citoyen peut donc par­ler, écrire, imprimer libre­ment, sauf à répon­dre de l’abus de cette lib­erté dans les cas déter­minés par la loi. » (arti­cle 11 de la déc­la­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen).

Con­sid­érant ce texte fon­da­teur en ce domaine, une ques­tion se pose : Pourquoi les médias non con­formistes et cepen­dant tout aus­si respecta­bles que les autres ne sont-ils pas invités au bal ? Atten­dons la réponse du CLEMI…

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