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Arnaud Lagardère, le retour

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17 novembre 2023

Temps de lecture : 3 minutes
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Arnaud Lagardère, le retour

Temps de lecture : 3 minutes

Qui l’eût cru ? Après avoir mené au bord de la catastrophe l’empire créé par son père, après avoir perdu un milliard d’euros et quelques dans le sport, après en avoir vendu l’essentiel du groupe à Vivendi de Vincent Bolloré, il réussit un double salto arrière en revenant au premier plan au sein de son ancien groupe et en prenant la tête de Hachette.

PDG jusqu’à 2027

Lorsque le com­bat entre Bernard Arnault et Vin­cent Bol­loré fai­sait rage pour repren­dre le groupe Lagardère, Bol­loré a eu l’intelligence de respecter l’ego de l’héritier regardé avec com­miséra­tion par les maîtres du CAC 40. Il lui a ain­si garan­ti le titre de PDG de son groupe (sans le déman­tel­er) jusqu’à la prochaine élec­tion prési­den­tielle, avec les émol­u­ments qui l’accompagnent.

Voir aus­si : Grandeur et déca­dence de la mai­son Lagardère (Seuil)

Mais un titre de PDG peut être un sim­ple hochet, une jolie carte de vis­ite assor­tie du salaire et des notes de frais de rigueur. C’est ce que cha­cun prédes­ti­nait à Arnaud Lagardère, y com­pris à l’Observatoire du jour­nal­isme. Nous pen­sions que la perte de con­trôle du groupe cor­re­spondrait à une sorte de retraite anticipée tout en respec­tant les formes d’un faux-sem­blant d’activité. Nous nous sommes trompés.

De vrais titres avec une influence réelle

Ce n’était pas gag­né d’avance. C’est bien Arnaud Lagardère qui a été chercher Geof­froy Leje­une pour repren­dre le JDD dans la tourmente.

C’est lui qui a obtenu la direc­tion effec­tive du pôle d’Europe 1 en voie de redresse­ment. Surtout, à la sur­prise générale, il a été désigné comme PDG d’Hachette inté­gré au groupe Bol­loré après que celui-ci ait obtenu les autori­sa­tions néces­saires pour le rachat en se séparant d’Editis. Un autre can­di­dat se serait bien vu dans le fau­teuil, c’est Nico­las Sarkozy. Mais ses ennuis judi­ci­aires ont nui à sa candidature.

Il faut aus­si avoir de la chance. La vache à lait du groupe Lagardère c’est la dis­tri­b­u­tion de médias (les Relay) mais surtout les bou­tiques hors tax­es d’aéroport. Un secteur sin­istré lors de péri­ode Covid et post Covid mais qui a repris une pleine vigueur depuis la moitié de l’année 2022 avec la reprise du trans­port aérien et qui rem­plit les caiss­es du groupe.

Au pas­sage, Arnaud Lagardère se sera débar­rassé de sa dette per­son­nelle auprès des ban­ques qui risquait de le per­dre. Il a du temps devant lui, il peut ven­dre quand il veut à Viven­di les actions de Lagardère qu’il con­serve et pren­dre alors une retraite dorée ou con­tin­uer à prof­iter de ses man­dats de prési­dent en exerçant pleine­ment le pou­voir ou sans doute en le partageant sage­ment avec les hommes de l’ombre de Vin­cent Bolloré.

Voir aus­si : Info­gra­phie : le groupe Lagardère (avant la final­i­sa­tion de la vente à Bolloré)