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Revue de presse : rattrapage pascal

12 avril 2021

Temps de lecture : 8 minutes

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Revue de presse : rattrapage pascal

12 avril 2021

L’Observatoire du journalisme vous a manqué pendant ces quelques jours de vacances et de rediffusion d’articles ? Rassurez-vous, vous aussi, vous nous avez manqué. L’actualité médiatique n’a pas pris de vacances dans la période. Nous vous livrons une revue de presse de quelques événements marquants qui se sont produits depuis le début du mois d’avril.

2 avril : une attaque énigmatique contre des policiers

Le 2 avril, un indi­vidu a ren­ver­sé avec la voiture qu’il con­dui­sait deux policiers dans la cap­i­tale améri­caine, près de la Mai­son blanche. L’identification de l’auteur des faits a sou­vent été laborieuse pour des médias sou­vent si prompts à trou­ver des supré­macistes blancs partout.

Gilles-William Gold­nadel souligne sur son compte Twit­ter que

Le Parisien a égale­ment été très pudique au sujet de cet événe­ment et titrait à19h45 le 2 avril un arti­cle paru sur son site : « Une voiture fonce sur le Capi­tole de Wash­ing­ton, un polici­er tué, un autre blessé, Biden dévasté ». On appre­nait égale­ment par le jour­nal que la piste ter­ror­iste était écartée.

Une con­clu­sion dont font douter de nom­breux indices assem­blés notam­ment par lesObservateurs.ch. L’auteur des faits se révèle être en effet un sym­pa­thisant du mou­ve­ment noir Nation of Islam et il est sor­ti de son véhicule après son geste fou armé d’un couteau. Aurait-il été incon­venant ou trop agres­sif d’employer le mode direct — sujet, verbe, com­plé­ment — et de titr­er : « un islamiste noir fonce en voiture sur deux policiers et en tue un » ?

2 avril : le fact checking day

Le 2 avril avait lieu le « fact check­ing day », l’anniversaire des vérifi­ca­teurs de faits (AFP Factuel,  Check­news, les Décodeurs, etc.). Ces équipes de jour­nal­istes pré­ten­dent véri­fi­er les infor­ma­tions qui cir­cu­lent en ligne et tra­quer les fake news. L’Observatoire du jour­nal­isme a eu à plusieurs repris­es l’occasion de soulign­er les nom­breux biais de ces redresseurs d’infox. L’AFP Factuel nous annonçait fière­ment en ce jour anniver­saire que « plus de 100 jour­nal­istes y tra­vail­lent à tra­vers le monde, dans plus de 20 langues. Ils analy­sent les pub­li­ca­tions, les images et les vidéos virales pour décel­er les fauss­es infor­ma­tions ».

L’« Inter­na­tion­al fact check­ing day » a été organ­isé par l’institut Poyn­ter. Celui-ci se présente sur son site comme une organ­i­sa­tion qui pré­pare les jour­nal­istes du monde entier à délivr­er des infor­ma­tions « hon­nêtes ». Par­mi ses mécènes, le Nation­al Endow­ment for Democ­ra­cy qui est présen­té par Medi­a­part comme la vit­rine légale de la CIA et par Le Monde diplo­ma­tique comme le relais de cette agence gou­verne­men­tale américaine.

Un autre mécène a attiré notre atten­tion : la Foun­da­tion to Pro­mote Open Soci­ety. Cette fon­da­tion est étroite­ment liée à l’Open Soci­ety Foun­da­tion, créée par le mil­liar­daire améri­cain qui utilise une par­tie de sa for­tune pour propager sa vision du monde sans fron­tières. « Sous cou­vert d’altruisme, George Soros est passé maître dans l’art de désor­don­ner le monde et de faire prospér­er ses affaires », con­clu­ait Valeurs actuelles pour présen­ter en 2018 un dossier sur le per­son­nage. Mais bien évidem­ment, les bailleurs de fond n’influent en aucune manière le choix et le traite­ment de la chas­se aux intox. Ce serait mesquin de le suspecter…

2 avril : l’avocat Vincent Di Vizio mentionne furtivement l’immigration sur UPRTV

François Asse­lin­eau a invité le 2 avril sur la chaîne YouTube de l’UPR Vin­cent Di Vizio. Cet avo­cat qui défend notam­ment des pro­fes­sion­nels de san­té mérite d’être con­nu pour sa con­nais­sance fine des arcanes du monde médi­cal. Sa presta­tion le 2 avril, qui comp­tait 184 000 vues le 9 avril, per­met d’aller de décou­vertes en décou­vertes sur la ges­tion de la crise san­i­taire. À la fin de l’interview, François Asse­lin­eau demande à Vin­cent Di Vizio s’il est d’accord sur le fait que la ruine de l’hôpital français est due notam­ment aux grandes ori­en­ta­tions des poli­tiques économiques édic­tées chaque année par l’Union européenne. L’avocat annonce pré­cau­tion­neuse­ment « au risque d’être cli­vant, choisir c’est renon­cer (…), je ne peux avoir un hôpi­tal pub­lic de qual­ité avec une immi­gra­tion mas­sive, avec une poli­tique européenne qui vient m’expliquer qu’il faut que j’investisse mas­sive­ment là mais pas là ». Occa­sion man­quée pour François Asse­lin­eau, qui n’a pas rebon­di sur l’Aide médi­cale d’État dont le coût sans lim­ite dépasse le mil­liard d’euros en 2021, sur les fac­tures impayées par les étrangers dans les hôpi­taux français d’un mon­tant égale­ment plus que con­séquent, sur les étrangers admis en France pour motif médi­cal…Attribuer à l’Union européenne cer­taines des turpi­tudes de nos dirigeants nationaux, ça ne serait pas un peu facile, non ?

3 avril : agression au couteau : impunité 100%

Dans notre beau pays, les dirigeants aiment sou­vent don­ner des leçons de morale à la terre entière. La néces­sité de respecter de la diver­sité est clamée à qui veut l’entendre et les lois restreignant la lib­erté d’expression abon­dent. Par con­tre, pass­er au geste pour mar­quer son hos­til­ité à la dif­férence sem­ble en cer­taines occa­sions béné­fici­er d’une impunité cer­taine. C’est ain­si que Le Parisien nous apprend qu’à Sar­celles, un Pak­istanais qui fait l’objet d’une oblig­a­tion de quit­ter le ter­ri­toire a ten­té d’agresser 3 juifs au couteau, qui n’ont dû leur salut qu’à leur fuite. Ceux-ci venaient de sor­tir d’une syn­a­gogue et por­taient une Kip­pa. Mis en exa­m­en, l’agresseur a finale­ment été libéré. L’arme util­isée : un couteau de 30 cm avec une lame den­tée, excusez du peu. Infor­ma­tion suivante ?

3 avril : un journaliste de l’AFP à la rescousse de l’UNEF

Dans une tri­bune pub­liée sur le site de l’Obs le 10 mars, l’universitaire Pierre Jourde s’indigne que des affich­es anonymes plac­ardées à l’Institut d’Etudes Poli­tiques de Greno­ble désig­nant nom­mé­ment deux pro­fesseurs accusés d’« islam­o­pho­bie » soient « repris­es sur les réseaux soci­aux par l’UNEF, qui a approu­vé et repro­duit cet affichage ». Un débat sur la dis­so­lu­tion de ce syn­di­cat étu­di­ant a à l’époque des faits émergé sur les réseaux soci­aux. On peut ne peut appréci­er cette volon­té de dis­soudre à tout va des asso­ci­a­tions dont on ne partage pas les idées. Il est par con­tre assez éton­nant qu’un jour­nal­iste de l’agence de presse AFP, qui sert de four­nisseur d’informations aux grands médias, n’observe pas un cer­tain devoir de réserve. C’est ain­si que le 3 avril, Dji­lali Belaid, qui se présente sur son compte Twit­ter comme « Jour­nal­iste AFP. Réd­Chef video Afrique » réag­it avec une ironie agres­sive aux derniers événements :

Cela amène Gas­ton Crémieux à réa­gir égale­ment sur Twitter :

4 avril : l’agression du couple Tapie fait la une

Dif­fi­cile de n’avoir pas été infor­mé de l’agression de Bernard Tapie à son domi­cile le week-end du 4 avril. Les images du vis­age tumé­fié de l’ancien homme d’affaire et politi­cien ain­si que celles de son épouse ont passé en boucle dans les jour­naux télévisés du week end. Cette agres­sion très lâche lors du cam­bri­o­lage devient mal­heureuse­ment courante dans la France Orange mécanique, en référence au film ultra vio­lent paru dans les années 1970 et au livre de Lau­rent Obertone.

André Bercoff a eu une con­ver­sa­tion télé­phonique avec Bernard Tapie le lende­main de son agression.

Lors de « Bercoff dans tous ses états » sur Sud Radio le 6 avril, le jour­nal­iste omet de pré­cis­er l’origine étrangère des agresseurs quand il relate les faits. Une infor­ma­tion que nous avait pour­tant été divul­guée par Edouard Chan­ot sur son compte Twit­ter, mais pas­sons. André Bercoff rap­porte qu’après que Bernard Tapie ait dit aux agresseurs qu’il avait tou­jours défendu les migrants et l’ou­ver­ture, l’un des tor­tion­naires lui a répon­du : « Va te faire enculer, ce temps-là est mort ! ». Un vrai sujet de réflex­ion, non ?

L’hyper médi­ati­sa­tion de cette affaire con­traste avec des silences élo­quents. On pense à la petite Kaina âgée de 5 ans fauchée le 28 mars par deux racailles qui fai­saient à Sevran, en Seine Saint Denis, une course de voitures. On pense à Christophe retrou­vé égorgé dans un hall d’immeuble à Vil­leneuve d’Ascq, le 27 mars, parce qu’il ne sup­por­t­ait plus les deal­ers, nous apprend Actu 17 . En avez-vous enten­du parler ?

En con­clu­sion, le témoignage de@Ripisylve qui n’a fait la une d’aucun média :

« Mon père a subi un cam­bri­o­lage ultra vio­lent il y a quelques années. 5 auteurs. Peine la + sévère pronon­cée : 6 mois avec sur­sis. Le sys­tème judi­ci­aire français est une honte absolue. Son lax­isme tue et trau­ma­tise les inno­cents, lais­sant libre de sévir crim­inels et délin­quants ».

5 avril : une agression contre un militant politique sans trop d’importance

La démoc­ra­tie est un bien pré­cieux. Elle per­met à cha­cun d’exprimer ses opin­ions et de faire enten­dre, par­fois de manière exces­sive­ment frus­tre, la loi de la majorité. Des mil­ices d’extrême gauche qui s’auto-désignent antifas, pour anti fachistes (pronon­cez à l’italienne) , enten­dent lim­iter la lib­erté d’expression dans notre beau pays. Le 5 avril, 5 courageux nervis antifas s’en pre­nait vio­lem­ment à un mil­i­tant du RN qui dis­tribuait des tracts aux halles de Saint Nazaire. Le Figaro a don­né la parole à la per­son­ne qui l’accompagnait : « il a été roué de coups alors qu’il se trou­vait au sol, et men­acé de mort ». «  Il souf­fre d’une frac­ture ouverte de la cheville », apprend-on à la lec­ture de l’article. Cer­tains médias comme 20 min­utes sont très pudiques pour décrire les faits : « Cinq indi­vidus l’auraient pris à par­tie avant de lui assén­er plusieurs coups ». En fait de prise à par­tie, n’est-ce pas plutôt une agres­sion sauvage ?

Cela amène Char­lotte D’Ornellas à affirmer sur la plateau de Pas­cal Praud sur CNews :

5 avril : Le New York Times aime l’UNEF

Le jour­nal améri­cain le New York Times a à cœur d’être à la pointe du mou­ve­ment « woke » aux États-Unis, ces per­son­nes qui se dis­ent plus « con­scientes » que les autres de la méchante oppres­sion que les hommes blancs font subir au reste de l’humanité. Pour illus­tr­er l’« avant-garde du change­ment en France », le New York Times a choisi de pub­li­er en cou­ver­ture de son édi­tion du 5 avril une man­i­fes­ta­tion du syn­di­cat étu­di­ant l’UNEF.

L’islamologue Gilles Kepel a don­né une longue et pas­sion­nante inter­view à l’Institut des Lib­ertés le 6 avril, qui est disponible sur le site de l’association. Évo­quant la mise au pilori des 2 enseignants de l’université de Greno­ble pour avoir osé ques­tion­né la notion d’islamophobie, il donne comme exem­ple de l’existence de l’islamo-gauchisme le relais qu’a don­né ce syn­di­cat étu­di­ant à cette cabale. Mais Greno­ble doit être trop loin de New York pour per­me­t­tre aux jour­nal­istes du New York Times de pren­dre con­science de ces réalités.

6 avril : un « heum » de Ursula Van Der Leyen qui en dit beaucoup

Après une longue série de man­i­fes­ta­tions d’agressivité de la part du gou­verne­ment turc (attaque téléguidée de migrants à la fron­tière grecque début 2020, inci­dent mar­itime fran­co-turque le 10 juin 2020, etc.), les représen­tants de la diplo­matie de l’Union européenne ont essayé de se rabi­bocher avec le prési­dent Erdo­gan. Des images ont rapi­de­ment cir­culé sur l’entretien organ­isé en Turquie le 6 avril par Recep Tayyip Erdoğan. La réac­tion stupé­faite de la prési­dente de la com­mis­sion européenne à son arrivée dans la salle de récep­tion, restée debout alors que ses homo­logues sont déjà assis près du prési­dent turc, ont tourné en boucle. Éric Zem­mour a fait une analyse assez détail­lée de cet inci­dent lors de Face à l’info sur C News le 8 avril. Par­mi les réac­tions les plus acerbes à cet inci­dent si révéla­teur, celle d’Anne-Sophie Chaz­a­ud sur Twitter :

« Cette image est en fait le par­fait reflet de la réal­ité, elle est donc le con­traire d’un loupé. Elle man­i­feste tout ce qui est haïss­able et mépris­able dans la sit­u­a­tion actuelle :
La veu­lerie de l’Union européenne face à l’islam poli­tique et à la bru­tal­ité turque.
L’absence de pro­fes­sion­nal­isme dans la pré­pa­ra­tion pro­to­co­laire de cette ren­con­tre de la part des Européens.
La gou­ja­terie pathé­tique et vul­gaire de Charles Michel, prési­dent du Con­seil européen, sorte d’inutile grande saucisse tech­nocra­tique inca­pable de faire fonc­tion­ner ses quelques neu­rones ou son édu­ca­tion afin de se lever et céder son fau­teuil à la présidente.
La soumis­sion égale­ment d’Ursula Von der Leyen qui, con­statant la sit­u­a­tion, aurait dû quit­ter les lieux sur le champ ou se lever et exiger qu’on mod­i­fie la con­fig­u­ra­tion de la ren­con­tre ».

Cinglant, comme nom­bre des bil­lets d’Anne-Sophie Chaz­a­ud sur le réseau social…

Pour aller plus loin dans des livres parus récemment :

L’actualité est une source per­ma­nente d’étonnement, d’indignation et de réac­tions. Deux livres parus récem­ment appor­tent un regard cri­tique sur le traite­ment médi­a­tique de l’information :

  • « Endoc­trine­ment » de Marie Limes. Son édi­teur (Ring) le présente ain­si . « Pas de texte. Unique­ment des cap­tures d’écran, et leur légende par Marie Limès. Des arti­cles, des pub­li­ca­tions Face­book, des tweets, des pub­lic­ités. Tout ce qui défile sur votre portable, sur vos écrans, et vous ren­tre dans le crâne, tous les jours, toutes les heures. Tout ça façonne votre pen­sée, et celle de vos sem­blables. Lente­ment mais sûre­ment ».
  • « La nef des fous, des nou­velles du bas-empire » de Michel Onfray (Edi­tions Robert Laffont).

Le philosophe présente son livre inspiré par l’actualité de la façon suiv­ante : « Sous la forme d’une éphéméride, et ce sur chaque jour de cette année 2020, je con­signe chaque délire dont notre époque est capa­ble à par­tir d’une anec­dote con­clue par un genre de morale comme à la fin d’une fable ».

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