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<span class="dquo">«</span> Arte Europe — l’hebdo » : la chaîne franco-allemande à l’assaut du continent. Première partie

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16 août 2023

Temps de lecture : 4 minutes
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« Arte Europe — l’hebdo » : la chaîne franco-allemande à l’assaut du continent. Première partie

Temps de lecture : 4 minutes

Pre­mière dif­fu­sion le 17 févri­er 2023

L’Association relative à la télévision européenne (Arte), c’est ce projet franco-allemand mis sur pied par une mitterrandie sur le déclin et obsédée par un européisme libéral fait de beaux discours et de bons sentiments.

Tant aimée par les enseignants du sec­ondaire sym­pa­thisants social­istes et autres cul­tureux d’un niveau par­fois dis­cutable, cette chaîne est un média de ser­vice pub­lic détenu par Arte France, dont le Con­seil de sur­veil­lance est présidé par Bernard-Hen­ri Lévy, et la société alle­mande Arte Deutsch­land TV. Tout juste trente­naire, Arte lance une émis­sion d’actualité heb­do­madaire pro­posée dans d’autres langues que le français et l’allemand, une ini­tia­tive saluée notam­ment par Le Monde et impli­quant des médias parte­naires aux affil­i­a­tions poli­tiques avérées.

Élargir l’offre multilingue

Dès 2015, Arte fran­chit le pas et sort de son créneau fran­co-alle­mand et pro­pose de plus en plus de pro­grammes en anglais, en espag­nol, en polon­ais et en ital­ien sur sa plate­forme numérique. La chaîne, dont la direc­tion de l’information est assurée depuis 2013 par un fran­co-ital­ien, Mar­co Nas­sivera, a désor­mais son émis­sion heb­do­madaire, un jour­nal d’actualité dif­fusé chaque same­di entre 21 heures et 21 heures 30 en huit langues (en français, en alle­mand, en espag­nol, en anglais et sous-titres en polon­ais, en hon­grois, en ital­ien et en grec pour la ver­sion anglaise).

En toute indépen­dance, et pour saluer le tra­vail bien enten­du indépen­dant d’Arte, Le Monde brosse le por­trait de cette nou­velle émission :

« Ce jour­nal heb­do­madaire d’actualité est présen­té sur un fond uni (bleu, rouge ou jaune) et de manière plutôt décon­trac­tée mais effi­cace par des jour­nal­istes habitués à l’écriture numérique de l’information. Le lance­ment du sujet prin­ci­pal dure une ving­taine de sec­on­des, quelle que soit la langue, mais avec de sub­tiles dif­férences dans le ton et les mots choi­sis par les jour­nal­istes. On ne présente pas de la même façon un sujet sur l’Europe à court de médica­ments selon que l’on s’adresse à un pub­lic espag­nol ou alle­mand par exemple. »

Faire local plutôt qu’étranger

Avec ce nou­veau pro­gramme, Arte entend bien imprimer un nou­veau style. La chaîne, il est vrai a sa pro­pre pat­te et ne ressem­ble pas aux autres chaînes du PAF,  et  veut éviter de marcher sur des plate­ban­des déjà occupées par la BBC, CNN, France 24 ou encore Euronews. Elle veut s’adapter à ses nou­veaux téléspec­ta­teurs et ne pas don­ner l’image d’une nième chaîne inter­na­tionale. C’est ce qu’explique Marc Cam­pdelacreu, l’un des deux présen­ta­teurs de la ver­sion espag­nole du nou­veau mag­a­zine et ancien de la TVE (chaîne publique) et de La Sex­ta (privée), cité dans cet arti­cle du Monde qui encense la dernière trou­vaille d’Arte :

« Le pub­lic espag­nol accueille Arte comme une chaîne européenne alors que les offres en espag­nol de France 24 ou de CNN, par exem­ple, sont vues comme des chaînes étrangères. »

Tout cela présen­té de « manière plutôt décon­trac­tée mais effi­cace par des jour­nal­istes habitués à l’écriture numérique de l’information. » selon Le Monde. Pour cela, Arte a fait appel aux meilleurs.

Les médias partenaires du projet

Sans sur­prise, Arte s’est alliée à la crème du jour­nal­isme bien-pen­sant pour lancer cette nou­velle émis­sion à voca­tion européenne. Ce pro­gramme est en effet con­sultable sur les plate­formes de six médias parte­naires, un « atout indé­ni­able » selon Le Monde. Six médias qui étrange­ment ont tous comme car­ac­téris­tique de tir­er sans relâche dans le sens du camp du Bien et du Pro­grès, une direc­tion con­tre laque­lle tra­vail­lent des forces que ces médias de grand chemin con­sid­èrent comme étant « con­ser­va­tri­ces », « nation­al­istes », voire « xéno­phobes » et « homophobes ».

Voici les heureux élus du pro­jet « Arte Europe, l’hebdo » : le belge Le Soir ; l’espagnol El País ; le polon­ais Gaze­ta Wybor­cza ; l’italien Inter­nazionale ; le grec I Kathimeriní ; le hon­grois Telex.

Dans une deux­ième patrie, nous exam­inerons les six médias parte­naires d’Arte un par un.