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Promenades sur France Inter, conformisme assumé partout

Un lecteur malicieux (et peut-être un peu masochiste) nous signale régulièrement quelques saillies de la radio la plus conformiste de France. Nous nous sommes infligés une promenade sur deux jours de la matinale (et un peu plus) de la radio. Nous ne résistons pas au plaisir de donner quelques extraits.

Jeudi 6 décembre 2018, de Pierre Haski à Fabienne Sintes

Pierre Haski, arrivé à France Inter pour services rendus au politiquement correct pendant plus de vingt ans à Libération, est titulaire de la chronique de géopolitique. Il démarre en fanfare à 8h16 avec l’Italie et « la Ligue d’extrême droite », sans noter que son leader est l’homme politique le plus populaire d’Italie. Claude Askolovitch, qui est du même horizon culturel, est lui titulaire de la revue de presse vers 8h45. L’Observatoire avait publié au printemps 2018 une longue enquête sur le quotidien communiste La Marseillaise, qui devient sous la faconde de l’ami Claude un « quotidien de gauche » et qui va citer sans désemparer Libération (pour faire plaisir à Pierre) les gauchistes CQFD et Marsactu sans oublier Les Inrocks, le journal du patronat Les Echos figurant pour établir la bien connue symétrie des fausses fenêtres. En son temps, Fabrice Le Quintrec avait été mis au placard par sa direction pour avoir cité une fois le quotidien national catholique Présent. Une telle mésaventure n’arrivera pas à l’ami Claude.

Mais poursuivons notre promenade. Vers 18h15 une chronique (ou intervention ponctuelle) de Fabienne Sintes Un jour dans le monde invite l’inévitable « expert » en l’espèce une experte labellisée CNRS et Sciences Po, son nom est sans importance, elle représente la caste universitaire. Le thème ? Le protocole sur les migrations élaboré par l’ONU et qui doit être signé le 10 décembre 2018 par la France (L’Observatoire y reviendra le 12 décembre). Pour la chroniqueuse c’est « absolument formidable » et « frappé au coin du bon sens ». L’experte maison enfile ensuite les perles, les contresens et les mensonges. Le mensonge, vous connaissez ? Plus il est gros mieux ça passe. Le texte serait « anodin » (un peu trop anodin ? s’inquiètera Fabienne Sintes). C’est un « simple cadre de coopération » qui permettra aux « journalistes sérieux et aux chercheurs » de faire leur métier contre les dénigreurs de l’immigration « souvent d’extrême droite » et de combattre « les régimes d’exception dont sont victimes les migrants » contre les « fake news ». Un journaliste sérieux c’est un journaliste immigrationniste de France Inter, n’en jetez plus la cour est pleine, nous y reviendrons en détail.

Vendredi 7 décembre, de Mathilde Munos à Sonia Devillers

Votre réveil sonne à 5h pour le 5/7 de Mathilde Munos. Vous vous rendormez et vous réveillez brusquement à 6h20 car Mathilde reçoit un type formidable : Marc Peschanski, du Téléthon, un homme de gauche « proche de Lutte Ouvrière ». Imaginez une seconde que la jolie Mathilde reçoive Dupont, qui travaille dans l’humanitaire, un homme de droite « proche des Identitaires ». Vous n’imaginez pas ? Nous non plus. À 7h15, les Unes de la presse nationale avec « une lettre bouleversante » parue dans Libération (si !) que Nicolas Demorand a dirigé dans le passé. Remarquons un lapsus involontaire et amusant de Nicolas parlant – au lieu de parlementaires – de parlementeurs. À 7h23, un certain Yael Goosz reprend le thème de la veille de Fabienne Sintes sur le pacte migratoire. C’est à « pleurer de rire » cette « hystérie complotiste ». Un nouveau flagrant délit de mensonge, le mensonge à front de taureau pour paraphraser Flaubert, le mensonge tranquille comme ultime déontologie. À 8h46, retour de Claude Askolovitch qui cite Libération deux fois, obéissance aux consignes ou excès de zèle, nous ne nous prononcerons pas.

À 9h40, c’est l’Instant M de Sonia Devillers qui va inviter Céline Pigalle directrice de la rédaction de BFM (souvenez vous du slogan primesautier de certains gilets jaunes « BFM enculés ! »). Pleurs, larmes, personne ne nous aime car nous sommes incontournables et puissants et pourtant si amicaux. Sourire complice de Sonia. En interlude nous aurons Xavier Delaporte qui défendra ses camarades de BFM car « il n’y a pas d’image pure et parfaite », ce qui rappellera aux anciens étudiants leurs cours sur la concurrence pure et parfaite qui elle non plus n’existe pas. Décidément rien n’est parfait. Rappelons simplement que c’est la même Céline Pigalle (alors chez Canal+ i>Télé) qui devant les Assises du journalisme de 2015 expliquait doctement au sujet d’Éric Zemmour que « certains thèmes ne devaient pas être abordés et certaines expressions ne devaient pas être employées ». La même Céline qui avait mis fin en décembre 2014 à l’émission de débat de Zemmour avec Nicolas Domenach sur la chaine qui sera condamnée deux ans plus tard pour rupture abusive de contrat. Elle est gentille Céline, elle doit bien s’entendre avec Sonia. Salut les filles.

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