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Promenades sur France Inter, conformisme assumé partout

10 décembre 2018

Temps de lecture : 3 minutes
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Promenades sur France Inter, conformisme assumé partout

Un lecteur malicieux (et peut-être un peu masochiste) nous signale régulièrement quelques saillies de la radio la plus conformiste de France. Nous nous sommes infligés une promenade sur deux jours de la matinale (et un peu plus) de la radio. Nous ne résistons pas au plaisir de donner quelques extraits.

Jeudi 6 décembre 2018, de Pierre Haski à Fabienne Sintes

Pierre Has­ki, arrivé à France Inter pour ser­vices ren­dus au poli­tique­ment cor­rect pen­dant plus de vingt ans à Libéra­tion, est tit­u­laire de la chronique de géopoli­tique. Il démarre en fan­fare à 8h16 avec l’Italie et « la Ligue d’extrême droite », sans not­er que son leader est l’homme poli­tique le plus pop­u­laire d’Italie. Claude Askolovitch, qui est du même hori­zon cul­turel, est lui tit­u­laire de la revue de presse vers 8h45. L’Observatoire avait pub­lié au print­emps 2018 une longue enquête sur le quo­ti­di­en com­mu­niste La Mar­seil­laise, qui devient sous la faconde de l’ami Claude un « quo­ti­di­en de gauche » et qui va citer sans désem­par­er Libéra­tion (pour faire plaisir à Pierre) les gauchistes CQFD et Mars­ac­tu sans oubli­er Les Inrocks, le jour­nal du patronat Les Echos fig­u­rant pour établir la bien con­nue symétrie des fauss­es fenêtres. En son temps, Fab­rice Le Quin­trec avait été mis au plac­ard par sa direc­tion pour avoir cité une fois le quo­ti­di­en nation­al catholique Présent. Une telle mésaven­ture n’arrivera pas à l’ami Claude.

Mais pour­suiv­ons notre prom­e­nade. Vers 18h15 une chronique (ou inter­ven­tion ponctuelle) de Fabi­enne Sintes Un jour dans le monde invite l’inévitable « expert » en l’espèce une experte label­lisée CNRS et Sci­ences Po, son nom est sans impor­tance, elle représente la caste uni­ver­si­taire. Le thème ? Le pro­to­cole sur les migra­tions élaboré par l’ONU et qui doit être signé le 10 décem­bre 2018 par la France (L’Observatoire y revien­dra le 12 décem­bre). Pour la chroniqueuse c’est « absol­u­ment for­mi­da­ble » et « frap­pé au coin du bon sens ». L’experte mai­son enfile ensuite les per­les, les con­tre­sens et les men­songes. Le men­songe, vous con­nais­sez ? Plus il est gros mieux ça passe. Le texte serait « anodin » (un peu trop anodin ? s’inquiètera Fabi­enne Sintes). C’est un « sim­ple cadre de coopéra­tion » qui per­me­t­tra aux « jour­nal­istes sérieux et aux chercheurs » de faire leur méti­er con­tre les dén­i­greurs de l’immigration « sou­vent d’extrême droite » et de com­bat­tre « les régimes d’exception dont sont vic­times les migrants » con­tre les « fake news ». Un jour­nal­iste sérieux c’est un jour­nal­iste immi­gra­tionniste de France Inter, n’en jetez plus la cour est pleine, nous y revien­drons en détail.

Vendredi 7 décembre, de Mathilde Munos à Sonia Devillers

Votre réveil sonne à 5h pour le 5/7 de Mathilde Munos. Vous vous ren­dormez et vous réveillez brusque­ment à 6h20 car Mathilde reçoit un type for­mi­da­ble : Marc Peschan­s­ki, du Téléthon, un homme de gauche « proche de Lutte Ouvrière ». Imag­inez une sec­onde que la jolie Mathilde reçoive Dupont, qui tra­vaille dans l’humanitaire, un homme de droite « proche des Iden­ti­taires ». Vous n’imaginez pas ? Nous non plus. À 7h15, les Unes de la presse nationale avec « une let­tre boulever­sante » parue dans Libéra­tion (si !) que Nico­las Demor­and a dirigé dans le passé. Remar­quons un lap­sus involon­taire et amu­sant de Nico­las par­lant – au lieu de par­lemen­taires – de par­lementeurs. À 7h23, un cer­tain Yael Goosz reprend le thème de la veille de Fabi­enne Sintes sur le pacte migra­toire. C’est à « pleur­er de rire » cette « hys­térie com­plo­tiste ». Un nou­veau fla­grant délit de men­songe, le men­songe à front de tau­reau pour para­phras­er Flaubert, le men­songe tran­quille comme ultime déon­tolo­gie. À 8h46, retour de Claude Askolovitch qui cite Libéra­tion deux fois, obéis­sance aux con­signes ou excès de zèle, nous ne nous pronon­cerons pas.

À 9h40, c’est l’Instant M de Sonia Dev­illers qui va inviter Céline Pigalle direc­trice de la rédac­tion de BFM (sou­venez vous du slo­gan prime­sauti­er de cer­tains gilets jaunes « BFM enculés ! »). Pleurs, larmes, per­son­ne ne nous aime car nous sommes incon­tourn­ables et puis­sants et pour­tant si ami­caux. Sourire com­plice de Sonia. En inter­lude nous aurons Xavier Dela­porte qui défendra ses cama­rades de BFM car « il n’y a pas d’image pure et par­faite », ce qui rap­pellera aux anciens étu­di­ants leurs cours sur la con­cur­rence pure et par­faite qui elle non plus n’existe pas. Décidé­ment rien n’est par­fait. Rap­pelons sim­ple­ment que c’est la même Céline Pigalle (alors chez Canal+ i>Télé) qui devant les Assis­es du jour­nal­isme de 2015 expli­quait docte­ment au sujet d’Éric Zem­mour que « cer­tains thèmes ne devaient pas être abor­dés et cer­taines expres­sions ne devaient pas être employées ». La même Céline qui avait mis fin en décem­bre 2014 à l’émission de débat de Zem­mour avec Nico­las Dom­e­n­ach sur la chaine qui sera con­damnée deux ans plus tard pour rup­ture abu­sive de con­trat. Elle est gen­tille Céline, elle doit bien s’entendre avec Sonia. Salut les filles.

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