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La Presse quotidienne régionale, arme de propagande massive ?

23 mai 2019

Temps de lecture : 2 minutes
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La Presse quotidienne régionale, arme de propagande massive ?

L’équilibre dans les médias entre gouvernement/opposition dans le cadre des élections ressort de l’acrobatie, surtout quand 34 listes se présentent dont une bonne vingtaine n’auront ni professions de foi distribuées ni même bulletins de votes. L’exercice devient un tour de force quand le président de la République se lance dans le débat avec un « entretien » recalibré et relu.

Une cinquantaine de titres

Le syn­di­cat de la presse quo­ti­di­enne régionale regroupe une cinquan­taine de titres dont les prin­ci­paux du secteur : Ouest-France, Sud-Ouest, Midi Libre, Dernières nou­velles d’Alsace etc. Ils ont négo­cié col­lec­tive­ment (ou plutôt le ser­vice de presse de l’Élysée a négo­cié avec eux) un entre­tien avec Emmanuel Macron à paraître entre les 20 et 21 mai 2019 soit quelques jours avant le scrutin du 26 mai.

Comme l’Élysée veut bien encadr­er le proces­sus, l’entretien (avec seule­ment quelques jour­nal­istes choi­sis) devait être relu soigneuse­ment et cor­rigé par les ser­vices de la prési­dence. Sans vouloir faire preuve de mau­vais esprit, il s’agit d’une pres­sion « ami­cale » pour faire vot­er pour la liste de LREM en mau­vaise pos­ture dans les sondages face à la liste RN.

Rébellion de deux titres

Si la plu­part des quo­ti­di­ens con­cernés ont accep­té docile­ment de suiv­re les indi­ca­tions du ser­vice de presse élyséen, deux titres, La Voix du Nord et Le Télé­gramme ont refusé l’opération.

Pour la Voix du Nord, le rédac­teur en chef, Patrick Jankieliewicz, voit les lim­ites entre « relec­ture et exer­ci­ce de réécri­t­ure » ; un exer­ci­ce caviar­dant les répons­es voire rajoutant des ques­tions et des répons­es inex­is­tantes dans des entre­tiens réal­isés dans le passé, il se refuse à une telle con­fu­sion . Il ajoute que l’entretien vient rompre un équili­bre frag­ile de temps d’expression des dif­férentes listes dans les médias.

Au Télé­gramme de Brest c’est la poli­tique du mépris vis-à-vis de la PQR qui est évo­quée. Hubert Couduri­er, directeur de l’information voit dans cet entre­tien une « con­vo­ca­tion » et une sorte de statut « hybride » entre infor­ma­tion et pro­pa­gande. Ce qui n’a pas gêné apparem­ment ses confrères.

Voir aussi

La presse quo­ti­di­enne régionale en guerre con­tre les locaux identitaires

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