Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Retour sur le viol à Nantes le 24 septembre : « sans commentaires »

3 octobre 2022

Temps de lecture : 3 minutes
Accueil | Veille médias | Retour sur le viol à Nantes le 24 septembre : « sans commentaires »

Retour sur le viol à Nantes le 24 septembre : « sans commentaires »

3 octobre 2022

Temps de lecture : 3 minutes

Alors que Ouest-France avait décidé une sorte d’omerta sur ce drame, la victime a choisi de sortir de son silence. Nous revenons sur cette terrible agression et l’expression de la victime à ce sujet dans les médias.

Un viol abject

La radio France Bleu a relaté sur son site inter­net le viol d’une femme à Nantes le 24 sep­tem­bre de la façon suivante :

« Cela s’est pro­duit très tôt ce same­di matin au niveau des Machines de l’île. Trois hommes d’o­rig­ine soudanaise en sit­u­a­tion irrégulière s’ap­prochent (d’une femme). La voy­ant seule, ils s’emparent de son télé­phone portable, puis la vio­lent à plusieurs reprises. »

Mais rapi­de­ment, la radio locale a sup­primé dans l’article en ligne l’origine des auteurs de l’agression. En voici la nou­velle version :

« Alors qu’elle ren­trait chez elle après une soirée passée chez une amie (elle n’en avait que pour 10 min­utes à pied), trois hommes s’ap­prochent d’elle. La voy­ant seule, ils s’emparent de son télé­phone portable, puis la vio­lent à plusieurs reprises. »

L’origine des agresseurs ne méri­tait donc pas d’être men­tion­née. Pour quelle rai­son ? Le jour­nal­iste a prob­a­ble­ment estimé que cette infor­ma­tion n’était pas per­ti­nente pour présen­ter les cir­con­stances de cette agres­sion. Une vision des choses qui, nous allons le voir, est partagée par la vic­time elle-même.

La victime sort du silence

Le 29 sep­tem­bre, France Info nous infor­mait que la vic­time était sor­tie de son silence. C’est par l’intermédiaire de son avo­cate qu’elle s’est exprimée. Pierre Sautarel nous apprend sur Twit­ter que celle-ci a fig­uré sur la liste élec­torale de Johan­na Roland, la maire social­iste de Nantes, lors des dernières élec­tions munic­i­pales. L’avocate déclare :

« Au choc de l’agression vient pour elle s’ajouter la con­ster­na­tion de ce que certain.e.s s’approprient les faits dont elle a été vic­time pour stig­ma­tis­er les migrants et les désign­er comme respon­s­ables pre­miers de l’insécurité qui règn­erait dans notre pays en général et à Nantes en particulier (…)
Elle clame son attache­ment pro­fond et indé­fectible aux valeurs human­istes que sont l’accueil de celles et ceux qui cherchent refuge et l’ouverture aux autres. Ce qu’elle a subi et qui l’a per­pétré n’y change rien ». La cliente de l’avocate Anne Bouil­lon « rejette l’amalgame facile et erroné fait entre immi­gra­tion et délin­quance. Elle rap­pelle que les vio­lences sex­uelles et sex­istes exis­tent en tous lieux, en tous temps, en tous milieux et par des hommes de toutes orig­ines qui parta­gent en com­mun de se sen­tir autorisés à agress­er des femmes ».

Avant de com­menter plus avant cette déc­la­ra­tion, il faut soulign­er le trau­ma­tisme que con­stitue un viol et témoign­er de la com­pas­sion pour la vic­time dans cette épreuve, si tant est qu’elle lise ces lignes. C’est fort prob­a­ble­ment le réflexe qu’ont eu beau­coup de citoyens en apprenant cette triste information.

Au-delà, on ne peut man­quer de s’interroger sur les raisons qui ont poussé la vic­time à sor­tir de son silence. L’annonce de son viol a provo­qué une onde de choc dans une par­tie de l’opinion publique, c’est un fait. Cet acte abject a été abon­dam­ment dénon­cé et com­men­té. Cer­tains ont souligné que l’immigration incon­trôlée et le choc des cul­tures ont pu con­courir à ce triste pas­sage à l’acte. Peut-on pour autant qual­i­fi­er cela d’appropriation con­ster­nante d’une agression ?

Des chiffres dans toute leur froideur

Car si des vio­ls sont effec­tive­ment com­mis chaque jour par des hommes, plus rarement des femmes, de toutes orig­ines et de toutes couleurs de peau, des études sta­tis­tiques et soci­ologiques met­tent en avant un pas­sage à l’acte plus fréquent en fonc­tion de car­ac­téris­tiques de leurs auteurs.

Ain­si, selon un bilan établi en 2021 par le min­istère de l’intérieur, les étrangers présents en France sont sur­représen­tés par­mi les auteurs de vio­lence sex­uelle. Alors qu’ils représen­taient « offi­cielle­ment » 7,7 % de la pop­u­la­tion française en 2021 selon l’IN­SEE, ils représen­taient 13 % des mis en cause pour vio­lence sex­uelle. Dans les trans­ports en com­mun en Ile de France, les étrangers représen­taient en 2020 72% des mis en cause pour vio­lence sex­uelle. Le dire ne relève pas du racisme ou de toute autre théorie de la sorte, mais de la sim­ple analyse des chiffres, dans toute leur froideur. Le dire ne per­met pas de tir­er des con­clu­sions sur l’agression à Nantes. Ce sera le tra­vail de la jus­tice ou plus sûre­ment des tra­vailleurs soci­aux, s’ils s’y penchent.

Cologne en 2015, Rother­ham, Oxford, Rochdale, Der­by, Ban­bury, Telford, Peter­bor­ough, Ayles­bury, Bris­tol, Hal­i­fax, Keigh­ley, New­cas­tle dans les années 2000 et 2010, etc. : la liste est longue de l’omerta sur l’origine des agresseurs, qui a retardé la révéla­tion de la dimen­sion col­lec­tive et cul­turelle des agres­sions sex­uelles qui y ont été com­mis­es. Nier les déter­mi­nants cul­turels n’a rien résolu, bien au contraire.

En Alle­magne, une asso­ci­a­tion d’aide aux migrants n’a pas mis la pous­sière sous le tapis et a entre­pris de leur enseign­er les codes civil­i­sa­tion­nels en matière de sex­u­al­ité, comme nous l’apprenait Valeurs actuelles. On apprend égale­ment dans l’article qu’« en Norvège, pays de l’association, les migrants ont d’ailleurs été oblig­és, entre 2013 et 2015, de suiv­re ces for­ma­tions, après plusieurs affaires de viol ». Selon L’Express, l’alcool est inter­dit au Soudan aux Soudanais de cul­ture musul­mane. Or les auteurs de l’agression le 24 sep­tem­bre à Nantes étaient selon plusieurs arti­cles alcoolisés.

Nous lais­serons une nou­velle fois la parole à Pierre Sautarel pour con­clure cet article :

Voir aussi

Cet article GRATUIT vous a plu ?

Il a pourtant un coût : 50 € en moyenne. Il faut compter 100 € pour un portrait, 400 € pour une infographie, 600 € pour une vidéo. Nous dépendons de nos lecteurs, soutenez-nous !

Vidéos à la une

Derniers portraits ajoutés