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Michel Drucker

L’inoxydable

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 21/10/2015

Michel Drucker a commencé sa carrière de journaliste en 1964, à l’âge de 22 ans. Plus de cinquante ans plus tard, il continue toujours de présenter l’une des émissions préférées des Français, le dimanche après-midi sur France 2. En cinq décennies à la télévision, Michel Drucker a réussi à se construire une image parfaitement lisse de gentil animateur, ami des invités et proche de son public, image entretenue par les multiples biographies qui lui ont été consacrées. En effet, son engagement politique pourtant constant et assumé ou sa proximité avec le pouvoir financier ou étatique, sont rarement évoqués. De même, il n’est jamais fait mention de son exorbitant salaire versé grâce à la redevance des contribuables, ni de l’influente famille Drucker, qui accapare les postes à responsabilité du paysage audiovisuel français (PAF).

« C’est les poli­tiques qui cour­tisent la télévi­sion. Le vrai pou­voir il est à TF1, il est sur le ser­vice pub­lic, le pou­voir il est entre les mains qui déti­en­nent l’information, toutes chaînes con­fon­dues (…) tout a changé, il n’y a pas un homme poli­tique qui peut se fâch­er avec l’information de TF1. » (lien)

« De quoi asseoir son statut de rock star des maisons de retraite », « Michel Druck­er élu per­son­nal­ité préférée des seniors », Voici.fr, 10/04/2015.

« Il est étrange, à la longue, cet acharne­ment de Michel Druck­er à se dépein­dre en rescapé. Voilà un gars par­venu au som­met de ce que peut pro­duire la télévi­sion française (longévité, immua­bil­ité, con­nivence, auto-atten­drisse­ment). Voilà un homme qui passe la main dans le dos du Charles de Gaulle, et con­naît la moin­dre cour­sive de John­ny Hal­ly­day (et l’inverse). Et au fond, il ne s’attache plus, depuis des années, qu’à un seul tableau : son auto­por­trait en rescapé », « Druck­er : auto­por­trait en rescapé », Arretsurimage.net, 20/12/2012.

« J’ai beau­coup d’amis dans le méti­er qui ne sont pas indif­férents à leurs orig­ines. Jean-Jacques Gold­man, Patrick Bru­el, Arthur, Michel Bou­je­nah, Gad Elmaleh sont impliqués et proches d’Israël. Ma façon à moi d’être engagé, c’est d’ouvrir mon canapé du dimanche à tous ceux qui ont quelque chose à dire. Il s’y dit beau­coup de choses. Guy Bedos, par exem­ple, a fait beau­coup plus con­tre l’antisémitisme que bien des artistes », Michel Druck­er, Tri­bune Juive, n° 23, décem­bre 2007-jan­vi­er 2008.

Michel Druck­er est né en sep­tem­bre 1942 à Vire. « Mon père s’appelait Abra­ham et ma mère Lola. […] On est des Français de sang mêlé, moi je viens de Roumanie », affirmera-t-il. En effet, ses par­ents – Abra­ham Druck­er est natif du vil­lage de Davi­deni, en Roumanie, et Lola Schafler (voir biogra­phie), est orig­i­naire de Vienne, en Autriche – arrivent en France en 1925 et sont nat­u­ral­isés français en 1937 : « Ma famille est orig­i­naire des Carpates, un ter­roir situé entre la Roumanie et l’Autriche, plus pré­cisé­ment de Czer­nowitz, dev­enue depuis Tch­er­novt­sy, cap­i­tale de la Bucovine, qui fut turque avant de devenir autrichi­enne, puis roumaine, puis russe. Aujourd’hui, cette anci­enne ville de l’empire aus­tro-hon­grois est en Ukraine. […] Ils sont arrivés en France dans les années 1930. Mes par­ents ne par­laient pra­tique­ment pas français. Ils par­laient yid­dish, roumain et alle­mand. » (lien).

Bien que de con­fes­sion juive, le chef de la famille Druck­er, Abra­ham, a souhaité « ardem­ment que ses fils s’intègrent entière­ment à la société française. Il voulait que l’on soit plus Français que les Français ! Con­tre l’avis de ma mère, il a décidé alors de bap­tis­er ses trois fils. Pour ma mère, notre bap­tême était un drame puisqu’elle était beau­coup plus sion­iste que mon père. Son frère avait émi­gré en Pales­tine avant la créa­tion de l’état d’Israël. Ma mère trou­vait que notre bap­tême ça fai­sait désor­dre pour des Juifs, même si moi et mes frères, Jacques et Jean, n’avons pas été élevés dans la tra­di­tion juive. ». Mal­gré tout, Michel Druck­er le dit claire­ment : « je suis Juif et je le resterai toute ma vie. […] Nous étions Juifs, même si on n’allait pas à la Syn­a­gogue, on ne fêtait pas Kip­pour et on n’a pas été élevés dans la tra­di­tion religieuse juive. Je crois que je suis de plus en plus Juif. Pour preuve : j’ai de plus en plus envie d’aller décou­vrir mes racines iden­ti­taires dans la ville où mes par­ents ont gran­di, Czer­nowitz, en Ukraine. »

La Sec­onde Guerre mon­di­ale mar­qua pro­fondé­ment la famille Druck­er (voir « Les zones d’ombre d’Abraham Druck­er pen­dant la Sec­onde Guerre mon­di­ale »). En 1937, Abra­ham Druck­er s’installe comme médecin de cam­pagne dans le départe­ment du Cal­va­dos, à Saint-Sev­er-Cal­va­dos, puis à Vire, place de la gare. En 1942, il est arrêté suite à une dénon­ci­a­tion et il est fait pris­on­nier à Com­piègne, puis devient médecin-chef du camp de Dran­cy. Après l’arrestation d’Abraham Druck­er, son épouse, enceinte (de Michel), accom­pa­g­née de Jean (son fils aîné), se fait con­trôler sur le quai de la gare de Rennes par un offici­er de la Gestapo. Inter­vient alors un homme qu’elle ne con­naît pas, Pierre Le Lay (père de Patrick Le Lay, ancien Pdg de TF1), chargé d’aller la chercher et qui affirme en alle­mand à l’officier qu’il s’agit de son épouse, lui sauvant ain­si prob­a­ble­ment la vie (source : Wikipé­dia).

Lola et Abra­ham Druck­er ont eu trois fils, dont deux (Jean et Michel) ont occupé d’importantes fonc­tions au sein du paysage Audio­vi­suel Français (voir « sa nébuleuse »). Abra­ham Druck­er a par ailleurs eu un qua­trième fils, Patrick, avec une maîtresse (lien).

Michel Druck­er s’est mar­ié à Las Vegas avec l’actrice Dany Saval (voir biogra­phie) le 28 juil­let 1973. Ils n’ont pas eu d’enfant mais ils ont adop­té en 1979 une petite réfugiée indochi­noise, Yleng (lien) alors âgée de 16 ans, qui est aujourd’hui l’une des prin­ci­pales col­lab­o­ra­tri­ces de la mai­son de cou­ture Cardin. Par ailleurs, il est le beau-père de Sté­fanie Jarre, déco­ra­trice de plateaux de télévi­sion, née d’une union précé­dente de Dany Saval avec le com­pos­i­teur Mau­rice Jarre.

Concubinage et affaire judiciaire avec Calixthe Beyala

Michel Druck­er eut entre 2004 et 2006 une rela­tion avec l’écrivain d’origine camer­ounaise Cal­ix­the Beyala. Son livre sor­ti en 2007 L’Homme qui m’offrait le ciel (Albin Michel), racon­te l’idylle sous forme romancée entre une « écrivaine » africaine de renom (c’est-à-dire Cal­ix­the Beyala) « pas­sion­ar­ia de la “cause noire” » (Le Point, 13/04/2007) et une étoile de la télévi­sion française, avant que ce dernier ne la quitte. La lau­réate du Grand Prix de l’Académie française pour Les Hon­neurs per­dus retrace en détail cette his­toire d’amour de deux ans dans ce roman à clés qui a fait jas­er le monde médi­a­tique : « c’est ce strat­a­gème que la roman­cière Cal­ix­the Beyala, africaine, a choisi pour se venger de l’homme qui a partagé deux ans de sa vie avant de rompre cette liai­son extra-con­ju­gale et de sage­ment rejoin­dre son épouse. » (Le Point, 13/04/2007)

Même si le héros s’appelle François Ack­er­man et tra­vaille à Canal+, les détails sont tels (un frère récem­ment décédé, des fans qui « atten­dent impatiem­ment chaque dimanche », etc.) que cha­cun y a en effet retrou­vé le por­tait de Michel Druck­er, le jour­nal­iste qui porte, selon Beyala, « l’image sac­er­do­tale de l’animateur préféré des Français ».

L’histoire ? « Un homme qui a voué sa vie à sa réus­site pro­fes­sion­nelle, qui se con­sid­ère comme un “ath­lète de haut niveau du petit écran”, qui vit dans l’ascétisme et la peur de tomber malade, décou­vre la pas­sion et les délices du sexe sur le tard. Il se veut alors un autre homme, rêve à voix haute de quit­ter la télé pour ouvrir une école en Afrique, se trans­forme dans les dîn­ers en ville en défenseur acharné des “minorités vis­i­bles”. Ses amis ne le recon­nais­sent plus. Cer­tains hommes poli­tiques de pre­mier plan s’en inquiè­tent […] Naturelle­ment, cet amour d’adolescent tardif prend fin bru­tale­ment le jour où l’épouse légitime (qui “gère les affaires” et “fait cham­bre à part depuis des années”) sonne la fin de cette récréa­tion et exige le retour du mari au bercail, sous la men­ace d’un sui­cide. » La société de pro­duc­tion de Michel Druck­er est détenue à 50% par son épouse, Dany Saval.

Cal­ix­the Beyala est rev­enue, dans un entre­tien vidéo accordé au site africain grioo.com, sur la vision « racial­iste » de Michel Druck­er. « Je dirais que c’est un héros colo­nial que je con­damne. Michel Druck­er a tenu à mon égard des pro­pos racial­istes. Il m’a dit : “Que vont penser les Français, la France pro­fonde et la presse, si j’épouse une femme noire ?” Je me suis regardée dans la glace et je me suis demandé : quelle est ma couleur ? étais-je cou­verte de suie, d’excréments qui jus­ti­fi­aient que les Français m’auraient rejetée ? […] C’est un homme qui vit dans le passé, dans le passé d’une France raciste, racial­iste […] ce sont des pro­pos qu’on ne peut pas par­don­ner ».

Par ailleurs et à la suite de cette rup­ture, Cal­ix­the Beyala a inten­té un procès en 2009 à Michel Druck­er, lui récla­mant 200 000 euros de dom­mages et intérêts. Elle lui reprochait de ne pas l’avoir payée pour sa con­tri­bu­tion à un livre d’entretiens avec Régis Debray qu’elle avait rédigée à la place de l’animateur et que ce dernier devait sign­er (le livre n’est jamais paru). Elle perd le procès en pre­mière instance, mais en appel en jan­vi­er 2011, Michel Druck­er est con­damné à lui vers­er 40 000 euros. Si Cal­ix­the Beyala ne dis­po­sait pas de preuve écrite de cet accord, les juges ont estimé que « la rela­tion de con­cu­bi­nage qu’elle entrete­nait avec Michel Druck­er à l’époque la plaçait dans l’impossibilité morale d’exiger de lui qu’il for­malise par écrit son engage­ment » et don­nait droit, en par­tie, à la demande de la plaig­nante (Voici, 14/01/2011).

L’affaire de sa villa

En mars 2015, le Con­seil d’état a validé, après de longs mois de procé­dure, le per­mis de con­stru­ire de sa mai­son d’Eygalières située dans le parc naturel des Alpilles (Bouch­es-du-Rhône). En 2007, Druck­er avait déposé une demande por­tant sur une mai­son de 293 m² avec piscine. Le per­mis de con­stru­ire lui avait été délivré en 2008. D’après le Canard Enchaîné de l’époque, le per­mis aurait été obtenu « en échange de bons procédés », Druck­er ayant organ­isé une grande fête de départ en retraite au maire d’Eygalières, Félix Pélissier (avec la présence de Dave, Hugues Aufray, Guy Marc­hand, Patrick Sabati­er, Charles Aznavour, etc…) moyen­nant quoi le maire de la com­mune aurait signé le per­mis de con­stru­ire juste avant de quit­ter son poste. La Ligue de Défense des Alpilles avait alors déposé deux plaintes, con­sid­érant que ce per­mis, accordé à une habi­ta­tion située à 340 mètres de la chapelle Saint-Sixte inscrite à l’inventaire des mon­u­ments his­toriques, devait impéra­tive­ment faire l’objet de l’accord de l’architecte des bâti­ments de France (la loi exige un min­i­mum de 500 mètres d’éloignement). Le tri­bunal admin­is­tratif de Mar­seille avait annulé le per­mis le 23 décem­bre 2010 et demandé l’arrêt des travaux, en vain. L’avocat de Druck­er, Jean-Pierre Mignard, avait alors déposé un recours gra­cieux auprès du min­istère de l’écologie. Tou­jours selon Le Canard Enchaîné, l’animateur avait reçu l’appui de Jean-Louis Bor­loo qui était alors min­istre de l’écologie, puis de Nathalie Kosciusko-Morizet. En novem­bre 2012, la Cour d’Appel annu­lait la déci­sion du tri­bunal admin­is­tratif et rendait son per­mis de con­stru­ire à l’animateur, déci­sion con­fir­mée par le Con­seil d’Etat qui met­tait fin à une saga de 7 ans.

Les zones d’ombre d’Abraham Drucker pendant la Seconde Guerre mondiale

Pour jus­ti­fi­er son refus de recevoir la famille Le Pen sur son plateau (Jean-Marie ou sa fille Marine), Michel Druck­er a longtemps mis en avant le passé de sa famille durant la Sec­onde Guerre mon­di­ale.

Pour­tant d’épaisses zones d’ombre pèsent sur le com­porte­ment du père de Michel Druck­er, Abra­ham Druck­er, durant le sec­ond con­flit mon­di­al. Le site memoire-viretuelle.fr (« Une his­toire des per­sé­cu­tions con­tre les Juifs de Viré ») a rédigé une biogra­phie détail­lée d’Abraham Druck­er, livrant des infor­ma­tions trou­blantes sur la famille durant cette som­bre péri­ode. En 1937 « il obtient un poste de médecin-interne au sana­to­ri­um de Saint-Sev­er, en spé­cial­ité tuber­cu­lose osseuse. Sa femme est, quant à elle, employée comme infir­mière. Deux ans plus tard (en sep­tem­bre) il est mobil­isé sous le dra­peau français en tant qu’infirmier puis médecin, jusqu’en août 1940. Une fois démo­bil­isé, Abra­ham Druck­er retourne tra­vailler au sana­to­ri­um. A l’automne 1940, lui et sa femme sont recen­sés comme “israélites” sur les listes établies en mairie et à la sous-pré­fec­ture de Vire. Dans une cor­re­spon­dance du maire de Saint-Sev­er au préfet datée du 29 mars 1941, ce dernier atteste qu’Abraham Druck­er se rend quo­ti­di­en­nement en mairie pour se faire point­er. »

Par ailleurs, à cette époque, Abra­ham Druck­er a trans­mis un dossier aux ser­vices pré­fec­toraux et à la Feld­kom­man­dan­tur. « Dans ces cor­re­spon­dances, il y a plusieurs cer­ti­fi­cats, ain­si que des infor­ma­tions pré­cis­es sur une par­tie de la famille restée en Roumanie. Abra­ham Druck­er avance deux argu­ments prin­ci­pale­ment. D’une part, il ne con­naît pas ses grands-par­ents pater­nels et mater­nels ; d’autre part, il a été élevé en dehors de la reli­gion juive, insis­tant sur le fait que le prénom d’“Abraham” lui a été don­né à la nais­sance par une sage-femme juive. L’interprétation de cette démarche n’apparaît pas évi­dente. S’agit-il d’un réflexe légal­iste ou d’une véri­ta­ble volon­té de rompre avec ses orig­ines ? Abra­ham Druck­er est-il con­scient de risques éventuels qu’il encourt ou qu’il fait encourir à d’autres ? Le fait de don­ner les noms et les pro­fes­sions de trois cousins restés en Roumanie (“tous de reli­gion catholique” selon lui) n’est pas anodin, car ce n’est pas en ces ter­mes que les nazis étab­lis­sent la judéité des indi­vidus : est juif celui qui a du sang juif, quelque soit sa reli­gion… »

Abra­ham Druck­er est arrêté à la suite d’une dénon­ci­a­tion en 1942 et il est fait pris­on­nier à Com­piègne, puis devient médecin-chef du camp de Dran­cy. Un épisode som­bre et sou­vent occulté dans les biogra­phies de la famille Druck­er a été révélé dans l’ouvrage Dran­cy, un camp de con­cen­tra­tion très ordi­naire, 1941–1944 (édi­tions Manya, 1991) de Mau­rice Rajs­fus. On décou­vre ain­si qu’Abraham Druck­er accom­pa­gna le com­man­dant du camp de Dran­cy, Aloïs Brun­ner, à Nice : « Dans leurs four­gons, les SS avaient emmené une par­tie du per­son­nel interné de Dran­cy, dont le doc­teur Abra­ham Druck­er, médecin-chef du camp. Un “phy­s­ion­o­miste” fai­sait égale­ment par­tie de l’équipe […] Au cours de nom­breuses chas­s­es à l’homme con­duites dans les rues de Nice, les nazis se fai­saient accom­pa­g­n­er par des “spé­cial­istes” juifs chargés de véri­fi­er, sous les porch­es des immeubles, si les hommes inter­pel­lés étaient cir­con­cis ou non. »

Les zones d’ombre d’Abraham Drucker pendant la Seconde Guerre mondiale

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Dans sa let­tre d’informations con­fi­den­tielles, Faits et Doc­u­ments n°104 (du 1er au 15 févri­er 2001), Emmanuel Rati­er repro­duit « une note dacty­lo­graphiée d’une douzaine de feuil­lets, datée du 5 sep­tem­bre 1944, signée par Emmanuel d’Astier de La Vigerie, min­istre de l’Intérieur du gou­verne­ment pro­vi­soire. Adressée au secré­taire général de l’Association des ban­quiers, elle demande de blo­quer les comptes ban­caires des jour­naux et organ­i­sa­tions col­lab­o­ra­tionnistes ain­si que d’un cer­tain nom­bre de per­son­nes. Nous repro­duisons la pre­mière page et un extrait, espérant qu’un his­to­rien de la péri­ode pour­ra répon­dre à la présence par­mi eux d’Abraham Druck­er. » Il sem­blerait qu’aucune pour­suite n’a été engagée con­tre le Dr Druck­er. En tout cas, en févri­er 1946, Abra­ham Druck­er adresse un témoignage de douze pages (doc­u­ments con­servés au Cen­tre de doc­u­men­ta­tion juive con­tem­po­raine CCXVI-66) à une cour de jus­tice des alliés en Alle­magne dans lequel il revient en détail sur son arresta­tion et sa cap­tiv­ité.

Décorations / Honneurs
  • Cheva­lier des Arts et des Let­tres (1984) ; Cheva­lier de la Légion d’Honneur (1994) ; Offici­er de la Légion d’Honneur (2004)
  • Colonel-citoyen de l’Armée de l’air française, officiers de réserve haut gradés de l’aviation (lien)

Formation

École : « L’école n’a pas su m’intéresser. De 8 à 17 ans, j’ai passé mon temps… à ne rien faire alors que c’est à cette péri­ode qu’un indi­vidu se con­stru­it. Un vrai cauchemar ! », « L’école n’a pas su m’intéresser », Voici.fr, 09/12/2011.

Parcours professionnel

Télévision
  • 1966–1968 : « Tilt Mag­a­zine » — la pre­mière chaîne de l’ORTF
  • 1968–1969 : « Qua­tre temps » — la pre­mière chaîne de l’ORTF
  • 1970 : « La Preuve par 4 » — la pre­mière chaîne de l’ORTF
  • 1972 : « Avec le Cœur » — la pre­mière chaîne de l’ORTF
  • 1972–1975 : « Sport en fête » — pre­mière chaîne de l’ORTF
  • 1975–1980 : « Les Ren­dez-vous du dimanche » — TF1
  • 1980–1981 : « Stars » — TF1
  • 1982–1990 : « Champs-élysées » — Antenne 2
  • 1986–1988 : « Les Césars » — Antenne 2
  • 1987–1989 : « Téléthon » — Antenne 2 — Pro­duc­tion : AFM
  • 1990–1994 : « Stars 90 » — TF1 (qua­tre saisons)
  • 1991–1994 : « Ciné Stars » — TF1
  • 1992–1994 : « Drôles de stars » — TF1
  • 1992–1994 : « Music stars » — TF1
  • 1994–1996 : « Téléthon » — France 2 — Pro­duc­tion : AFM
  • 1994–1997 : « Stu­dio Gabriel » — France 2
  • 1994–1998 : « Faites la fête » — France 2
  • 1997–1998 : « Druck­er and co » — France 2
  • 1997–1998 : « Stars & Co » — France 2
  • Depuis 1998 : « Vive­ment dimanche » et « Vive­ment dimanche prochain » — France 2
  • 1999–2001 : « Tapis rouge » — France 2
  • Depuis 2004 : émis­sions spé­ciales : « Une nuit sur le Charles-de-Gaulle », « Une nuit sous les mers », « Les pom­piers, ces hommes, ces Héros », « Au cœur de l’armée de terre », « En vol avec l’armée de l’air », « Au cœur de la gen­darmerie », « Une nuit dans l’espace » — France 2 — Pro­duc­tion : Froo­gies
  • 2006–2008 : « Tenue de soirée » — France 2
  • 2010–2013 : « Champs-élysées » — France 2
  • 2012 : « soirée spé­ciale Michel Druck­er » sur France 2 avec la dif­fu­sion d’un télé­film auto­bi­ographique Qu’est-ce qu’on va faire de toi ? et d’un reportage Michel Druck­er, itinéraire d’un enfant de la télé.
  • Depuis 2012 : « Le Grand Show » — France 2
  • 2014 : « L’été indi­en » — France 2 et TVA
Victoires de la musique

Ani­ma­tion des Vic­toires de la musique sur France 2 (Antenne 2 en 1990) :

  • seul en 1990, 1997, 1998, 1999 ;
  • coprésen­ta­tion avec Nagui en 1995, 2006, 2007 ;
  • avec Arthur en 1996 ;
  • avec Jean-Luc Delarue en 2000, 2003 ;
  • avec Jean-Luc Delarue, Guil­laume Durand, Daniela Lum­broso et Nagui en 2005.
Journaliste et commentateur sportif
  • 1964–1966 : reporter et com­men­ta­teur sportif — pre­mière chaîne de l’ORTF
  • 1965–1972 : jour­nal­iste de la rubrique sport du JT — pre­mière chaîne de l’ORTF
  • 1969–1986 : com­men­ta­teur sportif du foot­ball — pre­mière chaîne de l’ORTF, TF1, Antenne 2
Radio
  • 1974–1976 : « RTL c’est vous » — RTL
  • 1976–1982 : « La Grande Parade » — RTL
  • 1976–1982 : « La Valise » (dont il est l’auteur) — RTL
  • 1983–1987 : « Stu­dio 1 » — Europe 1
  • 2008–2009 : « Europe 1 décou­vertes » — Europe 1
  • 2009–2010 : « Stu­dio Europe 1 » — Europe 1
  • 2010–2011 : « Les Numéros 1 de demain » — Europe 1
  • 2011–2013 : « Faites entr­er l’invité » — Europe 1
  • Depuis 2014 : « Les Gross­es Têtes » — RTL, le 1er décem­bre 2014.

Il présente l’émission « Chan­sons d’amour pour Plus de Vie » sur France 2 pour récolter des dons en faveur de la Fon­da­tion Hôpi­taux de Paris – Hôpi­taux de France, présidée par Bernadette Chirac, anci­enne pre­mière dame de France et épouse de l’ancien prési­dent de la République, Jacques Chirac. « La famille Chirac m’a tou­jours fait une con­fi­ance absolue, surtout dans les rela­tions avec la presse. Quand le cou­ple a quit­té l’élysée, j’ai prévenu Mme Chirac que je serais tou­jours là pour l’aider à pro­mou­voir l’action de la Fon­da­tion Hôpi­taux de Paris-Hôpi­taux de France », « Jacques Chirac : chez Michel Druck­er en famille », Voici.fr, 26/11/2009.

En 2016, Michel Druck­er mon­tera sur scène et tien­dra la vedette dans un spec­ta­cle d’inspiration biographique : « “J’ai décidé d’appuyer sur pause et de faire ce spec­ta­cle pour me retrou­ver en allant vers les gens afin que l’on fête ensem­ble un album pho­to qui est aus­si le leur”. Une cinquan­taine de représen­ta­tions est plan­i­fiée à par­tir de jan­vi­er 2016 et la pre­mière aura lieu à Rennes “car c’est dans la gare de cette ville que ma mère a été sauvée par le père de Patrick Le Lay, Pierre Le Lay, en juil­let 1942”, a partagé un Michel Druck­er très ému », « Michel Druck­er va mon­ter sur scène pour racon­ter sa vie », Voici.fr, 15/05/2015.

Michel Drucker, la politique et les élections

Vote

En octo­bre 2011, Michel Druck­er a expliqué qu’il allait « vot­er dimanche à la pri­maire PS. »

Pour le sec­ond tour des élec­tions prési­den­tielles en 2012 : « J’étais embêté car je con­nais bien les deux [Nico­las Sarkozy et François Hol­lande]. Au dernier moment, j’ai enten­du la voix de ma mère : “Tu ne peux pas me faire ça”. J’ai voté Hol­lande », « Michel Druck­er : “J’ai voté Hol­lande” », Programme-tv.net, 11/10/2013.

L’émission de Michel Druck­er, « Vive­ment dimanche », « est le talk-show le plus suivi de France, avec 15 % de part d’audience en moyenne sur la sai­son. » Une invi­ta­tion dans l’émission de Michel Druck­er fait donc fig­ure de pas­sage obligé pour les poli­tiques, qui espèrent ain­si séduire le grand pub­lic à l’approche des échéances élec­torales.

« Quant à Chirac, il a tou­jours eu beau­coup de dif­fi­cultés avec l’instrument. En revanche, sa femme, Bernadette, fut très pro­fes­sion­nelle pour son pre­mier “Vive­ment dimanche”, et sa bril­lante presta­tion aida à la réélec­tion de son mari — Chirac me l’a même écrit… « Michel Druck­er: “Sarkozy, le seul prési­dent à être un enfant de la télévi­sion” », Lexpress.fr, 26/12/2014.

« Plus tard, juste avant le pre­mier tour de l’élection prési­den­tielle de 2002, je demande à Lionel Jospin d’accepter mon invi­ta­tion, mais, épuisé, me fait-il répon­dre, par cinq années passées à Matignon, il décline. C’est Jean-Pierre Chevène­ment qui le rem­place, avant de faire 5% à la prési­den­tielle, un score qui pèse très lourd. Ce qui fait dire à cer­tains que si Jospin avait par­ticipé à mon émis­sion il n’aurait peut-être pas été devancé de 194 000 voix par Jean-Marie Le Pen ! », ibid.

Michel Druck­er n’hésite pas à user de son influ­ence pour s’immiscer, à sa façon, dans le débat poli­tique. Pour preuve, le 29 mars 2015, jour des élec­tions départe­men­tales, alors que les médias audio­vi­suels sont dans l’obligation, par souci de neu­tral­ité, de ne pas dif­fuser le moin­dre mes­sage à car­ac­tère poli­tique, Michel Druck­er invite l’humoriste Jamel Deb­bouze. Mil­i­tant de gauche et sou­tien du prési­dent de la République François Hol­lande, Deb­bouze lutte ouverte­ment con­tre le Front Nation­al ! Au cours de l’émission, il ne manque pas de faire la pro­mo­tion de la diver­sité eth­nique, de la cul­ture de rue, du hip-hop et du métis­sage…

Les liens consanguins avec les politiques

En plus de 50 ans de car­rière, Michel Druck­er a donc noué des « liens con­san­guins » avec les poli­tiques.

Il entre­tient des rela­tions priv­ilégiées avec l’ancien prési­dent de la République Jacques Chirac (1995–2007), qu’il a ren­con­tré pour la pre­mière fois en 1965, à Orvil­liers (Yve­lines), chez les Pom­pi­dou : « Puis une com­plic­ité s’est nouée au fil des ans entre eux ». « Je garde d’excellents sou­venirs des soirées émou­vantes et chaleureuses qu’elle (Claude Chirac, sa fille) organ­i­sait, sou­vent avec. Je me rap­pelle notam­ment des 60 ans de son père, aux­quels elle avait con­vié plein d’artistes », « Jacques Chirac : chez Michel Druck­er en famille », Voici.fr, 26/11/2009.

Par ailleurs, Michel Druck­er « ne remerciera jamais assez » Jacques Chirac « d’avoir recon­nu la respon­s­abil­ité française dans la rafle du Vel’ d’Hiv’, d’avoir célébré les Justes au Pan­théon et de s’être élevé con­tre la per­ver­sion et les injus­tices du colo­nial­isme et de l’esclavage », Tri­bune Juive n° 23, décem­bre 2007-jan­vi­er 2008.

Michel Druck­er a égale­ment noué des rap­ports ami­caux avec Nico­las Sarkozy, et ce dès 2005 : « Com­bi­en de fois m’a-t-il appelé alors qu’il était devant son poste en train de regarder une émis­sion ! […] Une anec­dote : comme il réfléchis­sait à la suc­ces­sion de Patrick de Car­o­lis à la tête de France Télévi­sions, il m’avait demandé de pass­er le voir, un week-end, à l’Élysée. Instal­lé face à lui, je l’entends me deman­der : “Qui pour rem­plac­er Car­o­lis ? ” Je défends mon patron de l’époque, mais me heurte à une réac­tion d’agacement […] Quelques min­utes après, un Sarkozy déchaîné me joint au télé­phone : c’en était fini de Car­o­lis, il nom­ma Rémy Pflim­lin… », « Jacques Chirac : chez Michel Druck­er en famille », Voici.fr, 26/11/2009. Là aus­si, les orig­ines de Nico­las Sarkozy ont plu à l’animateur inamovi­ble du PAF car l’ancien maire de Neuil­ly-sur-Seine a « été le pre­mier à réduire à néant le Front nation­al. Étant don­né ses orig­ines, Nico­las Sarkozy a de bonnes raisons d’être encore plus vig­i­lant que les autres. Mais moi, je trou­ve assez récon­for­t­ant que, pour la pre­mière fois, la France ait voté pour un homme poli­tique qui a en par­tie des orig­ines juives. C’est tout de même une avancée con­sid­érable ! […] Com­bi­en de fois ai-je enten­du “jamais la France n’élira un prési­dent de la République qui a des orig­ines juives”. C’est un énorme pro­grès », Tri­bune Juive n° 23, décem­bre 2007-jan­vi­er 2008.

Michel Druck­er est l’un des hôtes du cou­ple François Hol­lande et Julie Gayet, car le prési­dent de la République « qui red­oute l’enfermement de l’Élysée, mul­ti­plie les agapes hors du Palais. »

Michel Druck­er sait per­tinem­ment que les ami­tiés au plus haut som­met de l’État représen­tent pour lui la meilleure chance d’ascension, comme il devait l’avouer benoîte­ment : « Si Sevran a très bien évolué à la télévi­sion dans les années Mit­ter­rand, il n’a prob­a­ble­ment rien eu à deman­der. C’est la cour, sou­vent, qui s’empresse de faire plaisir à un favori. Tous les patrons sont aux petits soins avec ceux qui ont l’oreille du roi — pas seule­ment à la télévi­sion… Aux yeux du lan­derneau des décideurs, savoir que vous dînez régulière­ment avec “Dieu” suf­fit pour que pas mal de choses ail­lent de soi. Vous êtes en cour, vous êtes quelqu’un. Vos pro­jets ne sont pas des ordres, mais pas loin », « Télé et pou­voir : les révéla­tions de Michel Druck­er », tvmag.lefigaro.fr, 04/11/2014.

Refus de recevoir la famille Le Pen

En 2012, une polémique a opposé Michel Druck­er à la can­di­date du Front Nation­al, Marine Le Pen, alors que celui-ci refu­sait de l’inviter mais n’avait « aucun prob­lème moral à inviter Olivi­er Besan­cenot et Jean-Luc Mélen­chon » (Le Point). C’est en répon­dant à une ques­tion de Lau­rent Ruquier, dans l’émission « On n’est pas couché », « qu’on apprend, par inci­dence, cet ostracisme tran­quille­ment décrété à l’encontre de la fille de Jean-Marie Le Pen. “Je n’ai pas invité le père. Comme vous, nous choi­sis­sons libre­ment nos invités” » (Le Point). Il déclara à France Soir à pro­pos de Marine Le Pen qu’ « elle ne sera jamais prési­dente de la République » et qu’il avait « décidé de ne plus inviter d’hommes poli­tiques jusqu’à la fin de la cam­pagne prési­den­tielle » de 2012.

Parcours militant

1968

Il signe la péti­tion des « gaullistes de gauche » favor­able aux Enragés (un petit groupe d’agitateurs influ­encés par l’Internationale Sit­u­a­tion­niste) avec notam­ment Stéphane Col­laro, Thier­ry Roland ou Ray­mond Mar­cil­lac. Il est licen­cié par le pou­voir gaulliste puis repris et pro­mu par la suite. Out­re cette péti­tion, Michel Druck­er a « défilé avec Mon­tand, Sig­noret, Sartre, on est allé dans les usines par­ler aux ouvri­ers. » (Libéra­tion, 16/06/2000)

2004

Il signe l’appel à la man­i­fes­ta­tion « Con­tre l’antisémitisme : je marche » organ­isée par SOS-Racisme avec le con­cours de « Ni putes ni soumis­es », de la FIDL, de l’UEJF, du CRIF et de la LICRA : « Tombes pro­fanées, syn­a­gogues taguées, écoles incendiées, indi­vidus agressés… La France vient de con­naître ces derniers jours une nou­velle vague d’actes anti­sémites qui nous afflige par­ti­c­ulière­ment. La banal­i­sa­tion de l’antisémitisme entraîne la banal­i­sa­tion de toutes les autres formes de racisme et d’exclusion. L ’anti­sémitisme n’est pas seule­ment l’affaire des Juifs, c’est un fléau que tout citoyen por­teur des valeurs de l’antiracisme doit com­bat­tre au nom de la lib­erté, de la démoc­ra­tie et des valeurs de la République. L’Histoire a mon­tré que la pro­gres­sion de l’antisémitisme a tou­jours été asso­ciée à de ter­ri­bles régres­sions poli­tiques, morales et sociales. Nous refu­sons que les jeunes généra­tions gran­dis­sent dans une société où ces actes, à force d’être répétés, lais­seraient indif­férents. Nous n’acceptons pas la haine du Juif : la France que nous voulons c’est la République du vivre-ensem­ble. Au-delà de nos orig­ines sociales, cul­turelles et de nos hori­zons poli­tiques, nous devons exprimer notre indig­na­tion pour dire non à l’antisémitisme d’où qu’il vienne. Nous appelons, nos conci­toyens à man­i­fester leur attache­ment aux valeurs répub­li­caines en nous rejoignant. »

2012

Il fait par­tie des 100 sig­nataires français (des « grandes fig­ures de la poli­tique, des médias et du show-biz ») en faveur de la Tunisie appelant les touristes « à aider la Tunisie et son tourisme en revenant mas­sive­ment à ce pays qui a su pro­téger et ses citoyens et ses vis­i­teurs. » (lien).

Ce qu’il gagne

En 2008, le mag­a­zine VSD indi­quait que Michel Druck­er gag­nait 38 000 euros net par mois (lien).

« Une dizaine d’animateurs touche un cachet pour un prime-time entre 3 500 euros, pour les moins con­nus, à 12 000 euros pour une tête d’affiche », expliquent nos con­frères qui ajoutent que plusieurs ani­ma­teurs fac­turent leurs presta­tions par des sociétés créées à cet effet.

Citons par exem­ple Michel Druck­er qui, en plus de ses revenus d’animateur-producteur, perçoit des droits sur les ventes de ses livres et exploite le Stu­dio Gabriel, util­isé par d’autres comme Lau­rent Ruquier pour “On n’est pas couché” ou des con­ven­tions col­lec­tives, « Les salaires de plusieurs ani­ma­teurs télé révélés par le mag­a­zine VSD », jeanmarcmorandini.com, 26/03/2015.

« Grâce à cette autre cas­quette, ils dou­blent, triplent, voire quadru­plent leur salaire ini­tial. Cyril Hanouna toucherait par exem­ple des cen­taines de mil­liers d’euros de div­i­den­des grâce à sa société de pro­duc­tion H2O. D’après VSD, Michel Druck­er a même trou­vé un nou­veau filon. Le présen­ta­teur de Vive­ment Dimanche sur France 2 louerait le Stu­dio Gabriel (où il tourne ses émis­sions) à des comités d’entreprises ou d’autres équipes de pro­duc­tion comme celle de Lau­rent Ruquier, qui depuis sep­tem­bre dernier enreg­istre dans le stu­dio situé près de l’Élysée. à not­er que beau­coup d’entre eux écrivent des livres et perçoivent donc des droits d’auteur », « Décou­vrez les salaires des ani­ma­teurs de la télévi­sion », tvmag.lefigaro.fr, 26/03/2015.

Publications

  • La Balle au bond, Paris, Cal­mann-Lévy, coll. « L’Heure du sport »,‎ 1972
  • La Coupe du monde de foot­ball, Paris, Pyg­malion, coll. « Uni­ver­sal sport »,‎ 1975 (avec Jean-Paul Ollivi­er)
  • La Chaîne, Paris, J. C. Lat­tès,‎ 1979
  • Novem­bre des amours, Paris, J. C. Lat­tès,‎ 1984
  • Les no 1 — Tous les grands du foot­ball mon­di­al, Fixot/France-foot­ball,‎ 1987, avec Jean-Michel Joly et Pas­cal Robert
  • avec Mau­rice Achard, Hors antenne, Paris, Cal­mann-Lévy,‎ 1987
  • Stars 90, Besan­con, J.-P. Barthéle­my,‎ 1993
  • Mais qu’est-ce qu’on va faire de toi ?, Paris, Robert Laf­font,‎ 2007 (avec Jean-François Kervéan)
  • Rap­pelle-moi, Paris, Robert Laf­font,‎ 2010 avec (Jean-François Kervéan)
  • Les 500 émis­sions mythiques de la télévi­sion française, Paris, Flam­mar­i­on,‎ 2012 (avec Gilles Ver­lant)
  • De la lumière à l’oubli, Paris, Robert Laf­font,‎ 2013 (avec Jean-François Kervéan)
Discographie
  • 1986 : La Fugue du Petit Poucet (con­te pour enfants dont il fait la nar­ra­tion)
  • 1986 : par­tic­i­pa­tion à « la chan­son des restos » des Enfoirés
  • 1989 : par­tic­i­pa­tion à la chan­son « Pour toi Arménie »
  • 2010 : par­tic­i­pa­tion à la chan­son « 1 Geste pour Haïti chérie »
Filmographie
  • 1972 : L’aventure c’est l’aventure, de Claude Lelouch : son pro­pre rôle
  • 2005 : L’Antidote, de Vin­cent de Brus (lui-même inter­ro­geant Chris­t­ian Clavier dans Vive­ment dimanche)
  • 2005 : Un fil à la pat­te (pièce de théâtre mise en scène par Olivi­er Minne inter­prétée par les ani­ma­teurs de France Télévi­sion) — le rôle du fleuriste
  • 2006 : Trois jeunes filles nues (pièce de théâtre mise en scène par Olivi­er Minne inter­prétée par les ani­ma­teurs de France Télévi­sion)
  • 2007 : Trois con­tes mer­veilleux (télé­film reprenant 3 con­tes pop­u­laires inter­prétés par les ani­ma­teurs de France Télévi­sion) où il prête sa voix au per­son­nage du prêtre dans l’épisode Blanche-Neige.
  • 2010 : Les pris­ons du cœur, il prête sa voix à une cam­pagne de sen­si­bil­i­sa­tion aux besoins en matière de réin­ser­tion des pris­on­niers.
  • 2012 : Stars 80, de Frédéric Foresti­er et Thomas Lang­mann : lui-même (sa voix)
  • 2013 : La Grande Boucle : son pro­pre rôle
  • 2013 : Y’a pas d’âge : le rôle de Michel Jock­er avec Jérome Com­man­deur
  • 2014 : Avis de mis­tral : lui-même
  • 2014 : Elle l’adore de Jeanne Her­ry : son pro­pre rôle
Michel Drucker a également écrit le scénario des films suivants
  • 1966 : La Bande à Bebel (court-doc­u­men­taire)
  • 1988 : La Chaîne (du roman de Michel Druck­er), (mini-série) de Claude Far­al­do

Collaborations

2007

Il par­ticipe à la Tsé­da­ka (l’« aumône » en hébreu) à l’initiative du Fonds social juif unifié, en com­pag­nie de l’humoriste aux trois nation­al­ités (française, maro­caine et cana­di­enne) Gad Elmaleh (ancien com­pagnon de sa nièce Marie Druck­er). Inter­viewé par Guy­sen TV, Michel Druck­er explique son engage­ment pour « la sol­i­dar­ité, la générosité […] une com­mu­nauté qui se sert les coudes et qui pense aux plus défa­vorisés. »

2008

Il ani­me avec Arthur les fes­tiv­ités organ­isées dans les jardins du Tro­cadéro à l’occasion du 60e anniver­saire de l’État d’Israël en présence du prési­dent Nico­las Sarkozy et de la chef de la diplo­matie israéli­enne Tzipi Livni.

2009

Présent, lors du déplace­ment effec­tué par le grand rab­bin Gilles Bern­heim et le prési­dent du Con­sis­toire cen­tral israélite de France, Joël Mer­gui, lors de l’inauguration des nou­veaux locaux de Radio Chalom Côte d’Azur à Nice, en présence du prési­dent de la radio Jean Toledano, du député Maire de Nice Chris­t­ian Estrosi. Le stu­dio porte le nom de son frère, Jean Druck­er.

2011

Il par­ticipe au Gala Sco­pus 2011 organ­isé par les amis français de l’Université de Jérusalem.

2014

Par­rain avec Patrick Bru­el de la Tsé­da­ka organ­isée par le Fonds social juif unifié. Pour Michel Druck­er : « Quand on m’a demandé d’être le par­rain de l’édition 2014 de la cam­pagne de la Tsé­da­ka, j’ai immé­di­ate­ment pen­sé à mon père Abra­ham, à sa sœur, et à mon cousin Mar­tin, qui est né en Israël, où ses par­ents étaient arrivés dans les années 50, à l’époque de Ben Gou­ri­on et de Gol­da Meïr. Être aux côtés de mes amis de la Tsé­da­ka est une évi­dence, comme un devoir de mémoire. » (lien)

2015

Présent à la Marche répub­li­caine con­tre le ter­ror­isme avec « Patrick Bru­el, Romain Duris, Franck Dubosc, Alexan­dre Arcady et Marek Hal­ter. » (lien)

Il l’a dit

« On peut vot­er à droite et être de gauche, l’inverse aus­si est vrai. Mais […] il y a autre chose que je peux vous dire : c’est que je méprise Le Pen et tous ceux qui votent pour lui », Écho de la Presse et de la Pub­lic­ité, 22/09/1987, cité par François Brigneau dans Devine qui vient télé-dîn­er ce soir ? (pre­mier ser­vice)

« Avant d’ajouter au sujet des invités qu’il fait défil­er dans son célèbre canapé rouge : “Sou­vent ils sont plus morts que vivants” », « Druck­er flingue sa pro­pre émis­sion », Voici.fr, 02/11/2012.

« Olivi­er Besan­cenot [alors can­di­dat trot­skiste de la LCR, actuel NPA] a un vrai charisme, il occupe l’espace, il n’est pas là par hasard et je pense que beau­coup de gens seront touchés par sa sincérité », « Ne pas utilis­er », Lefigaro.fr, 09/05/2008.

« Mon père s’appelait Abra­ham et ma mère Lola. Comme Sarko [Nico­las Sarkozy] et comme Jonasz [Michel Jonasz], on vient de loin nous aus­si. On est des Français de sang mêlé, moi je viens de Roumanie » (lien)

« C’est les poli­tiques qui cour­tisent la télévi­sion. Le vrai pou­voir il est à TF1, il est sur le ser­vice pub­lic, le pou­voir il est entre les mains qui déti­en­nent l’information, toutes chaînes con­fon­dues […] tout a changé, il n’y a pas un homme poli­tique qui peut se fâch­er avec l’information de TF1. » (lien)

« Je présente mes excus­es à tous les audi­teurs [Europe 1]. Soyez assurés qu’il n’y avait aucune inten­tion de cho­quer. […] Mes orig­ines m’ont appris à lut­ter avec beau­coup de pugnac­ité con­tre les racismes en tout genre. Je suis Français de sang-mêlé et sur le chapitre de la dis­crim­i­na­tion, du racisme de la xéno­pho­bie et de l’antisémitisme, on n’a jamais tran­sigé dans la famille. Je présente mes excus­es et je salue encore Mohammed Mous­saoui, le prési­dent du CFCM. A qui j’ai téléphoné », « Europe 1 : Geluck et Druck­er ont présen­té leurs excus­es », Crif.org, 20/10/2008.

« Je suis juif et je le resterai toute ma vie. […] Je le suis de plus en plus. […] En vieil­lis­sant, étrange­ment, le devoir de mémoire est devenu de plus en plus présent en moi », Tri­bune Juive n° 23, décem­bre 2007-jan­vi­er 2008.

« Aujourd’hui, l’antisémitisme est moins vir­u­lent en France que dans d’autres pays d’Europe. Cepen­dant, nous devons être extrême­ment vig­i­lants. Je pense que l’antisémitisme en France s’est beau­coup atténué. Force est de rap­pel­er qu’aujourd’hui, la plu­part des grandes stars français­es sont d’origine juive : Jean-Jacques Gold­man, Patrick Bru­el, Gad Elmaleh, Arthur… Nico­las Sarkozy a aus­si des orig­ines juives. C’est la pre­mière fois qu’un Prési­dent de la République française a des orig­ines juives. L’ancienne min­istre de la San­té, Simone Veil, qui est la femme poli­tique la plus pop­u­laire de France, l’actuel patron du Fonds Moné­taire Inter­na­tion­al (F.M.I.), Dominique Strauss-Kahn, l’ancien Pre­mier min­istre de France, Lau­rent Fabius… sont aus­si Juifs. On ne peut pas dire qu’en France les per­son­nal­ités publiques d’origine juive sont mon­trées du doigt. Pas du tout! », « Quand Michel Druck­er évoque sa judéité », cjnews.com, 17/02/2011.

«J’ai beau­coup d’amis dans le méti­er qui ne sont pas indif­férents à leurs orig­ines. Jean-Jacques Gold­man, Patrick Bru­el, Arthur, Michel Bou­je­nah, Gad Elmaleh sont impliqués et proches d’Israël. Ma façon à moi d’être engagé, c’est d’ouvrir mon canapé du dimanche à tous ceux qui ont quelque chose à dire. Il s’y dit beau­coup de choses. Guy Bedos, par exem­ple, a fait beau­coup plus con­tre l’antisémitisme que bien des artistes », Tri­bune Juive n° 23, décem­bre 2007-jan­vi­er 2008.

Ques­tion : Votre année sem­ble avoir été guidée par deux fils rouges : votre judéité, et la mal­adie de Michel Delpech.
Réponse : C’est vrai. Mon père s’appelait Abra­ham et a fait bap­tis­er ses enfants. Ce n’est pas banal : il a tout fait pour découdre l’étoile jaune. Mais la soirée que j’ai vécue au Palais des Con­grès pour la Tsé­da­ka a été une révo­lu­tion. Plus de 3 000 per­son­nes se sont lev­ées pour m’applaudir. C’est comme si je fai­sais un com­ing out. Je n’avais pas enfoui tout ça mais mon père l’avait fait. Les événe­ments de jan­vi­er ont fait que c’est aus­si une année par­ti­c­ulière. J’ai eu le besoin de par­ler de mes orig­ines et aus­si de Michel Delpech. Quand je le vois dans sa cham­bre, je note les livres qu’il me dit de lire », « Il faut par­tir au top ! », Le Pro­grès, 11/10/2015

Sa nébuleuse

Le clan télévisuel des Drucker

Jean Druck­er (12/08/1941 — 12/04/2003) : PDG de la chaîne M6 de 1987 à 2000 ; prési­dent d’Antenne 2 de 1986 à 1987 ; numéro 2 de RTL de 1980 à 1985. Mem­bre du club Le Siè­cle.

Marie Druck­er : voir por­trait. Fille de Jean Druck­er et nièce de Michel Druck­er. « J’assume et je suis fière de mon nom. Mais je ne con­sid­ère pas avoir été favorisée. S’il est vrai que s’appeler Druck­er peut aider à obtenir un ren­dez vous, il faut ensuite faire ses preuves », TV7 jours 07/02/2003

Léa Druck­er : Actrice. Fille de Jean Druck­er, nièce de l’animateur de télévi­sion Michel Druck­er et de l’ex-président de M6 Jean Druck­er, et cou­sine de la jour­nal­iste Marie Druck­er.

Bernard Hen­ri Lévy : « En France, le philosophe nou­veau préfère les puis­sants au faîte de leur puis­sance. […] “Le courage” est néan­moins une des grandes qual­ités que l’animateur-producteur Michel Druck­er a con­cédées à BHL quand, le 11 novem­bre 2002, il l’a invité sur France 2 dans “une émis­sion par­ti­c­ulière, une émis­sion excep­tion­nelle. La per­son­nal­ité de notre invité est rare. Il a une des plumes les plus acérées, les plus bril­lantes de sa généra­tion”. Jean-Luc Lagardère, Harlem Désir, Jean-Marie Colom­bani, François Pin­ault, Pierre Les­cure, Alain Minc et plusieurs autres se suc­cédèrent chez Michel Druck­er pour témoign­er des ver­tus d’un philosophe que Mar­i­anne a jugé “unanime­ment recon­nu” alors que la plu­part des philosophes peinent à dis­tinguer chez lui une œuvre quel­conque. Les appuis médi­a­tiques de Bernard-Hen­ri Lévy vont de Voici à France Cul­ture (au moment de la sor­tie de son livre sur Daniel Pearl, la radio publique alors dirigée par Lau­re Adler y con­sacra trois émis­sions le même jour). Son réseau com­prend égale­ment Franz-Olivi­er Gies­bert et Le Point, Thier­ry Ardis­son et Michel Druck­er (à France 2), Josyane Sav­i­gneau et Roger-Pol Droit (Le Monde des livres), Karl Zéro (Canal Plus), la qua­si-total­ité des médias détenus par Hachette-Lagardère (Paris Match, Le Jour­nal du dimanche, Europe 1 en par­ti­c­uli­er), Arte, dont il pré­side depuis 1993 le con­seil de sur­veil­lance. Sans oubli­er Mau­rice Szafran à Mar­i­anne. Réseau ? Le terme serait impro­pre puisque, en mai 2005, inter­rogé par Le Figaro Mag­a­zine sur son exis­tence éventuelle, Bernard-Hen­ri Lévy préféra par­ler de “quelques amis qui m’aident à con­tenir l’adversité”. For­cé­ment, on est émus », Les nou­veaux chiens de garde, Nou­velle édi­tion actu­al­isée (2005) et aug­men­tée Serge Hal­i­mi.

Ils ont dit

Son aide à SOS Racisme : « L’émission [Droit de réponse du 5 jan­vi­er 1987] était conçue par Michel Polac pour mon­tr­er, con­tre les dis­cours du Front Nation­al sur les étrangers, que l’immigration était un enrichisse­ment pour la France puisqu’elle lui four­nis­sait (entre autres) des chanteuses et des foot­balleurs de tal­ent. Avant le début de l’émission, Harlem et quelques mil­i­tants [de SOS Racisme] avaient dis­tribué des badges et les avaient fait porter par les par­tic­i­pants en leur expli­quant le but de l’association. Le badge était donc apparu durant toute l’émission et Michel Polac, à la fin du débat, avait demandé à Harlem Désir d’expliquer en deux min­utes ce qu’était le badge et l’association. L’adresse et le numéro de télé­phone du local ne furent pas don­nés lors de cette émis­sion mais le lende­main sur Europe 1 par Michel Druck­er qui avait écouté “Droit de réponse” et s’était ren­seigné sur cette nou­velle asso­ci­a­tion antiraciste », Philippe Juhem, SOS-Racisme, his­toire d’une mobil­i­sa­tion “apoli­tique”. Con­tri­bu­tion à une analyse des trans­for­ma­tions des représen­ta­tions poli­tiques après 1981, Uni­ver­sité de Nan­terre — Paris X, 1998.

« Les obsèques de Jean-Luc Lagardère mobil­isèrent un aréopage plus impres­sion­nant encore que celui qui avait salué la dépouille de Fran­cis Bouygues dix ans plus tôt. Retenu par le déclenche­ment de la guerre d’Irak, le prési­dent de la République ne put se ren­dre à la céré­monie, mais, out­re le Pre­mier min­istre, cinq anciens Pre­miers min­istres, les min­istres des Affaires étrangères, de l’Intérieur, de la Défense, de l’éducation, du Bud­get, de la Cul­ture, la moitié des patrons du CAC 40 et le prési­dent du Medef étaient venus. La nomen­klatu­ra des médias tenait son rang elle aus­si : Dominique Baud­is, le prési­dent du CSA, côtoy­ait Arlette Chabot, Jean-Pierre Elk­a­b­bach, Michel Druck­er, Claire Chaz­al, Guil­laume Durand, etc. édi­teur chez Gras­set (groupe Hachette), Bernard-Hen­ri Lévy prononça l’hommage final. »

« En 1996, au moment de “l’affaire des con­trats”, des ani­ma­teurs de var­iétés sur­payés de France 2 (Jean-Luc Delarue, Michel Druck­er, etc.), une jour­nal­iste de la chaîne décrivait ain­si l’état des lieux: “Je vois la valse des mil­liards, mais je vois aus­si les CDD qui ne sont pas embauchés, des chefs qui nous accusent de vider les caiss­es, qui nous refusent par­fois une nuit d’hôtel en reportage par manque d’argent. Quel mépris !” », ibid.

Christophe Hon­de­lat­te : « Druck­er a déjà racon­té sa vie dans ses bouquins, la vie de Michel Druck­er l’animateur nous intéresse, sa vie par ailleurs ne nous intéresse pas du tout. Et on en fait un film. Qui va être dif­fusé par qui ? Par la chaîne qui l’emploie. Eh bien moi je le dis, je ne paye pas de rede­vance pour que la vie des ani­ma­teurs de France Télévi­sions soit exposée à l’antenne, comme si elle était plus intéres­sante que celle de la moyenne des autres », « Christophe Hon­de­lat­te s’en prend à Lau­rent Ruquier et Michel Druck­er », Voici.fr, 18/12/2012

Daniel Schnei­der­mann : « Il est étrange, à la longue, cet acharne­ment de Michel Druck­er à se dépein­dre en rescapé. Voilà un gars par­venu au som­met de ce que peut pro­duire la télévi­sion française (longévité, immua­bil­ité, con­nivence, auto-atten­drisse­ment). Voilà un homme qui passe la main dans le dos du Charles de Gaulle, et con­naît la moin­dre cour­sive de John­ny Hal­ly­day (et l’inverse). Et au fond, il ne s’attache plus, depuis des années, qu’à un seul tableau : son auto­por­trait en rescapé. Rescapé du désas­tre sco­laire (le fameux “qu’est-ce qu’on va faire de toi ?” pater­nel, devenu titre de best-sell­er), rescapé des mille acci­dents et traque­nards qui auraient pu inter­rompre sa prodigieuse car­rière, des bass­es attaques des jour­nal­istes qui se sont éver­tués à chercher la faille, mais aus­si, appre­nait-on mer­cre­di soir en regar­dant sur France 2 “L’itinéraire d’un enfant de la télé” de Jean-François Kervéan (par ailleurs nègre du grand homme), qua­si rescapé d’Auschwitz. Scène fon­da­trice du doc­u­men­taire : Maman Druck­er, enceinte de Michel, est arrêtée par la police alle­mande sur un quai de gare. Inter­vient Papa Le Lay (oui, le père de Patrick, celui du temps de cerveau disponible), qui retourne les flics alle­mands, en les entre­tenant, en alle­mand, sur Goethe et sur Schiller, jusqu’à ce qu’ils relâchent leur proie. Com­men­taire, sans rire, du doc­u­men­taire : “La télé rôde sur cette nais­sance comme un des­tin. Une con­ver­sa­tion cul­turelle lui a sauvé la vie” », « Druck­er : auto­por­trait en rescapé », Arretsurimage.net, 20/12/2012.

Djamel Deb­bouze, présent sur scène au spec­ta­cle de Dieudon­né « Mes excus­es » déclara : « Met­tez-vous à ma place. Ce n’est pas vous qui avez été oblig­és d’aller vous far­cir Druck­er et Enri­co Macias », décem­bre 2004.

« L’homme est une insti­tu­tion à lui tout seul, une sorte de girou­ette molle qui nous indi­querait les puis­sants du moment. Cer­tains le surnom­ment « Sujet-verbe-com­pli­ments ». C’est l’allié du pou­voir quel que soit le pou­voir, l’ami sans faille des prési­dents, l’animateur de shows car­i­tat­ifs tou­jours du bon côté du manche. Atten­tion, Druck­er est un homme indéboulonnable, le genre de type dont il est absol­u­ment impos­si­ble de se débar­rass­er. Demain, la France vire musul­mane, il se laisse pouss­er la barbe. Marine Le Pen est prési­dente, il explique l’œil humide que ses con­vic­tions d’honnête homme l’empêcheront tou­jours d’inviter un respon­s­able UMP sur son plateau télé. C’est le col­lab­o­ra­teur éter­nel dans sa ver­sion épicerie fine. Ses con­vic­tions pro­fondes sont nichés tout au fond de son porte-mon­naie. Pour lui, la poli­tique, c’est obtenir un per­mis de con­stru­ire en zone non-con­structible et ça s’arrête là. C’est le par­a­site dans toute sa splen­deur, le coquin aux belles dents pour qui les insti­tu­tions n’existent que dans l’unique but de le servir », Julien Jauf­fret, « Des mœurs sor­dides de l’édition », Novo­press, 10 févri­er 2011.

« Avant d’aller dîn­er chez Michel Druck­er, cet été, François Hol­lande était igno­rant de cer­taines choses de la vie. Ain­si, le chef de l’État ne savait pas qu’il existe des couch­es-culottes pour chiens. Non seule­ment il ne l’ignore plus, mais il a même quit­té le domi­cile de l’animateur de télévi­sion avec deux sacs des sus­dites couch­es-culottes sous le bras, gra­cieuse­ment offerts par Dany Saval, l’épouse de Michel Druck­er. » « Les dîn­ers sur­pris­es de François Hol­lande », lexpress.fr, 18 sep­tem­bre 2015

Crédit pho­to : a-k-pho­tog­ra­phy via Flickr (cc)

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