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Jacques de Guillebon

Le petit caillou dans la sandale des grands

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 30/01/2017

Un scrupule. Littéralement, un minuscule caillou dans la sandale du légionnaire qui peut lui faire perdre la bataille. Jacques de Guillebon est ainsi dans les institutions qu’il pénètre. Il aime le mot qui dérange, la formule qui cloue, et les coups qu’il prend et redonne en retour « avec tendresse et violence » selon les mots de l’éditeur Victor Loupan. Catholique, il assume son héritage et sa foi dans les milieux laïcs. Critique du libéralisme et de la société du spectacle, il apparait comme le sapeur d’une droite bourgeoise et consumériste. Cela lui vaut de nombreux ennemis. Mais aussi des alliés de qualité.

Parcours universitaire

Jacques de Guille­bon est né en 1978. Après un Bac lit­téraire au lycée Rabelais de Meudon, il enchaine plusieurs années dans les méan­dres de la vie étu­di­ante dont il n’obtient qu’une pre­mière année de Deug.

Parcours professionnel

Il a 20 ans lorsqu’il fait la ren­con­tre des jeunes plumes ani­mant la revue Immé­di­ate­ment, en 1998. À la lec­ture de la revue, il est stupé­fait par la pré­coc­ité et le tal­ent de cer­tains. Il décide alors de fréquenter le cer­cle que Luc Richard et Sébastien Lapaque organ­isent au Café de la mairie, place Saint-Sulpice. Ce n’est qu’en 2001 qu’il débar­que dans la rédac­tion, six mois avant le départ de Sébastien Lapaque. Il fait ses pre­mières armes, décou­vre le fonc­tion­nement interne d’une revue et ren­con­tre un grand nom­bre d’écrivains et d’éditeurs.

Entre 2002 et 2004, il rejoint la Fon­da­tion du 2 mars (ex-fon­da­tion Marc Bloch) où il est l’homme à tout faire. Il ren­con­tre de nom­breux intel­lectuels comme Guaino, Todd, Taguieff, Debray, Ray­naud…

En 2003, par l’entremise d’Élis­a­beth Lévy avec qui il tra­vail­lait à la Fon­da­tion Marc Bloch, il com­mence à piger au Figaro Mag­a­zine, sous la direc­tion de Joseph Macé-Scaron. La future direc­trice de Causeur l’impose dans les pages « Livres » que dirige alors Jean Sévil­lia. C’est avec ce dernier que les choses se gâtent. Même si à cette époque, cela lui donne un cer­tain statut, Guille­bon pâtit de la cen­sure de l’historien con­ser­va­teur attaché à une posi­tion plutôt bour­geoise et libérale. Ques­tion style, Guille­bon se lasse d’écrire « pour la phar­ma­ci­enne d’Aurillac » selon les direc­tives mêmes de Sévil­lia. Après un mail vengeur à l’adresse de ce dernier, le jeune homme claque la porte du Figaro mag­a­zine en 2005 et cesse toute col­lab­o­ra­tion.

En 2005, après un entre­tien dans La Nef, le directeur du men­su­el catholique Christophe Gef­froy lui pro­pose une col­lab­o­ra­tion, puis décide de l’embaucher en octo­bre 2005. Il dirige notam­ment les pages cul­turelles aux­quelles il donne un ton plus polémique. Il fait aus­si décou­vrir à ses lecteurs toute une cul­ture d’auteurs mar­qués à gauche, tel Guy Debord, Jean-Claude Michéa, et plus large­ment des penseurs cri­tiques du sys­tème libéral et tech­ni­cien. Il y tient depuis une longue chronique au ton libre inti­t­ulée « Con­tre-cul­ture » qui entend aller à rebours du libéral­isme cul­turel et économique. L’écrivain reste qua­tre ans en CDI dans ce men­su­el, avant de chang­er de statut et de devenir « sim­ple » con­seiller de rédac­tion.

En 2007, le cri­tique ciné­ma Lau­rent Dan­drieu lui pro­pose des piges dans l’hebdomadaire libéral-con­ser­va­teur Valeurs actuelles. Il signe quelques papiers avant que les mêmes dif­férents survi­en­nent. La même année, il sera sol­lic­ité par Atlantico.fr dès le lance­ment du site. Il décide de n’écrire que sur les sujets qui lui con­vi­en­nent, puis prend ses dis­tances avec la ligne « de droite » qui se resserre inéluctable­ment sur le libéral­isme économique.

Jacques de Guille­bon entre au quo­ti­di­en gra­tu­it Direct Soir, en 2009. C’est Guil­laume Zeller, rédac­teur en chef adjoint, qui le lui a pro­posé. Il y fait essen­tielle­ment des dépêch­es pen­dant un an. Il réus­sit, néan­moins, à con­sacr­er un arti­cle « à la gloire du Prince Jean », ain­si qu’un dossier sur la décrois­sance, thème que le jour­nal­iste affec­tionne par­ti­c­ulière­ment.

Nous sommes encore 2009. À la fin de son con­trat chez Direct Soir, com­mence la grande époque Causeur, qu’il intè­gre par l’intermédiaire de l’éditeur français François Miclo. Il col­la­bore d’abord au site, de façon bénév­ole, avant d’écrire dans le « print » et de percevoir une rémunéra­tion. Il devient en 2013 rédac­teur en chef adjoint de la revue lorsque celle-ci parait en kiosque. Poly­va­lent, il écrit aus­si bien dans les pages cul­turelles dirigées par l’écrivain Jérôme Leroy, que dans le dossier cen­tral ou les pages d’actualités. Il par­ticipe aux con­férences de rédac­tion et ramène régulière­ment avec lui de nou­velles plumes. Au sein de la revue, il représente la ligne catholique antilibérale avec Eugénie Bastié, Romar­ic San­gars, Théo­phane Le Méné ou Paul Pic­car­reta.

En 2011, suite à ses pris­es de posi­tion con­tre les man­i­fes­tants des pièces « Gol­go­ta pic­nic » et « Sur le con­cept du vis­age du fils de Dieu », il se fait remar­quer par le rédac­teur en chef de Témoignage Chré­tien, Jérôme Anciber­ro. S’ensuit une col­lab­o­ra­tion jusqu’à l’arrivée de Chris­tine Pedot­ti à la tête de l’hebdomadaire de gauche. Celle-ci ayant pris posi­tion pour le « Mariage pour tous » et ne désir­ant pas de voies dis­si­dentes au sein de la rédac­tion, elle se sépare de lui.

Tou­jours en 2011, il fait la ren­con­tre du jour­nal­iste et édi­teur Michel Cool qu’il croise sur le plateau d’une émis­sion KTO/La Pro­cure, après la pub­li­ca­tion de son livre sur Frédéric Ozanam. Michel Cool lui pro­pose d’écrire pour l’hebdomadaire La Vie, dont il est rédac­teur en chef. Il con­tin­uera d’y col­la­bor­er après le départ de Michel Cool et le pas­sage de Jérôme Anciber­ro de Témoignage Chré­tien à La Vie.

En sep­tem­bre 2012, avec Falk van Gaver, il signe sur le site de Nou­velles de France une tri­bune inti­t­ulée « le Bûch­er des Homo­phobes » dans laque­lle il se dit prêt au mar­tyre plutôt que de laiss­er pass­er cette reven­di­ca­tion sans résis­ter. Il assim­i­le l’homosexualité à un désor­dre men­tal, com­porte­men­tal, moral, social, sen­ti­men­tal, amoureux. À un mal social, spir­ituel et exis­ten­tiel. En jan­vi­er 2013, il pub­lie L’Impasse : du mariage laïc au mariage gay.

En octo­bre 2013, il fait par­tie des 19 pre­miers sig­nataires de « Touche pas à ma pute ! Le man­i­feste des 343 “salauds” » pour pro­test­er con­tre les sanc­tions qui pour­raient touch­er les clients des pros­ti­tuées.

En 2015 il est mem­bre du con­seil de rédac­tion de la revue Lim­ites.

En sep­tem­bre 2017 il con­fonde L’Incorrect, mag­a­zine qui agit pour la recom­po­si­tion des droites, et devient son rédac­teur en chef. Lau­rent Meeschaert est directeur de rédac­tion, Nico­las Pinet directeur artis­tique, Arthur de Watri­g­ant directeur com­mer­cial et web – c’est l’un des fon­da­teurs en 2013 du cer­cle Charles Péguy de Paris, Arnaud Haut­bois dit Stephan (ex-GRECE jusqu’en 1983, ancien assis­tant par­lemen­taire de Mar­i­on Maréchal Le Pen), est directeur de com­mu­ni­ca­tion.

Dans le comité de rédac­tion on trou­ve : Jean Clair, Thibaud Collin, Chan­tal Del­sol, Yrieix Denis, Benoît Dumoulin, Frédéric Rou­vil­lois, Jean-Thomas Lesueur (délégué général de l’Institut Thomas More), Guil­laume de Lacoste Larey­mondie, Pierre de Lauzun, Rémi Lélian, Bérénice Lev­et, Char­lotte d’Ornellas – elle a lancé avec Damien Rieu le mag­a­zine gra­tu­it France, en 2016, qui n’a vécu que le temps de quelques numéros, Olivi­er Rey.

Le pre­mier numéro se vend à 8000 exem­plaires à l’unité, les ventes se tassent ensuite au-dessous des 6000 exem­plaires en kiosque (Medi­a­part, 19/1/2018).

Autres activités

Depuis 2005, il est offi­cieuse­ment appor­teur de man­u­scrits : avec son ami l’écrivain Falk van Gaver, tous deux ont fourni une par­tie non nég­lige­able des auteurs que l’éditeur Vic­tor Loupan pub­lie. Aux Press­es de la Renais­sance tout d’abord, aux Édi­tions de l’œuvre ensuite. Début 2014, l’éditeur et essay­iste Jean-François Colosi­mo lui a demandé le même tra­vail pour les édi­tions du Cerf.

Parcours militant

Poli­tique­ment, Jacques de Guille­bon, qui n’a jamais eu de carte nulle part, se déclare pour la sup­pres­sion de par­tis poli­tiques.

À gauche

Il a eu quelques rela­tions à une cer­taine époque avec Julien Coupat et la « bande de Tiqqun », instal­lés aujourd’hui à Tarnac. Il les retrou­ve notam­ment dans les grandes man­i­fes­ta­tions anti­mon­di­al­istes du début des années 2000. A Gênes en 2001, lors d’un som­met du G8 où les forces de l’ordre ont pra­tiqué une répres­sion et une atteinte aux droits démoc­ra­tiques « sans précé­dent depuis la sec­onde guerre mon­di­ale, selon Amnesty Inter­na­tion­al ». Puis à Brux­elles et Barcelone 2002. Il déje­une avec quelques catholiques de gauche, tel l’essayiste Jean-Claude Guille­baud, Jacques Jul­liard, et le jour­nal­iste Jérôme Anciber­ro. Il est dans l’entourage des revues L’Ecologiste et La Décrois­sance.

À droite

Entre 2008 et 2010, il signe quelques papiers pour L’Action Française 2000.

Le Front nation­al de Jean-Marie Le Pen ne l’a jamais intéressé. Sous la houlette de Marine Le Pen, il s’accorde cepen­dant avec les idées chevène­men­tistes. Quant à Mar­i­on Maréchal, il déje­une avec elle de temps en temps ; il se rap­proche d’elle par la suite et écrit plusieurs de ses dis­cours, d’après Le Monde ; il l’aurait aus­si con­seil­lée bénév­ole­ment.

Il a égale­ment, sem­ble-t-il, été la « plume » de l’ancien min­istre de la défense Charles Mil­lon pour qui il aurait écrit quelques arti­cles de géopoli­tiques ain­si que des tri­bunes pub­liées dans la presse. Il a égale­ment rédigé cer­tains dis­cours de Chris­tine Boutin en 2011, lors de sa can­di­da­ture à la prési­den­tielle de 2012 qu’elle finit par décider de retir­er.

En 2013 il fait par­tie du cer­cle Charles Péguy de Paris, à son lance­ment, avec Thibaud de Ber­nis (ancien de l’Action Française et de Dex­tra), Jérome Besnard (ancien du CNIP), Arthur de Watri­g­ant, Charles d’Alançon, Hervé Croux. Le 30 avril 2015 sont déposés au jour­nal offi­ciel les statuts de l’association L’Avant Garde (LAVG) que pré­side Charles Mil­lon et dont la porte-parole est Julie Graziani.

Le 10 et 11 octo­bre 2015 il par­ticipe à la pre­mière uni­ver­sité d’été à Port-Roy­al des Champs (78), avec Thibaud de Ber­nis, la jour­nal­iste Eugénie Bastié, Charles Beigbd­ed­er, le prési­dent du SIEL Karim Ouch­ikh, le maire PCD de Mont­fer­meil Xavier Lemoine, l’essayiste Matthieu Bock-Côté, le député LR Hervé Mari­ton…

En 2017, il appelle à vot­er Marine le Pen à la prési­den­tielle avec qua­tre autres mem­bres de L’Avant-garde.

Combien il gagne

À Direct Soir, il gagne 2000 euros men­su­els. À Causeur, il est d’abord rémunéré 500 puis 1000 euros men­su­el lors du pas­sage en kiosque. À La Nef, il est payé 2000 euros comme salarié, puis 250 euros pour sa chronique men­su­elle.

Publications

  • Nous sommes les enfants de per­son­ne, Press­es de la Renais­sance, 2005 (rééd. Xénia, 2010, avec une pré­face de Chan­tal Del­sol).
  • La France excédée, Press­es de la Renais­sance, 2006
  • Le nou­v­el ordre amoureux (en col­lab­o­ra­tion avec Falk van Gaver), édi­tions de L’Œuvre, 2008. Émis­sion télé sur France 24.
  • Con­tre Cul­ture (et autres textes fumants), édi­tions de La Nef, 2011
  • Frédéric Ozanam, la cause des pau­vres, édi­tions de L’Œuvre, 2011
  • Damien de Molokaï, le saint lépreux, édi­tions de L’Œuvre, 2012
  • -L’Anarchisme chré­tien, édi­tions de L’Œuvre, 2012, Emis­sion télé Chaine His­toire, -L’Impasse : du mariage laïc au mariage gay, édi­tions de L’Œuvre, 2013.

Nous somme les enfants de per­son­ne est son pre­mier livre, paru en 2005, ain­si que le plus remar­qué. Son pas­sage dans l’émission d’Ardisson lui vau­dra l’assentiment du reste de la presse ain­si que de nom­breux éloges.

Collaborations

  • Enquête sur le roman, dir. Stéphan Car­bon­naux, Le Grand Souf­fle, 2007
  • Le livre noir de la Révo­lu­tion française, dir. Renaud Escan­de, édi­tions du Cerf, 2008
  • Oser agir chré­tien, un regard de rébel­lion, dir. Gwen Gar­nier-Duguy, édi­tions de La Nef, 2008
  • Pour Benoît XVI, dir. Christophe Gef­froy, édi­tions de La Nef, 2009
  • Du religieux dans l’art, dir. Alain San­tacreu, L’Harmattan, 2012
  • Con­tre Cul­ture (et autres textes fumants), édi­tions de La Nef, 2011
  • Philippe Muray, (en codi­rec­tion avec Max­ence Caron), «Les Cahiers d’Histoire de la Philoso­phie », Le Cerf, 2011
  • Frédéric Ozanam, la cause des pau­vres, édi­tions de L’Œuvre, 2011
  • Damien de Molokaï, le saint lépreux, édi­tions de L’Œuvre, 2012
  • Avec Falk van Gaver, L’Anarchisme chré­tien, édi­tions de L’Œuvre, 2012
  • L’Impasse : du mariage laïc au mariage gay, édi­tions de L’Œuvre, 2013
  • Avec Falk van Gaver, Anar­christ, Une his­toire de l’anarchisme chré­tien, Desclée de Brouw­er, 2015.

Collectif

Il dirige le col­lec­tif « Vivre et penser comme des chré­tiens » A con­trario, 2005, réédité sous le titre L’homme a-t-il besoin du Christ ?, Via Romana, 2011. Ain­si que Philippe Muray, (en codi­rec­tion avec Max­ence Caron), « Les Cahiers d’Histoire de la Philoso­phie », Le Cerf, 2011.

Il l’a dit

À pro­pos des man­i­fes­ta­tions con­tre la pièce de Roméo Castel­luc­ci, « Sur le con­cept du vis­age du fils de Dieu ». Cul­turemag, 28 octo­bre 2011 : « Si l’art en est arrivé à cette extrémité-là, le chré­tien con­scient a le devoir de s’interroger pro­fondé­ment pour con­naitre la cause de cette apor­ie. Le bon chré­tien de 2011 doit d’abord se sou­venir de tout ce que sa tra­di­tion a repoussé, a con­damné, a nié, au nom des bonnes mœurs, du bon goût, des bonnes manières que son être bour­geois avait défi­nis ».

« L’homosexualité est un désor­dre : un désor­dre men­tal, com­porte­men­tal, moral, social, un désor­dre sen­ti­men­tal, un désor­dre amoureux. L’homosexualité est un mal, un mal social, un mal spir­ituel, un mal exis­ten­tiel, et rien ne nous empêchera de le penser et de le dire – comme de penser et dire que deux et deux font qua­tre », Nou­velles de France (avec Falk van Gaver), 04/09/2012.

« Nous sommes prêts au mar­tyre – c’est-à-dire au témoignage à temps et con­tretemps. Per­son­ne n’ose faire une attaque en règle de l’homosexualité. Per­son­ne n’ose abor­der le sujet, atta­quer la ques­tion de front, ni aller au fond des choses. Per­son­ne n’ose par­ler franc. […] Il faut couper court à cette pudi­bon­derie ambiante, sou­vent oppres­sante et tyran­nique, qui règne dès qu’il s’agit de par­ler de l’homosexualité. Nous savons bien que nous risquons l’opprobre pub­lic et médi­a­tique, si ce n’est pénal », ibid.

« Tant que l’homosexualité est morale­ment réprou­vée, légale­ment ignorée, sociale­ment con­tenue et dis­crète­ment vécue, tout va bien, ou presque : c’est un équili­bre sat­is­faisant. Mais quand elle pré­tend sor­tir du domaine stricte­ment privé de la vie affec­tive et sex­uelle, per­son­nelle et indi­vidu­elle, et envahir la sphère publique, l’espace social, col­lec­tif, et se met à revendi­quer une recon­nais­sance légale et sociale, une pro­mo­tion morale, voire à s’imposer comme mod­èle exis­ten­tiel, alors ça va très mal », ibid.

À pro­pos des Veilleurs, Causeur.fr , 22 avril 2013 : « C’est sou­vent en com­mençant par s’asseoir qu’un peu­ple se lève ».

À pro­pos de Clé­ment Méric. Causeur.fr, 8 juin 2013 : « Nous atten­dons avec impa­tience de con­naître les orig­ines sociales des skins inter­pel­lés pour savoir si la guerre civile aujourd’hui a lieu entre « chas­seurs de skins » de Sci­ences Po et skins pro­los […] Nous rigolons quand des com­mu­nistes nous appel­lent à la non-vio­lence. Nous rigolons devant cette mas­ca­rade atroce où un pau­vre garçon tombé pour rien devient le sym­bole d’une gauche sans cause. »

À pro­pos de Clé­ment Méric. Causeur.fr, 26 juin 2013 : « Ces images infir­ment donc défini­tive­ment la thèse hurlée sur toutes les ondes par une gauche de bonne con­science, Jean-Luc Mélen­chon en tête, d’un mal­heureux Clé­ment Méric vic­time d’un « assas­si­nat », donc d’un meurtre avec prémédi­ta­tion. Il faut d’ailleurs qu’elle soit bien dérangeante cette vidéo qui, pour avoir été entre les mains de la police depuis le 6 juin, a dû atten­dre presque trois semaines avant d’être évo­quée publique­ment. Il faut croire que la gauche qui nous gou­verne, qui a déjà selon toute prob­a­bil­ité trafiqué les images de la Manif pour Tous du 24 mars, a un sérieux prob­lème avec les images en général, et en par­ti­c­uli­er quand elles appuient le réel con­tre ses rêves. »

Sur le pape François. Causeur.fr , 14 mars 2013 : « Per­son­ne ne l’attendait et ce fut lui, le Pape François. Ni Hol­lande, ni Ier, ni Des­ouche, mais François, comme tout le monde et comme nul autre. François comme le Poverel­lo bien sûr, mais aus­si comme le Xavier, évangélisa­teur de l’Extrême-Orient et fig­ure fon­da­trice de la Com­pag­nie de Jésus ; François aus­si comme celui de Sales, l’immense pas­teur savo­yard et en pas­sant patron des jour­nal­istes. »

« Soyons clairs et posi­tifs : l’anarchie donc, c’est l’ordre sans le pou­voir, ain­si que l’a définie son père mod­erne, Proud­hon. Et le chré­tien c’est, selon les mots de son sauveur Jésus, celui qui ne peut servir deux maîtres. Il était donc fort logique, quoi qu’en dis­ent les petits mar­quis de l’argent et les mufles réal­istes du jacobin­isme, qu’ils se con­joignent. L’erreur grossière fut d’abandonner l’anarchisme et la révo­lu­tion aux matéri­al­istes athées », Revue Lim­ite, n°2, jan­vi­er 2016

« Il y a une col­lu­sion de cathos bon teint pour écarter les cathos iden­ti­taires », Boule­vard Voltaire, 14/01/2017

« Les pays sans esprit d’aventure seront con­damnés à mourir de froid. Et en effet, ne le nions pas, Marine Le Pen est une aven­ture. Mais une aven­ture sans doute dans le grand sens du terme, où ce qui advient est aus­si ce qui hausse, ce qui enseigne, ce qui délivre », Causeur, 14/04/2017.

« La France n’a jamais gag­né à une cen­tral­i­sa­tion exces­sive, à un jacobin­isme tyran­nique, et la porte-parole de la France périphérique devrait plus que tout autre le savoir. On ne refera pas un peu­ple en homogénéisant le ter­ri­toire, mais au con­traire en ren­dant à qui de droit, locale­ment, des prérog­a­tives aus­si anci­ennes que notre his­toire », ibid.

« L’immense nou­veauté de Marine Le Pen, dans ce monde for­maté, est sa ren­con­tre avec le peu­ple, et le peu­ple souf­frant. C’est aus­si en cela qu’elle est une aven­ture. Seul Jean-Luc Mélen­chon serait aujourd’hui capa­ble de lui dis­put­er cette aura s’il ne con­tin­u­ait de sac­ri­fi­er aux vieilles lunes immi­gra­tionnistes et pro­gres­sistes sur le plan de mœurs », ibid.

« On a voulu, et par­fois réus­si, à nous sépar­er en plusieurs camps. Désuète manœu­vre, qui a fait son temps », pre­mier édi­to­r­i­al de L’Incorrect, 06/09/2017.

« Quelqu’un l’a dit : « La stratégie vic­to­rieuse réside dans l’alliance de la bour­geoisie con­ser­va­trice et des class­es pop­u­laires. […] La droite tra­di­tion­nelle et les class­es pop­u­laires ont un souci com­mun, celui de leur iden­tité. […] A par­tir de ce con­stat, on peut imag­in­er des passerelles pour les rassem­bler et apporter des répons­es en com­mun. […] Sans l’alliance de ces par­tis qui peu­vent, au-delà de leurs dif­férences, s’entendre sur le fait de con­serv­er, notre monde en tant que civil­i­sa­tion court à l’évidence à sa perte  », ibid.

« Nous appelons gauche tout ce qui a le vis­age d’Edouard Philippe […] tout ce qui a les car­ac­tères crus du libéral­isme […] tout ce qui iden­ti­fie la France à un Etat pieu­vre étouf­fant ce qu’il embrasse », ibid.

« Pour ce qui est du mar­i­on­isme, nous ne sommes ni des nos­tal­giques ni des agents de Mar­i­on Le Pen, mais force est de con­stater qu’elle est la seule à avoir récem­ment théorisé juste­ment cette union des droites. Je fais ici référence à son entre­tien dans Valeurs Actuelles dans lequel elle affir­mait qu’elle était prête à dis­cuter avec des Lau­rent Wauquiez ou d’autres gens comme cela. Si c’est cela qu’on nomme mar­i­on­isme, nous nous retrou­vons en effet dans ce courant », Atlanti­co, 10/09/2017.

« D’un point de vue par­ti­san, la droite est morte. Et tant mieux. D’un point de vue intel­lectuel et cul­turel, cela fait longtemps qu’elle a per­du ses fon­da­tions anthro­pologique et qu’elle n’a plus réfléchi. La droite (car c’était elle prin­ci­pale­ment) s’est cepen­dant réveil­lée lors de la Manif pour Tous. Cela a été un mou­ve­ment impres­sion­nant sur l’instant mais sans con­clu­sion poli­tique dans le sens où pour l’instant cet élan de droite ne s’est pas réelle­ment con­crétisé », ibid.

« Nous mon­trons une pop­u­la­tion qui est en dan­ger en lutte ; comme le dis­ent les Améri­cains, c’est une bataille entre some­where et any­where, entre ceux qui sont quelque part con­tre ceux qui sont partout. Ces gens qui ne sont rien et qui sont quelque part sont les oubliés de la moder­nité et de la mon­di­al­i­sa­tion. […] Ce sont d’eux dont nous avons voulu par­ler, même si nous savons que ce n’est pas néces­saire­ment à eux que nous allons par­ler », ibid.

« Nous sommes ces traces, ces ultimes moi­sis­sures. Mais la France est pré­cisé­ment née de la moi­sis­sure, celle qui fait ses pains et ses fro­mages. Nous sommes les moi­sis, et l’on ne se débar­rassera pas de nous. Car la moi­sis­sure a un avenir », L’Incorrect, 02/11/2017.

« Ce qui est néan­moins angois­sant, c’est la con­ju­gai­son des maux, celui de l’immigration qui nous grandrem­place dou­blé de celui de la glob­al­i­sa­tion des moeurs qui nous empêche de men­er la moin­dre poli­tique d’assimilation parce que des Français eux-mêmes nous n’arrivons plus à faire des Français. On en sor­ti­ra de manière vio­lente : je ne par­le pas de guerre, mais d’imposition vio­lente de notre mode de civil­i­sa­tion à tous les habi­tants d’ici. […] Il faut déclencher une guerre nucléaire cul­turelle », Polémia, 08/11/2017

« Michel Onfray sat­ure le débat, le champ intel­lectuel et le champ médi­a­tique, c’est même sa pre­mière spé­cial­ité, c’est même à ça qu’on le recon­naît. Quoi qu’il se fasse, quoi que devi­en­nent la France, le monde, la planète, l’humanité, les pan­golins et les fleurs séchées, il est tou­jours là, posé tel un sphinx gras­souil­let, en embus­cade, prêt à com­menter, à don­ner ses avis ron­flants et diri­mants, qui réson­nent chez cer­tains, de plus en plus nom­breux, comme des prophéties », La Nef, 02/12/2017

« Après les cuisantes défaites élec­torales fil­lonistes et fron­tistes, il est évi­dent que per­son­ne n’a d’espoir poli­tique à court terme de ce côté-là. Tout le monde essaie donc de tra­vailler sur des idées et sur le fond, à tra­vers les médias notam­ment », Medi­a­part, 19/01/2018.

« Au Figaro, même si l’on s’entend très bien, ils sont beau­coup plus libéraux qu’on ne l’est, ce qui con­stitue une dif­férence assez fon­da­men­tale. On a les mêmes enne­mis, ça crée une sphère com­mune », ibid.

Ils ont dit

À propos de l’essai « L’anarchisme chrétien » co-écrit avec Falk van Gaver.

Jean-Claude Guille­baud :« Leur absolue lib­erté de ton et d’écriture donne leur prix à ces pages jamais tièdes ni con­v­enues » La Vie, 31 mai 2012.

Arthur Lamaze : « À l’heure où l’on voudrait nous faire com­mu­nier sous l’autel des grandes idol­es du Marché, du Pro­grès ou de la Crois­sance, chré­tiens et anar­chistes pour­raient bien se retrou­ver.[…] Le philosophe Justin, mar­tyr chré­tien du IIe siè­cle, Père de l’Église et peut-être bien pro­to-anar­chiste, ne se dis­ait-il pas lui-même « athée de tous les faux dieux » ? Témoignage chré­tien, 29 mai 2012

« C’est pour­tant le ser­pent de mer que Jacques de Guille­bon et Falk van Gaver ont décidé d’enfourcher, afin de sor­tir de la cryp­to-zoolo­gie nom­bre de fig­ures hétéro­dox­es fascinées tout à la fois par le Christ et révul­sées à l’idée de servir un autre pou­voir que celui du Tout-Puis­sant. » Rémi Lélian, Causeur numéro 47, mai 2012.

« Bernanosien approx­i­matif (…) sym­pa­thisant lep­éniste (…) Jacques de Guille­bon a un seul tal­ent, celui de faire croire qu’il sait écrire, et peut-être même celui de nous faire croire qu’il sait penser », Juan Asen­sio.

« Lim­ite, dont la presse s’est peu fait l’écho mais dont la paru­tion n’est pas sans intérêt est un révéla­teur. Elle rassem­ble les con­tri­bu­tions de plusieurs des fon­da­teurs des Veilleurs, d’anciens de la revue Immé­di­ate­ment (Falk Van Gaver, Jacques de Guille­bon) et de Philipp Blond, le penseur «red tory», inspi­ra­teur de la Big Soci­ety dont David Cameron s’est saisi pour recon­fig­ur­er l’idéologie des con­ser­va­teurs bri­tan­niques », Slate, 11/09/2015.

« Non, l’ancienne députée de Vau­cluse Mar­i­on Maréchal-Le Pen, qui s’est mise pro­vi­soire­ment en retrait de la vie poli­tique, à 27 ans, n’a rien à voir avec le lance­ment de la revue L’Incorrect, qui sort en kiosques le 7 sep­tem­bre. Même si le directeur de la rédac­tion, Jacques de Guille­bon, donc, un essay­iste qui se revendique catholique tra­di­tion­al­iste, est un de ses amis, l’a con­seil­lée bénév­ole­ment et a écrit à l’occasion cer­tains de ses dis­cours. Et que le directeur de la com­mu­ni­ca­tion de ce nou­veau men­su­el, Arnaud Stephan, a été l’attaché par­lemen­taire et le bras droit de la petite fille de Jean-Marie Le Pen ces cinq dernières années », Le Monde, 01/09/2017.

« L’Incorrect pour­suit néan­moins le même objec­tif que la jeune retraitée de la poli­tique : jeter des ponts entre les dif­férentes familles de la droite et faire de ce mag­a­zine d’environ 80 pages, à la maque­tte léchée, qui doit être tiré à 10 000 exem­plaires pour son pre­mier numéro, une « mai­son com­mune », selon l’expression d’Arnaud Stephan », ibid.

« Élis­a­beth Lévy, surnom­mée par L’Incorrect « mar­raine de la réac académie », a vu émerg­er ces jeunes pouss­es très à droite qu’elle a par­fois con­tribué à for­mer. Jacques de Guille­bon, Eugénie Bastié, Paul Pic­car­reta sont tous passés par Causeur, qui déton­nait à leurs yeux dans le paysage médi­a­tique avec ces unes ouverte­ment « provoc’ », Medi­a­part, 19/01/2018, op. cit.

Crédit pho­to : cap­ture d’écran vidéo émis­sion “Tout le monde en par­le” (France 2) via INA.fr (DR)

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