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Pacte sur les migrations, sur les chaînes de télévision et les radios, une obsession : débusquer les « idées fausses »

17 décembre 2018

Temps de lecture : 3 minutes
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Pacte sur les migrations, sur les chaînes de télévision et les radios, une obsession : débusquer les « idées fausses »

Sur TMC le 8 décembre 2018, Yann Barthès et un journaliste du « 20h Médias » opposent les sincères aux manipulateurs et manipulés. Les journalistes affirment ainsi que l’opposition au texte est « menée par l’extrême droite ». Heureusement, « les médias traditionnels tentent eux de démêler la rumeur, démêler le vrai du faux ». Le propos est appuyé par des images de journalistes de France 2 et de France Info. Le journaliste conclut que le texte « ne donne pas de nouveaux droits pour les migrants, pas de nouvelles obligations pour les États, pas de transfert de souveraineté pour les états signataires. Ça c’est l’analyse des médias, l’analyse factuelle des médias traditionnels qui ont décortiqué le texte. Mais on sait à quel point tous ces médias sérieux sont contestés ».

Sur France 24 le 10 décem­bre, les opposants au Pacte sur les migra­tions sont traduits en procès pour incom­pé­tence. Le jour­nal­iste Cyril Payen, inter­viewé en tant qu’expert, se demande « si ceux qui cri­tiquent le texte en sont allés jusqu’au bout », un texte qui fait « une quar­an­taine de pages dont la lec­ture est un peu laborieuse ». « Le texte dit que les migra­tions, c’est une bonne chose et on doit faire avec ». « Ce texte n’est qu’une manière d’accompagner ce flux migra­toire ».

Pour Euronews, le Pacte, non con­traig­nant, ne fait que recenser des principes fon­da­men­taux de droit et for­muler des propo­si­tions pour une meilleure ges­tion des flux migra­toires. « Et de fait, il a été beau­coup reproché aux par­tis de droite et d’ex­trême droite d’avoir répan­du des fauss­es infor­ma­tions sur ce pacte… En France notam­ment, avec le Rassem­ble­ment Nation­al et le par­ti LR, et jusque chez les porte-paroles des Gilets jaunes ».

Sur les ondes

France Info fait le 10 décem­bre la chas­se aux «  nom­breuses fauss­es infor­ma­tions ». Après avoir énuméré les 23 objec­tifs, dont on con­state que cer­tains vont à l’encontre du droit nation­al (par exem­ple, la réten­tion admin­is­tra­tive des clan­des­tins doit être évitée à tout prix), le jour­nal­iste con­clut qu’ « en résumé, ce pacte n’in­stau­re donc pas d’oblig­a­tion juridique supra­na­tionale mais recense des engage­ments et des accords ».

Sur France Inter, « le pacte de Mar­rakech (est) une aubaine pour l’extrême-droite ». « Un pacte non con­traig­nant pour les États qui fait l’ob­jet de vir­u­lentes cri­tiques et de dés­in­for­ma­tion sur les réseaux soci­aux ». « En quelques jours, c’est toute la mou­vance (des gilets jaunes NDLR) qui s’est emparée du pacte migra­toire».

France Cul­ture estime le 10 décem­bre que « cer­tains poli­tiques et sym­pa­thisants, sou­vent d’ex­trême droite, ne le voient pas d’un bon œil et beau­coup fusti­gent un texte encour­ageant une immi­gra­tion incon­trôlée ». « Dans le texte, les Etats s’en­ga­gent ain­si à faire respecter le principe des droits de l’homme pour tous les migrants, quel que soit leur statut migra­toire (économique, en sit­u­a­tion régulière, irrégulière, etc.) ». Quels droits de l’homme ? Sûre­ment pas ceux de la déc­la­ra­tion de 1948, mais plutôt leur con­cep­tion exten­sive, pro­mue notam­ment par des ONG comme Amnesty International.

RTL s’interroge : « qu’est-ce que le “pacte de Marrakech”, un texte qui déchaîne les rumeurs ? ». « Ce texte n’a aucune valeur juridique et n’est donc pas contraignant. Chaque État reste ainsi maître de sa politique migratoire. D’autre part, le but unique du pacte est de proposer une meilleure coopération entre les États confrontés aux risques migratoires ».

Europe 1 essaie le 10 décem­bre de « décrypter » l’accord. « En clair, s’il n’a pas de car­ac­tère d’obligatoire, le doc­u­ment va tout de même servir à aigu­iller les débats et les réu­nions con­cer­nant l’immigration sur les 12 prochaines années ». La con­clu­sion du reportage est lais­sée à une eth­no­logue au Muséum d’His­toire Naturelle et co-auteur d’un “Man­i­feste” de sou­tien au Pacte : « Avec ce pacte, l’échange des infos doit devenir plus facile ».

In fine, un jour­nal­isme paresseux, qui se recopie, qui ment sur l’essentiel. Une illus­tra­tion par­faite de l’entre soi d’une par­tie de cette pro­fes­sion hors sol con­tre laque­lle les gilets jaunes s’insurgent.

 

Voir aussi

L’AFP et la véri­fi­ca­tion des infor­ma­tions : beau­coup de pro­pa­gande et peu d’analyse sur le Pacte de Marrakech

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