Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Offensive contre France Soir : cette insupportable liberté d’expression

23 février 2021

Temps de lecture : 4 minutes
Accueil | Veille médias | Offensive contre France Soir : cette insupportable liberté d’expression

Offensive contre France Soir : cette insupportable liberté d’expression

La ministre de la culture, Roselyne Bachelot, a demandé le 29 janvier 2021 le réexamen du statut de média d’« information politique et générale » (IPG) dont bénéficie le site d’information France Soir. L’enjeu pour celui-ci est de continuer à bénéficier de subventions publiques. Cette démarche n’est pas la seule qui vise à affaiblir France Soir. Nous revenons sur une récente campagne de pression faite par un collectif anonyme auprès d’annonceurs publicitaires. La technique pour affaiblir le site est, une nouvelle fois, d’essayer de taper au portefeuille. La radio d’État France Inter vient complaisamment d’offrir une nouvelle tribune aux instigateurs de cette démarche.

Dans un précé­dent arti­cle, l’OJIM a relayé un appel du directeur de la pub­li­ca­tion de France Soir pour soutenir ce média. Dans la liste des pres­sions subies par le site d’information citées par l’auteur de l’appel, Richard Boutry, l’une d’entre elles est absente : la cam­pagne menée par Sleep­ing Giants France visant à tarir la manne pub­lic­i­taire du site.

La nouvelle actualité de la censure

Ces derniers temps, les exem­ples de cen­sure, en par­ti­c­uli­er con­cer­nant la cou­ver­ture médi­a­tique de la ges­tion de la crise san­i­taire, n’ont pas man­qué. Tout se passe comme si une cer­taine caste con­sid­érait les citoyens comme des enfants inca­pables de faire preuve d’esprit cri­tique. L’initiative de la min­istre de la cul­ture s’inscrit dans un réc­it offi­ciel qui vise à présen­ter une ver­sion unique de la lutte con­tre le Covid-19. S’en éloign­er vous expose au qual­i­fi­catif de « com­plo­tiste » et vous fait sor­tir du cer­cle de la respectabil­ité. Après l’annonce de Rose­lyne Bach­e­lot du réex­a­m­en du statut de média d’« infor­ma­tion poli­tique et générale » (IPG) de France Soir, des inquisi­teurs mod­ernes ont essayé, avec un cer­tain suc­cès, de tarir la manne pub­lic­i­taire dont le site bénéficie.

Des dénonciations tous azimuts

L’OJIM a présen­té dans un arti­cle du 9 sep­tem­bre 2019 les Sleep­ing Giants, cette nou­velle ligue de ver­tu engagée dans la lutte con­tre cer­tains médias. Leur cre­do : la « lutte con­tre la haine ». Le refus de l’immigration de masse ? c’est de la haine. Le refus de mul­ti­cul­tur­al­isme ? c’est de la haine. Le refus de la dic­tature san­i­taire imposée actuelle­ment ? c’est de la haine. La pru­dence vis-à-vis des vac­cins ? c’est de la haine. Cha­cun aura bien com­pris que der­rière ce voca­ble, on peut met­tre tout et sou­vent n’importe quoi, pourvu que ce soit fait avec con­vic­tion et surtout dans le but de nuire.

Leur tech­nique : bra­quer les pro­jecteurs sur cer­tains médias sur les réseaux soci­aux, en par­ti­c­uli­er sur Twit­ter, et con­tac­ter les mar­ques qui passent de la pub­lic­ité sur les médias qui leur déplaisent. Les Sleep­ing Giants se van­tent ain­si d’avoir tari la manne pub­lic­i­taire de Boule­vard Voltaire et d’être inter­venus notam­ment auprès des annon­ceurs de Valeurs actuelles, de C News, etc.

L’offensive sur Twitter contre France Soir

Début févri­er, les Sleep­ing Giants ont fait pres­sion auprès d’annonceurs de pub­lic­ité présents sur le site de France Soir au motif fort peu argu­men­té que celui-ci serait « com­plo­tiste ». Qu’entendent les Sleep­ing Giants par le terme « com­plo­tiste » ? « relay­er des fauss­es infor­ma­tions sur la pandémie Covid ». Les Sleep­ing Giants con­nais­sent la vérité sur le Covid et ne sup­por­t­ent pas que l’on s’en éloigne. Ne cherchez pas à  savoir en quoi con­siste cette vérité, vous devenez complotiste.

Plusieurs jours de suite, des annon­ceurs qui ont pub­lié des pub­lic­ités sur le site de France Soir ont été inter­pelés par un cer­tain Antoine Debx com­plaisam­ment relayé par les Sleep­ing Giants : Free le 7 févri­er Euro­mas­ter, Inter­marché,  la MACIF, le 9 févri­er, Hertz, Vin­ci autoroutes le 11 févri­er, la Roche Posay le 18 févri­er, etc.

Le 9 févri­er, les Sleep­ing Giants se tar­guaient de la réponse de la société d’assurance MACIF qui a exclu France Soir de son « adbuy » : « France Soir ne cor­re­spond absol­u­ment pas aux valeurs de notre entre­prise ». D’autres annon­ceurs ont pu sup­primer leurs pub­lic­ités sur le site de France Soir sans infor­ma­tion particulière.

Belle promo de France inter pour les Sleeping Giants

Cette cam­pagne de pres­sion béné­fi­cie de la bien­veil­lance de nom­breux médias de grand chemin. En pleine cam­pagne con­tre France Soir, Sonia Dev­illers con­sacrait le 18 févri­er l’Instant M sur France inter aux Sleep­ing Giants. L’auditeur est mis dans le bain dès le titre de l’émission : « atta­quer les dis­cours de haine au porte­mon­naie ». Les ques­tions posées par la jour­nal­iste sont dans la même tonal­ité, puisque l’on est entre gens de bonne com­pag­nie et du même camp, le camp du bien. Il s’agit à l’occasion de l’anniversaire des 4 années du col­lec­tif d’activistes de pass­er les plats à l’invitée anonyme mem­bre des Sleep­ing Giants. Un anniver­saire, ça se fête sur France inter.

L’invitée se tar­gue que Boule­vard Voltaire ne béné­fi­cie plus de pub­lic­ités, ce qui n’est plus vrai depuis que des pub­lic­ités y sont pub­liées par des annon­ceurs mil­i­tants. Un détail, sans doute.

Quand l’interview abor­de le risque d’atteinte à la lib­erté d’expression, la mil­i­tante des Sleep­ing Giants s’érige en arbi­tre des élé­gances. Cer­tains sites ne dis­penseraient pas de l’information mais pub­lieraient unique­ment des édi­to­ri­aux. Voilà qui est insup­port­able : émet­tre des opin­ions. Don­ner des tri­bunes à des gens qui ne pensent pas comme vous, et quand par sur­croit ils béné­fi­cient de ressources finan­cières par la pub­lic­ité, vous n’y pensez pas !

Ce (Pub­li) reportage con­sacré aux Sleep­ing Giants était le deux­ième sur la radio publique affil­iée à l’Etat français, un pre­mier ayant été con­sacré deux ans aupar­a­vant à l’assèchement « des sites de dés­in­for­ma­tion, le com­bat sans relâche des Sleep­ing Giants ». Tout un programme.

La vidéo de présen­ta­tion du col­lec­tif est com­plai­saient insérée en fin d’article sur le site de la radio sub­ven­tion­née par vos impôts. En fin d’article tou­jours : « Thèmes asso­ciés » pour le lecteur et l’auditeur de France inter qui souhait­ent aller plus loin : « société », « extrême droite », « fake news ».

Le clergé médi­a­tique a ses dévots, Sonia Dev­illers en grande prêtresse com­plaisante. Ils béné­fi­cient de la bien­veil­lance de leurs maitres à penser. Et de cer­tains annon­ceurs prêt à céder à n’importe quelle intimidation.

Publicité

Derniers portraits ajoutés

Michel Cymes

PORTRAIT — “Ani­ma­teur préféré des téléspec­ta­teurs” plusieurs années durant, le doc­teur Michel Cymes est une star de la vul­gar­i­sa­tion médi­cale, que ce soit sur le petit écran ou à la radio. Il est à nou­veau sur le devant de la scène à l’oc­ca­sion de l’épidémie de coronavirus.

Bernard de la Villardière

PORTRAIT — Bernard de la Vil­lardière, né Bernard Berg­er de la Vil­lardière, est un jour­nal­iste et ani­ma­teur de télévi­sion et de radio français. Né en mars 1958 au Rheu, dans le départe­ment d’Ille-et-Vilaine en Bre­tagne, il a trois frères et est désor­mais père de qua­tre enfants.

Alexis Orsini

PORTRAIT — Alex­is Orsi­ni traque les dés­in­for­ma­teurs tous azimuts pour 20 Min­utes. Il se dis­tingue régulière­ment par son manque de scrupules dans la véri­fi­ca­tion des faits et sa célérité à point­er du doigt l’extrême-droite, comme nom­bre de ses confrères

Ruth Elkrief

PORTRAIT — Par­ti­sane d’une droite libérale lib­er­taire et mod­érée, Ruth Elkrief a tou­jours affiché une détes­ta­tion du Front nation­al. Elle défend vigoureuse­ment les droits de l’homme en France, et ceux du sion­isme en Israël.

Franz-Olivier Giesbert

PORTRAIT — Celui qui a quit­té début 2014 la direc­tion du Point a passé sa vie dans une ambiguïté toute assumée avec philoso­phie, jonglant entre la droite et la gauche, entre la cam­pagne et la ville, entre les chèvres et le Siè­cle, entre l’indépendance et la con­nivence. FOG, c’est la schiz­o­phrénie réfléchie.