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Menaces pour la démocratie : les populismes ou les migrations, qu’en disent les médias

31 juillet 2018

Temps de lecture : 6 minutes
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Menaces pour la démocratie : les populismes ou les migrations, qu’en disent les médias

Red­if­fu­sion. Pre­mière dif­fu­sion le 28 juin 2018

Chaque semaine, une réalité apparaît : la question migratoire, et non pas « crise » tant la situation paraît organisée, menace la démocratie. Parce qu’elle ferait progresser les populismes, disent les médias officiels. Ne serait-ce pas plutôt ces migrations qui, elles-mêmes, sont une menace pour les démocraties ?

Entre procès d’un deman­deur d’asile assas­sin d’une ado­les­cente à Cologne, arresta­tion et extra­di­tion d’un autre meur­tri­er du même acabit, anti trump­isme général­isé con­cer­nant sa poli­tique migra­toire, fake news à la Une des mag­a­zines (une enfant « mex­i­caine » – mais qui ne l’est pas – « séparée » de ses par­ents mais qui n’est pas séparée en réal­ité), péré­gri­na­tions de l’Aquarius et autres navires sem­blant se mul­ti­pli­er, crise au sein de LR au sujet de « l’identité », accouche­ment somptueuse­ment médi­atisé d’une ivoiri­enne dans le RER (à par­tir de 2’) à Paris, vivre ensem­ble mul­ti­eth­nique trans à l’Elysée, mini som­met de crise (boy­cotté par des pays de la Mit­teleu­ropa faisant preuve de respon­s­abil­ité sur ces ques­tions) pré­fig­u­rant un som­met européen fin juin ou, il y a peu, escalade de façade d’immeuble par l’un des sup­posés sauveteurs de l’Europe de demain, les semaines se suiv­ent et se ressem­blent : la ques­tion des migrants occupe l’essentiel de l’espace pub­lic. Et cette occu­pa­tion, sym­bol­ique dans l’espace médi­a­tique, mais aus­si con­crète dans nom­bre de villes et bien­tôt de vil­lages, hérisse de plus en plus le poil des peu­ples européens. Partout, le cri des peu­ples dit : l’immigration, ça suf­fit. Les médias offi­ciels enten­dent-ils aus­si peu ce cri que les « élites mon­di­al­isées » d’Europe de l’Ouest ? Dif­fi­cile d’en douter quand, au sujet des migra­tions entre Mex­ique et États-Unis, L’Obs peut trou­ver légitime une fake news telle que celle de la petite fille pré­ten­du­ment séparée de ses par­ents. Que la pho­to soit util­isée de manière fraud­uleuse et qu’elle soit sans rap­port avec la ques­tion de la sépa­ra­tion des enfants migrants et de leurs par­ents n’est pas un souci pour l’hebdomadaire. À ce compte-là, pourquoi ne pas pub­li­er n’importe quelle pho­to pour n’importe quel événe­ment ?

Un ordre du jour simple : les migrants

Les européens et les médias offi­ciels n’ont qu’une ques­tion impor­tante à l’ordre per­ma­nent du jour : les migrants. Un ordre du jour cepen­dant pour le moins ori­en­té. Pire, un ordre du jour dont les effets sont favorisés tant par ces médias que par une par­tie des gou­verne­ments européens, autour de Mon­sieur Macron et de Madame Merkel, cette dernière étant prise dans un scan­dale . Petit tour de piste dans les médias offi­ciels, semaine du 18 au 23 juin :

  • Le Monde : le week-end du 17–18 juin, le quo­ti­di­en con­sid­ère que la ques­tion de l’Aquarius se résume à un « piège » ten­du par l’extrême droite. Le lende­main, Le Monde, pub­lie une pho­to émo­tion­nelle en Une, pour annon­cer un dossier de trois pages, dossier en forme de réc­it à bord du bateau. Le titre ? « L’Odyssée ». Le quo­ti­di­en a des références grec­ques antiques sem­ble-t-il, même si sur la pho­to les revenants de la pré­ten­due actuelle guerre de Troie sont africains et pour nom­bre d’entre eux musul­mans.
  • Même axe dans Mar­i­anne : un réc­it à bord de l’Aquarius, reportage de trois semaines qui insiste néan­moins sur le naufrage de la poli­tique migra­toire européenne.

En règle générale, en ce début de semaine, out­re ces deux exem­ples, la majeure par­tie des organes de presse s’intéresse à la sit­u­a­tion de l’Aquarius et note que « l’errance » (Le Figaro, 18 juin 2018) de ce navire a con­duit l’Union Européenne à revoir sa feuille de route con­cer­nant les migra­tions, ce qui ne se fait pas sans divi­sions.

Le cas allemand

L’Aquarius n’est cepen­dant pas le seul événe­ment lié aux migra­tions. Au con­traire, ces dernières occu­pent ample­ment l’espace pub­lic. En Alle­magne, par exem­ple, quand le min­istre de l’intérieur lance un ulti­ma­tum à la Chancelière Merkel, en plus de l’accusation portée par ailleurs con­tre la Chancelière, con­cer­nant la val­i­da­tion sans réelle véri­fi­ca­tion des pro­fils de plus de 1000 deman­deurs d’asile. L’Allemagne, un pays où selon Le Figaro près de « 90 % des habi­tants récla­ment une accéléra­tion des expul­sions des migrants illé­gaux ». Pour France 24, par ailleurs hébergeur d’un site aidant les migrants à venir en Europe, la « droite alle­mande » et le min­istre de l’intérieur « d’extrême droite » imposent « un ulti­ma­tum de deux semaines pour une solu­tion européenne au défi migra­toire », « ulti­ma­tum » qui provoque bien­tôt un mini som­met de crise sur cette ques­tion, puis l’annonce déjà indiqué d’un som­met à venir. À ce stade :

  • l’ensemble des médias con­tin­ue à analyser les migra­tions du seul point de vue de la sit­u­a­tion des migrants et de ce que com­mu­niquent des ONG qui, pour nom­bre d’entre elles, sont main­tenant claire­ment iden­ti­fiées comme étant des organes poli­tiques en faveur des migra­tions (voire leurs organ­isa­teurs) et non des out­ils de pro­tec­tion de vic­times.
  • Ces mêmes médias con­ser­vent une analyse binaire, la palme revenant ici au Point, en accu­sant toute volon­té de poli­tique autre que celle de l’actuelle UE de poli­tique venue des tré­fonds d’une pré­ten­due extrême droite, con­cept fort heureuse­ment dis­cuté par ailleurs. Cette con­cep­tion binaire saute aux yeux quand l’un ou l’autre média offi­ciel évoque l’Italie.

Côté alle­mand, la machine de défense des poli­tiques migra­toires actuelles et l’idéologie des fron­tières ouvertes en vue de sauver la démo­gra­phie européenne (tel est l’objet de la poli­tique migra­toire imposée par l’UE aux peu­ples européens) se met rapi­de­ment en bran­le. Ain­si :

Négation du réel

Notons qu’aucun média offi­ciel ne dit le réel, ne nomme, ni n’accuse claire­ment. Il est pour­tant devenu évi­dent que c’est la poli­tique d’appel migra­toire, au pré­texte — depuis remisé sous le tapis tant il était grossier — d’accueil de réfugiés des guer­res, qui apporte le mal­heur. Une poli­tique d’appel et d’ouverture volon­taire, qui est respon­s­able de la sit­u­a­tion actuelle, de la divi­sion de l’Europe, des réac­tions des peu­ples européens et des souf­frances des africains en route vers l’eldorado promis par les libéraux lib­er­taires au pou­voir. Les pré­ten­dus pop­ulismes, les migrants, les européens de souche ne sont pas respon­s­ables des drames actuels, pas plus que les jeunes femmes vio­lées dans toute l’Europe. La respon­s­abil­ité incombe aux gou­verne­ments soci­aux libéraux en place depuis des décen­nies.

Ce fait qu’aucun média offi­ciel n’informe ni n’enquête à ce pro­pos est révéla­teur de la col­lu­sion idéologique entre les médias et les pou­voir poli­tiques européens actuels dans leur majorité, les deux ayant offi­cielle­ment des pré­ten­tions démoc­ra­tiques. Ce dont les peu­ples européens sem­blent douter de plus en plus. Pour l’ensemble de ces médias et de ces poli­tiques, du côté occi­den­tal de l’UE, excep­tées l’Italie et une frange des pays de l’est, la tragédie en cours incomberait aux pop­ulistes, extrémistes de droite, intel­lectuels émeu­tiers, médias de réin­for­ma­tion etc. Autrement dit à tous ceux qui n’ont absol­u­ment aucune respon­s­abil­ité dans les déci­sions poli­tiques ayant con­duit à ces tragédies.

Les dangers liés aux migrations, cela n’existe pas ?

En plein cœur de la crise migra­toire de 2015 et 2016, divers­es voix non offi­cielles s’étaient exprimées, à l’instar de TV Lib­ertés (ce qui souligne com­bi­en ce type de médias est une néces­sité et par­al­lèle­ment les raisons pro­fondes de la volon­té de les cen­sur­er), pour indi­quer que la masse des migrants en route vers l’Europe por­tait for­cé­ment en elle des ter­ror­istes islamistes assas­sins. Les médias et poli­tiques offi­ciels hurlèrent alors à « l’extrême droite ». Il s’est avéré qu’en effet ces vagues migra­toires ont porté leur lot de tueurs d’européens. Seule une vision idéologique de la sit­u­a­tion pou­vait empêch­er de saisir com­bi­en les migra­tions actuelles sont une men­ace en règle générale, et sur le plan ter­ror­iste en par­ti­c­uli­er. En juin 2018, les mêmes médias et poli­tiques offi­ciels sem­blent ne pas voir com­bi­en les peu­ples européens désavouent leurs poli­tiques, envis­ageant par­fois de punir plutôt que d’écouter la voix des peu­ples, autrement dit de la démoc­ra­tie. La Croix, con­tin­ue de con­sid­ér­er que ce qui « men­ace les démoc­ra­ties occi­den­tales » est « la peur des migra­tions » et non pas les migra­tions en tant que telles. La réal­ité, con­traire­ment à La Croix, au Monde, Libéra­tion, France Inter et autres, les européens et les Français la voient : la vio­lence liée aux migrants est dev­enue déli­rante en Europe, et en par­ti­c­uli­er les agres­sions sex­uelles. La vio­lence, cette réal­ité que des médias con­tin­u­ent à nier ou min­imiser, ain­si le Huff­post et l’AFP le 19 juin 2018.

Occulter l’essentiel

Entre pro­pa­gande per­ma­nente et men­songes récur­rents, les médias offi­ciels occul­tent l’essentiel :

  • Ce sont les peu­ples, européens mais aus­si africains qui sont actuelle­ment vic­times des poli­tiques migra­toires, relayées de manière lar­moy­ante par les médias offi­ciels. Les pre­miers car ils sont face à une volon­té claire de rem­place­ment civil­i­sa­tion­nel. Les sec­onds car ces poli­tiques pré­ten­du­ment human­i­taires sont en réal­ité inhu­maines, une inhu­man­ité dont les décideurs de ces poli­tiques sont com­plices.
  • L’idéologie du vivre ensem­ble mul­ti­cul­turel, de la repen­tance et la volon­té de raje­u­nir la démo­gra­phie européenne à coups de migra­tions ne doit pas faire oubli­er que d’autres poli­tiques sont pos­si­bles. Le respect des fron­tières et des aires civil­i­sa­tion­nelles met­tront un terme à ce traf­ic inhu­main d’êtres humains que sont les migra­tions, ain­si qu’une poli­tique sou­veraine des pays africains, à l’échelle du con­ti­nent. Pas l’accueil incon­trôlé de pop­u­la­tions incon­trôlables.

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