Et à gauche ? Encore un journal ?

C’est de notoriété publique : en France, la majorité des journalistes votent à gauche ou pour des mouvements politiques s’affirmant de gauche ou de centre gauche. Ce n’est pas récent. Il y a une sorte de collusion permanente entre milieux politiques de gauche et journalistes du même bord. Avec Thierry Mandon et Jean-Luc Mélenchon, un angle intéressant se dessine : ce ne sont plus seulement les journalistes qui œuvrent à gauche mais les politiques qui se rêvent en patrons de presse.

Thierry Mandon partirait à l’aventure journalistique ?

Malgré 30 ans de vie politique, son nom n’est pas connu du grand public. Membre du parti socialiste, maire de Ris-Orangis, longtemps député de l’Essonne, Thierry Mandon a été secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé de la Réforme de l’État et de la Simplification en 2014, puis secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à partir de 2015. Une carrière d’apparatchik du PS en bonne et due forme. Un de ces politiques qui auraient pris un coup de vieux à l’occasion de l’élection de l’actuel président de la République. D’ailleurs, Mandon a du nez. À l’approche des récentes législatives, ce nez lui fait sentir le vent : le politicien professionnel décide de ne pas se représenter. Abandonner son siège à l’Assemblée, en juin 2017 ? Courageux, pas de doute. Au quotidien Le Monde, il ne déclare pas vouloir « quitter la vie politique » mais se lancer dans une « aventure utile ». La presse. 30 ans de vie politique avant de s’apercevoir de l’inutilité de cette vie. Le voici donc directeur général d’un hebdomadaire dont le nom ne sera pas dévoilé avant le 14 juillet, lors d’une fête organisée à Autun. En Saône-et-Loire, aux confins du Morvan Il ne semble pas que ce soit une blague. En tout cas, pas de doute sur l’orientation politique de l’hebdomadaire qui vient, au vu du parcours de son directeur.

Mélenchon n’arrête plus de chanter La Marseillaise

Insoumise, la presse, du côté de Marseille ? La rumeur enfle : Jean-Luc Mélenchon se rêverait en patron de La Marseillaise. Mélenchon patron ? Ce n’est pas une galéjade. D’après le JDD du 2 juillet, tout comme d’après BFM le 3 juillet, Jean-Luc Mélenchon aimerait racheter les locaux de La Marseillaise et en devenir le directeur. Il déclare, dans un élan typiquement narcissique : « Écrire mon édito chaque matin, ce serait mon ambition folle ». Déclaration qui fait découvrir à nombre de Français que dans les années 70 du siècle passé le néo député et chef de file de La France Insoumise était pigiste, avant de créer La Tribune du Jura. Un journal socialiste. L’appel du pied n’est pas anodin. Le quotidien marseillais qui a toujours été ancré à gauche, à proximité du parti communiste français rencontre des difficultés financières importantes, même si l’un de ses journalistes a reçu le Prix Albert Londres en 2014. Le même journaliste est l’auteur d’un étrange et récent « coming out » familial.

Un hebdomadaire dirigé par Mandon et une Marseillaise mélenchoniste à venir ? Rien de bien nouveau, du binaire politique comme d’habitude.

Crédit photo : Rémi Noyon via Flickr (cc)