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Pub­lié le 10 novembre 2018 | Éti­quettes : , , ,

Le feuilleton Nice-Matin et La Marseillaise, l’imbroglio immobilier

Depuis l’entrée du groupe belge Nethys dans le capital de Nice-Matin fin 2016, la vie du quotidien niçois sous forme coopérative n’a pas été de tout repos. Il en est de même au quotidien communiste La Marseillaise dont un témoin proche nous avait décrit les difficultés le 21 mars 2018. Dans les deux cas le patrimoine immobilier excite les convoitises.

Quartus/Natixis en embuscade

Le Quartus n’est pas une plante comestible mais une filiale de Natixis (groupe Banque Populaire Caisses d’épargne) un groupe immobilier qui veut construire « une nouvelle urbanité », des gens urbains donc polis. Cette exquise urbanité a conduit ce groupe immobilier, filiale d’une banque, à prendre une participation de 33% du capital de La Marseillaise un journal communiste, comme le relevait la Lettre A du 23 octobre 2018.

En ce qui concerne Nice-Matin, la même Lettre A précisait Quartus « s’intéresse au patrimoine immobilier des deux groupes de médias en difficulté ». Précisant qu’à la place d’une ancienne rotative au siège du journal sera créée (dans des conditions non précisées) une salle de congrès initiée par les deux partenaires, le journal et le promoteur immobilier. Comme le groupe Nethys doit indiquer en 2019 s’il se retire ou réinvestit, un changement d’actionnaires au profit de Quartus semblait de l’ordre du possible.

Fureur de Quartus et de Nice-Matin

Les articles de La Lettre A ont déplus aux directions des intéressés qui se sont fendus de deux communiqués vengeurs pour essayer de démentir tout ou partie ces informations. Nice-Matin a accusé l’auteur de ne pas avoir contacté sa direction, parlant d’infox (fake news). A ceci prés qu’un journaliste de la Lettre A a obtenu le 25 octobre 2018 un entretien téléphonique avec Jean-Marc Pastorino président du groupe Nice-Matin. Ce dernier a confirmé le projet de salle de congrès et n’a pas répondu à la question sur l’ouverture du capital en 2019.

De son côté Quartus a précisé qu’il « n’a pas l’intention d’investir dans la presse quelle qu’elle soit. Il en est de même pour l’amalgame opéré sur le siège de La Marseillaise ». Hélas pour le promoteur, les doigts sortis du pot de confitures sont encore poisseux et sucrés : Quartus a bien pris 33% du capital de La Marseillaise, en bon français cela s’appelle un investissement. Ces 33% ont un collatéral, le siège du journal dont les 5000 m2 dans le quartier du Vieux Port deviennent propriété de Quartus qui y installera certains de ses bureaux sur 3500 m2 en 2019, le reste étant loué au quotidien communiste. Par ailleurs Quartus a confirmé d’étranges liens par son intermédiaire entre Nice-Matin et La Marseillaise. Quartus confirme « C’est en effet au titre strict de conseil auprès du groupe Quartus que Nice-Matin intervient auprès de ses confrères de La Marseillaise ». Un quotidien niçois devient « conseil de presse » d’un promoteur immobilier alors que rien n’empêche un contact direct entre les deux titres. Un imbroglio qui rappelle les mœurs parfois étranges du secteur immobilier.

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