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La galaxie médiatique de Soros passée au crible

24 janvier 2023

Temps de lecture : 5 minutes
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La galaxie médiatique de Soros passée au crible

24 janvier 2023

Temps de lecture : 5 minutes

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L’année 2023 commence fort en termes d’actualité sorosienne. L’homme d’affaires américain George Soros, à la tête d’un empire financier qu’il met au service de projets d’influence politique, vient en effet de faire l’objet d’un rapport en trois parties rendu aux États-Unis par l’institut MRC et écornant encore une fois sérieusement son image de simple philanthrope désintéressé.

Les médias conservateurs US conservateurs vent debout

Le début de l’année a démar­ré sur les cha­peaux de roue sur les plateaux et dans les colonnes des médias US opposés à l’agenda libéral lib­er­taire. Sans sur­prise, Fox News se retrou­ve en tête de cette nième dénon­ci­a­tion de l’influence néfaste de Soros.

Le 17 jan­vi­er, c’est sur cette chaîne que Brent Bozell, le fon­da­teur du Media Research Cen­ter (MRC), proche des milieux con­ser­va­teurs améri­cains et à l’origine de ces dernières révéla­tions, s’est payé le célèbre défenseur de la société ouverte. Spé­cial­isé dans l’étude des biais médi­a­tiques pra­tiqués par les jour­nal­istes libéraux lib­er­taires, le MRC de Bozell a cette fois-ci élar­gi son champ de recherche en livrant un tra­vail con­sid­érable sur les réseaux de Soros dans les médias et les finance­ments que ce dernier accorde à ses amis de la presse.

Des liens avec 54 personnalités de l’establishment médiatique US

Ces travaux du MRC ont le mérite de traiter le cas de l’influence de Soros dans les médias sous un angle inhab­ituel. D’ordinaire la galax­ie Soros est étudiée en dres­sant une liste et des arbores­cences des mou­ve­ments financiers par­tant de très nom­breuses fon­da­tions liées à l’homme d’affaires, un ensem­ble dont le cœur se con­stitue des Open Soci­ety Foun­da­tions. Les auteurs de ce rap­port procè­dent aus­si ain­si, mais ajoute à cette démarche une liste com­prenant non pas seule­ment des médias financés par Soros mais aus­si des per­son­nal­ités étant liées par leurs par­cours au mil­liar­daire américain.

Cette liste com­prend notam­ment des reporters, des présen­ta­teurs, des chroniqueurs, des jour­nal­istes et des directeurs de l’information des médias suiv­ants : ABC, CBS, NPR, Bloomberg News, Reuters, The New York Times ou encore The Wash­ing­ton Post en la per­son­ne de sa rédac­trice en chef Sal­ly Buzbee. La liste com­prend aus­si l’incontournable Lester Holt, présen­ta­teur des Night­ly News sur NBC.

En remon­tant les fils du Com­mit­tee to Pro­tect Jour­nal­ists (CPJ), financé par Soros à hau­teur de plusieurs mil­lions de dol­lars au cours des dernières années, l’étude de l’institut MRC tombe aus­si sur une fig­ure absol­u­ment cen­trale des médias US proches des Démoc­rates : Chris­tiane Aman­pour, la star de CNN Inter­na­tion­al, à la tête d’une émis­sion don­nant le la en matière de poli­tique étrangère et en charge de la coor­di­na­tion des cor­re­spon­dants inter­na­tionaux de la chaîne. Sans doute une vieille con­nais­sance de Soros, Aman­pour ayant tra­vail­lé en Europe de l’Est et à Franc­fort à la fin des années 80 et au début des années 90, une péri­ode au cours de laque­lle les réseaux Soros fai­saient preuve d’une activ­ité fréné­tique dans cette région.

Le MRC met aus­si le doigt sur des liens entre George Soros et Cesar Conde, prési­dent de NBCU­ni­ver­sal News Group, un groupe de presse qui cha­peaute NBC News, MSNBC et CNBC. Ces liens passent par l’institut Aspen, que Soros finance (1,1 mil­lion de dol­lars entre 2016 et 2020), et le Coun­cil on For­eign Rela­tions (CFR), dont Conde est mem­bre per­ma­nent. Le puis­sant CFR dis­pose aus­si d’une branche européenne, l’ECFR, véri­ta­ble ten­tac­ule de la pieu­vre Soros, où on retrou­ve des jour­nal­istes français­es bien con­nues, Sylvie Kauf­mann et Chris­tine Ock­rent par exemple.

Voir aus­si : Le Media Devel­op­ment Invest­ment Fund : arme finan­cière des réseaux d’influence médi­a­tique de George Soros

253 médias soutenus de 2016 à 2020

Autre orig­i­nal­ité des travaux du MRC : la durée qu’ils pren­nent en compte. Les auteurs de cette étude, Joseph Vasquez et Daniel Schnei­der, ont en effet pris la péri­ode 2016–2020 pour iden­ti­fi­er les médias con­crète­ment con­cernés par un sou­tien des fon­da­tions liées à George Soros. Vasquez et Schnei­der sont au final arrivés à la con­clu­sion que sur ces qua­tre années 253 médias avaient été financés par le mil­liar­daire améri­cain pour un total de 131 mil­lions de dol­lars.

Par­mi ces 253 médias financés on trou­ve en haut de la pyra­mide des pro­jets emblé­ma­tiques des fon­da­tions Soros. Par exem­ple, Project Syn­di­cate, une plate­forme sur laque­lle s’exprime les grands noms du mon­di­al­isme libéral lib­er­taire. Soros lui a ver­sé plus de 1,5 mil­lion de dol­lars entre 2016 et 2020. On trou­ve aus­si le Poyn­ter Insti­tute (492 00 dol­lars en qua­tre ans), une struc­ture éduquant les jeunes jour­nal­istes au fact-check­ing et aux thèmes phares de la société ouverte. Poyn­ter a par exem­ple sous sa coupe le pro­jet Poli­ti­Fact, maître du fact-check­ing anti-Trump.

Moins con­nu du grand pub­lic, le pro­jet sorosien Free Press est lui aus­si bien loti : plus de 1,6 mil­lions de dol­lars en qua­tre ans. Free Press est très affir­matif dans ses con­tenus et sans arrêt en croisade con­tre le Mal. Dans son rap­port 2021, Free Press se félicite par exem­ple de la sup­pres­sion du compte Twit­ter de Don­ald Trump, y voy­ant une vic­toire pour les gens de couleur, les immi­grés et les minorités.

MRC accorde aus­si une bonne place dans son rap­port au Media Democ­ra­cy Fund (MDF), un pro­jet « gar­gantuesque dédié à la jus­tice sociale ver­sion woke ». Très en pointe dans tous les com­bats wok­istes, le MDF s’est aus­si dis­tin­gué par une défense acharnée de la nar­ra­tion san­i­taire en 2020–2021. Pour ce faire, il ne man­quait pas de moyens, Soros lui ayant ver­sé plus de 3,5 mil­lions de dol­lars de 2016 à 2020. Le MDF appar­tient par ailleurs à un pro­jet plus large, le New Ven­ture Fund, que Soros a financé à hau­teur de plus de 50 mil­lions de dol­lars entre 2016 et 2020.

Voir aus­si : Soros étend encore son influ­ence dans les médias polonais

Le meilleur pour la fin : 21 milliards de dollars pour des projets politiques depuis 2000

L’étude en trois volets du MRC inter­vient au même moment que la pub­li­ca­tion d’une étude faite par un autre insti­tut améri­cain, le Cap­i­tal Research Cen­ter (CRC). Le 4 jan­vi­er, le CRC a en effet livré ses con­clu­sions d’un tra­vail plus large que celui du MRC.

CRC s’est intéressé aux pro­jets et per­son­nes soutenus par Soros dans un cadre allant au-delà du secteur des médias et englobant toutes les activ­ités poli­tiques et mil­i­tantes chères au mil­liar­daire améri­cain : sou­tien à l’immigration clan­des­tine, libéral­i­sa­tion totale de l’avortement, défense des minorités raciales et sex­uelles, change­ment des lois élec­torales au prof­it des forces pro­gres­sistes. Le CRC ne prend pas de gant et classe tous ces pro­jets dans la caté­gorie « gauche radicale ».

Au total, depuis 2000, 21 mil­liards de dol­lars ont été con­sacrés par George Soros à ces activ­ités poli­tiques. Sur la seule année 2021, le patron des Open Soci­ety Foun­da­tions a ver­sé 2,7 mil­liards de dol­lars pour choy­er ces caus­es. Le CRC nous apprend même que Soros dépasse d’une courte tête Bill Gates dans son sou­tien au Con­seil européen. On ne le sait pas assez, mais cette insti­tu­tion de l’UE, présidée par Charles Michel, reçoit des dons de par­ti­c­uliers. Les rap­ports financiers de cette insti­tu­tion indiquent en effet que les fon­da­tions de Soros lui ont don­né 1,5 mil­lion d’euros entre 2004 et 2013 alors que celles de Gates ont ver­sé 950 000 euros sur la péri­ode 2006–2014. Soros est d’ailleurs devant Gates le plus grand dona­teur privé de cette institution.

Voir aus­si : Élec­tion prési­den­tielle de 2024 aux États-Unis, Soros investit dans 18 radios latinos

Pour con­clure, revenons au goût de Soros pour les médias. Le pape de la société ouverte a soutenu Couri­er News­room, la société de médias pro­duisant des con­tenus de pro­pa­gande pour les can­di­dats démoc­rates aux États-Unis. Un sou­tien qui en dit en long sur la con­cep­tion qu’il se fait des médias, qui, comme on le sait, se doivent d’être « libres et indépendants ».

Notre brochure sur Soros et la société ouverte est à retrou­ver ici.

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