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Dossier : Les médias face à l’Islam, soumission ?

12 mai 2015

Temps de lecture : 11 minutes
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Dossier : Les médias face à l’Islam, soumission ?

Sujet à la fois périlleux et récurrent entre tous, comment l’Islam est-il traité par les médias français ? Après un mois particulièrement chargé en actualités ayant trait à un certain Islam en guerre contre le Christianisme — profanation du cimetière de Castres, noyades de migrants chrétiens par des migrants musulmans et attentats déjoués contre des églises -, l’OJIM se penche sur cette question critique.

La guerre que mène con­tre l’Occident l’Islam rad­i­cal, du 11 sep­tem­bre 2001 jusqu’à aujourd’hui, com­porte plus qu’à aucune autre époque une dimen­sion médi­a­tique et spec­tac­u­laire. On sait depuis Sun Tzu, et davan­tage encore depuis Clause­witz, que la guerre se mène et se gagne bien au-delà du choc des hommes. Dans un monde à la fois glob­al­isé et hyper-médi­atisé, le com­bat sur le plan de l’image est stratégique­ment essen­tiel. Au point, d’ailleurs, que la destruc­tion des Twin Tow­ers, à New York, fut avant tout, en ter­mes mil­i­taires, un atten­tat visuel. 3000 morts chez l’ennemi, si on les com­pare aux car­nages des guer­res clas­siques, ce n’est pas grand-chose. Mais la dif­fu­sion de telles images d’apocalypse hol­ly­woo­d­i­enne en boucle sur toute la planète, voilà quel était le remar­quable suc­cès stratégique de l’attaque. Depuis, Al Quae­da s’est vu sup­plan­tée par Daech, et l’État Islamique, quant à lui, mitraille tou­jours en pre­mier lieu sur le front médi­a­tique. Exploitant le con­stat pub­lic­i­taire sor­dide qu’on pour­rait résumer par : « Plus c’est gore, plus ça buzze », leurs atroc­ités divers­es per­me­t­tent à ces excel­lents com­mu­ni­cants de cumuler les vues sur YouTube. Le piratage de TV5 Monde, le 8 avril dernier, par une branche inter­net se récla­mant de l’État Islamique, témoignait encore de l’efficacité de leurs tech­niques comme de l’importance allouée à cette dimen­sion du com­bat. Dans un tel con­texte, l’information et son traite­ment dans nos médias devi­en­nent un exer­ci­ce très com­plexe puisqu’ils se jouent désor­mais sur un champ de bataille : on sort du cer­cle civ­il pour se retrou­ver aux pris­es avec des prob­lé­ma­tiques mil­i­taires. L’information devient un enjeu stratégique, qu’on le veuille ou non, sauf que le pays n’étant pas non plus soumis à une quel­conque loi mar­tiale, une cer­taine ambiguïté dans la marge de manœu­vre vient ajouter encore une dif­fi­culté sup­plé­men­taire. Ain­si, d’un côté, il serait absurde de reprocher aux médias de traiter des agres­sions islamiques sans employ­er un fil­tre par­ti­c­uli­er. D’un autre côté, le fil­tre en ques­tion, s’il ne doit pas empêch­er la mis­sion d’information du grand pub­lic, doit égale­ment être jugé pour ses con­séquences militaires.

« Ce que veulent les djihadistes »

Dans Chal­lenges, le 23 avril dernier, un pro­fesseur à Sci­ences-Po, Jean-Pierre Fil­iu, s’exprime sur la stratégie dji­hadiste après les atten­tats ratés de Sid Ahmed Ghlam (l’expression d’« atten­tats déjoués » comme l’ont répétée la plu­part des médias par réflexe pavlovien, est com­plète­ment fal­lac­i­euse puisque per­son­ne n’a déjoué ces atten­tats, ils n’ont sim­ple­ment pas pu être per­pétrés parce que le ter­ror­iste s’est trahi tout seul). « Leur objec­tif fon­da­men­tal est de déclencher une spi­rale de vio­lence inter-com­mu­nau­taire en France comme dans les pays voisins, en sus­ci­tant, par des provo­ca­tions ter­ror­istes, des repré­sailles aveu­gles con­tre les pop­u­la­tions musul­manes », expose le pro­fesseur, avant de con­tin­uer : « C’est ain­si qu’ils avaient diver­si­fié leurs cibles de jan­vi­er dernier, espérant provo­quer les juifs par le mas­sacre de l’Hyper Cacher, les laïcs par l’attentat con­tre Char­lie Heb­do et les forces de l’ordre par le meurtre de policiers. Ce plan a été mis en échec par la mobil­i­sa­tion citoyenne du 11 jan­vi­er. Ils se tour­nent désor­mais con­tre les églis­es. Mais demain, cela pour­ra être les écoles ou les cen­tres com­mer­ci­aux, l’objectif étant tou­jours de pren­dre les musul­mans en otages ». Si l’on voit très bien, en effet, l’intérêt pour l’E.I. de fomenter une rad­i­cal­i­sa­tion des musul­mans d’Europe afin que ceux-ci leur ser­vent de « cinquième colonne », ce qui reste très étrange dans la rhé­torique de Jean-Pierre Fil­iu, c’est, alors que des Chré­tiens sont visés en rai­son de leur foi, qu’il lui sem­ble que les seules vic­times véri­ta­bles in fine soient les musul­mans : « repré­sailles aveu­gles con­tre les pop­u­la­tions musul­manes », « pren­dre les musul­mans en otages », voici ce qui est con­clusif dans son dis­cours. Et le fait que soient ciblées des pop­u­la­tions chré­ti­ennes est com­plète­ment rel­a­tivisé — alors même que les chré­tiens four­nissent actuelle­ment, dans le monde, un ter­ri­ble con­tin­gent de mar­tyrs. En effet, ils ne représen­tent qu’une caté­gorie par­mi d’autres (Juifs, laïcs, forces de l’ordre, voire sco­laires ou com­merçants ?) Pour­tant les qua­tre dernières caté­gories ne sont, bien sûr, résol­u­ment pas per­ti­nentes. Le jour­nal satirique a été châtié pour blas­phème, les forces de l’ordre représen­tent l’État français : il n’y a aucune diver­si­fi­ca­tion des cibles.

Presse unanime

Comme en témoigne la revue de presse de L’Obs du 23 avril, les réac­tions au lende­main de l’arrestation de Sid Ahmed Ghlam sont à peu près unanimes. S’il est temps de « regarder les choses en face », comme l’affirme Bruno Dive dans Sud Ouest, voire de « met­tre hors d’état de nuire des prédi­ca­teurs qui sévis­sent sur notre ter­ri­toire », tel que le recom­mande Patrick Cha­banet dans le Jour­nal de la Haute Marne, l’essentiel demeure pour tous de ne pas se laiss­er entraîn­er dans une guerre de reli­gion ou de laiss­er « importer une frac­ture socié­tale fondée sur la dif­férence de reli­gion » comme le for­mule par une périphrase pédante et absurde, Hervé Chabaud dans L’Union. Pour Philippe Wau­campt, dans Le Répub­li­cain Lor­rain, « tuer des fidèles à la sor­tie de la messe vise à sus­citer une réac­tion en chaîne con­tre les mosquées afin d’en arriv­er à une rad­i­cal­i­sa­tion des musul­mans sur notre ter­ri­toire. » Ain­si, comme pour notre pro­fesseur à Sci­ences-Po, on a la sen­sa­tion dans cette manière d’appréhender les choses, que les chré­tiens sont moins la vraie cible des dji­hadistes qu’un moyen détourné d’atteindre les musul­mans eux-mêmes. Et que ce sont donc ces derniers qu’il faut entour­er d’attentions, ras­sur­er, ne pas amal­gamer et pro­téger des repré­sailles aveu­gles qui pour­raient éventuelle­ment s’abattre sur eux après un bain de sang chré­tien, et bien que cela soit fort hypothé­tique et n’ait encore jamais eu lieu, et comme si le pos­si­ble bain de sang chré­tien n’avait en lui-même aucune capac­ité à sus­citer la fameuse « indig­na­tion » que Stéphane Hes­sel avait, il y a cinq ans, mise à la mode.

Le choix stratégique

Il y a cepen­dant plusieurs objec­tions qui peu­vent être faites à cette réac­tion générale des médias, laque­lle, on l’a vu, et c’est en effet oppor­tun, se situe dans un prisme stratégique. La pre­mière est qu’elle n’a rien à oppos­er à la pres­sion sym­bol­ique dji­hadiste, en ter­mes de rap­ports de force. Des chré­tiens sont visés par des musul­mans rad­i­caux ? On court au sec­ours… des musul­mans mod­érés. La deux­ième objec­tion tient au choix de la ligne de front sym­bol­ique. Certes, les dji­hadistes veu­lent la porter sur notre ter­ri­toire en soule­vant les nom­breuses pop­u­la­tions musul­manes qui s’y trou­vent par une ten­ta­tive de rad­i­cal­i­sa­tion de toutes les ten­sions. Or, en proférant comme des mantras les mots de « vivre-ensem­ble » et de « padamal­gam », experts, poli­tiques et médias, optent pour une tac­tique pas­sive qui con­siste à voil­er, atténuer, retenir, des ten­sions suff­isam­ment brûlantes pour que notre pays « forme le plus gros batail­lon des volon­taires européens. » Une hausse de « voca­tions » qui fut spec­tac­u­laire après les atten­tats de Char­lie Heb­do, ce qui prou­ve, par ailleurs, que Jean-Pierre Fil­iu se trompe, et que la poli­tique du « padamal­gam » n’aura porté stricte­ment aucun fruit con­cret, stratégique­ment par­lant. Ne pou­vant faire l’économie d’un com­bat en interne comme à l’extérieur, nous pour­rions au con­traire définir nous-mêmes la ligne de frac­ture, plutôt que de nous la voir imposée. À ce titre, l’injonction de Jacques de Guille­bon dans Causeur de févri­er dernier : « Musul­mans, désamal­gamez-vous ! », cor­re­spond à une atti­tude à la fois moins hyp­ocrite et surtout, plus efficace.

Objectifs parallèles

Enfin, et surtout, le scé­nario de la rad­i­cal­i­sa­tion des ten­sions inter­com­mu­nau­taires comme objec­tif essen­tiel des dji­hadistes, tel qu’il est retenu par les médias, omet un cer­tain nom­bre d’aspects impor­tants. Comme le fait que d’autres objec­tifs, en dehors de celui-ci, sont visés et atteints ! On apprend par exem­ple, ces derniers jours, que Luz ne car­i­ca­tur­era plus Mahomet. Comme on se doute que ce héros de Char­lie ne se privera pas de con­tin­uer à car­i­ca­tur­er le pape, que peut-on en con­clure, si ce n’est que la puni­tion que les dji­hadistes ont admin­istrée aux car­i­ca­tur­istes aura porté ses fruits ? 130% en un an, c’est la hausse du nom­bre de volon­taires « français » pour le dji­had : com­ment nier que l’objectif de pro­mo­tion de la cause est égale­ment atteint ? Com­ment ne pas voir que si la plu­part des Français sont sai­sis d’effroi devant les actes ter­ror­istes, d’autres, aus­si minori­taires soient-ils, en sont gal­vanisés ? Enfin, les méth­odes de ce prosé­lytisme ont beau être abjectes, il faut recon­naître qu’elles fonc­tion­nent ! Après les atten­tats de Paris, on enreg­is­trait une hausse de 30% des con­ver­sions dans les prin­ci­pales mosquées. Afin d’éviter « l’amalgame », les médias ne cessent, in fine, de chanter les louanges de l’Islam et c’est pré­cisé­ment par « désamal­gamisme » qu’Éloïse, à tout juste 18 ans, a épousé la foi musul­mane, parce qu’elle « a eu envie de don­ner une autre image de la reli­gion. » Si la kalach­nikov a des retombées, directes ou indi­rectes, si pos­i­tives pour la pro­mul­ga­tion de la foi, pourquoi chang­er d’outils ? Or, voilà juste­ment ce dont les médias, au nom d’une lec­ture totale­ment biaisée du prob­lème, se ren­dent très objec­tive­ment complices.

Islamolâtrie

On finit par se deman­der si la pré­ten­due volon­té de ne pas accentuer les ten­sions n’est pas en fait sim­ple­ment une excuse, peut-être incon­sciente, pour une grande par­tie de la presse, afin de pou­voir se laiss­er aller à une islam­olâtrie non dépourvue de relents qua­si libid­in­aux. Parce qu’elle est la reli­gion de l’immigré, pro­lé­taire de sub­sti­tu­tion pour la gauche passée du social­isme à l’antiracisme après le virage libéral de 1983, l’Islam sus­cite un sou­tien instinc­tif chez la plu­part des jour­nal­istes. En out­re, une étrange con­ver­gence de lutte se noue à un niveau encore une fois informel mais pour­tant tan­gi­ble. Car les cibles des dji­hadistes : la nation française et le chris­tian­isme, ne sont-elles pas au fond, les mêmes que celles des médias de gauche qui depuis trente ans n’ont cessé d’attaquer l’une et l’autre ? Sur ce point, com­ment ne pas voir que les balles des islamistes ne font que suc­céder aux crachats des jour­nal­istes de gauche ? Et com­ment ces derniers pour­raient-ils soudaine­ment retourn­er leur veste en rai­son des cir­con­stances ? Alors il leur reste une option pour éviter le reniement : pro­téger les musul­mans mod­érés des dji­hadistes, leur allouant le statut envié de vic­times d’élection au détri­ment des chré­tiens et de la France. Et au détri­ment, égale­ment, du plus élé­men­taire bon sens.

Traitement préférentiel

Cette « élec­tion vic­ti­maire préféren­tielle » pour l’Islam con­duit alors nos jour­nal­istes à des dis­tor­sions de réac­tions ou de rela­tions des faits très libre­ment assumées et dont, au cours de ce mois d’avril 2015, les chré­tiens furent les vic­times sys­té­ma­tiques. Selon l’arithmétique odieuse qui veut qu’afin que les musul­mans soient davan­tage désignés comme vic­times, il faut que les chré­tiens ne le soient pas, ou le soient moins, on arrive à un traite­ment biaisé de l’information. Si, lorsqu’un enfant pales­tinien meurt sous les bombes, lorsqu’un migrant se noie après le naufrage de son embar­ca­tion, lorsqu’un Noir se fait tabass­er par trois Skin­heads (ce qui n’arrive plus très sou­vent, il est vrai…), les édi­tos « indignés » se suc­cè­dent et rivalisent de tré­mo­los, quel silence gêné après que des migrants chré­tiens ont été jetés à l’eau par des migrants musul­mans ! On relate les faits sobre­ment, de préférence au con­di­tion­nel… On perçoit très claire­ment qu’il s’agit d’un sujet sur lequel, étrange­ment, le jour­nal­iste n’a vrai­ment aucune envie de s’épancher, et l’on con­state donc que ses « émo­tions », sa « com­pas­sion », sa « grande sen­si­bil­ité d’humaniste », tout cela est en réal­ité com­plète­ment téléguidé par l’idéologie la plus froide, la plus stricte, la plus obtuse.

Distorsions/1

Cette dif­férence de traite­ment des reli­gions a pu se véri­fi­er encore, ce mois-ci, lors de la pro­fa­na­tion du cimetière de Cas­tres. Un musul­man, le 15 avril, y pro­fane plus de 200 tombes chré­ti­ennes. « C’est claire­ment le sym­bole de la croix, du Christ, qui a été visé », témoigne le maire dans Le Figaro. Les choses parais­sent assez limpi­des, quand une nuance survient, pour le moins sur­prenante, exprimée dans Libéra­tion par la « vice-pro­cureure » de Cas­tres, Char­lotte Beluet, laque­lle pré­cise que si l’homme inter­pel­lé « répète en boucle des prières musul­manes », selon elle, « il n’y a pas de reven­di­ca­tion religieuse. » Le Monde con­firme : « Mais rien n’a pu venir éclair­er les actes dont l’homme, “seul” lors des faits, est sus­pec­té, et notam­ment pas une reven­di­ca­tion religieuse. » En effet : « La piste d’un acte à car­ac­tère religieux a cepen­dant per­du de sa per­ti­nence dans l’après-midi, quand le par­quet a décidé “d’hospitaliser d’office” un sus­pect placé en garde à vue à la mi-journée, car il était “dans un état déli­rant, inac­ces­si­ble à la com­mu­ni­ca­tion”». Comme le remar­que alors Novo­press, les médias, de la même manière que lors des divers « acci­dents » de jan­vi­er dernier, trans­for­ment le musul­man agres­sif en « déséquili­bré ». Ain­si les gens ne sont-ils pas vic­times de l’offensive d’une reli­gion par­ti­c­ulière à tra­vers cer­tains d’entre ses fidèles, mais de la démence en général.

Distorsions/2

« Où s’arrête la haine, où com­mence la folie ? La “théorie du fou”, qui con­siste à “psy­chi­a­tris­er” les agresseurs… » lit-on dans Les Inrocks, le 23 mars dernier, et l’on s’étonne de lire ensuite : « qui con­siste à psy­chi­a­tris­er les agresseurs islam­o­phobes pour gom­mer la dimen­sion poli­tique, fait bondir les asso­ci­a­tions musul­manes. » Il s’agit bien enten­du d’un autre fait. Un meurtre atroce com­mis par Thomas sur son voisin Mohammed avec lequel il entrete­nait de bonnes rela­tions jusque là. Lorsque la com­pagne de la vic­time se met à prier en arabe, Thomas déclare qu’il n’y a pas d’Islam mais qu’il est lui-même Dieu. C’est d’ailleurs, ce qu’il répétera ensuite aux policiers, non pas qu’il hait les musul­mans, mais qu’il est, lui, le vrai Dieu. On qual­i­fiera alors son acte de crise de démence schiz­o­phrène, ce qui paraît tout de même assez man­i­feste. Pour­tant dans ce cas pré­cis, et non dans les autres, on se demande, Les Inrocks se deman­dent si la folie n’aurait pas bon dos et, vu que la vic­time est musul­mane, si ce n’est pas l’islamophobie qu’il faut incrim­in­er envers et con­tre tout. Le résul­tat, c’est que la pro­fa­na­tion d’un cimetière chré­tien par un musul­man n’est pas l’œuvre d’un musul­man, mais d’un fou tan­dis que le meurtre d’un musul­man par un fou, en revanche, devient le meurtre d’un musul­man par un islam­o­phobe. Tou­jours dans le même arti­cle, l’imam d’une mosquée à Poitiers, se plaint de ne pas béné­fici­er d’une pro­tec­tion poli­cière pour son édi­fice religieux. On lui a expliqué que « les mosquées ne seraient pas visées par des men­aces “ter­ror­istes” mais par des men­aces de “droit com­mun”, sou­vent le fait de “gens stu­pides mais qui ne tuent pas vingt per­son­nes d’un coup” ». Et le jour­nal­iste de relever : « en dépit du précé­dent créé par Anders Behring Breivik en Norvège. » Sauf qu’Anders Breivik n’a pas tué un seul musul­man ! En somme, des atten­tats meur­tri­ers sont organ­isés par des islamistes pour décimer des chré­tiens en pleine messe ; des enfants juifs se font tuer à bout por­tant dans leur école par les mêmes islamistes, mais il faudrait s’offusquer qu’on ne déploie pas des mil­i­taires autour des mosquées afin de défendre celles-ci de quelques tags et de trois tranch­es de jambon !

Relativisme

Enfin, l’autre grand moyen rhé­torique util­isé est celui du rel­a­tivisme envers et con­tre tout. Sur France Inter, le 4 avril, Abdal­lah Zekri affirme, par exem­ple, que « La rad­i­cal­i­sa­tion n’est pas à sens unique. Il y a ceux qui se rad­i­calisent pour devenir ter­ror­iste et d’autres qui se rad­i­calisent con­tre l’islam et les musul­mans. » - « Ah oui ? Com­bi­en de morts, de ce côté là ? », a‑t-on envie de deman­der. Et surtout, quelle invraisem­blable mau­vaise foi que de met­tre sur le même plan la vio­lence meur­trière des agresseurs et celle, ver­bale, des vic­times ! Alors qu’on serait en droit d’attendre, et même d’exiger, que Zekri se « désamal­game » en con­damnant fer­me­ment la rad­i­cal­i­sa­tion de cer­tains de ses core­li­gion­naires, le voilà qui la rel­a­tivise. Et pour bien rel­a­tivis­er, le mieux est encore d’accuser les chré­tiens – aujourd’hui qu’ils se font exter­min­er comme jamais — d’être tout aus­si sus­cep­ti­bles de vio­lence que leurs frères musulmans.

Dommages collatéraux

Le 23 avril, Daniel Cohn-Ben­dit, dans sa chronique mati­nale sur Europe 1, asso­cie l’idée de vengeance à la civil­i­sa­tion judéo-chré­ti­enne. Manière de sug­gér­er, à l’heure où l’Islam dji­hadiste, tous les jours, empile les cadavres que ce doit bien être la faute de chré­tiens, encore, tout cela, depuis le début. Idée que le père Math­ieu Rougé a bal­ayé dans Le Figaro en don­nant par la même occa­sion une leçon d’histoire et de théolo­gie à celui qui aurait peut-être dû suiv­re quelques cours à la Sor­bonne au lieu de se con­tenter d’y ani­mer les grèves. Mais le pire aura sans doute été le jour­nal­iste Paul Mor­eira, lequel arguera d’appels au meurtre soi-dis­ant présents dans les dis­cours du Christ, encore une fois dans le but affiché de rel­a­tivis­er la vio­lence islamique. Il per­sis­tera et sign­era, après que de nom­breuses réac­tions eurent ten­té de lui faire enten­dre rai­son. « J’ai tou­jours vu Jésus comme une sorte de hip­pie sym­pa qui venait rabi­bocher tout le monde. Et il est vrai que c’est le texte de loin le moins vio­lent. Mais, à ma grande sur­prise, j’ai décou­vert deux épisodes des Évangiles où le Christ con­vo­quait une vio­lence meur­trière. » N’ayant jamais eu la curiosité d’ouvrir la Bible, à son âge, ne com­prenant rien aux sub­til­ités de l’exégèse et s’exprimant comme un ado sur son mur Face­book, Mor­eira divulgue donc sans honte des idées fauss­es dans le seul but de servir un but idéologique : rel­a­tivis­er la vio­lence islamique en salis­sant, au besoin, le christianisme.

Soumission

Le roman de Michel Houelle­becq, Soumis­sion (Flam­mar­i­on), paru en librairie le jour même des atten­tats à Char­lie Heb­do, décrit des élites français­es usées et mûres pour col­la­bor­er à une islami­sa­tion du pays si d’aventure un par­ti musul­man se trou­vait en posi­tion de for­mer un gou­verne­ment. Tous les événe­ments ayant trait aux dif­férentes offen­sives islamiques en France depuis lors – meurtres, pro­fa­na­tions de cimetières chré­tiens, noy­ades de chré­tiens en chemin pour l’Europe, pro­jets d’attentats dans les églis­es –, tous ces événe­ments n’ont fait que don­ner rai­son à l’écrivain. En effet, empêtrés dans leurs réflex­es idéologiques, les réac­tions des médias n’ont cessé de servir objec­tive­ment la cause des dji­hadistes, lesquels con­ver­tis­sent, embri­gadent, défend­ent les intérêts de l’Islam, ter­rorisent les chré­tiens et met­tent au pas les jour­nal­istes. Mieux, depuis quelques mois, il sem­ble qu’à chaque fois qu’un musul­man com­met un crime, un jour­nal­iste se met à cracher sur les chré­tiens, fussent-ils en pre­mière ligne. Si le scé­nario de Houelle­becq s’avérait plau­si­ble, on fini­rait par se deman­der si ces crachats sont une vieille habi­tude redé­cou­verte à la faveur des événe­ments, ou bien de dis­crets signes d’allégeance aux pos­si­bles futurs maîtres.

Crédit pho­to : alphaspir­it (DR)

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