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Les extra-Européens sont-ils surreprésentés dans la pub ?

11 juillet 2022

Temps de lecture : 7 minutes
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Les extra-Européens sont-ils surreprésentés dans la pub ?

11 juillet 2022

Temps de lecture : 7 minutes

Nous revenons sur la vidéo que nous avons présen­tée le 4 juil­let avec un arti­cle com­plet sur le sujet.

Par Nicolas Faure, animateur du média Sunrise ♦ Les extra-Européens sont-ils surreprésentés dans les publicités ? On voit souvent, sur les réseaux sociaux, des montages qui montrent des dizaines de publicités qui semblent démontrer cette surreprésentation. Un compte Twitter est d’ailleurs dédié à cette veille particulière.
On sait aussi que de nombreuses marques à l’image pourtant théoriquement ultra-européenne (Barbour, Ralph Lauren, etc) ont radicalement changé leur communication.
Alors, les extra-Européens sont-ils vraiment plus nombreux dans les publicités que dans la réalité ?
C’est ce qu’on va découvrir ensemble avec une étude menée par mes soins, avec le soutien de l’Observatoire du Journalisme (OJIM) et de la Fondation Polémia.

L’analyse complète en vidéo

Combien d’extra-Européens en France ?

Pre­mière don­née à avoir en tête, com­bi­en y a‑t-il d’extra-Européens en France ?

Les sta­tis­tiques eth­niques sont très stricte­ment encadrées en France – voire inter­dites – mais la démo­graphe Michèle Trib­al­at esti­mait en 2011 que 15 % des Français de moins de 60 ans étaient extra-Européens, dont 19 % des moins de 18 ans.

C’était il y a plus de 10 ans et la pro­por­tion a évidem­ment sig­ni­fica­tive­ment aug­men­té, en par­tie à cause de l’accroissement naturel et en par­tie à cause de l’immigration massive.

En 10 ans, le nom­bre de prénom musul­man don­nés aux nou­veau-nés est passé de 16 % en 2010 à 22 % en 2020.

Dans la même veine, le dépistage de la dré­panocy­tose, mal­adie essen­tielle­ment africaine, chez les nou­veaux nés : en 2010, 31 % de nou­veau-nés dépistés en France mét­ro­pol­i­taine con­tre près de 42 % en 2019 !

On peut donc sans trop se mouiller, comme la fait Jean-Yves Le Gal­lou en 2019, estimer la pop­u­la­tion extra-européenne en France à quelque chose entre 17 et 20 % de la pop­u­la­tion totale.

https://www.polemia.com/immigration-france-extra-europeens/

On observera d’ailleurs que le Con­seil supérieur de l’audiovisuel (CSA) reproche aux chaines de télévi­sion de ne faire appa­raître que 17 % de « représen­tants de la diver­sité » dans leurs pro­grammes. Signe que le CSA con­sid­ère qu’il y a bien plus de 17 % d’extra-Européens en France !

Enfin, Emmanuel Macron a récem­ment par­lé de 10 mil­lions de citoyens ayant de la famille en Afrique, soit 16,2 % des Français, sans compter les autres extra-Européens, comme les Asi­a­tiques par exemple.

En con­clu­sion, si on ne peut pas con­naitre pré­cisé­ment le véri­ta­ble pour­cent­age, j’ai décidé de retenir l’hypothèse con­ser­va­trice de 17 % d’extra-Européens en France.

265 publicités analysées

Une fois cette don­née inté­grée, j’ai analysé plus de 200 pub­lic­ités télé ain­si que plusieurs mag­a­zines papier.

Con­crète­ment, j’ai tout sim­ple­ment regardé les pub­lic­ités de 2 chaînes : TMC et TF1, le 4 et 18 mai dernier. J’ai pris les plus gross­es audi­ences de la journée, à savoir les pub­lic­ités avant et pen­dant la série Grey’s Anato­my sur TF1 et les pub­lic­ités avant et pen­dant l’émission Quo­ti­di­en sur TMC.
J’ai com­plété ce pan­el de 140 pub­lic­ités télévisés par les 30 dernières pub­lic­ités parues sur le site « Cul­ture Pub » ain­si que par 35 pub­lic­ités télé pub­liées sur la chaîne YouTube « Pub Télé » en mars dernier.
Au total, j’ai donc regardé et analysé plus de 200 pub­lic­ités vidéo.

J’ai ensuite regardé quelques numéros de presse papi­er, à savoir un numéro récent de cha­cun des titres cités ci-après.
Pour la mode : Elle, Marie-Claire et Van­i­ty Fair.
Pour la presse clas­sique : Le Figaro Mag­a­zine, M le mag­a­zine du Monde, Chal­lenges, L’Express, L’Obs et Mar­i­anne.
Ce qui a ajouté près de 60 pub­lic­ités papi­er au total.

Évidem­ment, il ne s’agit pas d’une analyse à la méthodolo­gie sans faille et le résul­tat n’est donc pas pré­cis à 100 %. Mais toute per­son­ne de bonne foi recon­naî­tra que le résul­tat de cette analyse sera néan­moins très sat­is­faisant et don­nera une ten­dance correcte.

Une forte surreprésentation des extra-Européens dans la pub

Pre­mier résul­tat : la sur­représen­ta­tion des extra-Européens dans les pubs est très forte.

Il y a eu un seul échan­til­lon en adéqua­tion avec la réal­ité : les pub­lic­ités dans la presse papi­er clas­sique (Figaro Mag­a­zine, M Le Monde, L’Obs, L’Express et Mar­i­anne) avec 16 % d’extra-Européens dans les publicités.

Mais cette adéqua­tion avec la réal­ité est évidem­ment à nuancer puisqu’il est évi­dent que le lec­torat de ces mag­a­zines est bien plus européen que la nor­male. On imag­ine sans peine que le lec­torat de ces mag­a­zines est en effet européen à plus de 90 % !

Pour le reste des pub­lic­ités, jugez plutôt la sur­représen­ta­tion effarante :

Sur les 140 pub­lic­ités analysées sur TF1 et TMC, il y avait 31 % d’extra-Européens dans les pubs.

Soit une sur­représen­ta­tion con­sid­érable par rap­port aux 17 % d’extra-Européens dans la pop­u­la­tion française !

Et, là encore, la sur­représen­ta­tion par rap­port au pro­fil des spec­ta­teurs de ces chaînes est sidérante. En réal­ité, on est évidem­ment très loin d’atteindre 17 % de spec­ta­teurs extra-Européens pour Grey’s Anato­my et Quo­ti­di­en, ce qui ampli­fie énor­mé­ment la surreprésentation.

Tou­jours en pub­lic­ité vidéo, les 30 dernières pub­lic­ités vidéo listées sur le site Cul­ture Pub avaient elles aus­si 31 % d’extra-Européens à l’écran.

Sur les 35 pub­lic­ités analysées sur la chaîne YouTube Pub Télé, un peu moins d’extra-Européens avec 22 %, ce qui reste mal­gré tout plus que la réalité.

Du côté de la presse papi­er mode, 29 % d’extra-Européens dans les pubs de divers magazines.

Bref, sur l’échantillon impor­tant analysé, il y a une très forte sur­représen­ta­tion des extra-Européens.

À not­er, pour con­clure sur ces don­nées, qu’il existe une grosse dif­férence au niveau des annon­ceurs. De nom­breuses entre­pris­es font beau­coup moins appa­raître d’extra-Européens que d’autres.
Par­mi ceux qui font appa­raître le plus d’extra-Européens dans leurs pub­lic­ités : SNCF, Burg­er King, Ama­zon, Flunch, Mac Do, L’Oréal, KFC, Deliv­eroo, Magnum…
Et par­mi ceux qui font appa­raitre le moins d’extra-Européens dans leurs pub­lic­ités : Lac­tel, Destop, Moulinex, Leclerc, La Laitière, Lu, Afflelou, Paysan Breton…

Analysons toutes ces données.

Une surreprésentation claire, fruit d’une victoire idéologique de l’égalitarisme

D’abord, pourquoi une telle sur­représen­ta­tion ? On par­le quand même de qua­si­ment deux fois plus d’extra-Européens dans les pub­lic­ités que dans la réalité !

Pre­mière­ment, comme je l’ai expliqué dans une vidéo récente, que je vous encour­age à aller voir pour tout com­pren­dre, la vic­toire idéologique de l’égalitarisme est qua­si­ment totale en France.

L’égalitarisme, c’est la croy­ance presque religieuse que les dif­férences entre indi­vidus et groupes d’individus ne sont absol­u­ment pas naturelles, biologiques, innées mais UNIQUEMENT sociales, cul­turelles, acquises.

C’est bien évidem­ment totale­ment nié par la science…

Mais pas­sons…

Dans un monde où l’égalitarisme a gag­né, et bien très logique­ment les indi­vidus de toutes les orig­ines sont con­sid­érés comme totale­ment interchangeables.

À cet obscu­ran­tisme égal­i­tariste s’ajoute le poi­son de l’ethnomasochisme, cette mal­adie typ­ique­ment européenne qui amène tant de Français à s’en vouloir d’être ce qu’ils sont voire même – con­sciem­ment ou non – une mal­adie qui les amène à souhaiter que les Européens lais­sent la place aux extra-Européens.

Cela vous paraît peut-être hors-sujet de par­ler de ce mélange entre égal­i­tarisme et eth­no­masochisme mais, en réal­ité, cela per­met de tout expli­quer ! Dans un monde régi par ce cock­tail idéologique, la diver­sité est vue comme une valeur presque sanc­ti­fiée ! Et l’idée de ne pas met­tre de diver­sité dans une pub est donc vue comme un péché !

Et c’est exacte­ment ce qui se passe dans les entre­pris­es. Le con­formisme général fait que lorsqu’un chargé de com­mu­ni­ca­tion ou un créa­teur de pub­lic­ité pro­pose de met­tre des extra-Européens dans la cam­pagne, peu de gens oseraient s’y opposer !

C’est d’autant plus vrai que, plus le temps passe, plus la pres­sion diver­si­taire s’intensifie !

Certains annonceurs font de la résistance !

Alors il y a quand même de l’espoir ! Car, comme j’ai pu le voir dans mon analyse, cer­taines entre­pris­es font claire­ment de la résis­tance à cette pres­sion ethnomasochiste !

Pourquoi cela ? Alors, il y a la ques­tion de la cible bien sûr. Par exem­ple, KFC et Afflelou s’adressent à des pop­u­la­tions légère­ment dif­férentes par exemple !

Mais la véri­ta­ble rai­son de cette résis­tance est peut-être ailleurs. Dans les grandes entre­pris­es, l’obligation de la diver­sité et de l’inclusivité est max­i­male. Dans les struc­tures plus « famil­iales » (toutes pro­por­tions gardées), les pres­sions pour ajouter de la diver­sité aux pub­lic­ités se font sans doute beau­coup moins sen­tir pour le moment.

Surtout, les pub­lic­ités représen­tent un énorme investisse­ment financier pour les entre­pris­es. Dès lors, les « petites » entre­pris­es (là encore, toutes pro­por­tions gardées) veu­lent max­imiser l’efficacité de leur cam­pagne. En con­séquence, quand une jeune respon­s­able com­mu­ni­ca­tion pro­pose d’inclure des per­son­nes « racisées » ou « LGBTQI » dans une pub, elle est plus facile­ment ignorée que dans une grosse entre­prise comme la SNCF ou Ama­zon, des entre­pris­es qui sont prêtes – con­sciem­ment ou non – à sac­ri­fi­er un peu de rentabil­ité sur l’autel de la diversité.

Que les apôtres de la diver­sité le veuil­lent ou non, quand une entre­prise fait un investisse­ment pub­lic­i­taire lourd, elle s’attend à un retour financier. Et une famille européenne est peut-être plus vendeuse qu’un cou­ple de les­bi­ennes extra-européennes !

Par­lons des cou­ples justement !

Couples mixtes : une grande surreprésentation

Intéres­sons-nous pré­cisé­ment aux cou­ples mixtes. Sont-ils véri­ta­ble­ment autant sur­représen­tés que cer­tains le disent ?

Et bien, sur les 58 cou­ples iden­ti­fiés dans les divers­es pub­lic­ités télé, 20 sont mixtes, soit un tiers d’entre eux.

Même si les don­nées offi­cielles sur ce type de cou­ple n’existent pas, c’est évidem­ment une très large sur­représen­ta­tion par rap­port à la réal­ité que cha­cun peut con­stater autour de soi.

Autre ques­tion sur ces cou­ples mixtes : le mem­bre extra-européen du cou­ple est-il plus un homme qu’une femme ? Même si la dif­férence est un peu moins grande que ce que cer­tains pou­vaient atten­dre, il y a bien une sur­représen­ta­tion des hommes extra-Européens.

Une dif­férence légère en apparence, mais qui n’est pas for­cé­ment anodine…

Pourquoi il faut parler de cette surreprésentation

Pourquoi cette sur­représen­ta­tion des extra-Européens est-elle impor­tante à analyser ?

Tout sim­ple­ment car les pub­lic­ités sont vues par des mil­lions français et sont des pro­duc­tions cul­turelles qui par­ticipent à façon­ner l’imaginaire de ceux qui les regardent.

Cette sur­représen­ta­tion claire du nom­bre d’extra-Européens par rap­port à la réal­ité peut faire évoluer la per­cep­tion de la norme des spec­ta­teurs en leur faisant croire qu’une France avec au min­i­mum 30 % d’extra-Européens est la norme.
Con­séquence pos­si­ble : lut­ter con­tre l’immigration extra-européenne serait donc anormal.
Même chose pour les cou­ples mixtes. Les jeunes qui regar­dent ces pub­lic­ités où les cou­ples mixtes sont sur­représen­tés peu­vent con­sid­ér­er qu’il s’agit d’une chose banale et donc voire cela comme une mode, jusqu’à ampli­fi­er arti­fi­cielle­ment le phénomène.

Évidem­ment, l’influence de la pub­lic­ité est dif­fuse mais, com­binée à toutes les divers­es pro­duc­tions cul­turelles qui vont dans le même sens (films, séries, pro­pa­gande médi­a­tique, etc), le résul­tat n’est pas anodin !

Un problème pour la diversité… politique !

Par ailleurs – et c’est un sujet peut-être plus mineur, quoique… –, les annon­ceurs – les entre­pris­es qui font la pub­lic­ité de leurs pro­duits et ser­vices – sont ceux qui finan­cent les médias. Sauf rares excep­tions, sans pub­lic­ité, un média ne peut pas sur­vivre. Dès lors, si de plus en plus d’annonceurs sont con­t­a­m­inés par la fièvre diver­si­taire, cela fera d’autant moins d’annonceurs pour les médias de Droite comme Valeurs Actuelles par exemple.

C’est d’ailleurs tout le com­bat des Sleep­ing Giants, ce groupe d’activiste à la méth­ode importée des États-Unis, qui font pres­sion sur les annon­ceurs présents sur les médias comme Valeurs Actuelles ou CNews afin qu’ils arrê­tent d’y pass­er leurs pub­lic­ités. On salue d’ailleurs au pas­sage Les Cor­saires, ce groupe qui tente de con­tre­car­rer le tra­vail sournois et visqueux des petits déla­teurs des Sleep­ing Giants.

Bref, cette sur­représen­ta­tion des extra-Européens dans les pub­lic­ités n’est pas du tout anec­do­tique ! Elle anticipe et pré­pare la trans­for­ma­tion de la France.

Quelles solutions ?

Alors, quelle solu­tion face à cette sur­représen­ta­tion qui risque de s’intensifier dans les années qui viennent ?

D’abord, il faut expli­quer aux Français ce qu’il se passe !

Oui, il existe bien une sur­représen­ta­tion des extra-Européens dans les pubs !
Si beau­coup le pressen­tent, il n’existait pas de don­nées claires sur le sujet. C’est pour cela que j’ai réal­isé cette vidéo !
Pre­mière solu­tion donc, dif­fuser au max­i­mum cette vidéo et tous les travaux sim­i­laires qui pour­raient la compléter.

Enfin, et c’est le point cen­tral, les racines du prob­lème sont idéologiques. Il faut donc men­er une guerre sans mer­ci à l’idéologie égal­i­tariste ain­si qu’à l’ethnomasochisme. C’est évidem­ment ce que je ferai avec Sun­rise, tou­jours avec rigueur et bonne humeur !

Nico­las Faure
04/07/2022

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