Accueil | Actualités | Médias | Le 1er mai, nouveau rendez-vous de la pleurniche médiatique
Pub­lié le 2 mai 2015 | Éti­quettes : , , ,

Le 1er mai, nouveau rendez-vous de la pleurniche médiatique

Nouvelle pleurnicherie journalistique ce vendredi. Venus couvrir le rassemblement du 1er mai du Front National munis de micros espions, des journalistes de Canal et de France 5 ont été évacués par le service de sécurité après des altercations.

« Les provocateurs de Canal + pratiquent le micro-perche espion. Après 30 mn., j'ai détruit l'espion. Petite leçon gratuite de déontologie... », a posté Bruno Gollnish sur Twitter. En effet, sur des images filmées par BFMTV, on peut voir le député européen agacé saisir la perche d'un journaliste du « Petit Journal » et l'écarter à coup de parapluie.

Comme à leur habitude, les équipes de Yann Barthès se sont empressées d'extrapoler les faits afin de se porter en victime. Ainsi sur le compte Twitter de l'émission on peut lire : « Nos journalistes violemment molestés et évacués du défilé FN. L'équipe va mieux mais elle a pris des coups. Merci pour votre soutien. »

« L'une de nos deux équipes sur place a été prise à partie par des militants FN qui les ont frappés, notamment au dos et dans la nuque, mais ils vont bien », a précisé une porte-parole de Canal+. Notez : ils ont été « violemment molestés », mais « ils vont bien »...

De leur côté les journalistes de « C à vous », sur France 5, ont également revendiqué avoir été agressés. « Nos journalistes @cavousf5 ont aussi été agressés lors du défilé du FN. Leur caméra est cassée. Ils ont été évacués par le service d'ordre », a expliqué Anne-Sophie Lapix sur Twitter, ajoutant que ses équipes allaient bien mais que « l'agression fut violence et choquante ». Toujours le poids des mots...

À aucun moment les différentes directions n'abordent le sujet des méthodes journalistiques de leurs équipes. Il est, semble-t-il, toujours question d'agressions gratuites, simplement motivées par la haine. Pourtant, le fait est que les agressions contre les journalistes, et en particulier ceux du « Petit Journal », sont de plus en plus courantes et ne sont pas l'apanage du FN...

Invité sur BFMTV le soir-même, Bruno Gollnish a qualifié les journalistes du « Petit Journal » de « provocateurs ». « Ce sont des gens qui utilisent les moyens que la déontologie la plus élémentaire réprouve. Pendant trois quarts d’heure, ils se promènent avec un micro directionnel, spécial pour capter les chuchotements afin de capter des conversations privées. J’ai supporté ça pendant trois quart d’heures et j’ai attrapé le parapluie d’un collègue et j’ai cassé le micro », a-t-il précisé.

Et de conclure : « Je réponds courtoisement depuis des années aux questions des journalistes. En revanche, quand il s’agit de micros des espions, je les casse et je n’en ai aucune espèce de remords. »

France 5 et Canal ont d'ores et déjà annoncé qu'ils reviendront sur ces incidents dès lundi. Les mouchoirs sont recommandés...

Voir notre infographie de Canal+ ainsi que notre dossier : « Le Grand Journal, ou Goebbels à Beverly Hills »

Puisque vous êtes là, une minute d’attention s’il vous plaît…

Appels aux dons

…nous avons une petite faveur à vous demander. Vous êtes chaque jour plus nombreux à nous lire. Le travail de l’Observatoire du journalisme (Ojim) est unique. Chaque jour nous contribuons à « vous informer sur ceux qui vous informent », à nous battre pour la liberté d’expression, pour le pluralisme dans les médias, contre les censures.

Tout ceci se fait avec une petite équipe motivée, certains sont bénévoles mais la plupart sont des journalistes indépendants ou des étudiants en journalisme qui sont rémunérés. La majorité des rédacteurs, le webmestre, le manager des réseaux sociaux, l’infographiste, le vidéaste, le dessinateur sont rémunérés. Nous aider c’est préserver notre indépendance et conforter une voix attaquée en justice par Ramzi Khiroun, numéro 2 du groupe Lagardère, pour nous faire taire. Votre don est éligible à un reçu fiscal de 66%. Un don de 50 € ne vous coûtera que 16 €. Un don de 100 € vous revient à 33 €. Un don même minime est un encouragement, cela ne vous prend qu’une minute. D’avance merci !

Claude Chollet
Président de l'Ojim

Share This