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Lagardère médias, plus dure sera la chute

29 mai 2018

Temps de lecture : 2 minutes
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Lagardère médias, plus dure sera la chute

L’Observatoire a consacré plusieurs articles au groupe Lagardère dont l’infographie se trouve ici. La gestion fantaisiste et toute d’improvisation du fils de Jean-Luc Lagardère finit par produire ses effets : la fin progressive du pôle presse, l’oubli de la dispendieuse marotte du sport et du divertissement qui aura coûté plusieurs centaines millions d’euros au groupe et l’affaiblissement lent de ce qui fut un grand groupe français. Jean-Luc Lagardère est mort en 2002, son fils lui a succédé en 2003 : état des lieux quinze ans plus tard. Dans un groupe dont le chiffre d’affaires est passé de 12.5 milliards d’euros à 7 milliards sur la période.

Fin du pôle Airbus et attrition du pôle sports

Dis­parue la par­tic­i­pa­tion de 15% dans Air­bus (le reli­quat a été ven­du en 2013) dont le mon­tant a large­ment servi à dis­tribuer des div­i­den­des aux action­naires… dont bien enten­du Arnaud Lagardère. En voie de dis­pari­tion pro­gres­sive les caprices du chef féru de ten­nis et de soirées. Les investisse­ments dans les écoles de sport ou les agences de sportifs sont résidu­els. Les par­tic­i­pa­tions « peo­ple » dans les Folies Bergères, le Zénith, le Bat­a­clan sont encore dans le périmètre du groupe mais il n’y aura pas de nou­velles acquisitions.

Développement du pôle Livres et renforcement du retail

Le vrai suc­cès est là. Lagardère pub­lish­ing est le qua­trième édi­teur aux États-Unis et le troisième édi­teur privé dans le monde. Présent dans la lit­téra­ture générale, le livre sco­laire, les fas­ci­cules, les mar­ques du groupe sont dans toutes les mains : Hachette, Hati­er, Livre de poche, Stock, Gras­set pour les plus connues.

Les sta­tions Relay que cha­cun voit partout dans les gares et les aéro­ports sont aus­si un plus. Ain­si que la crois­sance des bou­tiques hors tax­es dans cer­taines aérogares.

Ces deux activ­ités sont gérées de façon rel­a­tive­ment autonome par leurs man­agers, per­me­t­tant une con­ti­nu­ité qui manque cru­elle­ment ailleurs

La presse et la radio, mais jusqu’à quand ?

Exit Elle (sauf cer­taines licences) mais aus­si Auto Moto, Be, Cam­pagne et Déco­ra­tion, Le Jour­nal de la Mai­son, Mai­son & Travaux, Mon Jardin Ma mai­son, Psy­cholo­gies Mag­a­zine, Union. Le tout ven­du au groupe belge Rossel. Exit les radios locales d’Europe Cen­trale ven­dues au tchèque Daniel Kretinsky. Dis­parue la part dans le groupe Amau­ry, Canal+ ven­du, les mag­a­zines améri­cains par­tis chez le groupe Hearst, la liste est longue.

Longue et sus­cep­ti­ble de s’allonger. Les déboires et le man­age­ment chao­tique d’Europe 1 ne lais­sent pas présager d’une sta­bil­ité sans sec­ouss­es. Restent le JDD (dimin­ué par des licen­ciements) qui a une vraie influ­ence poli­tique et surtout Paris Match qui cor­re­spond au pro­fil de la char­mante Madame Lagardère, Jade, un ancien man­nequin belge.

Et les actionnaires ?

L’action qui valait plus de 40 euros en sep­tem­bre 2003 vaut 22 euros fin mai 2018 soit une chute de plus de 45%. La forme de société en com­man­dite per­met à Arnaud Lagardère avec 7% du cap­i­tal de dis­pos­er de 11% des droits de votes. Jusqu’ici le fonds qatari QIA (Qatar Invest­ment Author­i­ty) qui détient 13% des actions et 20% des droits de votes est resté com­plaisant. Les pères d’Arnaud Lagardère et de l’actuel sou­verain du Qatar étaient très proches, les fils ont hérité de cette prox­im­ité, mais le fonds sou­verain pour­rait tou­ss­er sous l’influence de fonds améri­cains comme DCNA (5% du cap­i­tal). Ramzi Khi­roun, homme de mains de DSK recon­ver­ti comme porte parole du groupe Lagardère pour­rait avoir bien­tôt une nou­velle mis­sion, mais les Qataris sem­blent moins impres­sionnables que les star­lettes mal­menées par DSK.

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