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Lagardère médias, plus dure sera la chute

L’Observatoire a consacré plusieurs articles au groupe Lagardère dont l’infographie se trouve ici. La gestion fantaisiste et toute d’improvisation du fils de Jean-Luc Lagardère finit par produire ses effets : la fin progressive du pôle presse, l’oubli de la dispendieuse marotte du sport et du divertissement qui aura coûté plusieurs centaines millions d’euros au groupe et l’affaiblissement lent de ce qui fut un grand groupe français. Jean-Luc Lagardère est mort en 2002, son fils lui a succédé en 2003 : état des lieux quinze ans plus tard. Dans un groupe dont le chiffre d’affaires est passé de 12.5 milliards d’euros à 7 milliards sur la période.

Fin du pôle Airbus et attrition du pôle sports

Disparue la participation de 15% dans Airbus (le reliquat a été vendu en 2013) dont le montant a largement servi à distribuer des dividendes aux actionnaires… dont bien entendu Arnaud Lagardère. En voie de disparition progressive les caprices du chef féru de tennis et de soirées. Les investissements dans les écoles de sport ou les agences de sportifs sont résiduels. Les participations « people » dans les Folies Bergères, le Zénith, le Bataclan sont encore dans le périmètre du groupe mais il n’y aura pas de nouvelles acquisitions.

Développement du pôle Livres et renforcement du retail

Le vrai succès est là. Lagardère publishing est le quatrième éditeur aux États-Unis et le troisième éditeur privé dans le monde. Présent dans la littérature générale, le livre scolaire, les fascicules, les marques du groupe sont dans toutes les mains : Hachette, Hatier, Livre de poche, Stock, Grasset pour les plus connues.

Les stations Relay que chacun voit partout dans les gares et les aéroports sont aussi un plus. Ainsi que la croissance des boutiques hors taxes dans certaines aérogares.

Ces deux activités sont gérées de façon relativement autonome par leurs managers, permettant une continuité qui manque cruellement ailleurs

La presse et la radio, mais jusqu’à quand ?

Exit Elle (sauf certaines licences) mais aussi Auto Moto, Be, Campagne et Décoration, Le Journal de la Maison, Maison & Travaux, Mon Jardin Ma maison, Psychologies Magazine, Union. Le tout vendu au groupe belge Rossel. Exit les radios locales d’Europe Centrale vendues au tchèque Daniel Kretinsky. Disparue la part dans le groupe Amaury, Canal+ vendu, les magazines américains partis chez le groupe Hearst, la liste est longue.

Longue et susceptible de s’allonger. Les déboires et le management chaotique d’Europe 1 ne laissent pas présager d’une stabilité sans secousses. Restent le JDD (diminué par des licenciements) qui a une vraie influence politique et surtout Paris Match qui correspond au profil de la charmante Madame Lagardère, Jade, un ancien mannequin belge.

Et les actionnaires ?

L’action qui valait plus de 40 euros en septembre 2003 vaut 22 euros fin mai 2018 soit une chute de plus de 45%. La forme de société en commandite permet à Arnaud Lagardère avec 7% du capital de disposer de 11% des droits de votes. Jusqu’ici le fonds qatari QIA (Qatar Investment Authority) qui détient 13% des actions et 20% des droits de votes est resté complaisant. Les pères d’Arnaud Lagardère et de l’actuel souverain du Qatar étaient très proches, les fils ont hérité de cette proximité, mais le fonds souverain pourrait tousser sous l’influence de fonds américains comme DCNA (5% du capital). Ramzi Khiroun, homme de mains de DSK reconverti comme porte parole du groupe Lagardère pourrait avoir bientôt une nouvelle mission, mais les Qataris semblent moins impressionnables que les starlettes malmenées par DSK.

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