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Facebook et Trump : maintenant, la censure préventive

12 avril 2021

Temps de lecture : 3 minutes

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Facebook et Trump : maintenant, la censure préventive

12 avril 2021

Après les évènements du 6 janvier 2021, lorsqu’une foule de partisans de Trump avait envahi le Capitole aux États-Unis, les réseaux sociaux Facebook et Twitter avaient pris la décision de censurer Donald Trump. La nouvelle avait fait scandale, des dizaines de millions d’abonnés voyaient leur président se faire couper la parole définitivement. D’autres médias avaient suivi en censurant à leur tour (Instagram, YouTube, Twitch, Snapchat). Les archives nationales étasuniennes conservant toutes les publications du compte Twitter de l’ancien président, ceux qui voulaient à nouveau les rendre publiques ont vu leur tentative immédiatement bloquée par l’oiseau bleu.

Trump annonce une vidéo sur Fox News

Après son échec à la prési­den­tielle, Trump ne ces­sait de clamer qu’il serait de retour en 2024. Le 31 mars 2021, le Dai­ly Mail nous appre­nait qu’une vidéo était postée sur Face­book pour annon­cer offi­cielle­ment l’engagement de Trump pour la prochaine prési­den­tielle. En effet, l’ancien prési­dent don­nait le 30 mars une inter­view à sa belle-fille, Lara Trump (qui tra­vaille pour Fox News), lors de l’émission en ligne The Right View. Petit hic : 4 min­utes (qua­tre min­utes !) avant même que la vidéo ne soit mise en ligne par sa belle-fille, Face­book préve­nait déjà que tout con­tenu mon­trant Don­ald Trump ou relayant sim­ple­ment sa voix serait sup­primé. Ce qui arri­va 20 min­utes après que la vidéo soit postée.

« Tout contenu avec la voix du président Trump sera supprimé »

Les réac­tions ne se sont pas faites atten­dre : « nous sommes un peu plus proche de 1984 d’Orwell » déclarait Lara Trump. Les employés de Face­book se con­tentent de répon­dre laconique­ment : « tout con­tenu pub­lié avec la voix du prési­dent Trump n’est actuelle­ment pas autorisé sur nos plate­formes (y com­pris les nou­velles pub­li­ca­tions avec le prési­dent Trump qui par­le) et sera supprimé ».

De l’autre côté de l’Atlantique, les émo­tions de la dernière prési­den­tielle sont encore vives et la nou­velle fait scan­dale. En France, per­son­ne ne sem­ble s’inquiéter qu’un réseau social se per­me­tte d’annoncer une cen­sure sys­té­ma­tique alors même que les réseaux soci­aux ser­vent aus­si à provo­quer le débat. Pas sûr que la démoc­ra­tie intéresse vrai­ment ces grandes entre­pris­es privées. Dans ces con­di­tions, n’y a‑t-il pas un dan­ger à leur con­fi­er tant de pou­voir sur notre lib­erté d’expression ?

Amazon/Twitch surveille et punit y compris hors ligne

Ajou­tons que Twitch, la célèbre plate­forme de stream­ing dev­enue très pop­u­laire appar­tenant à Ama­zon, vient de s’octroyer un nou­veau droit de sanc­tion. Ses représen­tants ont en effet déclaré : « Nous sanc­tion­nerons les comptes […] dès la pre­mière infrac­tion dans le cadre de cer­tains com­porte­ments hors ligne ou sur d’autres ser­vices inter­net ». C’est-à-dire que vous serez sur­veil­lés en dehors même de ladite plate­forme et que tout com­porte­ment, y com­pris dans la vie réelle, aura des réper­cus­sions. La liste des com­porte­ments « déviants » com­prend des actions mortelles ou vio­lentes, men­aces de mort, activ­ité ter­ror­istes, par­tic­i­pa­tion à un groupe de haine notoire ou exploita­tion sex­uelle d’enfants. Mais qui donc se fera juge de ce qu’est un « groupe de haine notoire » ? Nous vous lais­sons deviner.

Don­ald Trump sem­ble avoir com­pris l’ampleur de tous ces dan­gers. Big Broth­er et Big Oth­er ont la main mise sur les réseaux soci­aux et pour se libér­er de leur emprise, le mieux est encore de créer son pro­pre réseau social. Jason Miller, un proche de l’ancien prési­dent, a donc annon­cé cette créa­tion en cours lors d’une inter­view accordée à Fox News fin mars. Les GAFAM, quant à eux, déclar­ent que leur cen­sure s’étendra aus­si à tous ceux qui sou­ti­en­nent ou relaient les per­son­nal­ités qui dérangent.

Reste à voir si un réseau social aus­si mar­qué poli­tique­ment par son créa­teur parvien­dra à séduire mas­sive­ment tout homme de bonne volon­té cher­chant lib­erté de parole et lib­erté d’opinion.

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