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États-Unis : Tucker Carlson, le journaliste de Fox News à suivre… ou à abattre. Première partie

29 décembre 2018

Temps de lecture : 5 minutes
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États-Unis : Tucker Carlson, le journaliste de Fox News à suivre… ou à abattre. Première partie

Pre­mière dif­fu­sion le 14/11/2018 — L’Observatoire du jour­nal­isme (Ojim) se met au régime de Noël jusqu’au 5 jan­vi­er 2019. Pen­dant cette péri­ode nous avons sélec­tion­né pour les 26 arti­cles de la ren­trée qui nous ont sem­blé les plus per­ti­nents. Bonne lec­ture, n’oubliez pas le petit cochon de l’Ojim pour nous soutenir et bonnes fêtes à tous. Claude Chol­let, Prési­dent

En ces temps où la violence des troupes de choc du mondialisme capitaliste se nomme « résistance », cependant que la résistance à ce nouvel ordre mondial devient « de la violence haineuse », il fallait bien que le seul journaliste américain proprement « révolutionnaire », seul capable de décoder la superclasse mondiale pour ce qu’elle est, soit devenu la cible desdites troupes de choc. Dans la soirée du 7 novembre 2018, un commando « antifa » a fait une descente au domicile washingtonien de Tucker Carlson (ce dernier était chez Fox News), terrorisant sa femme, sa famille et ses voisins en tambourinant sur sa porte au point de la fissurer, et hurlant des menaces d’usage (« Tucker Carlson, on va se combattre. On connait ton adresse ! Dégage de Washington! ».


 

Le groupe de résis­tance « Smash Racism DC » se met­tait ain­si en ligne sur Twit­ter (compte cen­suré par Twit­ter depuis), une vidéo mon­trant ses « résis­tants » chan­tant les slo­gans préc­ités (sous dif­férentes ver­sions), y ajoutant une autre, con­sacrée aux habituelles odes aux fron­tières ouvertes (« ni fron­tières, ni mur, ni États-Unis ! »), sans oubli­er de pub­li­er sur la toile l’adresse, pho­tos à l’appui, de Tuck­er Carl­son, celle de son frère, ou de ses amis proches. Pour con­clure enfin sur Twit­ter sous la référence “#Knock­Knock­Tuck­er” : « Tuck­er Carl­son, tu ne pour­ras pas te cacher, toi et ton dis­cours, tes men­songes, ta haine ». Haine il y a effec­tive­ment selon la police, qui va traiter ces men­aces en ver­tu des lois améri­caines sur les « crimes de haine ».

Incitations à la violence

Ceci n’est pas sans rap­pel­er les inci­ta­tions à la vio­lence de l’intouchable et sous-estimée députée de la Cham­bre des représen­tants, madame Max­ine Waters. Smash Racism DC n’avait pas man­qué depuis son appel de men­er quelques opéra­tions publiques, notam­ment réus­sis­sant à chas­s­er d’un restau­rant de la cap­i­tale le séna­teur répub­li­cain Ted Cruz, alors qu’il soupait avec son épouse.

Mais pourquoi vis­er Tuck­er Carl­son ? Tout sim­ple­ment parce qu’il est le seul jour­nal­iste per­for­mant de la « résis­tance à la résis­tance ». Car c’est un cham­pi­on de la dialec­tique et du décodage, un trans­for­ma­teur des règles du jeu. Bref au lieu de gémir ou de faire dans le scrogneugneu nos­tal­gique de la droite ou de l’extrême droite améri­caine, Tuck­er Carl­son avance sa présen­ta­tion de la pen­sée tra­di­tion­nelle en argu­men­tant comme un activiste de gauche, les pieds bien ancrés dans le monde, assis sur une vaste cul­ture « européenne », féru des leçons de l’Histoire, retour­nant le gant de ses adver­saires, et le plus sou­vent dans la bonne humeur, voire l’humour.

Insup­port­able … d’autant que Carl­son pul­vérise le taux d’écoute. Car il est devenu le pre­mier mil­i­tant antiraciste améri­cain, défen­dant les « cau­casiens » con­tre les préju­dices causés par la couleur de leur peau, et pro­mou­vant une Amérique libérée d’un com­mu­nau­tarisme racial jugé con­traire aux principes fon­da­teurs de la République.

Fox News en forme

Cela fait main­tenant plus de deux ans que Fox News est la chaine câblée la plus écoutée des États-Unis, devenant de fac­to le cen­tre de la « résis­tance à la résis­tance » anti-Trump. Fox News dis­pose en effet de qua­tre loco­mo­tives : l’émission d’ouverture de la journée (Fox and Friends), puis l’émission du soir (à 20h) de Tuck­er Carl­son Tonight suiv­ie à 21 heures par Han­ni­ty et à 22 heures par The Ingra­ham Angle. Ces pro­grammes d’opinion et d’investigation enca­drent la pro­gram­ma­tion jour­nal­is­tique « équitable et équili­brée » (« Fair and bal­anced ») de la journée – représen­tée par les sur­vivants du « Bushisme » –, puis propulsent égale­ment (à 23 heures) une excel­lente émis­sion d’information « objec­tive » : le bul­letin de nou­velles de Shan­non Bream.

Les affaires vont donc bien pour les héri­tiers Mur­doch, qui sem­blent avoir renon­cé à la mode bling-bling, comme cela sem­blait le cas après l’élection de Trump (leur star, Meg­yn Kel­ly, qui avait quit­té Fox News pour le pont d’or de 20 mil­lions de dol­lars offert par MSNBC, après avoir poignardé son men­tor Roger Ailes dans le dos, vient d’ailleurs de se faire sale­ment sor­tir par ladite chaine au détri­ment de son amour-pro­pre plus que de son porte­feuille, d’autant qu’elle sera bien­tôt incar­née par Chal­ize Theron dans une pro­duc­tion hol­ly­woo­d­i­enne). Aujourd’hui la chaîne des Mur­doch est non seule­ment dev­enue le refuge de la pen­sée « trumpop­uliste », mais aus­si la seule où l’on fasse encore du jour­nal­isme bipar­ti­san de qual­ité (les autres chaînes mas­sacrant Trump en con­tinu, dans un style de plus en plus tabloïd et inci­tatif à la haine).

Hors du sérail

Par­mi les cham­pi­ons des taux d’écoute de Fox, Tuck­er Carl­son se dis­tingue par son orig­i­nal­ité, car il n’appartient à per­son­ne, pas même à Trump. Alors que les très « con­ser­va­teurs » Fox and Friends visent la famille au tra­vail face aux prob­lèmes de la vie (tout en faisant le pané­gyrique de Trump, et que le « réac­tion­naire » Han­ni­ty a réus­si à réu­nir une équipe agres­sive de jour­nal­istes d’investigation qui frag­ilisent le blindage de la col­lu­sion anti-Trump menée par l’État « per­ma­nent » (ou « pro­fond ») améri­cain, ou que « l’intégriste » Lau­ra Ingra­ham se focalise sans den­telles sur la reli­gion et le bar­rage à l’immigration incon­trôlée du cham­pi­on Don­ald Trump, Carl­son, totale­ment indépen­dant du sérail de Don­ald Trump (il n’hésite pas à le cri­ti­quer), est le meilleurs spé­cial­iste de la con­tre-attaque idéologique. Ni « syco­phante » ou « con­ser­va­teur », pas même « réac­tion­naire », il tran­spire en lui « le lib­er­tarien révo­lu­tion­naire » qui a par­faite­ment décodé ce qui se passe, non seule­ment aux États-Unis, mais dans le monde. Et qui pose sans cesse des ques­tions d’enfant : « pourquoi vous dites ça, et qu’est-ce que ça veut dire en réal­ité ? », les répé­tant ad nau­se­am, stop­pant net ses adver­saires.

Biographie, les débuts

Tuck­er Swan­son McN­ear Carl­son est né à San Fran­cis­co en 1969 d’un père jour­nal­iste et ancien ambas­sadeur, égale­ment ancien directeur de la Cor­po­ra­tion for Pub­lic Broad­cast­ing et de la Voix de l’Amérique. Sa femme ayant aban­don­né mari et enfants pour men­er une vie de bohème, le père de Carl­son s’était remar­ié avec l’héritière de la grande for­tune Swan­son (les pro­duits surgelés), égale­ment nièce du célèbre séna­teur démoc­rate « de gauche » J. William Ful­bright.

Carl­son est diplômé d’histoire. Il a fait ses débuts jour­nal­is­tiques à la Pol­i­cy Review, con­trôlée par le think tank qui « fai­sait » les poli­tiques de Ronald Rea­gan : The Her­itage Foun­da­tion. Après quelques emplois tran­si­toires, il a fait un pas­sage au Week­ly Stan­dard, fief du néo-con­ser­vatisme créé au départ par le #Nev­erTrump Bill Kris­tol, tout en écrivant ponctuelle­ment pour les pro­gres­sistes Esquire, New Repub­lic , et New York Times Mag­a­zine, ain­si que pour une machine à scoop : The Dai­ly Beast.

Sa car­rière a décol­lé chez CNN (de 200 à 2005), où il s’était en par­ti­c­uli­er fait remar­quer par ses inter­ven­tions dans la défunte émis­sion à suc­cès Cross­fire, qui oppo­sait des jour­nal­istes de droite et de gauche. Se com­por­tant comme un anti­con­formiste, il fut vite ciblé par l’extrême gauche caviar, en par­ti­c­uli­er par le célébris­sime ani­ma­teur du Dai­ly Show, John Stew­ard, qui n’avait pas appré­cié de se faire démolir. Carl­son pas­sa alors chez MSNBC en 2005 pour ani­mer « son » émis­sion et réalis­er quelques reportages au Moyen-Ori­ent. Son départ, en 2008, coïn­ci­da avec le gauchisse­ment idéologique de MSNBC, qui mis­ait alors sur Rachel Mad­dow et Ed Schultz pour ses pro­grammes du soir.

À SUIVRE.

Crédit pho­to : cap­ture d’écran vidéo Fox News

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