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Dossier : Hollande / Léonarda : excès de flux
Publié le 

20 novembre 2013

Temps de lecture : 11 minutes
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Dossier : Hollande / Léonarda : excès de flux

Comment le nouvel écosystème médiatique a failli faire imploser l’Élysée

Au début, il y eut l’émotion. Ensuite, le flux s’en empara, débor­da com­plète­ment le gou­verne­ment, mit à jour ses dis­sen­sions, aggra­va sa gabe­gie, et quand celui-ci ten­ta de réa­gir, ce fut, dans un déchaîne­ment du flux incon­trôlé, pour un crash en beauté. A l’origine : presque rien. À la fin : une crise poli­tique majeure. Entre les deux, donc, cet excès de flux car­ac­téris­tique d’un nou­v­el écosys­tème médi­a­tique auquel, comme à tant d’autres aspects de la sit­u­a­tion actuelle, les dif­férents mem­bres du gou­verne­ment social­iste ne sem­blaient pas pré­parés. Cette incroy­able dis­tor­sion entre le réel, la bulle médi­a­tique démesurée qui en sur­git et les con­séquences con­crètes de l’événement, sont l’occasion de revenir sur un cas d’école quant à la nou­velle économie médi­a­tique : l’affaire Léonar­da, ou com­ment, à par­tir d’une appli­ca­tion à peine mal­adroite d’une loi dans des cir­con­stances con­sid­érés comme légitimes, le prési­dent de la République française, usant de la plus haute solen­nité de sa fonc­tion, s’est retrou­vé dans la sit­u­a­tion de se faire « van­ner », d’égal à égal, par une gamine de 15 ans… Nous ne nous pencherons pas spé­ciale­ment sur les faits, désor­mais éclair­cis et con­nus de tous : l’évacuation d’une famille rom car­i­cat­u­rale­ment abu­sive hors de France après l’épuisement des recours juridiques, et de la patience, même, des asso­ci­a­tions sans-papiéristes, dans un pays où 70% de la pop­u­la­tion con­sid­ère qu’il y a trop d’étrangers. Nous nous pro­posons d’étudier ici l’étrange phénomène qui, com­bi­nant les blogs, les réseaux soci­aux et les chaînes d’info con­tin­ue, a per­mis à cette anec­dote de se trans­former en cat­a­clysme.

Post initial

Tout com­mence par un post datant du 14 octo­bre dernier (soit cinq jours après l’expulsion de la famille Dibrani) sur le blog de RESF (Réseau Édu­ca­tion Sans Fron­tière), hébergé par Médi­a­part, le site d’Edwy Plenel. À présent que l’on con­naît tous les élé­ments du dossier, com­ment ne pas être pas éton­né par la teneur d’un

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tel papi­er ? La pre­mière par­tie est un com­mu­niqué des enseignants qui déclar­ent : « Nous, pro­fesseurs du col­lège André Mal­raux et du lycée Tou­s­saint Lou­ver­ture, sommes choqués de voir com­ment les efforts d’in­té­gra­tion four­nis par ces enfants à l’é­cole sont réduits à néant par des poli­tiques aveu­gles et inhu­maines. » Des efforts d’intégration qui se traduisent, pour Léonar­da, rap­pelons-le, par 21,5 jours d’absence depuis la ren­trée sco­laire (soit depuis à peine plus d’un mois au 9 octo­bre), efforts anéan­tis par une poli­tique « aveu­gle et inhu­maine » qui a tout de même soutenu finan­cière­ment la famille durant qua­tre ans et demi et lui a autorisé tous les recours juridiques pos­si­bles. Les allé­ga­tions des enseignants ne sont pas seule­ment fauss­es, elles sont à l’exact opposé de la vérité. Pour le reste, il s’agit d’une mise en scène sen­ti­men­tale des événe­ments où les enseignants se don­nent à bon compte le rôle de résis­tants héroïques au cours d’une séquence qui fait songer au film de Louis Malle : Au revoir les enfants. Après cette fable nar­cis­sique, on trou­ve une espèce de tract où l’on peut lire : « On a honte pour tous ceux qui, de près ou de loin, maire, fonc­tion­naires de la PAF, préfet, mem­bres du cab­i­net, imbé­ciles ou salauds, ont col­laboré à cette arresta­tion. Ont-ils remar­qué que la jeune Léonar­da a été inter­pel­lée sur le park­ing du col­lège Lucie Aubrac ? Aubrac ? Con­nais pas ? » « Imbé­ciles », « salauds », « col­laboré », « Lucie Aubrac » : tout le folk­lore résis­tan­tial­iste est débal­lé à l’aveugle, pour que ces enseignants si approx­i­mat­ifs avec l’Histoire puis­sent se faire reluire l’auréole à bon compte. Mais ce dont ils ne se doutent pas encore, c’est à quel point ils vont être pris au sérieux.

La vague émotionnelle

La vague émotionnelle

La vague émo­tion­nelle… (crédit : DR)

Ce qui est donc assez inédit pour une affaire de cette ampleur, c’est qu’elle ait pu naître d’une telle amorce. Non pas le papi­er d’un jour­nal­iste pro­fes­sion­nel ayant un min­i­mum enquêté sur son sujet en se pli­ant à la déon­tolo­gie exigée par sa pro­fes­sion, au sein d’un média doté, à tort ou à rai­son, d’une cer­taine crédi­bil­ité, non… Mais d’un sim­ple post presque anonyme, écrit à l’emporte-pièce et pousse-aux-larmes, pub­lié sur un blog… Dès l’origine, on n’est pas dans le reg­istre de la rai­son, de l’objectivité ou des faits, mais dans celui de la grandil­o­quence, du déni de réel et de l’émotionnel pur. Ain­si, « l’in­ter­pel­la­tion de Leonar­da par la police au cours d’une sor­tie sco­laire le 9 octo­bre (va-t-elle soulever) une vague d’é­mo­tion dans une par­tie de la gauche et entrain(er) des mil­liers de lycéens dans la rue. » En somme, avant même qu’une analyse sérieuse des faits ait été établie par quiconque, sans l’intervention du moin­dre fil­tre, le post des enseignants va pro­duire une « vague d’émotion » — le con­traire d’un débat ou d’une réflex­ion – laque­lle va se répan­dre par cap­il­lar­ité à la faveur des réseaux soci­aux. Tout ce qui lance cette affaire a trait aux nou­velles tech­nolo­gies, témoigne de leur dynamique par­ti­c­ulière et mon­tre com­ment celles-ci boule­versent rad­i­cale­ment l’ancien rap­port à l’information qui se trou­ve sans arrêt court-cir­cuité.

Concours de tweets

Le 16 octo­bre, soit deux jours après le post ini­tial, c’est sur Twit­ter que la vague enfle, par l’intervention de plusieurs per­son­nal­ités de Gauche. Le prési­dent de l’Assemblée nationale lui-même, Claude Bar­tolone, tweete : « Il y a la loi. Mais il y a aus­si des valeurs avec lesquelles la Gauche ne saurait tran­siger. Sous peine de per­dre son âme. #Léonar­da. » David Assouline, porte parole du PS, évoque quant à lui, sur son compte Tweet­er, une scène « insup­port­able et inac­cept­able ».

Le député Bernard Roman lâche le grand mot de « rafle », quand de son côté, pour ne pas être en reste, Mélen­chon tweete : « Ren­dons Valls# à Le Pen. » On sem­ble donc assis­ter à un con­cours d’indignations (et de points God­win) d’autant plus viral qu’Internet a décu­plé la réac­tiv­ité. Per­son­ne n’a encore con­nais­sance du dossier, aucune enquête sérieuse n’a été réal­isée, mais les sup­ports en jeu, blogs ou Twit­ter, n’encouragent de toute manière pas cette modal­ité de dis­cours. Sur un blog, n’importe qui peut écrire n’importe quoi en-dehors de toute véri­ta­ble instance de légitim­ité. Sur Twit­ter, le for­mat de 140 car­ac­tères ne per­met ni l’argumentation ni le développe­ment ni la nuance, mais pousse à la déc­la­ra­tion péremp­toire ou l’expression som­maire de son émo­tion spon­tanée. D’un autre côté, com­ment ne pas voir dans cette escalade d’indignations de la part de mem­bres de la majorité, cri­ti­quant par con­séquent dans la plus décom­plexée des out­rances la poli­tique du gou­verne­ment auquel ils appar­ti­en­nent, une insur­rec­tion con­tre Valls ? Les raisons qui les motivent sem­blent en effet moins morales que basse­ment politi­ci­ennes, trahissant une guerre interne au sein du par­ti.

Manifs Facebook

Le 17 octo­bre, voilà que les lycéens s’y met­tent. À la veille des vacances de la Tou­s­saint, il est encore dif­fi­cile de savoir si les raisons essen­tielles qui les poussent dans la rue ne relèvent pas davan­tage de con­gés anticipés et du goût de la fête que d’une véri­ta­ble con­science poli­tique, mais en l’occurrence, les voici entre 2500 et 7000 à con­verg­er vers la place de la Nation. Nom­breux ont été mobil­isés directe­ment par leurs pro­fesseurs : « Des pro­fesseurs ont dis­tribué des tracts lun­di à la sor­tie des cours et ont pro­posé de sign­er une péti­tion, racon­te Astrid, 17 ans, étu­di­ante en ter­mi­nale au lycée Dori­an, dans le 11e arrondisse­ment. » lit-on dans Le Monde du 17 octo­bre, où l’on apprend égale­ment que « Tous les lycéens inter­rogés font état d’une mobil­i­sa­tion via les réseaux soci­aux (Face­Book, Twit­ter) et les tex­tos. »

Or, grâce à Face­book, il n’est plus besoin aujourd’hui d’organiser des AG, de s’appuyer sur des syn­di­cats, pour par­venir à mobilis­er au nom d’une cause quel­conque. L’indignation orig­inelle d’un post se répand ain­si dans la rue en trois jours, grâce à la dynamique immé­di­ate et expo­nen­tielle des nou­veaux moyens de com­mu­ni­ca­tion et d’agit-prop. Certes, la mobil­i­sa­tion demeure très rel­a­tive et les mobil­isés appar­ti­en­nent à la caté­gorie la plus émo­tive, la plus manip­u­la­ble et la plus pavlovi­enne de la pop­u­la­tion, il n’empêche, cette con­t­a­m­i­na­tion effraie encore davan­tage un pou­voir poli­tique qui ne con­serve, comme légitim­ité, que la « vig­i­lance antifas­ciste », ce qui l’a con­traint à délir­er autour de l’affaire Méric en juin ou à inven­ter un ter­ror­isme néo-nazi en juil­let via l’affaire Vikernes. Ain­si lorsque ce pou­voir devient lui-même vic­time de sa pro­pre farce, se sent-il com­plète­ment pris au piège, ce qui expli­quera sans doute l’absurde com­mu­ni­ca­tion du prési­dent à la télévi­sion quelques jours plus tard.

Médias traditionnels : entre la pression et le sprint

Dans cette his­toire, les médias tra­di­tion­nels se sont retrou­vés à la remorque des nou­veaux médias. Dépassés par un « buzz » qu’ils n’ont plus le priv­ilège de créer, ne pou­vant vrai­ment rivalis­er en terme de vitesse de flux avec les réseaux soci­aux, ils ont pris le train en route pour ne pas demeur­er en reste et sans avoir eu le temps de s’interroger sur la des­ti­na­tion du con­voi. Que pou­vaient-ils faire de plus, non pour analyser la sit­u­a­tion, mais pour repren­dre la tête de la course ? Puisque telle était leur pre­mière obses­sion… Eh bien : accourir en meute au Koso­vo et ten­dre leurs micros à Léonar­da… C’est ain­si que la jeune Rom de quinze ans devint pour quelques jours l’insolite égérie des médias français. « Léonar­da est un peu dev­enue le vis­age de ce qui était jusque là dés­in­car­né : l’immigration clan­des­tine », affirmera Céline Asselot, jour­nal­iste des médias, sur France Info, le 25 octo­bre, au sujet de l’emballement médi­a­tique, très cri­tiqué par les audi­teurs, que la jeune fille venait de sus­citer. Sauf que ce ne sont pas les médias qui ont choisi Léonar­da comme sym­bole, ni le peu­ple, ni même une asso­ci­a­tion quel­conque, mais le con­cours de cir­con­stances néo-médi­a­tique que nous venons de décrire et dont le cast­ing va, in fine, se révéler assez gênant. Or, quel a été le levi­er majeur de ces cir­con­stances ? Céline Asselot pour­suit, tou­jours dans la même émis­sion : « Si la machine médi­a­tique s’est embal­lée (…), c’est aus­si parce qu’il y a eu énor­mé­ment de réac­tions poli­tiques qui ont nour­ri cela. » Le tweet god­winien d’un respon­s­able poli­tique qui provoque une improb­a­ble tem­pête médi­ati­co-poli­tique, cela ne vous rap­pelle rien ?

Le processus Méric

L’affaire Méric, qui s’est déroulée quelques mois aupar­a­vant, com­porte beau­coup de simil­i­tudes avec l’affaire Léonar­da. C’est un tweet d’Alexis Cor­bière, secré­taire nation­al du Front de gauche, évo­quant rien moins que l’ « Hor­reur fas­ciste » qui déclenche l’emballement général­isé. Les médias surenchéris­sent, des « antifas » man­i­fes­tent à Saint-Michel, le chef de l’État réag­it directe­ment alors qu’il est en vis­ite offi­cielle à Tokyo. Pour­tant, à rebours de cet emballe­ment, les faits et notam­ment l’enregistrement d’une vidéo de sur­veil­lance, finiront par dis­créditer totale­ment la ver­sion mythologique propagée à l’origine dans le but d’offrir à la Gauche en panique sa dernière carte à jouer : celle de l’antifascisme d’apparat. L’enchaînement des faits dans l’affaire Léonar­da est donc qua­si sim­i­laire, la jeune fille rom devenant bien vite une icône ratée des vic­times de pré­ten­dues « rafles », comme Méric fut une icône ratée des vic­times du fas­cisme. Le sys­tème médi­a­tique, dans les deux cas, pro­duit trop rapi­de­ment un dis­cours mythique pour avoir été totale­ment dépassé par les flux des nou­veaux médias d’un côté, par les con­séquences dans la rue et dans l’hémicycle d’autre part. Il existe cepen­dant une dif­férence majeure entre les deux affaires : c’est que la pre­mière tient à l’exploitation fal­lac­i­euse d’un fait divers par la Gauche con­tre ses adver­saires après les raz-de-marée de la « Manif pour tous », alors que la sec­onde est l’exploitation fal­lac­i­euse d’un fait divers par une par­tie de la Gauche con­tre Valls.

Bombe en interne

L’invraisemblable réac­tion de François Hol­lande s’explique parce qu’il se trou­ve pris au piège de toute part. Désavoué par 75% de la pop­u­la­tion, le prési­dent le plus impop­u­laire de la Vème république doit résoudre une crise minant les 25% restants, et dont le bouc émis­saire est le seul min­istre de son gou­verne­ment plébisc­ité par les Français.


Allo­cu­tion stupé­fi­ante du Chef de l’État le 19 octo­bre 2013

Sur le site Atlanti­co, le bloggeur Koz explique que l’intervention télévisée est essen­tielle­ment motivée par « souci de la gauche car ce qui est en cause, c’est la cohé­sion de la majorité, ce sont les valeurs de gauche, c’est ce camp qui se dis­loque quand cer­tains en son sein accusent un min­istre de ne pas être répub­li­cain, d’arrêter des enfants comme on raflait les enfants juifs. Le seul feu qu’il vole étein­dre, c’est celui qui a cou­vé dans son camp, avant d’éclater dans ces deux petites man­i­fes­ta­tions lycéennes (…). Alors que le navire som­bre, les officiers, inca­pables de loy­auté envers leur pro­pre équipage, dans un acte témoignant d’une rare bassesse et d’une non moins rare bêtise poli­tique, retour­nent con­tre leur camp leur arme de ter­ror­isme intel­lectuel préférée, lais­sant au cap­i­taine, pour­tant désor­mais sus­pect d’incompétence, la respon­s­abil­ité d’endosser et de gér­er la crise. Dans une posi­tion inten­able, com­ment donc s’étonner que le faible Hol­lande pro­pose une alter­na­tive ne sat­is­faisant per­son­ne et l’enfonçant encore davan­tage ?

Info continue : le flux qui écrase tout

Maître Dibrani et Loanarda

Maître Dibrani et Loa­nar­da

Le 19 octo­bre, donc, le prési­dent inter­vient depuis l’Élysée pour assur­er que la loi a bien été respec­tée dans l’affaire Léonar­da (le rap­port acca­blant sur les Dibrani a été pub­lié le matin même), mais qu’au vu de l’émoi dans son pro­pre camp, il veut bien user de la grâce prési­den­tielle et per­me­t­tre à la jeune Rom de venir « suiv­re » ses cours en France, à con­di­tion que le reste de sa famille reste au Koso­vo. « C’est mort ! » réplique illi­co Léonar­da sur BFM TV. Ce dia­logue sur­réal­iste a été ren­du pos­si­ble grâce à l’économie par­ti­c­ulière des chaînes d’info con­tin­ue, un autre aspect du nou­v­el écosys­tème médi­a­tique que la com­mu­ni­ca­tion de l’Élysée a été inca­pable de pren­dre en compte. L’exigence de flux per­ma­nent à laque­lle sont soumis ces médias a pour con­séquence d’écraser toute hiérar­chie entre les faits comme entre les paroles. Après la « vanne » de Léonar­da à tra­vers le même con­tin­u­um d’images, c’est Harlem Désir qui, dans l’après-midi, appa­raî­tra pour con­tredire le prési­dent… De ce fias­co pro­pre­ment inédit, le gou­verne­ment va tenir la chaîne d’info pour respon­s­able : « Les cri­tiques de l’exé­cu­tif se focalisent par­ti­c­ulière­ment sur BFM TV, la pre­mière chaîne info en con­tinu de France (…) » apprend-on sur Europe 1. Comme tou­jours, dès qu’ils sont pris à défaut, les social­istes god­winent à tout va : « Accusée de faire mon­ter le Front nation­al en favorisant l’emballement autour des polémiques qui agi­tent la classe poli­tique, BFM TV a ain­si été rebap­tisée “BFN TV” par cer­tains respon­s­ables social­istes… » Le plus incroy­able, c’est que la polémique comme l’emballement qui a suivi sont pour­tant la créa­tion exclu­sive de respon­s­ables social­istes et de profs de gauche…

Qui a créé la confusion ?

Hervé Béroud, directeur de l’information sur BFM TV, n’a pas à chercher très loin pour se défendre : « Le prési­dent de la République prend la parole en s’adres­sant à cette jeune fille, alors que tout le monde est cen­sé savoir que tous les médias sont depuis plusieurs jours au côté de cette famille à Mitro­vi­ca », explique-t-il, tou­jours sur Europe 1. C’est donc Hol­lande qui amorce le dia­logue dans le sens où il va se pro­duire. L’indiscipline, la réac­tion tout azimut, le com­pas­sion­nel aveu­gle, l’hystérie col­lec­tive, le court-cir­cuitage per­ma­nent des hiérar­chies, la con­fu­sion intel­lectuelle et his­torique, tout cela est bien l’œuvre de la Gauche et elle se trou­ve en mau­vaise pos­ture pour cri­ti­quer une chaîne info qui se soumet, à l’aune de sa pro­pre modal­ité de fonc­tion­nement, à des con­di­tions qui ont été créées hors d’elle. En out­re, il n’est pas telle­ment plus choquant d’avoir mis Léonar­da sur le même plan que Hol­lande que de l’avoir mise sur le même plan que les Juifs raflés durant la sec­onde guerre mon­di­ale… Le mon­stre fab­riqué par les social­istes anti-Valls se retourne con­tre leur camp entier. Comme dis­ait Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui se plaig­nent des con­séquences alors qu’ils en chéris­sent les caus­es. » Et à trop jouer avec le flux, il arrive qu’on finisse noyé.

Maître Dibrani et Loanarda

En somme, les seuls à qui aura vrai­ment prof­ité l’affaire, ce sont les Dibrani. Le père Dibrani, bien que vio­lent, menteur, voleur, inapte et grossier, pos­sède un véri­ta­ble don pour prof­iter des sit­u­a­tions qui s’offrent à lui. Sur ce point, c’est un maître. Après avoir tran­quille­ment par­a­sité les Ital­iens en leur crachant dessus, il a bat­tu tous les records en France, souti­rant plus de 500 000 euros aux con­tribuables, en ayant même le luxe final de tutoy­er et d’insulter le prési­dent français lui-même par l’intermédiaire de sa progéni­ture. Lui, a su faire fruc­ti­fi­er au max­i­mum le buzz médi­a­tique fab­riqué autour de sa fille et, lorsqu’il ne dort pas, il mon­naie encore les dernières inter­views qu’on demande à Léonar­da. Celle-ci, en revanche, a main­tenant peur qu’on l’oublie et « se plaint de ne pas pou­voir se con­necter sur Face­book toute la journée. ».

Ain­si la boucle est-elle bouclée, et l’affaire, qui com­mença sur un blog « retweeté », s’achève devant Face­book, où Léonar­da s’obstine, comme une star de Téléréal­ité en passe de sor­tir du loft, à jouir jusqu’au bout des dernières sec­on­des de son quart d’heure de célébrité warholien…

MD

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