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ACRIMED : la paille et la poutre

22 septembre 2016

Temps de lecture : 9 minutes
Accueil | Pascal Houzelot | ACRIMED : la paille et la poutre

ACRIMED : la paille et la poutre

Dossier. Célèbre site de critique des médias et pionnier du genre, ACRIMED est en quelque sorte un OJIM d’extrême-gauche. Si certaines des analyses peuvent sembler pertinentes, sa grille de lecture idéologique est cependant tellement prégnante qu’il arrive souvent, sur les sujets les plus critiques au plan idéologique, qu’ACRIMED reproche aux médias la paille que ceux-ci ont dans l’œil, non parce qu’ils devraient l’ôter pour y voir clair, mais parce qu’ils seraient censés y substituer la poutre entière de l’utopie multiculturaliste.

En effet, voilà tout le para­doxe d’un site comme ACRIMED, il s’agit d’un con­tre-pou­voir qui, une fois sur deux, reproche au pou­voir médi­a­tique son manque de rec­ti­tude dans la proféra­tion d’une idéolo­gie que le pou­voir en ques­tion, pour­tant, se tar­gue en général de pro­fess­er. Cette con­fu­sion provient du fait que le site ne saisit ni son rôle ni le panora­ma. Il relève, poli­tique­ment par­lant, de la gauche dupe d’elle-même, à demi-con­sciente de ses méta­mor­phoses et des nou­velles per­spec­tives où elle évolue. Et cet arti­cle est donc prop­ice à une salu­taire mise au point. Comme la plu­part des sites de cri­tiques des médias qui ont été nom­breux à se dévelop­per ces dernières années, ACRIMED part d’un con­stat d’époque : la presse et ses dérivés, qui con­sti­tu­aient à l’origine un con­tre-pou­voir, puis un « qua­trième pou­voir » (à côté de l’exécutif, du lég­is­latif et du judi­ci­aire) est devenu, dans une société de com­mu­ni­ca­tion mas­sive, l’un des prin­ci­paux pou­voirs, dom­i­nant bien sou­vent l’exécutif devenu plus dépen­dant que jamais de la répu­ta­tion médi­a­tique. Sauf que la nature de ce pou­voir et ses trans­mu­ta­tions n’ont pas été pris­es en compte par une cer­taine gauche ultra, nos­tal­gique et réac­tion­naire, qui n’y retrou­ve plus son étoile rouge.

Le sabre et le goupillon

Comme l’a par­faite­ment démon­tré Math­ieu Bock-Côté, jeune et bril­lant intel­lectuel québé­cois, dans l’un des essais les plus impor­tants de cette année, paru au Cerf : Le Mul­ti­cul­tur­al­isme comme reli­gion poli­tique, la gauche utopique, après la déstal­in­i­sa­tion puis la chute de l’URSS a, en quelque sorte, réin­vesti sa libido utopiste dans un nou­veau pro­jet : le mul­ti­cul­tur­al­isme. Celui-ci n’a rien à voir avec le sim­ple con­stat d’une « société ouverte » dans un monde marc­hand aux fron­tières poreuses, mais tout avec un désir mes­sian­ique de faire advenir l’Homme nou­veau par d’autres moyens que la dic­tature du pro­lé­tari­at, mais en pro­gram­mant la rédemp­tion de l’Occident crim­inel par sa dis­so­lu­tion sal­va­trice sous les reven­di­ca­tions des anci­ennes minorités, cela afin de par­venir à accouch­er d’un homme indif­féren­cié arraché à tous ses anciens con­di­tion­nements et attache­ments tra­di­tion­nels ; un Homme nou­veau qui, quelle bonne sur­prise, cor­re­spond par ailleurs au pro­duc­teur et con­som­ma­teur inter­change­ables dont rêve, par ailleurs, le cap­i­tal­isme mon­di­al­isé. Ain­si l’utopie néo-com­mu­niste se retrou­ve-t-elle à col­la­bor­er étrange­ment avec l’utopie marchande sur les décom­bres d’une civil­i­sa­tion européenne à achev­er de détru­ire. Con­stat que Christo­pher Lasch ou Jean-Claude Michéa, dénonçant la col­lu­sion « libérale-lib­er­taire », avaient déjà établi à leur manière, cha­cun avec ses pro­pres analy­ses. Voilà qui pour­rait paraître très étrange et qui prend à rebours des habi­tudes de pen­sée bien ancrées, certes, mais ce genre de recom­bi­naisons his­toriques ne sont en réal­ité pas si rares. Il n’y a qu’à songer à l’empire romain chris­tian­isé sous Con­stan­tin, quand, après avoir per­sé­cuté les chré­tiens, Rome se fera l’arme poli­tique de prop­a­ga­tion du chris­tian­isme, tan­dis que l’Église se con­sti­tu­ait quant à elle sur le mod­èle de la bureau­cratie impéri­ale. Cette alliance n’en entraî­na pas moins une longue rival­ité qui se pour­suiv­it ensuite sous dif­férentes formes à tra­vers les siè­cles, entre pou­voir poli­tique et autorité spir­ituelle, entre le pape et l’empereur, entre le trône et l’autel.

Les nouveaux Guelfes

Dans l’Italie médié­vale, deux par­tis prin­ci­paux s’affrontaient à l’intérieur d’un même monde, celui de la Chré­tien­té. Les Guelfes et les Gibelins, lesquels, pour faire vite, défendaient avant tout les intérêts de la papauté pour les pre­miers, de l’empereur pour les sec­onds. Le con­tre-pou­voir d’un site comme ACRIMED est com­pa­ra­ble à un con­tre-pou­voir Guelfe. Il ne s’oppose aucune­ment au sys­tème, dont il incar­ne une com­posante majeure, il défend con­tre l’autre l’un des deux hémis­phères du sys­tème, en se référant en général à la phase antérieure qui struc­turait celui-ci. Il reproche à la dimen­sion cap­i­tal­iste du pou­voir médi­a­tique cap­i­tal­is­to-mul­ti­cul­tur­al­iste de tran­siger sur le mes­sage mul­ti­cul­tur­al­iste en rai­son des con­traintes cap­i­tal­istes, et tente de per­pétuer arti­fi­cielle­ment une oppo­si­tion qui n’a plus lieu d’être entre ces deux utopies pure­ment écon­o­mistes qui sont désor­mais com­binées. Une fois qu’on a admis cet état des lieux et la nature d’un tel posi­tion­nement, tous les para­dox­es d’ACRIMED devi­en­nent lis­i­bles. Habiles à démas­quer les cor­rup­tions de l’information qu’implique le cadre cap­i­tal­iste, ses jour­nal­istes rabat­tent cepen­dant tout sur une pureté idéologique encore plus allergique à l’objectivité que les biais qu’ils dénon­cent, désig­nant la paille cap­i­tal­iste dans l’œil du média aus­culté, le col­lab­o­ra­teur d’ACRIMED y plonge aus­sitôt sa poutre idéologique.

L’Insécurité : du déni au maquillage fantasmatique

L’un des thèmes où s’affirme le plus claire­ment le biais cog­ni­tif idéologique d’ACRIMED en par­ti­c­uli­er et de l’extrême-gauche en général, est celui de l’insécurité. Pour l’idéologie mul­ti­cul­tur­al­iste, la vio­lence cor­réla­tive aux sociétés trop hétérogènes et frac­turées, quand bien même le Brésil, mul­ti­cul­turel et hyper-vio­lent, en serait l’évident par­a­digme, cette vio­lence n’existe pas parce qu’elle ne peut pas exis­ter, sans quoi s’affirmerait une déro­ga­tion tout à fait intolérable au dogme fon­da­men­tal sur quoi repose leur foi mil­lé­nar­iste (le Roy­aume advien­dra enfin quand cha­cun sera totale­ment dilué dans l’Autre pour le bon­heur de tous). Par con­séquent, puisque les médias, au début des années 2000, après dix ans d’un déni farouche, finis­sent par faire enfin remon­ter le réel d’une vio­lence nou­velle en train de rav­ager la société française qu’il est devenu trop dur de dis­simuler, l’extrême-gauche pré­tend que la vio­lence en ques­tion vient d’être « inven­tée » par les médias. Et si elle n’est pas inven­tée, elle est « drama­tisée ». La rubrique : « Les pyro­manes de l’insécurité » déroule de manière limpi­de l’axe de lec­ture qu’ACRIMED super­pose aux arti­cles ou émis­sions dont le site pré­tend cri­ti­quer les méth­odes. « L’exploitation racoleuse de faits divers trag­iques hissée au pre­mier rang de l’information nationale est une man­i­fes­ta­tion qua­si quo­ti­di­enne de ces dérives. » peut-on y lire. En vérité, il suf­fit de vis­iter le site fdesouche.com ou de lire La France Orange mécanique de Lau­rent Ober­tone (Ring), le site comme le livre se con­tentant de com­pil­er des faits divers relevés dans la presse offi­cielle et générale­ment relégués dans l’ombre, pour se ren­dre compte que si les médias voulaient vrai­ment se laiss­er aller à une exploita­tion racoleuse des faits divers, les Français en tir­eraient l’impression de vivre dans un remake de Mad Max au quo­ti­di­en.

Un axe idéologique aberrant

C’est quand l’étouffement du fait divers est impos­si­ble, et unique­ment dans ce cas-là, qu’il est relayé dans les médias. Tou­jours selon ACRIMED, ce pou­voir médi­a­tique, grande anti­enne de l’extrême-gauche, « drama­tise les com­porte­ments illé­gaux ou déviants des class­es pop­u­laires, mais fait preuve d’une tolérance sélec­tive en min­imisant les dom­mages soci­aux pro­duits par la délin­quance économique ou finan­cière car­ac­téris­tique des class­es aisées. Enfin, à quelques excep­tions près, il passe sous silence la grande var­iété des formes d’insécurité, à com­mencer par l’insécurité pro­fes­sion­nelle et salar­i­ale. En dépit de leur var­iété, la plu­part des médias pro­duisent ain­si une représen­ta­tion par­tielle et super­fi­cielle, voire trompeuse, des caus­es et des formes de l’insécurité. Si bien que la focal­i­sa­tion sur l’insécurité sert volon­tiers d’écran à la ques­tion sociale. » Il ne sem­ble pour­tant pas que l’affaire Cahuzac ait été min­imisée… Mais il s’agit tou­jours de rel­a­tivis­er pour noy­er le pois­son en se livrant à toutes les com­para­isons pos­si­bles. D’ailleurs, si l’on com­pare l’insécurité actuelle due à la délin­quance à l’insécurité san­i­taire qu’avait entraîné la Peste noire en France au XIVe siè­cle, il faut bien recon­naître que notre inquié­tude est tout à fait exagérée. Mais out­re cet aspect, l’expression : « les class­es pop­u­laires » ne recou­vre aucune réal­ité soci­ologique per­ti­nente dans le cas qui nous occupe. Ces jour­nal­istes usent de con­cepts qui n’ont de sig­ni­fi­ca­tion qu’en ter­mes idéologiques périmés. Il y a en réal­ité les « class­es pop­u­laires » tra­di­tion­nelles qui ont été reléguées dans la France périphérique décrite par Christophe Guil­luy, et qui sont les pre­mières à souf­frir de la délin­quance et de la dénat­u­ra­tion de leur cadre de vie par l’immigration de masse. Ces class­es pop­u­laires pensent que la délin­quance est un sujet min­imisé, juste­ment, et elles sont passées du vote com­mu­niste au vote Front Nation­al. En out­re, elles lisent très rarement les papiers d’ACRIMED et se passeraient volon­tiers d’un tel sou­tien. Et puis, il y a les pop­u­la­tions immi­grées ou d’origine immi­grée, c’est-à-dire le pro­lé­tari­at néo-adamique de sub­sti­tu­tion de la gauche, que la gauche fan­tasme, n’ose pas vrai­ment côtoy­er pour autant, et surtout ne com­prend absol­u­ment pas, et dont les préoc­cu­pa­tions diver­gent grande­ment parce que deux univers cul­turels sont ici inc­on­cil­i­ables. Si bien que les pop­u­la­tions immi­grées n’entendent pas du tout la « ques­tion sociale » comme les con­tribu­teurs d’ACRIMED (notam­ment sur le tra­vail des femmes, la place des minorités sex­uelles, ou un idéal col­lec­tif dont aucun dieu ne viendrait assur­er la cohérence). En somme, la « ques­tion sociale » n’existe plus au sens où elle est ici posée, c’est-à-dire au sens des années 50, au sein d’une société homogène et cohérente, ou plutôt, cette ques­tion est aujourd’hui frag­men­tée et brouil­lée par des ques­tions iden­ti­taires. Donc quand ACRIMED par­le de « class­es pop­u­laires », ACRIMED ne par­le stricte­ment de per­son­ne.

Obsessions pathologiques

Cette traque à une sup­posée fab­rique d’un « sen­ti­ment d’insécurité » qui n’aurait rien à voir avec le réel (la preuve par le Bat­a­clan), prend chez ACRIMED les allures d’une obses­sion, au point que leurs jour­nal­istes en arrivent à écrire n’importe quoi sur le sujet. Exem­ple récent, un sim­ple sondage (pas une tri­bune, un sondage) de 20 min­utes (pas Minute tout court, 20 min­utes), s’en serait ren­du coupable en juin dernier ACRIMED cri­tique ce sondage du sen­ti­ment des Français avant l’Euro de la manière suiv­ante : « Enfin, si “71 % des sondés esti­ment que les stades qui accueilleront l’Euro sont bien pro­tégés”, comme l’annonce la manchette de Une, on apprend néan­moins, en con­sul­tant le sondage, que 73% d’entre eux “craig­nent un atten­tat pen­dant l’Euro”.

Com­ment ren­dre compte et illus­tr­er un tel gloubi­boul­ga qui dit tout et son con­traire ? » Ce soi-dis­ant « gloubi­boul­ga » ne dit pas tout et son con­traire, il dit quelque chose de sim­ple et de sen­sé : oui, les Français esti­maient que les mesures néces­saires de pro­tec­tion des stades avaient en effet été pris­es pour l’Euro, mais aucune mesure de sécu­rité n’étant capa­ble d’éviter pour autant tout atten­tat, ils demeu­raient inqui­ets quant à la pos­si­bil­ité qu’il s’en pro­duise un. Etait-ce « anx­iogène » de rap­porter un état des lieux finale­ment très cohérent ? Les 82 per­son­nes qui ont achevé leur exis­tence sous les roues d’un poids-lourd deux jours après la fin de l’Euro auraient-ils eu tort de se mon­tr­er anx­ieux ? C’est ce que laisse sous-enten­dre ACRIMED, qui promeut ain­si ouverte­ment le déni de réel comme fonc­tion pri­or­i­taire du jour­nal­isme.

Complot fasciste partout

Ils sont partout. Dans la finance et le ciné­ma, dans les postes clés, dans les couliss­es des grands par­tis et aux com­man­des des prin­ci­paux médias. Qui ? Les fas­cistes. Et en fonc­tion d’un com­plot con­certé et per­ma­nent, insi­dieuse­ment, sans qu’on y prenne garde, ils tamisent peu à peu la lumière sociale-démoc­rate pour faire advenir à nou­veau Les Heures Les Plus Som­bres. Alors, ces fiancés des Ténèbres lais­seront enfin voir leur vrai vis­age : celui de la Haine, de la Peur, du Repli-sur-soi, et surtout, du Rejet-de‑l’autre. Voilà ce qui se lit entre les lignes des cri­tiques d’ACRIMED sur le traite­ment de l’insécurité dans les médias, toutes leurs analy­ses procè­dent en fait d’un fond com­plo­tiste telle que nous venons de le présen­ter et sans même que cette présen­ta­tion puisse être taxée de car­i­cat­u­rale… Les dif­fi­cultés d’intégration d’une immi­gra­tion mas­sive, les frac­tures socio-cul­turelles qui en découlent, l’aggravement de la vio­lence dans la société française, ces faits, finale­ment assez mécaniques et fatals, du point de vue de l’indiscutable dogme mul­ti­cul­tur­al­iste, ne peu­vent pas exis­ter. Aus­si, si on les rap­porte, ce ne peut être qu’une inven­tion ou une mise-en-scène du grand com­plot fas­ciste pro­liférant tou­jours, même après 45, depuis le ven­tre-encore-fécond-de-la-bête-immonde. Les idéo­logues se foutent com­plète­ment de la réal­ité. Seule importe la per­pé­tu­a­tion de leur sys­tème de croy­ances, fût-ce au prix des recours arti­fi­ciels les plus improb­a­bles, comme celui d’un com­plot fas­ciste. Et les con­tribu­teurs d’ACRIMED sont des idéo­logues de stricte obé­di­ence. Ils voient donc du com­plot partout et de plus en plus puisqu’il faut bien trou­ver une expli­ca­tion à la fail­lite désas­treuse, sur le ter­rain, de l’utopie mul­ti­cul­tur­al­iste. Aus­si, quand ils font un arti­cle con­cer­nant les émis­sions sur la police, s’étonnent-ils, d’une manière a pri­ori incon­grue. « Un pro­pos qui ne soulève aucune réac­tion du reporter de TV Mag­a­zine, sur qui il ne faut pas compter pour deman­der à Car­ole Rousseau pourquoi les chaînes de télé ne témoignent pas du même engoue­ment pour les fac­teurs ou les enseignants, par exem­ple, aux­quels la plu­part d’entre nous ont tout de même affaire, plus quo­ti­di­en­nement qu’aux gar­di­ens de la paix. Mais c’est pré­cisé­ment cette banal­i­sa­tion qui pose ques­tion, car l’on finit par s’habituer à une pro­gram­ma­tion télévi­suelle qui instille auprès du pub­lic, à son insu, une vision sécu­ri­taire de la société. » Le pub­lic réclame de l’action, du sus­pens, de la vio­lence, et il réclame ces élé­ments autant au ciné­ma qu’au théâtre, autant dans les fic­tions que dans les reportages, d’où le fait que les médias priv­ilégient la fig­ure du flic plutôt que celle de l’enseignant ou du fac­teur ! Der­rière ces évi­dences, ACRIMED reni­fle un com­plot.

Le complotiste étonné

Même éton­nement absurde dans un autre papi­er, au sujet des enquêtes de TMC : « On remar­quera égale­ment la redon­dance du vocab­u­laire, la ten­dance à l’inflation ver­bale et le goût pour l’hyperbole : les jour­nal­istes ne se con­tentent pas de suiv­re les policiers ou de tourn­er à leurs côtés, ils sont “au cœur” de “l’action” ; les héros des reportages ne sont pas de sim­ples fonc­tion­naires des forces de l’ordre, ce sont des “flics de choc”, “l’unité d’élite la plus secrète”, les “motards de la loi”, “les anges gar­di­ens”, ou mieux “les nou­veaux jus­ticiers” de la route, voire “les anges gar­di­ens de la République” ; les lieux où ils inter­vi­en­nent sont sys­té­ma­tique­ment en “état d’alerte”, “sous haute sur­veil­lance”, en “alerte rouge” ‚“sous haute ten­sion”, ou en “état d’urgence” ; et heureuse­ment que “la police veille” car dans “la France des tricheurs”,“les con­som­ma­teurs [sont] en dan­ger” et “les délin­quants volent votre vie” ! ». Nos acrimé­di­ens décou­vrent la lune, que le spec­ta­cle se doit d’être spec­tac­u­laire, une audi­ence cap­tivée, un reportage drama­tisé et un doc­u­men­taire pourvu de reliefs, sou­vent, en effet, assez grossiers. Mais cet éton­nement débile, encore une fois, appar­tient à la rhé­torique com­plo­tiste, il en est même le levi­er le plus com­mun. « Ne trou­vez-vous pas étrange, Madame Michu, tous ces Juifs dans les médias, ces Francs-Maçons à l’Assemblée, ces rep­tiliens au Vat­i­can ? »

Renversement du réel

« Pourquoi le débat intel­lectuel dans les médias, et la télévi­sion, se voit cade­nassé par une petite poignée d’habitués ? » Le com­plo­tisme mani­aque qui sévit dans ACRIMED per­met à ses con­tribu­teurs de rédi­ger de telles phras­es qui affir­ment sans ver­gogne l’exact con­traire de la réal­ité médi­a­tique française, puisqu’il aurait été juste d’affirmer : « Pourquoi le débat intel­lectuel dans les médias, et la télévi­sion, n’est déca­de­nassé que par une poignée de réfrac­taires tou­jours présen­tés en minorité ? » Les intel­lectuels ou jour­nal­istes échap­pant à l’idéologie libérale-lib­er­taire sont qua­tre ou cinq (Zem­mour, Lévy, Finkielkraut, Brunet, Rioufol), ils incar­nent sou­vent à eux seuls face à des assem­blées leur étant inté­grale­ment hos­tiles l’opinion très large­ment majori­taire de tout un pays (sur le refus de l’immigration de masse, par exem­ple), et c’est encore trop pour ACRIMED, voire, par la magie du tour de passe-passe com­plo­tiste, ce sont ces qua­tre ou cinq réfrac­taires qui tirent toutes les ficelles et il serait donc néces­saire d’en expurg­er la sphère médi­a­tique ! Bref, inutile de pass­er en revue les mil­liers de papiers pon­dus sur le site depuis dix ans qui tous illus­trent peu ou prou la même chose, on l’aura com­pris : se fier à des idéo­logues sec­taires, jamais dégrisés de leurs pas­sions total­i­taires, obsédés, com­plo­tistes et, en défini­tive, affamés de cen­sure, pour être infor­mé sur le fonc­tion­nement des médias, est pour le moins hasardeux. Préférez l’OJIM…

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