Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Denis Robert, du Média à Blast en passant par BlackRock

14 janvier 2021

Temps de lecture : 3 minutes

Accueil | Veille médias | Denis Robert, du Média à Blast en passant par BlackRock

Denis Robert, du Média à Blast en passant par BlackRock

Accueil | Veille médias | Denis Robert, du Média à Blast en passant par BlackRock

Denis Robert, du Média à Blast en passant par BlackRock

14 janvier 2021

Denis Robert est celui qui a révélé les dessous de l’affaire Clearstream, des révélations qui lui ont valu procès, surveillance et beaucoup d’avanies. C’est aussi l’ancien responsable du Média, mélenchoniste, débarqué sans ménagements en 2019. C’est enfin l’auteur d’un livre foutraque et sympathique sur Blackrock, le premier gérant d’actifs financiers du monde.

Adios Média, buenos dias Blast

Ah Le Média ! Il faudrait le tal­ent d’un Dumas pour suiv­re ses rebondisse­ments, ses directeurs à la chaîne, ses procès de Moscou (moche cou à Moscou aurait écrit le regret­té Gérard de Vil­liers, le père de Malko Linge), ses règle­ments de comptes internes dans une atmo­sphère qui tient du vaude­ville et de la crise de nerfs.

Après le départ mou­ve­men­té d’Aude Lancelin, Le Média demande à Denis Robert de pren­dre la direc­tion de la web télé pour selon ses dires, « ramen­er du jour­nal­isme au Média, c’est-à-dire lancer des enquêtes et de l’investigation », en gros ce qu’il sait faire. Au bout de cinq mois il veut réor­gan­is­er la rédac­tion et se heurte « à des cryp­to-com­mu­nistes qui ne voulaient sim­ple­ment pas de chef », il est licen­cié début octo­bre 2019 et porte l’affaire devant les prud’hommes.

Comme Aude Lancelin qui a lancé QG, il annonce vouloir créer à son tour en 2021 Blast, un média « qui pren­dra la forme d’une société coopéra­tive d’intérêt col­lec­tif (SCIC) à but non lucratif, pro­posera de l’investigation, des chroniques, des débats, des émis­sions cul­turelles, des reportages sur le monde du travail ».

Larry Fink et Blackrock

Selon Denis Robert, Lar­ry Fink, le fon­da­teur et action­naire prin­ci­pal de Black­rock est l’homme le plus puis­sant du monde. Son livre, à la fois décousu et attachant, s’ouvre sur une cita­tion de Balzac « Der­rière chaque grande for­tune se cache un grand crime ». Si l’adage balza­cien se véri­fie, Fink doit être un crim­inel de pre­mier ordre. S’il ne fig­ure pas (le pau­vre) dans le pal­marès des hommes les plus rich­es de la planète, il est bien placé pour le classe­ment des hommes de pou­voir. Black­rock gérait directe­ment autour de 7000 mil­liards de dol­lars en 2019 et autour de 21000 mil­liards de dol­lars indi­recte­ment grâce à son logi­ciel Aladdin. Black­rock n’est pas une banque, c’est un « opéra­teur » auquel vous con­fiez vos fonds et qui les répar­tit pour les gér­er. C’est ain­si que Black­rock est le pre­mier action­naire du CAC40 avec entre 4 et 5% de la cote.

Black­rock con­seille égale­ment, et à ce titre a gag­né un appel d’offres auprès de l’UE pour la con­seiller en matière de poli­tique cli­ma­tique. Un peu comme le gou­verne­ment français a con­fié à l’américain McK­in­sey la tâche d’organiser en France la vac­ci­na­tion con­tre le Covid19, avec le suc­cès que l’on con­naît. Le tra­vail de con­seil de l’UE sera effec­tué par l’intelligence arti­fi­cielle de Black­rock, Aladdin diminu­tif de « Asset, Lia­bil­i­ty, Debt and Deriv­a­tive Invest­ment Net­work ». On n’apprendra pas beau­coup plus sur le mau­vais génie Aladdin dans le livre et c’est bien dom­mage. Aladdin gère une forte pro­por­tion des fonds de pen­sion améri­cains, 66% avec son con­cur­rent Van­guard annonce Denis Robert, un mon­tant d’actifs con­sid­érable géré par plus d’un mil­li­er d’analystes. Le rocher noir est à la fois un investis­seur pas­sif (sans par­tic­i­pa­tion aux déci­sions) mais de plus en plus un action­naire act­if, autrement dit il réclame un siège au con­seil d’administration et mal­heur à celui qui s’oppose à ses déci­sions ou ses orientations.

Le livre, touf­fu et ne man­quant pas de red­ites, se lit avec éton­nement, on apprend beau­coup, on a envie d’en savoir plus. Le livre de l’allemande Heike Buchter, Black­rock, ces financiers qui s’emparent de votre argent, paru en novem­bre 2020 chez le même édi­teur (Mas­sot) devrait com­pléter la lec­ture, mais nous ne l’avons pas lu. Les deux ouvrages sem­blent indis­pens­ables pour qui s’intéresse aux arcanes de la finance mondiale.

Denis Robert, Lar­ry et moi, Com­ment Black­rock nous aime, nous sur­veille et nous détru­it, 2020, Mas­sot éd, 299p, 19€

Voir aussi

Cet article vous a plu ?

Il a pourtant un coût : 50 € en moyenne. Il faut compter 100 € pour un portrait, 400 € pour une infographie, 600 € pour une vidéo. Nous dépendons de nos lecteurs, soutenez-nous !

Derniers portraits ajoutés