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Caroline de Haas, petites protections entre amis dans les principales rédactions parisiennes ?

Dès que l’on jette un œil ici où là, apparaissent de petits privilèges entre amis libéraux libertaires dans les médias. Dernier exemple en date, Caroline de Haas.

Vous entendrez peu parler de cette nouvelle « affaire Caroline de Haas ». Elle a pourtant été révélée par Le Point dès juin 2019, sans écho particulier, rappelée par Le Canard Enchaîné le 20 novembre 2019 - un journal déclencheur d’affaires que les médias convenus aiment bien suivre habituellement. Pour cette nouvelle « affaire », seul Valeurs Actuelles réagit le 28 novembre.

Il y a « affaire » et « affaire »

Très en deçà des réactions médiatiques massives contre le philosophe Alain Finkielkraut suite à son altercation avec la même Caroline de Haas. Cette dernière est partout, agressive, provocatrice, souvent violente, que l’on pense à ce tweet par exemple :

« Caroline De Haas @carolinedehaas
Ceux qui me disent que les agressions sexuelles en Allemagne sont dues à l'arrivée des migrants : allez déverser votre merde raciste ailleurs. »

Face à Finkielkraut, l’affaire portait sur la « culture du viol » et l’ironie de Finkielkraut, ironie à laquelle la militante de Haas ne comprenait goutte. Une preuve de la « pensée » de Caroline de Haas ? En février 2018, elle déclarait à L’Obs en février 2018 : puisqu’« il est admis qu'une femme sur deux a été victime de viol, d'agression ou de harcèlement », la conclusion logique est qu’« un homme sur deux ou sur trois est un agresseur. » Clair comme une brochure de la gauche radicale intersectionnelle.

L’altercation : dans une émission diffusée mercredi 13 novembre 2019 sur LCI, le philosophe Alain Finkielkraut a voulu ironiser sur la caricature qui serait faite de lui, en déclarant : « Je dis aux hommes : "Violez les femmes !" D’ailleurs, je viole la mienne tous les soirs. » Caroline de Haas a pris cela au sérieux et nombre de médias ont eu du mal à ne pas se jeter sur la proie Finkielkraut, lequel a le malheur de ne pas être particulièrement islamophile et de bénéficier de lieux d’expression médiatiques. Deux défauts majeurs pour un mâle blanc hétérosexuel de plus de 50 ans.

Caroline contre l’Islam, tout contre

Nombre de médias ont donc embrayé pour défendre la pauvre Caroline, militante de ce féminisme intersectionnel, radical, préférant un féminisme racisé entre femmes ; incapable d’imaginer qu’un migrant puisse s’en prendre sexuellement à une femme, croyant qu’en Afrique, où jamais elle n’a vécu, le comportement vis-à-vis des femmes confine au respect le plus absolu. Caroline de Haas est membre du collectif Nous Toutes et co-organisatrice de la récente manifestation, le 23 novembre, contre les violences faites aux femmes.

Rappelons que lors de cette manifestation une minorité de femmes arboraient des pancartes posant le problème de la situation de la femme au sein de l’islam, et des violences physiques et psychologiques subies dans ce cas. Elles ont été virées manu militari, sans même un mot de compassion par exemple à l’égard des femmes kurdes violées en masse, réduites en esclavage au Proche-Orient par des amis proches d’autres amoureux des réunions féministes racisées, certains des marcheurs contre l’islamophobie. Un petit milieu. 

Caroline fait des ménages

La nouvelle mais discrète « affaire Caroline de Haas ». De quoi s’agit-il ? Pleine de conviction, moralisatrice présente dans tous les studios et sur tous les plateaux, prête à tout instant à rappeler le bien et le mal, Caroline de Haas n’en oublie pas qu’elle a des poches, comme nombre de ses compères libéraux libertaires issus de l’ancienne lignée de la gauche caviar lignée Fabius/ Lang, et qu’il faut bien les remplir. D’après Le Canard Enchaîné, madame la militante et sa morale auraient des liens pour le moins ambigus avec le groupe médiatique Le Monde (cela peut aider). Lors de la manifestation contre les violences faites aux femmes, Caroline de Haas lâche comme si de rien n’était devant tous les micros qu’elle « se félicite d’être abonnée au Monde », journal qui selon elle réalise de sacrées enquêtes.

Ce qu’elle ne dit pas ? Caroline de Haas est rémunérée pour des « formations contre les violences sexistes et sexuelles au travail » (Le Canard Enchaîné), formation qu’elle donne en particulier au sein de la rédaction du quotidien Le Monde. Ainsi, celle qui voulait il y a quelques années faire élargir les trottoirs de la porte de La Chapelle pour que les femmes ne frôlent plus malencontreusement les migrants, lesquels ne pourraient en aucune façon leur mettre à l’insu de leur plein gré la main aux fesses, n’hésite pas à élargir son champ d’action personnel et son porte-monnaie. D’ailleurs, elle produit les mêmes prestations à L’Obs, Médiapart, TV5 Monde. La société commerciale de bonne parole féministe intersectionnelle (fusion de deux entreprises – Egaé de Caroline de Haas et Autrement Conseil, fondé par la « spécialiste des questions de genre » Pauline Chabbert), a atteint en 2018 un chiffre d’affaires respectable de 500 000 euros. Le féminisme et la bonne conscience, cela rapporte.

Mais il y a mieux.

La société Egaé entre au gouvernement

Pour gagner sa vie, il faut aller là où il y a des sous. Dans les médias potes cela aide sérieusement. Pour la carte de visite bien entendu mais pas seulement. Egaé forme les membres de La Croix Rouge internationale, mais aussi du ministère du travail, du ministère de la santé, des services du premier ministre (2019). C’est donc avec de l’argent public que des formations de sept heures « sur l’égalité entre les femmes et les hommes, la diversité et la lutte contre les discriminations auprès des encadrant.e.s, des RH et des agent.e.s » sont achetées, le tout sur fond d’écriture inclusive.

Encore mieux ? A l’origine, ce n’était pas une action entrepreneuriale : après l'élection présidentielle de 2012 et la création d'un ministère des Droits des femmes au sein du gouvernement Ayrault, Caroline de Haas avait été nommée conseillère chargée des relations avec les associations et de la lutte contre les violences faites aux femmes au sein du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem. Elle était chargée d'animer des séances de sensibilisation sur les questions d'égalité hommes-femmes pour les ministres du gouvernement.

Autant dire que le mélange des genres a fonctionné à merveille, comme dans la mobylette de papy. Les tenants complotistes de l’idéologie libérale libertaire diront sans doute que tout cela n’est que fantasme des grand.e.s méchant.e.s loups.louve.s de l’extrêm.e droit.e mais enfin le doute commence à pointer le bout de son n.Haas.e.

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Claude Chollet
Président de l'Ojim

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