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Accueil | Veille médias | Caroline de Haas, petites protections entre amis dans les principales rédactions parisiennes ?
Caroline de Haas, petites protections entre amis dans les principales rédactions parisiennes ?

5 décembre 2019

Temps de lecture : 4 minutes

Accueil | Veille médias | Caroline de Haas, petites protections entre amis dans les principales rédactions parisiennes ?

Caroline de Haas, petites protections entre amis dans les principales rédactions parisiennes ?

Caroline de Haas, petites protections entre amis dans les principales rédactions parisiennes ?

Dès que l’on jette un œil ici où là, apparaissent de petits privilèges entre amis libéraux libertaires dans les médias. Dernier exemple en date, Caroline de Haas.

Vous enten­drez peu par­ler de cette nou­velle « affaire Car­o­line de Haas ». Elle a pour­tant été révélée par Le Point dès juin 2019, sans écho par­ti­c­uli­er, rap­pelée par Le Canard Enchaîné le 20 novem­bre 2019 — un jour­nal déclencheur d’affaires que les médias con­venus aiment bien suiv­re habituelle­ment. Pour cette nou­velle « affaire », seul Valeurs Actuelles réag­it le 28 novembre.

Il y a « affaire » et « affaire »

Très en deçà des réac­tions médi­a­tiques mas­sives con­tre le philosophe Alain Finkielkraut suite à son alter­ca­tion avec la même Car­o­line de Haas. Cette dernière est partout, agres­sive, provo­ca­trice, sou­vent vio­lente, que l’on pense à ce tweet par exemple :

« Car­o­line De Haas @carolinedehaas
Ceux qui me dis­ent que les agres­sions sex­uelles en Alle­magne sont dues à l’ar­rivée des migrants : allez dévers­er votre merde raciste ailleurs. »

Face à Finkielkraut, l’affaire por­tait sur la « cul­ture du viol » et l’ironie de Finkielkraut, ironie à laque­lle la mil­i­tante de Haas ne com­pre­nait goutte. Une preuve de la « pen­sée » de Car­o­line de Haas ? En févri­er 2018, elle déclarait à L’Obs en févri­er 2018 : puisqu’« il est admis qu’une femme sur deux a été vic­time de viol, d’a­gres­sion ou de har­cèle­ment », la con­clu­sion logique est qu’« un homme sur deux ou sur trois est un agresseur. » Clair comme une brochure de la gauche rad­i­cale intersectionnelle.

L’altercation : dans une émis­sion dif­fusée mer­cre­di 13 novem­bre 2019 sur LCI, le philosophe Alain Finkielkraut a voulu iro­nis­er sur la car­i­ca­ture qui serait faite de lui, en déclarant : « Je dis aux hommes : “Vio­lez les femmes !” D’ailleurs, je vio­le la mienne tous les soirs. » Car­o­line de Haas a pris cela au sérieux et nom­bre de médias ont eu du mal à ne pas se jeter sur la proie Finkielkraut, lequel a le mal­heur de ne pas être par­ti­c­ulière­ment islam­ophile et de béné­fici­er de lieux d’expression médi­a­tiques. Deux défauts majeurs pour un mâle blanc hétéro­sex­uel de plus de 50 ans.

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Caroline contre l’Islam, tout contre

Nom­bre de médias ont donc embrayé pour défendre la pau­vre Car­o­line, mil­i­tante de ce fémin­isme inter­sec­tion­nel, rad­i­cal, préférant un fémin­isme racisé entre femmes ; inca­pable d’imaginer qu’un migrant puisse s’en pren­dre sex­uelle­ment à une femme, croy­ant qu’en Afrique, où jamais elle n’a vécu, le com­porte­ment vis-à-vis des femmes con­fine au respect le plus absolu. Car­o­line de Haas est mem­bre du col­lec­tif Nous Toutes et co-organ­isatrice de la récente man­i­fes­ta­tion, le 23 novem­bre, con­tre les vio­lences faites aux femmes.

Rap­pelons que lors de cette man­i­fes­ta­tion une minorité de femmes arbo­raient des pan­car­tes posant le prob­lème de la sit­u­a­tion de la femme au sein de l’islam, et des vio­lences physiques et psy­chologiques subies dans ce cas. Elles ont été virées manu mil­i­tari, sans même un mot de com­pas­sion par exem­ple à l’égard des femmes kur­des vio­lées en masse, réduites en esclavage au Proche-Ori­ent par des amis proches d’autres amoureux des réu­nions fémin­istes racisées, cer­tains des marcheurs con­tre l’islamophobie. Un petit milieu. 

Caroline fait des ménages

La nou­velle mais dis­crète « affaire Car­o­line de Haas ». De quoi s’agit-il ? Pleine de con­vic­tion, moral­isatrice présente dans tous les stu­dios et sur tous les plateaux, prête à tout instant à rap­pel­er le bien et le mal, Car­o­line de Haas n’en oublie pas qu’elle a des poches, comme nom­bre de ses com­pères libéraux lib­er­taires issus de l’ancienne lignée de la gauche caviar lignée Fabius/ Lang, et qu’il faut bien les rem­plir. D’après Le Canard Enchaîné, madame la mil­i­tante et sa morale auraient des liens pour le moins ambi­gus avec le groupe médi­a­tique Le Monde (cela peut aider). Lors de la man­i­fes­ta­tion con­tre les vio­lences faites aux femmes, Car­o­line de Haas lâche comme si de rien n’était devant tous les micros qu’elle « se félicite d’être abon­née au Monde », jour­nal qui selon elle réalise de sacrées enquêtes.

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Ce qu’elle ne dit pas ? Car­o­line de Haas est rémunérée pour des « for­ma­tions con­tre les vio­lences sex­istes et sex­uelles au tra­vail » (Le Canard Enchaîné), for­ma­tion qu’elle donne en par­ti­c­uli­er au sein de la rédac­tion du quo­ti­di­en Le Monde. Ain­si, celle qui voulait il y a quelques années faire élargir les trot­toirs de la porte de La Chapelle pour que les femmes ne frô­lent plus malen­con­treuse­ment les migrants, lesquels ne pour­raient en aucune façon leur met­tre à l’insu de leur plein gré la main aux fess­es, n’hésite pas à élargir son champ d’action per­son­nel et son porte-mon­naie. D’ailleurs, elle pro­duit les mêmes presta­tions à L’Obs, Médi­a­part, TV5 Monde. La société com­mer­ciale de bonne parole fémin­iste inter­sec­tion­nelle (fusion de deux entre­pris­es – Egaé de Car­o­line de Haas et Autrement Con­seil, fondé par la « spé­cial­iste des ques­tions de genre » Pauline Chab­bert), a atteint en 2018 un chiffre d’affaires respectable de 500 000 euros. Le fémin­isme et la bonne con­science, cela rapporte.

Mais il y a mieux.

La société Egaé entre au gouvernement

Pour gag­n­er sa vie, il faut aller là où il y a des sous. Dans les médias potes cela aide sérieuse­ment. Pour la carte de vis­ite bien enten­du mais pas seule­ment. Egaé forme les mem­bres de La Croix Rouge inter­na­tionale, mais aus­si du min­istère du tra­vail, du min­istère de la san­té, des ser­vices du pre­mier min­istre (2019). C’est donc avec de l’argent pub­lic que des for­ma­tions de sept heures « sur l’égalité entre les femmes et les hommes, la diver­sité et la lutte con­tre les dis­crim­i­na­tions auprès des encadrant.e.s, des RH et des agent.e.s » sont achetées, le tout sur fond d’écriture inclusive.

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Encore mieux ? A l’origine, ce n’était pas une action entre­pre­neuri­ale : après l’élec­tion prési­den­tielle de 2012 et la créa­tion d’un min­istère des Droits des femmes au sein du gou­verne­ment Ayrault, Car­o­line de Haas avait été nom­mée con­seil­lère chargée des rela­tions avec les asso­ci­a­tions et de la lutte con­tre les vio­lences faites aux femmes au sein du cab­i­net de Najat Val­laud-Belka­cem. Elle était chargée d’animer des séances de sen­si­bil­i­sa­tion sur les ques­tions d’é­gal­ité hommes-femmes pour les min­istres du gouvernement.

Autant dire que le mélange des gen­res a fonc­tion­né à mer­veille, comme dans la mobylette de papy. Les ten­ants com­plo­tistes de l’idéologie libérale lib­er­taire diront sans doute que tout cela n’est que fan­tasme des grand.e.s méchant.e.s loups.louve.s de l’extrêm.e droit.e mais enfin le doute com­mence à point­er le bout de son n.Haas.e.

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