Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Australie : sur Facebook, les médias responsables des “discours de haine”

9 juin 2020

Temps de lecture : 2 minutes
Accueil | Veille médias | Australie : sur Facebook, les médias responsables des “discours de haine”

Australie : sur Facebook, les médias responsables des “discours de haine”

Une Cour suprême australienne vient de rendre un jugement historique, des médias ont été déclarés responsables légalement du contenu de commentaires publiés par des utilisateurs sur leurs pages Facebook. Jugés diffamatoires, les médias auraient dû censurer eux-mêmes ces commentaires. Débat qui connaît un fort écho avec la France où la loi Avia contre les “discours de haine” a récemment été votée pour demander aux réseaux sociaux d’agir contre tous propos diffamatoires et autres soi-disant « discours de haine »

Un jugement historique

C’est la Cour suprême de Nou­velle-Galles du Sud qui a ren­du ce juge­ment le 1er juin 2020, dans l’affaire Fair­fax Media, Nation­wide News et Aus­tralian News Chan­nel.

Cette affaire posait la ques­tion de savoir qui était respon­s­able de com­men­taires diffamants sous une pub­li­ca­tion Face­book. Le deman­deur soute­nait que la respon­s­abil­ité incom­bait aux médias, à l’origine de la pub­li­ca­tion, alors que ces derniers, fai­saient repos­er unique­ment la respon­s­abil­ité sur Facebook.

La jus­tice aus­trali­enne a finale­ment tranché en faveur du deman­deur, faisant pré­fig­ur­er une respon­s­abil­ité général­isée de tout pro­prié­taire, médias mais aus­si, entre­pris­es, politi­cien, etc., de page Face­book envers n’importe quel com­men­taire pub­lié sous ses publications.

Une per­son­ne qui par­ticipe et con­tribue à la pub­li­ca­tion de pro­pos diffam­a­toires est poten­tielle­ment respon­s­able, même si d’autres per­son­nes ont par­ticipé à cette pub­li­ca­tion à des degrés divers. Dans cette affaire, les médias ont créé une page Face­book, encour­agé et facil­ité la for­mu­la­tion de com­men­taires par des tiers.”

Une question pleinement d’actualité

Cette déci­sion fait un fort écho avec l’actualité médi­a­tique. Alors que les réseaux soci­aux cen­surent de plus en plus, que ce soit sur Face­book, avec Généra­tion Iden­ti­taire, ou sur Twit­ter, avec Trump, peut être pour anticiper le dur­cisse­ment général­isé de la lég­is­la­tion sur les con­tenus haineux, d’autres pays pour­raient s’inspirer de cette décision.

Par exem­ple, en France, avec la loi Avia, cette jurispru­dence pour­rait intéress­er le lég­is­la­teur et les réseaux soci­aux, en deman­dant directe­ment aux pro­prié­taires de pages de gér­er les com­men­taires prob­lé­ma­tiques dans le délai de 24h, comme pour les réseaux soci­aux. Plus les acteurs de la cen­sure sont nom­breux, plus celle-ci sera général­isée. Sans oubli­er que ces ges­tion­naires de pages, par peur de devoir faire la police, pour­raient directe­ment cen­sur­er en amont, en ne pub­liant pas de sujets polémiques, ou a pos­te­ri­ori, en inter­dis­ant tout com­men­taire des util­isa­teurs. In fine c’est l’auto-censure à la Orwell qui est visée. Orwell avait qual­i­fié « arrêt du crime » l’auto-censure automa­tique du cerveau, au cas où une « mau­vaise pen­sée » pou­vait sur­venir par accident.

La cen­sure sur les réseaux soci­aux a de beaux jours devant elle, encore au détri­ment, de la lib­erté d’expression, de la lib­erté d’informer et demain de la lib­erté d’opinion.

Publicité

Derniers portraits ajoutés

Michel Cymes

PORTRAIT — “Ani­ma­teur préféré des téléspec­ta­teurs” plusieurs années durant, le doc­teur Michel Cymes est une star de la vul­gar­i­sa­tion médi­cale, que ce soit sur le petit écran ou à la radio. Il est à nou­veau sur le devant de la scène à l’oc­ca­sion de l’épidémie de coronavirus.

Bernard de la Villardière

PORTRAIT — Bernard de la Vil­lardière, né Bernard Berg­er de la Vil­lardière, est un jour­nal­iste et ani­ma­teur de télévi­sion et de radio français. Né en mars 1958 au Rheu, dans le départe­ment d’Ille-et-Vilaine en Bre­tagne, il a trois frères et est désor­mais père de qua­tre enfants.

Alexis Orsini

PORTRAIT — Alex­is Orsi­ni traque les dés­in­for­ma­teurs tous azimuts pour 20 Min­utes. Il se dis­tingue régulière­ment par son manque de scrupules dans la véri­fi­ca­tion des faits et sa célérité à point­er du doigt l’extrême-droite, comme nom­bre de ses confrères

Ruth Elkrief

PORTRAIT — Par­ti­sane d’une droite libérale lib­er­taire et mod­érée, Ruth Elkrief a tou­jours affiché une détes­ta­tion du Front nation­al. Elle défend vigoureuse­ment les droits de l’homme en France, et ceux du sion­isme en Israël.

Franz-Olivier Giesbert

PORTRAIT — Celui qui a quit­té début 2014 la direc­tion du Point a passé sa vie dans une ambiguïté toute assumée avec philoso­phie, jonglant entre la droite et la gauche, entre la cam­pagne et la ville, entre les chèvres et le Siè­cle, entre l’indépendance et la con­nivence. FOG, c’est la schiz­o­phrénie réfléchie.