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Une journée dans la vie du Parisien Yvelines, entre accommodements et résignation

13 novembre 2019

Temps de lecture : 4 minutes

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Une journée dans la vie du Parisien Yvelines, entre accommodements et résignation

Une journée dans la vie du Parisien Yvelines, entre accommodements et résignation

Le Parisien a comme d’autres titres de la presse quotidienne régionale (Ouest-France, Sud Ouest, La Voix du nord, etc.) le grand avantage de couvrir un territoire étendu, dans le cas présent l’Ile-de-France. Chaque département francilien a une édition locale. La lecture de l’édition des Yvelines du 4 novembre 2019 offre une illustration saisissante de la ligne éditoriale du quotidien macron-compatible, entre accommodements raisonnables et résignation face à la violence urbaine.

Faits divers : l’escalade la violence urbaine

En cet automne 2019, la France est plus qu’à l’accoutumée sec­ouée par des agres­sions répétées con­tre des forces de l’ordre et des pom­piers appelés à inter­venir dans des quartiers à forte présence immigrée.

Les dégra­da­tions con­tre des équipements col­lec­tifs et les vio­lences urbaines qui ont été com­mis­es à Béziers et Chanteloup les Vignes début novem­bre sont traitées dans l’édition du 4 novem­bre du Parisien dans les « faits divers ». Le choix de cette rubrique qui sert habituelle­ment à recenser les inci­dents du jour ne manque pas d’étonner : ne sommes-nous pas face à un phénomène de société, qu’il con­vient de traiter comme tel, par une analyse, une recherche des caus­es et l’ébauche d’actions visant à l’éradiquer ?

Pieux silences

Les deux arti­cles con­sacrés l’un à l’incendie d’une école à Béziers, l’autre à l’incendie d’un cirque (un « cen­tre des arts du cirque ») à Chanteloup-Les-Vignes s’épanchent sur l’émoi causé par ces destruc­tions et leur ampleur matérielle. Alors qu’à Béziers la piste d’un acte de « bêtise pure » est évo­quée, il s’agirait à Chanteloup les Vignes d’une com­péti­tion entre villes (le mot « cités » est soigneuse­ment évité) et du traf­ic de drogue peut-être gêné pen­dant des travaux.

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On ne trou­vera dans les arti­cles aucune piste visant à met­tre fin à ces vio­lences urbaines désor­mais prévis­i­bles et qui se renou­vel­lent à inter­valle réguli­er (nou­v­el an, 14 juil­let et main­tenant Hal­loween). Tout au plus apprend-on dans les pages « Yve­lines », dans un autre arti­cle con­sacré à l’incendie volon­taire de Chanteloup-Les-Vignes titré « ceux qui ont fait ça ne respectent rien » que des effec­tifs de Police vont être déployés dans la nuit pour éviter que de nou­velles vio­lences aient lieu. Pour com­bi­en de temps ? On ne le saura pas.

Le lax­isme de cer­tains par­ents, le traf­ic de drogue qui béné­fi­cie d’une qua­si impunité, le chô­mage de masse des habi­tants dans les zones urbaines sen­si­bles à l’heure où le gou­verne­ment veut accroitre l’immigration économique, inutile d’y penser. Ren­dez vous au nou­v­el an, ou avant, s’il y a un nou­veau « chal­lenge » entre quartiers de banlieue.

Trappes : une soirée de réflexion organisée à la mosquée

Sans tran­si­tion, un arti­cle est con­sacré dans les pages « Yve­lines » à « une soirée de réflex­ion organ­isée à la mosquée » de Trappes sur « la vie des musul­mans en France ». Le débat actuel sur le voile islamique est au cen­tre de l’attention. « A chaque fois on est stig­ma­tisés et pointés du doigt » titre l’article.

Pour organ­is­er cette réu­nion, le Parisien nous informe que le Prési­dent du cen­tre islamique de Saint Quentin en Yve­lines a fait appel au col­lec­tif con­tre l’islamophobie en France (CCIF). Le quo­ti­di­en région­al donne la parole à dif­férentes per­son­nes musul­manes qui se sen­tent stig­ma­tisées. L’article se ter­mine par l’information de la man­i­fes­ta­tion con­tre l’islamophobie organ­isée le 10 novem­bre à Paris.

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On savait notam­ment grâce aux travaux de Pas­cal Bruck­n­er et de Philippe d’Iribarne que l’islamophobie est un terme util­isé pour dis­qual­i­fi­er voire crim­i­nalis­er toute cri­tique de l’islamisme gran­dis­sant en France. Les liens du CCIF avec des islamistes notam­ment des frères musul­mans ont été mis à jour par plusieurs enquêtes de ter­rain dont celle d’Isabelle Ker­si­mon. Peu importe égale­ment que le nom­bre d’actes con­tre le culte chré­tien et le culte juif soit bien supérieur à celui des actes com­mis con­tre le culte musulman.

Tous ces élé­ments n’empêchent pas Le Parisien de relay­er sans aucune réserve le dis­cours vic­ti­maire attisé par le CCIF. Tout comme il relaie sans réserve une man­i­fes­ta­tion co-organ­isée par des islamistes et des « indigénistes » notoires dont (même !) plusieurs per­son­nal­ités de gauche se sont désol­i­darisées. On sug­gère au jour­nal­iste du Parisien la lec­ture de l’ouvrage de deux jour­nal­istes du Monde paru en 2018, « La com­mu­nauté », qui décrit en détail la mon­tée de l’islamisme dans la ville de Trappes.

Municipales 2020 : Mantes la Ville « les promesses ont-elles été tenues ? »

Le quo­ti­di­en région­al s’est lancé en cet automne dans l’analyse de la réal­i­sa­tion des promess­es de cam­pagne élec­torale dans 5 « villes clefs » du départe­ment. Par­mi celles-ci, la ville de Mantes-la-Ville a été retenue. Pour quelle rai­son ? Elle ne fait pas par­tie des 5 villes les plus peu­plées du départe­ment des Yve­lines. On sus­pectera (avec beau­coup de mau­vaise foi) que l’appartenance de son maire au Rassem­ble­ment nation­al n’y est pas étrangère.

La pre­mière « promesse » passée au crible est la lutte con­tre le com­mu­nau­tarisme. « Mantes-la-Ville n’a rien d’un ter­ri­toire men­acé par le fon­da­men­tal­isme religieux » assène d’emblée le jour­nal­iste du Parisien. C’est pour­tant à Mantes-la ‑Ville qu’habite un youtubeur aux 103 K abon­nés pour­suivi en jus­tice en rai­son de liens avec l’État islamique. C’est égale­ment dans cette ville qu’un respon­s­able asso­ci­atif prô­nant un islam mod­éré est exposé selon lui à « une entre­prise de démo­li­tion » de la part de croy­ants rad­i­caux. Cela aura sans doute échap­pé au Parisien…On recon­naitra au moins l’honnêteté du jour­nal à don­ner la parole au prin­ci­pal intéressé – le maire — pour cha­cun des aspects de sa poli­tique passés au crible.

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Des vio­lences récur­rentes con­tre des per­son­nes et des biens dans les « faits » divers, de la pub­lic­ité pour une organ­i­sa­tion com­mu­nau­tariste, un aveu­gle­ment sur la réal­ité de l’islamisme poli­tique qui s’implante en Ile de France comme ailleurs, c’est une journée comme une autre dans la vie du Parisien.

Voir aussi

Voir nos arti­cles précé­dents sur le quo­ti­di­en de l’Ile de France , sur la berlue du jour­nal qui voit plus de Mohamed que de Mar­tin sur les mon­u­ments aux morts, et un arti­cle très « macronien » sur les expul­sions d’étrangers en sit­u­a­tion irrégulière. Voir égale­ment note arti­cle con­sacré à la revue de presse de la « man­i­fes­ta­tion con­tre l’islamophobie ».

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