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Un journaliste des Inrocks recadre Caroline Fourest

« Avec Taddeï, c'est cinq minutes pour les Juifs, six minutes pour Hitler. » Ainsi Caroline Fourest voit-elle le débat démocratique – l’un des seuls – proposé par Frédéric Taddeï chaque semaine dans « Ce soir (ou jamais !) » sur France 2.

Au fond, la

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journaliste militante féministe semble ne pas avoir digéré la correction subie en 2009 face à Tariq Ramadan sur le même plateau. Alors, depuis que la Manif pour tous s’est dissipée et que l’affaire Dieudonné a fait irruption dans le débat médiatique, Fourest a fait de Taddeï son nouveau cheval de bataille.

C’était sans compter sur la vigilance de David Doucet, journaliste aux Inrocks qui, dans ce même hebdomadaire d’ordinaire un poil plus politiquement correct, s’est fendu d’un article remarquable voué à remettre à sa place l’hystérie fourestienne habituelle. En effet, pour cette dernière, « une trentaine d’extrémistes ont leur rond de serviette » chez Taddeï. Rien de plus faux, relève le journaliste en comptabilisant les apparitions des dangereux énergumènes cités par Fourest : « Sur 650 émissions, Alain Soral a été invité 3 fois (dont la dernière fois en 2011), Dieudonné 3 fois, Jean Bricmont 3 fois, Michel Collon 6 fois et enfin Alain de Benoist 3 fois. Il est donc erroné de parler d’invités récurrents. » Sans compter qu’il est encore plus erroné, pour certains, de parler d’extrémistes…

En revanche, ceux qui comptabilisent plus de 15 voire 20 invitations depuis le lancement de l’émission en 2006 sont étrangement omis dans la nouvelle « liste noire » de la télévision. Emmanuel Todd, Michel Maffesoli, Thierry Lévy, Jean-Didier Vincent. Daniel Cohen, Cynthia Fleury, Eric Fassin, Alain Finkielkraut, Bernard Stiegler, Jacques Attali… tout autant de « ronds de serviette » passés sous silence. « Des invités qu’il serait difficile de qualifier d’“extrémistes” ou de “complotistes paranoïaques” », ajoute David Doucet.

Dans une tirade diffusée sur France Culture, celle qui s’est récemment prise d’amour pour un groupe de femmes dénudées profanant des lieux de culte, en toute objectivité journalistique, reproche à Taddeï de faire passer des extrémistes pour des « experts » tout en omettant de faire part de leur pedigree. Or, comme le relève Jean-Yves Camus, « une introduction télévisée, ce n’est pas une fiche de police ou un dictionnaire antifasciste ».

L’animateur de « Ce soir (ou jamais !) » lui-même est affublé d’une étiquette douteuse pour un très furtif passage à L’Idiot international, journal pamphlétaire français fondé en octobre 1969 et dirigé pendant un temps par le polémiste Jean-Edern Hallier. Ou comment faire inverse de ce qui est dénoncé en réduisant un journaliste au long parcours à quatre billets littéraires publiés au sein d’un journal jugé infréquentable…

Ainsi M. Doucet met-il Caroline Fourest face à ses contradictions tout en faisant tomber à l’eau ses attaques contre Frédéric Taddeï. Au passage, celui-ci relativisera les audiences de l’émission, jugées trop faibles pour exister par celle qui peine à vendre ses livres anti-FN, et écorchera un autre habitué des indignations politiquement correctes : le journaliste Bruno-Roger Petit du « Plus » du Nouvel Obs.

En résumé, un billet courageux, conclu à merveille par ce constat ô combien pertinent du philosophe Régis Debray : « Cette émission est à mes yeux l’honneur de la télévision publique française. La liberté a son prix et le prix à payer, c’est que l’on a les cons contre soi. »

Lire également notre portrait de Caroline Fourest, féministe virile, ainsi que notre article : « Curée médiatique contre Frédéric Taddeï »

Crédit photo : Parti socialiste via Flickr (cc)

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