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The Intercept : complot russe, le top 10 des infox/fake news de la presse américaine

20 juillet 2019

Temps de lecture : 4 minutes

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The Intercept : complot russe, le top 10 des infox/fake news de la presse américaine

The Intercept : complot russe, le top 10 des infox/fake news de la presse américaine

Pre­mière dif­fu­sion le 13/02/2019

Fondé par Glenn Greenwald, l’un des principaux protagonistes de l’affaire Snowden, The Intercept est un site d’information qui se situe très nettement à la gauche du Parti Démocrate, dans la mouvance de Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez. A ce titre, il s’oppose aussi bien au Parti Républicain qu’aux néo-conservateurs très présents au sein des médias qui ont soutenu la candidature d’Hillary Clinton.

Sous la plume de Green­wald, The Inter­cept a pub­lié plusieurs arti­cles démon­tant de manière argu­men­tée les théories du com­plot russe qui appa­rais­sent régulière­ment dans les médias dits « main­stream ». En voici un flo­rilège par­ti­c­ulière­ment significatif :

1) La chaîne russe Russia Today a piraté la chaine parlementaire CSPAN

Le 12 juin 2017, le mag­a­zine For­tune annonçait que la chaîne russe était par­v­enue à pirater la chaîne CSPAN et à émet­tre pen­dant plusieurs min­utes sur le réseau à la place des émis­sions habituelles. Cette infor­ma­tion a immé­di­ate­ment été reprise par le New York Mag­a­zine.

Peu de temps après, la Direc­tion de CSPAN dément avoir été piratée et pré­cise qu’un de ses tech­ni­ciens avait par inad­ver­tance cap­té le flux de RT (« an inter­nal rout­ing error »).

2) Des hackers russes piratent le réseau électrique du Vermont

Le 30 décem­bre 2016, le Wash­ing­ton Post déclare que des hack­ers russ­es, les Griz­zli de la Steppe, ont pénétré un des réseaux élec­triques dans la ville de Burling­ton, dans le Ver­mont en Nou­velle Angleterre, pour priv­er de chauffage les habi­tants de cet état pen­dant l’hiver.

Les chaînes de télévi­sion ne sont pas en reste : ABC y voit la main malveil­lante du voy­ou Pou­tine (“One of the world’s lead­ing thugs, [Putin] has been attempt­ing to hack our elec­tric grid ») tan­dis que CNN renchérit de son côté : « Rus­sain mal­ware tar­gets Ver­mont utility »

Voir aussi  Les médias américains, Pravda de la CIA et des agences de renseignement ?

Le Wash­ing­ton Post est con­traint de se rétracter deux jours plus tôt, après que la com­pag­nie d’électricité ait annon­cé que seul un portable était infec­té et que celui-ci n’était pas relié au réseau.

3) Le Kremlin aurait créé plus de 200 sites sur les réseaux sociaux pour diffuser sa propagande

Le 24 novem­bre 2016, le Wash­ing­ton Post annonce avoir mis au jour plus de 200 sites secrète­ment opérés par le Krem­lin pour répan­dre sa pro­pa­gande à des­ti­na­tion des électeurs américains.

A l’examen, il s’agissait d’une col­lec­tion de sites répub­li­cains (The Drudge Report), de la gauche hos­tiles à Hilary Clin­ton (comme Truthout, Black Agen­da Report) ou lib­er­tariens. Les ani­ma­teurs de ces sites étaient bien con­nus, comme le député répub­li­cain lib­er­tarien Ron Paul. Le Wash­ing­ton Post ne s’est pas rétracté.

4) Un proche de Donald Trump lié un fonds d’investissement russe

Le 22 juin 2017, CNN annonce qu’Antony Scara­muc­ci, l’un des prin­ci­paux mem­bres de l’équipe de tran­si­tion de Don­ald Trump et futur Directeur de la Com­mu­ni­ca­tion de la Mai­son Banche, a dirigé le fonds d’investissement russe Rus­sia Direct Invest­ment Fund.

Le 23 juin, la chaîne a pub­lié un com­mu­niqué recon­nais­sant le car­ac­tère men­songer de ces affir­ma­tions et présen­tant ses excus­es à l’intéressé. Les trois jour­nal­istes respon­s­ables ont été licen­ciés pour man­que­ment aux stan­dards éthiques de la chaîne.

5) L’ambassade américaine à Cuba cible d’attaques russes aux infrasons

Le 11 sep­tem­bre 2017, NBC News et CNBC révè­lent que 26 mem­bres de l’ambassade améri­caine à La Havane ont été vic­times d’attaques aux infra­sons provo­quant des désor­dres psy­chiques. (« US offi­cials sus­pect Rus­sia in son­ic attacks on diplo­mats in Cuba and China »)

L’enquête a révélé que le son incrim­iné prove­nait très cer­taine­ment du chant d’un crick­et, l’anurogyrllus cerelenictus.

6) Donald Trump communiquait avec les Russes à l’aide d’un serveur informatique secret

Le 31 octo­bre 2016, le mag­a­zine en ligne Slate dévoile que la cam­pagne de Don­ald Trump reçoit des infor­ma­tions (voire des instruc­tions ?) par le biais d’un lien menant au serveur de la banque russe Alpha Bank

Voir aussi  Trump contre les Fake News : CNN finit très mal 2017

Le 2 novem­bre, Slate recon­naît que la banque russe a pu être des­ti­nataire d’un mail­ing com­mer­cial de masse de la Trump Organ­i­sa­tion (« More like­ly, the Trump serv­er was send­ing mar­ket­ing material »)

7) L’homme des Russes au sein de la campagne Trump derrière les informations de Wikileaks ?

Le 27 novem­bre 2018, le quo­ti­di­en anglais Guardian révèle que Paul Man­afort, soupçon­né par le pro­cureur Mueller (parce qu’il a con­seil­lé l’ancien prési­dent ukrainien Ianoukovitch) de col­lu­sion avec la Russie, s’est intro­duit secrète­ment dans l’ambassade de l’Equateur à Lon­dres pour y ren­con­tr­er à trois occa­sions (en 2013, 2015 et début 2016) Julian Assange, le fon­da­teur de Wik­ileaks. Voir notre dernier arti­cle sur Assange LA https://www.ojim.fr/julian-assange-les-etats-unis-veulent-sa-mort/ .

Non seule­ment cette infor­ma­tion a été formelle­ment démen­tie par l’ambassade en ques­tion, mais le Guardian n’a jamais été en mesure d’apporter la moin­dre preuve de ses asser­tions et les caméras de vidéo­sur­veil­lance de la police lon­doni­enne ne por­tent aucune trace d’une telle visite.

8) Trump aurait utilisé son avocat comme intermédiaire auprès des Russes

Le 27 juil­let 2018, CNN annonce que Don­al Trump avait été infor­mé par avance d’une ren­con­tre à la Trump Tow­er de son ancien avo­cat Michael Cohen avec des représen­tants russ­es qui affir­maient détenir des infor­ma­tions com­pro­met­tantes à pro­pos d’Hillary Clin­ton et avait donc approu­vée cette vis­ite. En effet, Cohen l’aurait avoué au pro­cureur R Mueller.

Le lende­main, le bureau du Pro­cureur Mueller démen­tait que Cohen ait fait une telle déposition.

9) Trump aurait demandé à son avocat de mentir à propos de ses projets immobiliers en Russie

Le 18 jan­vi­er 2019, le site d’information Buz­zfeed affirme que, selon des mails et des témoignages en pos­ses­sion du pro­cureur Mueller, Don­ald Trump aurait demandé à son ancien avo­cat Michel Cohen de men­tir lors de son témoignage devant le Con­grès à pro­pos de pro­jets d’implantation d’un hôtel de la Trump Organ­i­sa­tion en Russie.

Voir aussi  The New York Times est officiellement de gauche

L’information de Buz­zfeed a été démen­tie par le bureau du pro­cureur Mueller dès le 19 jan­vi­er 2019.

10) Le fils de Donald Trump aurait été informé par avance du contenu des archives diffusées par Wikileaks

Le 9 décem­bre 2017, CNN affirme que Don­ald Trump Junior aurait reçu par avance le con­tenu des doc­u­ments de la cam­pagne d’Hillary Clin­ton, prob­a­ble­ment piratés par des hack­ers russ­es et dif­fusés ensuite par Wik­ileaks. Ceci établi­rait qu’il était com­plice de ce piratage et liés aux hack­ers russes.

Il appa­rait que Don­ald Trump Jr a bien reçu un mail l’informant que Wik­ileaks avait pub­lié ces doc­u­ments, mais après que ceux-ci aient été mis en ligne, si bien que tout le monde était au courant.

CNN et MSNBC ont retiré toutes les vidéos qu’elles avaient pub­liées sur ce sujet, et demandé à YouTube d’en faire autant.


On ne peut que s’interroger sur la rapid­ité avec laque­lle ces infor­ma­tions ont été pub­liées, sans aucune véri­fi­ca­tion, alors qu’elles ont le plus sou­vent été démen­ties dans les jours qui ont suivi, voire le lende­main même. Ceci témoigne d’une dégra­da­tion des stan­dards éthiques d’une par­tie non nég­lige­able de la pro­fes­sion. Une expli­ca­tion pos­si­ble ? Une grande par­tie de la presse améri­caine cède à des réflex­es pavloviens de démon­i­sa­tion de l’adversaire et s’enferre dans des théories com­plo­tistes pour expli­quer le revers élec­toral qu’ont subi les Démoc­rates en novem­bre 2016.

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