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Pub­lié le 2 juin 2016 | Éti­quettes : , , , , ,

Serge Nedjar : le « général Tapioca » à la tête d’i-Télé

Dans une enquête publiée le 27 mai dernier, Street Press s'intéresse au très discret Serge Nedjar, récemment nommé directeur d'i>Télé.

Publicitaire puis journaliste pour VSD, Nedjar est entré au groupe Bolloré en 2005. Depuis, il est un proche du grand patron. Après avoir participé au lancement de Direct 8, il a dirigé, et dirige toujours, le quotidien Direct Matin. L'occasion pour lui de mettre ses méthodes en pratique au sein d'une rédaction.

Ces méthodes, justement, fonctionnent sur un principe simple. « règle numéro un : ne jamais déplaire à l’actionnaire. Règle numéro deux : ne jamais nuire aux clients et partenaires de l’empire et si possible en assurer la promotion », rapporte Street Press. Surnommé « le général Tapioca » par ses équipes, Serge Nedjar « gère son journal comme une brochure de supermarché », estime un ancien journaliste. Et ce dernier de rapporter une anecdote révélatrice : « L’après-midi, au lieu de se brancher sur les chaînes d’infos en continu comme le ferait n’importe quel directeur de quotidien, il regarde Cyril Hanouna ! »

Au sein de Direct Matin, il participe à toutes les conférences de rédaction où il « impose ses sujets » et ses « partenariats ». Son préféré : l'Autolib, largement traité dans le quotidien gratuit. Et pour cause : le service d'automobiles électriques de la ville de Paris propose des voitures BlueCar, produites par le groupe Bolloré.

Une consanguinité qui se traduit politiquement. Favorable à Nicolas Sarkozy, Nedjar n'en a pas moins soutenu Anne Hidalgo (PS) dans la course à la mairie de Paris. « On avait pour consigne de traiter vraiment a minima NKM », se souviennent plusieurs plumes du journal. Les intérêts d'Autolib passent avant les sympathies politiques... En revanche, Nedjar aurait deux politiques dans le viseur, Arnaud Montebourg et Ségolène Royal. « On m’avait commandé un article à charge contre Ségo, alors qu’il n’y avait pas la moindre actu », commente un ancien journaliste.

Autre « partenariat » récurrent : Havas, la boîte de communication de Vincent Bolloré. « Quatre rédacteurs passés par le titre nous assurent avoir eu entre les mains des mails signés de Havas, avec consigne d’en faire un article », rapporte Street Press. Des méthodes habituelles et confirmées par toutes les sources, anonymes, du média en ligne.

À noter que les Unes de Direct Matin sont quotidiennement approuvées par Vincent Bolloré. « Nedjar envoie un mail à Bolloré avec la Une, qui répond “ok” dans la foulée », explique-t-on. Aussi, « il ne veut aucun nom dans le journal. La seule exception, c’est la brève consacrée au saint du jour ! », apprend-t-on.

Arrivé à la tête d'i>Télé, Serge Nedjar a prévenu les journalistes : « Je serai l’homme à abattre, celui que vous allez détester. » Et pour cause : s'il souhaite rattraper BFMTV, pas question d'y mettre les moyens. L'objectif suprême est de faire des économies, à commencer par le non-renouvellement des CDD et CDU. Ainsi, près de 50 personnes serait menacées au sein de la chaîne. Faire plus avec moins de moyens, tel semble être la stratégie de celui qui multiplie les casquettes au sein du groupe Bolloré. Une affaire à suivre, sans trop de suspens toutefois...

Voir notre dossier consacré à Street Press

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