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Sciences Po Lille censure Geoffroy Lejeune de Valeurs Actuelles

5 août 2020

Temps de lecture : 3 minutes
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Sciences Po Lille censure Geoffroy Lejeune de Valeurs Actuelles

Red­if­fu­sion esti­vale 2020. Pre­mière dif­fu­sion le 23 jan­vi­er 2020

Le 22 janvier 2020, devait avoir lieu une conférence intitulée “À droite, où en sont les idées ?” en présence de Charles Consigny, avocat et proche de la droite libérale, et Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles.

La con­férence était organ­isée par “l’Arène de l’IEP”, une asso­ci­a­tion de débat au sein de Sci­ences Po Lille, “totale­ment apoli­tique, et dont l’unique pré­ten­tion est d’of­frir aux étu­di­ants l’oc­ca­sion de con­stru­ire, con­forter et échang­er leurs opin­ions”.

Mais c’était sans compter sur les censeurs de gauche qui après une cam­pagne con­tre ce débat, ont entraîné son annu­la­tion, comme ils aiment tant s’en pren­dre à Valeurs Actuelles.

Pierre Mathiot, adepte du délit d’opinion

Le prin­ci­pal pro­tag­o­niste de l’histoire est Pierre Math­iot, directeur de Sci­ences Po Lille, qui s’est opposé à la venue de Leje­une en jugeant “la par­tic­i­pa­tion de l’un des invités pas souhaitable” au motif que “le jour­nal pour lequel il tra­vaille a été con­damné en 2015 pour des faits par­ti­c­ulière­ment graves après la pub­li­ca­tion d’un dossier (NDLR : inti­t­ulé “Roms, l’overdose”) dont il avait été l’un des auteurs.” 5 ans après les faits, Leje­une doit donc être réduit au silence.

Gen­ti­ment invités à ne pas laiss­er ce débat avoir lieu, les organ­isa­teurs l’ont donc annulé à regret comme en atteste leurs déc­la­ra­tions sur Face­book : “Il est ahuris­sant que l’in­vi­ta­tion de per­son­nal­ités iden­ti­fiées comme appar­tenant à l’autre bord poli­tique sus­cite de telles réac­tions d’hos­til­ité.” ; “S’agis­sant de Geof­froy Leje­une, c’est un jour­nal­iste qui inter­vient sur toutes les chaînes de télévi­sion, dans de très nom­breuses émis­sions, y com­pris sur le ser­vice pub­lic, lesquelles ne le recevraient prob­a­ble­ment pas s’il était aus­si sul­fureux que le dis­ent nos détracteurs.” ; “Il a même reçu les con­fi­dences d’Em­manuel Macron. (…) Est-ce qu’Em­manuel Macron est d’ex­trême droite ? Est-ce que les per­son­nal­ités qui ont par­ticipé à la soirée débat organ­isée par Valeurs actuelles et ani­mée par Geof­froy Leje­une (…) sont d’ex­trême droite ?”.

Les choses sont désor­mais claires, Math­iot préfère dis­cuter avec les Frères musul­mans plutôt que Valeurs Actuelles (comme le rap­pelle un inter­naute sur Twit­ter).

La gauche morale en pointe lorsqu’il s’agit d’empêcher un débat

Préal­able­ment à cette prise de posi­tion de Math­iot, dif­férents syn­di­cats de gauche s’étaient mobil­isés, par le biais de tracts, à l’encontre de cette événe­ment comme le rap­porte Valeurs Actuelles.

Y était écrit, entre autres, que “Geof­froy Leje­une est directeur de Valeurs actuelles, un jour­nal ouverte­ment d’ex­trême droite qui revendique con­stam­ment son islam­o­pho­bie, son racisme et son homo­pho­bie.” (sic) ain­si que “Le jour­nal propage notam­ment la théorie du grand rem­place­ment ou le cli­ma­to-scep­ti­cisme et ouvre fréquem­ment ses colonnes aux idées les plus nauséabon­des et à un flot inin­ter­rompu de dés­in­for­ma­tion.” mais aus­si, le fait que Charles Con­signy soit “un homo­phobe notoire, ancien sou­tien de Chris­tine Boutin et opposé à la loi Taubi­ra en 2012” (alors qu’il a finale­ment dit soutenir cette loi en 2013).

Ce tract demandait à la fin l’annulation pure et sim­ple de la con­férence, voeu exaucé par Mathiot.

Soutiens et indignations sur Twitter

Suite à cette polémique, plusieurs anonymes et per­son­nal­ités se sont indignés et ont apporté leur sou­tien au magazine.

Sur Twit­ter, des poli­tiques, des Répub­li­cains (Retail­leau, Guirous, Morano,etc.) au Rassem­ble­ment nation­al (Mes­si­ha, Bay, etc.), en pas­sant par la député Agnès Thill et le mou­ve­ment étu­di­ant de l’UNI, se sont élevés con­tre cette atteinte à la lib­erté d’opinion et d’expression ?

Quelques jour­nal­istes ont mis en avant le com­porte­ment dan­gereux de Sci­ences Po Lille comme Jean-Christophe Buis­son du Figaro ou Clé­ment Weill-Ray­nal. Bien peu pour une pro­fes­sion qui enseigne volon­tiers un ton moral­isa­teur et théorique­ment en faveur des lib­ertés fondamentales.

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